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Anne-Ellyn : Freelance, elle s’est reconvertie dans l’écriture après avoir quitté le conseil

Anne-Ellyn s'est reconvertie dans l'écriture

Après avoir quitté le conseil, Anne-Ellyn est devenue freelance et s’est reconvertie dans l’écriture. Dans cette interview, elle nous raconte comment elle a trouvé sa nouvelle voie et nous parle en toute transparence de l’importance de s’écouter, de légitimité et de formations. Une interview pleine d’inspiration à lire et relire !


Bonjour Anne-Ellyn, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

J’ai un parcours assez classique : école préparatoire, école de commerce, cabinet de conseil ! Je n’ai jamais vraiment « su » ce que je voulais faire, alors j’ai choisi des voies généralistes pour me fermer le minimum de portes. Je suis curieuse, j’aime apprendre et j’avais – déjà – la hantise d’un job où je ferais tout le temps la même chose, alors le conseil m’a bien convenu. Ça m’a permis, en l’espace de 10 ans, de découvrir une dizaine d’entreprises, de la start-up en création aux grands groupes internationaux.  J’ai travaillé sur des tas de projets, dont la plupart étaient intéressants, j’ai développé des compétences variées, j’ai rencontré des personnes que j’ai détestées, et beaucoup d’autres avec qui j’ai adoré travailler. 

Pendant tout ce temps, je continuais à me demander ce que je voudrais faire “quand je serais grande”. Je me disais qu’un jour, je partirais, quand je saurais ce que je voulais vraiment faire. Mais à côté de ça, je vivais ma vie sans vraiment travailler à mon propre projet.

Pourquoi as-tu quitté ton job ? 

Et puis un jour, je me suis retrouvée en arrêt maladie, complètement coincée, puis en vacances à New-York sans être capable de marcher plus de dix minutes. L’avantage : j’avais le temps de réfléchir ! En discutant, je me suis entendue me demander à haute voix : « Est-ce que je ne devrais pas faire passer ma santé avant mon boulot ? ». 

C’était le déclic qu’il me manquait : la réponse était tellement évidente que je ne pouvais pas passer à côté. 

C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai découvert Pose ta Dem’ ! À lire les parcours de ceux qui avaient osé changer de voie, je me suis rendu compte que c’était possible pour moi aussi. Une fois que j’ai une idée en tête, je ne suis pas longue à passer à l’action. Deux semaines après être rentrée de congé, j’annonçai ma décision de mettre fin à mon CDI et demandai une rupture conventionnelle à mes employeurs.

Comment s’est passé ton départ ? 

J’ai eu la chance d’avoir en face de moi des gens compréhensifs, qui me faisaient confiance. Ma demande a été acceptée tout de suite, ce qui a été un grand soulagement pour moi, d’autant que la conjoncture aurait facilement pu les pousser à la refuser. Nous avons tout réglé en bonne intelligence. J’ai arrêté de travailler très vite en posant tous mes congés, mais j’ai assuré la transition de mes activités de manager sur quelques semaines, car c’était la période des évaluations annuelles. Pas question de disparaître du jour au lendemain !

Même si cette période s’est bien passée, tout est allé très vite, et la transition a été un peu brutale. Au 1er janvier, je suis retrouvée sans emploi, sans projet et toujours le dos en vrac. J’ai mis quelques semaines à me demander régulièrement si je n’avais pas fait une grosse connerie, mais en même temps, je savais que j’étais incapable de faire demi-tour.

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Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

Le postulat de départ, c’était l’indépendance.

Pour moi, être freelance n’était pas un projet professionnel, c’était un projet de vie.

Je voulais pouvoir organiser mes journées en m’écoutant mieux, et gérer un déménagement à la campagne sans crainte de devoir faire des trajets quotidiens en voiture. Je voulais aussi me prouver que j’en étais capable. La deuxième chose qui était très claire pour moi, c’était que je voulais changer de voie ; je n’ai jamais envisagé de continuer mes activités de consultante sur des projets informatiques. Et enfin, je voulais travailler en direct avec des personnes, sans me réintégrer dans le milieu de l’entreprise que je connaissais bien.

