Calendrier de l'Avent

3 décembre – J’ai perdu 16 000 €

J’ai lancé le Calendrier de l’Avent Pose ta Dem’ : un mail inspirant chaque jour, du 1er au 24 décembre, pour te motiver et t’inspirer dans ta quête du bonheur professionnel ! 

J’envoie ces mails chaque matin à 9h à mes abonnés, et je les publie ici en fin de journée. Pour t’abonner au Calendrier de l’Avent et recevoir mon mail dans ta boîte directement à 9h, clique ici ! 


3 décembre – J’ai perdu 16 000€

Chaque mois depuis bientôt 4 ans, je rembourse 334€ à la banque qui m’a prêté de l’argent pour financer mon Mastère Spécialisé en Conseil et Stratégie à l’ESCP.
Sauf que… j’ai quitté le conseil il y a deux ans maintenant. Et que j’incite les gens à faire de même avec Pose ta Dem’. 

Est-ce qu’à ton avis, j’ai fait erreur sur toute la ligne ?

Revenons en 2014. Je sais que je ne veux pas rester dans un poste RH car je m’y ennuie, et car je trouve que la fonction RH n’apporte pas autant de valeur aux salariés qu’elle le pourrait. Je me dis que je serais plus utile et plus stimulée intellectuellement en devenant consultante en management. Je me dis aussi que ce serait chouette pour mon CV et ma carrière que de passer par une grande école de commerce. Alors, je passe le concours de l’ESCP, et j’obtiens ma place pour rajouter une ligne bac+6 sur mon CV. Place qui me coûte 16 000€ pour 8 mois de cours.

A la fin de ces 8 mois de cours, je décroche un beau poste dans un cabinet de conseil. Et là, tu connais l’histoire : j’ai vite compris que le mode de vie métro-boulot-réunion-powerpoint-dodo n’était pas pour moi. J’ai compris que j’avais tout faux en faisant passer mon CV avant mon bonheur.

Mais j’avais déjà investi du temps et de l’argent dans ce projet de carrière.

Et, cerise sur le gâteau, j’ai réalisé que j’aurais pu obtenir ce même poste sans passer par la case école de commerce, car mon diplôme précédent était suffisant. Mais j’avais eu besoin de me rassurer avec un diplôme supplémentaire, pour être sûre d’être « légitime » aux yeux des entreprises. A l’époque, rentrer dans une case et être dans la norme comptait plus que de m’endetter.

Tu vois que raconté comme ça, ceci est le parfait exemple d’une mauvaise décision qui m’a coûté cher en temps (8 mois) et en argent (16000 euros + l’absence de salaire pendant ces 8 mois).

Et moi, je pourrais me dire que j’ai eu tout faux, que j’ai été stupide, et que je mérite d’être privée de bûche de Noël jusqu’à la fin de mes jours.

Mais tu vois, ce n’est pas ce que je me dis.

Je sais que beaucoup de mes anciens camarades sont encore consultants aujourd’hui, et qu’une bonne partie d’entre eux fait ce métier par dépit. Ils ont engagé tellement de temps et d’argent pour arriver à ce poste, qu’ils y restent, même s’ils n’y prennent aucun plaisir.

Quand tu t’es déjà engagé dans quelque chose, tu as de plus en plus de mal à t’en détacher.Par exemple, une fois que tu as attendu 10 minutes à une caisse qui n’avance pas, tu as peur d’aller de la quitter pour celle d’à côté. Au plus tu attends, au plus tu restes. C’est comme ça que les années passent, et que tu te retrouves encore à te plaindre de ton job pendant le repas de Noël… comme l’an dernier.

Je m’en suis fait la remarque samedi en attendant le bus à l’aéroport de Lisbonne pour rejoindre le centre. (Car oui au fait, je t’écris depuis Lisbonne où je passe quelques jours en Digital Nomad). On a attendu 10 minutes seuls sous l’abribus, à attendre le bus numéro 708. On a vu passer le 722, le 705… Et toujours pas de 708. On s’est demandé si on n’allait pas prendre un autre bus et faire un changement ensuite. Mais au plus le temps passait, au plus on s’accrochait au 708, car on s’était déjà fortement engagés dans le processus !

(Je sais que le suspense est à son comble, donc pour tout te dire, le 708 a fini par arriver 17 minutes plus tard. Je crois qu’on aurait eu plus vite fait en prenant le 722 et en faisant le changement. Je te laisse en tirer ta propre conclusion).

Heureusement, je n’ai pas appliqué la stratégie du bus dans ma vie professionnelle. J’ai osé poser ma dem’ et prendre le risque de prendre un autre chemin. Et pas une seconde je n’ai regretté ce choix, pour plusieurs raisons :

  • Je sais que j’ai fait de mon mieux à l’instant T, avec mes envies, mes peurs, mes perceptions et mes connaissances du moment. Inutile de m’en vouloir à vie !
  • Même si j’ai posé ma dem’, j’ai aimé beaucoup de choses dans cette expérience : cette année d’études était intéressante, j’ai fait de belles rencontres, et j’ai adoré les missions internes que j’avais au cabinet. J’ai aussi beaucoup appris, et les compétences que j’ai développées me servent encore aujourd’hui.
  • Faire ce master a débouché sur une opportunité inattendue qui m’a permis de cocher une case de ma bucket-list : donner des cours en grande école. Je donne un cours à l’ESCP pour la 4ème année consécutive, et j’en suis très heureuse !
Je t’ai raconté tout ça pour que tu te souviennes de ces 3 leçons : 
  • Tu ne sauras pas si tu aimes quelque chose tant que tu n’essaies pas. Si tu ne tentes pas, tu es immobile et tu n’avances pas. Si tu tentes, tu te mets en mouvement, et tu auras la réponse : est-ce fait pour toi ou non ? Peu importe la réponse, tu auras avancé.
  • Mais avant de faire un essai qui te coûte cher, il faut te poser les bonnes questions. Et prendre conscience que tu n’es pas un CV. Ta vie vaut bien plus qu’une ligne sur un CV. Demande-toi ce à quoi tu aspires, demande-toi ce qui a du sens et de la valeur pour toi, ce qui te met en joie et ce qui t’épuise. Fais tes choix en conscience, et surtout, ne les fais pas pour rentrer dans une case. Ne te mens pas à toi-même !
  • Ne regrette pas ce que tu as « foiré » par le passé car ça te met dans une énergie tellement négative que tu risques de passer à côté de belles opportunités dans le moment présent.

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