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Aurélien : Il est devenu formateur indépendant après avoir quitté le monde de la banque

Aurélien raconte comment il est devenu formateur indépendant

Après avoir travaillé dans le monde bancaire pendant 6 ans, Aurélien est devenu formateur indépendant. Dans cette interview, il nous raconte comment il a obtenu son congé sans solde puis son congé pour création d’entreprise et donne de précieux conseils à ceux qui aimeraient se lancer ! Bonne lecture !


Bonjour Aurélien, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

Originaire d’Angers dans le Maine et Loire, j’ai travaillé pendant 6 ans dans le domaine bancaire, salarié en CDI en tant que conseiller clientèle dans cette région. J’ai démarré avec un premier CDD en 2009, puis un CDI en 2010, dans lequel j’ai pu évoluer dans différents postes en agence bancaire.

En 2015, j’ai eu l’opportunité de devenir formateur pour une mission d’un an, au sein de l’université du même groupe à Paris ; poste que j’avais trouvé sur l’application mobile du groupe, en faisant une candidature spontanée comme un candidat externe. Cette mission a ensuite été prolongée de 2 ans, où j’ai pu évoluer en tant que concepteur-formateur puis responsable d’offres de formation au sein de cet organisme de formation.

Suite à cette mission qui a duré 3 ans au total, plusieurs choix s’offraient à moi :

  • Réintégrer mon entité d’origine, mais étant installé à Paris je ne souhaitais pas emménager de nouveau à Angers (pour le moment en tous cas, le timing ne collait pas…). Au-delà de cet aspect géographique, le fait de réintégrer mon ancien poste ne m’enchantais pas, j’avais acquis de nouvelles compétences et souhaitais développer mon travail dans le domaine de la formation, et pas forcément dans le domaine de la bancassurance.
  • Transformer l’essai et faire de ma mission un contrat définitif pour l’université du groupe (soit un CDI pour prendre la suite du contrat de détachement où j’étais salarié de mon entité d’origine et mis à la disposition de la nouvelle), j’ai donc rencontré mon interlocuteur du service RH, mais ils ne recrutaient pas en CDI à cette période. La structure qui m’accueillait était en pleine réorganisation, le moment était mal choisi… 
  • M’installer en tant que formateur indépendant ! Puisque ce n’est jamais le bon moment, ni pour une embauche, ou une promotion, soyons fous, je me lance car ce ne sera jamais le bon moment non plus si je ne le fais pas maintenant… 

C’est donc cette dernière solution que j’ai choisie naturellement car c’était la seule qui me permettait de continuer à exercer un métier qui me passionne tout en restant à Paris. Je me suis donc lancé dans les démarches administratives pour créer une micro-entreprise, au moins pour le démarrage, et je me suis formé pour développer mes compétences et proposer à des futurs clients d’animer des formations sur de nouveaux thèmes tels que le digital, la relation client, le comportemental…

Comment as-tu négocié l’obtention de ton congé sans solde ?

J’ai fait la demande comme indiqué sur le site du gouvernement, et elle a été acceptée immédiatement. Le congé sans solde est un vrai atout pour se lancer avec un filet de sécurité car l’entreprise est dans l’obligation de nous réintégrer sur un poste équivalent et à rémunération équivalente lors de notre retour. Cet accord m’a aidé à prendre la décision car j’ai pu démarrer mon activité sans avoir à démissionner, cela limite les risques en prévoyant un éventuel retour si ma future activité ne se développait pas comme prévu.

Il faut savoir que pour une entreprise de plus de 300 salariés, ils ne peuvent qu’accepter ou décaler de 6 mois le départ en congé sabbatique si l’on répond aux critères obligatoires (36 mois d’ancienneté et faire sa demande 3 mois en amont).

Je vous conseille de consulter les démarches à suivre si cette éventualité vous intéresse, tout est expliqué simplement ici.

Il est ensuite possible, de prolonger sur un congé création d’entreprise, sur le même principe, mais ce congé peut être plus long qu’un congé sans solde selon votre convention collective. Le fonctionnement et les démarches sont expliqués ici.

Cela fait donc désormais un peu plus de 2 ans, grâce à ces différentes formes de « suspensions de contrat de travail », que je suis devenu formateur indépendant, tout en ayant la possibilité de réintégrer mon entreprise avec un préavis, si besoin. Je viens de faire une dernière demande récemment pour prolonger encore d’une année cette suspension. Si elle est accordée, je poursuis sur ce même schéma pour 2020, si elle est refusée, je démissionnerais pour continuer mon activité. Cela ne changera rien à mon quotidien car je ne suis plus rémunéré par mon ancien employeur et je suis totalement indépendant, mais un retour dans l’entreprise ne serait plus une formalité à l’avenir.

Aurélien devenu formateur indépendant en pleine formation

Tu es parti à l’étranger, quels étaient les objectifs et qu’en as-tu tiré comme leçons ?

Effectivement, entre mon départ et mon lancement en tant qu’indépendant, nous sommes partis en Australie pendant 6 mois avec ma compagne.

Le but était bien sûr de voyager et de nous perfectionner en anglais, et j’en ai profité pour commencer à travailler à distance pour certains clients (conception de supports de formation par exemple), créer mon site internet, développer une activité sur les réseaux sociaux, prospecter… C’était une bonne manière de lier l’utile à l’agréable et travailler dans un beau cadre de vie !