Je m’étais donné trois mois pour souffler et me retrouver, sans me mettre la pression sur la suite. Finalement, j’y pensais toute la journée et très vite, mon projet a commencé à se dessiner. J’adore les mots et l’écriture, c’était l’occasion d’explorer plus en amont ce monde-là. Le défi, c’était donc de gérer en parallèle une reconversion professionnelle et  le grand saut dans la vie de freelance.

Pendant un an, j’ai suivi plusieurs formations et j’ai passé des certifications pour assurer mon niveau d’expertise. Au bout de quelques mois, j’ai créé ma micro-entreprise et j’ai commencé à travailler comme correctrice avec une plateforme spécialisée. Pour moi, c’était l’idéal : je commençais à travailler dans mon nouveau domaine, sans me soucier de trouver les clients ! Même si j’étais pressée de me lancer, je suis contente d’avoir pris le temps de préciser mon projet. 

J’ai appris à m’écouter et à ne pas me flageller quand je n’avançais pas assez vite : c’était généralement le signe que quelque chose n’allait pas dans mon projet ! Finalement, une fois le blocage identifié, je me relançais de plus belle. Je suis passée par des idées différentes, que j’ai creusées pour mieux comprendre ce qui me convenait parfaitement. J’ai fait des choix que je ne regrette absolument pas aujourd’hui : je suis enfin alignée avec ce que je fais.Image qui illustre comment elle s'est reconvertie dans l'écriture

En quoi consistent tes activités aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, je me suis reconvertie dans l’écriture en étant freelance. Je corrige des écrits académiques et des écrits professionnels. Ce que j’aime surtout, c’est que ce n’est que la matière première pour travailler ensuite avec les personnes qui me font confiance pour qu’elles s’améliorent et qu’elles n’aient plus besoin de faire appel à moi ! Au-delà de la correction pure, je propose également des formations, et de l’accompagnement personnalisé pour ceux qui veulent atteindre leurs objectifs professionnels et se démarquer dans leur entreprise, le tout grâce à l’écrit.

Je n’ai pas de journée type, surtout parce que je n’ai pas encore trouvé mon rythme. Je prends aussi le temps de tester des méthodes de productivité, de m’interroger sur ce qui fonctionne pour moi, et de revoir mes objectifs – professionnels et personnels – régulièrement. J’essaye d’anticiper le plus possible sur tout ce que je veux faire, car les missions de corrections “tombent” souvent au dernier moment, et que ma réactivité fait partie de mes atouts. 

Je travaille entièrement à distance, depuis chez moi. Pour l’instant, j’en profite à fond. Si les autres me manquent, je me renseignerais pour aller travailler dans des espaces de coworking.

Comment gères-tu la transition financièrement ?

J’ai eu la chance de bénéficier des allocations chômage. Cela m’a apporté une vraie tranquillité d’esprit depuis le début, qui m’a permis de ne pas trop me mettre la pression. Bien sûr, l’objectif reste d’être indépendante financièrement, mais je m’autorise à prendre le temps de construire mon activité à mon rythme, selon mes valeurs. 

Pour financer mes formations, j’ai profité de mon compte CPF, j’ai obtenu des aides de Pôle Emploi, et j’ai pris dans mes économies. Tous mes premiers revenus sont réinvestis pour développer mon entreprise.

Au-delà des revenus, j’ai aussi revu ma façon de dépenser. Sans être une grosse dépensière, je n’ai jamais aimé compter mon argent. Quand on se lance à son compte, il faut savoir se demander ce qui compte vraiment, pour fixer son revenu cible en conséquence. Aujourd’hui, mon objectif n’est même pas de retrouver le revenu que j’avais dans ma “vie d’avant”. Si j’atteins mon objectif et que je me sens capable de gagner plus, je préfèrerais lever le pied pour consacrer du temps à des projets personnels.