Nous en avons tiré des leçons professionnelles sur l’organisation du rythme de travail mais aussi personnelles. En effet, nous avons eu la chance de vivre chez des familles australiennes et constater qu’ils savaient accorder du temps à leurs loisirs en adaptant leurs journées de travail, notamment en faisant du canoé sur leur temps de déjeuner, faire du surf tôt le matin, ou encore ne pas prendre de pause déjeuner pour partir tôt le soir… Et c’est aussi ça la vie d’indépendant, savoir s’adapter à nos contraintes professionnelles et gérer nos horaires comme bon nous semble… Cela m’arrive de prendre du temps pour moi en pleine semaine et au contraire de devoir travailler le week-end pour préparer les derniers détails d’une formation.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite obtenir un congé pour création d’entreprise ?

Se renseigner sur ses droits, prendre rendez-vous avec son interlocuteur RH pour lui expliquer son projet personnel. Cette demande doit être la plus anticipée possible pour ne pas mettre l’entreprise dans l’embarras et permettre un départ en bon termes, c’est important car notre entreprise actuelle pourra nous recommander voire devenir un de nos client à l’avenir… (d’autant qu’un retour est toujours possible dans l’entreprise à l’issu du congé donc évitons de partir fâchés avec nos potentiels futurs collègues !).

Quelles ont été les étapes de la création de ton entreprise ?

Une fois le congé validé, je me suis penché sur les démarches administratives (création de l’entreprise en choisissant le statut, prévisionnel, l’aspect financier…), ensuite sur la recherche de clients puis la communication (site, réseaux sociaux…).

Il faut être conscient que tout prend du temps lorsqu’on s’installe seul, il faut être à la fois gestionnaire, concepteur de site internet, s’occuper de la communication, être commercial… en plus du quotidien. A titre d’exemple la création de mon site internet a dû me prendre 2 semaines alors qu’un professionnel aurait pu le sortir en 2 jours ! Heureusement j’ai pu compter sur l’aide de ma compagne pour me soutenir dans le projet, d’un ami pour la conception du logo et cartes de visites et de certains de mes confrères pour l’administratif.

Qui sont tes clients et comment les as-tu trouvés ?

Mes principaux clients sont des banques et des assureurs français, mais aussi une école de commerce et un centre de formation. Je les ai trouvés par mon réseau (mon ancien employeur est devenu un de mes client), certains m’ont démarché directement sur LinkedIn, mais aussi grâce à des confrères qui n’ont plus de disponibilités pour leurs clients et qui me recommandent. 

Certains sont des nouveaux clients et d’autres sont des relations que je connaissais auparavant. Certains clients m’ont démarché eux-mêmes via la rubrique contact de mon site internet par exemple.

Comment as-tu géré financièrement la transition entre ton ancien job et l’entrepreneuriat ?

J’ai dû anticiper en épargnant avant de me lancer, c’est un critère à prendre en compte car je facture à 30 jours fin de mois, cela génère déjà un minimum de deux mois sans revenu au démarrage. J’avais également un plan épargne entreprise que j’ai pu débloquer sans fiscalité pour création d’entreprise.

Comment ont réagi tes proches ?

Très bien, ils étaient contents pour moi car ils ont vu que cela me tenait à cœur. 

C’est important d’avoir le soutien de notre entourage, même mental, même s’il y a toujours des personnes plus réticentes ou qui peuvent se montrer plus réfractaires. Elles sont plus rares mais j’ai préféré m’en éloigner pendant le démarrage, la négativité peut être contagieuse !

Quel sont les grands défis que tu rencontres ?

Mes principaux défis sont :

  • Prendre le temps de me former moi-même.
  • Anticiper au mieux l’activité et mes déplacements professionnels. Je travaille dans toute la France donc il faut repartir son temps pour optimiser les déplacements. 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Renseigne-toi sur les solutions qui s’offrent à toi pour t’aider, qu’elles soient financières comme l’ACCRE ou temporelles comme le temps partiel, le congé sans solde, le droit à la formation… De nombreuses possibilités existent mais il faut se renseigner auprès de confrères ou par toi-même sur internet car tous les organismes ne sont pas toujours renseignés.

Entoure-toi de gens positifs, ils auront pleins d’idées et te boosteront à chaque moment important ou à chaque prise de décision et évite au contraire les personnes négatives qui te feront trop douter (du moins le temps du projet, il ne s’agit pas de ne plus voir certains amis à vie !).

Et je te demanderais : préfère- tu tenter l’aventure en prenant des risques, ou ne pas en prendre et toujours regretter de ne pas avoir tenté ? 


Que retenir de l’expérience d’Aurélien ?

  • Pensez au congé sans solde si vous souhaitez vous lancer avec un filet de sécurité, c’est peut-être LA solution adaptée à vos besoins !
  • Être indépendant, c’est pouvoir organiser ses journées de travail comme on le souhaite : pouvoir prendre du temps pour soi en pleine semaine et travailler le week-end.
  • Vous souhaitez quitter votre job, prendre un congé pour création d’entreprise ? Prévenez votre entreprise assez tôt afin qu’elle puisse s’organiser, elle ne vous en sera que plus reconnaissante !

Vous pouvez retrouver Aurélie, devenu formateur indépendant, sur son site Internet, sur Facebook et sur LinkedIn


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