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

Je pense que la principale difficulté, c’est d’arriver à se sentir légitime ! C’est facile de tomber dans un cercle vicieux de type “je ne sais pas encore faire, donc je ne fais pas, donc je ne sais pas encore faire”. Bien sûr, c’est pour ça que les formations existent, mais je pense qu’il faut se lancer le plus rapidement possible dans le concret ! D’abord, pour vérifier que notre projet de reconversion nous plaît, et ensuite pour commencer au plus tôt à se construire une nouvelle crédibilité. 

Le deuxième piège selon moi, c’est justement celui des formations. Lorsqu’on se lance dans une reconversion professionnelle, on est tout à la fois hyper motivé et un peu paumé. C’est facile de se lancer dans toutes les directions, de payer des formations qui finalement ne conviennent pas, pour se sentir toujours aussi perdu… J’aimerais vous dire que je ne suis pas tombée dans ce piège, mais j’ai eu ma période “boulimie de formations” ! Heureusement, pour les plus importantes – qui ont représenté les plus gros investissements, j’avais pris le temps de me fixer un plan. 

Pour cela, je conseille de mettre à plat toutes les compétences dont on a l’impression de manquer, et de les lister par ordre d’importance en fonction de ses objectifs professionnels. Ensuite, toujours commencer par se former avec le contenu facilement disponible (blogs, formations gratuites, livres…) pour se rendre compte de si, oui ou non, on peut y arriver seul. Et enfin, ne pas se lancer dans une formation dont on n’a pas besoin tout de suite !

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite entamer une reconversion ?

Tout à la fois de savoir se laisser le temps, et de ne pas prendre le temps !

Je pense qu’il faut accepter le fait que mûrir un projet prend du temps. Se lancer dans la première direction identifiée peut épuiser, voire démotiver. Il ne s’agit pas, bien sûr, de tourner en rond en attendant de voir la lumière. En parler avec des proches, en qui on a toute confiance, permet souvent d’avancer dans sa réflexion bien plus vite qu’en tournant en rond dans son salon  !

En parallèle, je pense que c’est important de mettre les mains dans le cambouis le plus tôt possible, en essayant de trouver de petites missions pour se tester, et voir ce que ça réveille en soi. Il faut garder en tête qu’une reconversion est une prise de risque. Plus on attend avant de se lancer dans sa nouvelle voie, plus dure sera la chute si on n’a pas pris le bon choix. Alors qu’essayer de nouvelles activités rapidement permet d’apprendre des choses sur soi, et de préciser son cap.

Une dernière chose qui m’a beaucoup aidée, c’est de trouver des personnes du métier à qui parler. Par exemple, je fais partie d’un groupe d’entraide de correcteurs, et les discussions m’ont permis de mieux comprendre leur quotidien, et d’admettre que je ne me voyais finalement pas travailler avec des auteurs.


Que retenir de l’expérience d’Anne-Ellyn ?

  • Laissez-vous le temps de souffler, une reconversion est un chemin qui se prépare et pour cela vous devez prendre du temps pour vous, pour réfléchir à ce que vous souhaitez réellement dans votre vie.
  • Formez-vous : cela vous permettra de renforcer votre sentiment de légitimité et de limiter au maximum l’apparition du syndrome de l’imposteur. Et s’il parvient malgré tout à se faire une place dans votre tête, cet article pourrait vous être utile, il vous explique comment vous en débarrasser.
  • Ecoutez-vous et ne vous flagellez pas si vous n’atteignez pas tout de suite les objectifs que vous vous étiez fixés, prenez le temps qu’il faut pour développer votre projet.
  • Ne vous éparpillez pas : listez tout ce dont vous avez besoin pour votre projet  et concentrez-vous uniquement sur ces choses-là pour le moment.
  • Testez vos idées, essayer est le seul moyen de vous améliorer et de savoir si cette activité vous permet d’être aligné.

Vous pouvez retrouver Anne-Ellyn, qui s’est reconvertie dans l’écriture, sur son site Internet, sur son compte Facebook et sur LinkedIn.  


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