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Cédric : Agent immobilier, il est devenu technicien informatique indépendant

Ancien Agent immobilier, Cédric s’est lancé à son compte dans un domaine qui n’a rien avoir : le dépannage informatique. Dans cette interview, il vous raconte son parcours atypique et comment il est devenu technicien informatique indépendant à Toulouse Nord en créant sa boîte : Booster Informatique.


Bonjour Cédric, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

J’ai fait un BEP vente action marchande un peu par dépit car après la 3ème je ne savais pas trop quoi faire de ma vie. Une seconde générale ne me disait rien. Je voulais faire autre chose. J’ai naturellement embrayé sur le Bac pro commerce après le BEP sous la pression de mes parents. J’aurais préféré voyager… Après être sorti major de la promo, j’ai été me « promener » à la fac. J’ai fait deux premières années à la faculté du Mirail à Toulouse. Années pendant lesquelles je me suis un peu cherché. J’ai suivi toutes sortes de cours. Je ne trouvais pas vraiment ce qui me convenait.

Finalement à 20 ans, sur un coup de tête, je suis parti en région parisienne. J’ai enchaîné quelques petits jobs de vendeur dans les galeries marchandes. Mais j’avais besoin d’être stimulé. D’avoir du challenge.

As-tu finalement trouvé ce challenge ?

Oui en quelque sorte. Je me suis rendu dans un salon réservé aux gens ayant un BTS. J’ai dû frauder pour rentrer… Mais j’ai toujours dit « si tu ne peux pas entrer par la porte, passe par la fenêtre » :).

De stand en stand, j’ai essuyé les échecs. On me demandait un diplôme que je n’avais pas alors que j’avais des capacités et surtout de l’envie. Puis parmi les derniers stands, il y avait un réseau d’agences immobilières nommées Impact Immo.

Tellement agacé par les précédents refus, je me souviens encore de mon approche. « Bonjour. Je vous préviens tout de suite : je n’ai pas de BTS. Mais maintenant si vous voulez un jeune qui veut travailler, et qui sait se débrouiller face à l’adversité, plutôt qu’un diplômé qui découvre à peine les difficultés de la vie, embauchez-moi !« 

Dix minutes plus tard, je signais un CDI.

C’est ce moment qui a tout changé dans ma vie. Et quand je rencontre des difficultés, je me rappelle ce jour où j’ai décidé de ne pas baisser les bras et y aller au culot. Car ça marche !

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Une carrière dans l’immobilier qui a duré 10 ans commençait pour moi.

Pourquoi as-tu décidé de quitter ton job ?

J’ai affronté la crise de l’immobilier facilement. Je gagnais bien ma vie. J’ai commencé à gagner en responsabilités grâce à ce que l’un de mes supérieurs a qualifié de « leadership naturel ».

Mais en 10 ans les choses changent. Beaucoup de gens se sont dit « Tiens, je vais faire comme Stéphane Plaza ». Le métier est devenu à la mode. Et les conditions de travail se sont dégradées.

Je suis rentré sur Toulouse. Mais là-bas aussi… C’est devenu du grand n’importe quoi. Les agences compétentes travaillaient pour celles qui ne l’étaient pas. On obtenait de bons mandats. Des offres d’achat. Mais la concurrence cassait les prix et donc les acheteurs se ravisaient pour signer chez le voisin si on ne s’alignait pas sur le montant des commissions. On se retrouvait à travailler 80h semaine pour des salaires dérisoires. Et plus on donnait de soi, plus les responsables d’agences en demandaient sans avoir la moindre reconnaissance de l’investissement.

Je me suis donc remis en question et je me suis dit que je devais faire autre chose de ma vie. Je me suis souvenu alors comment j’étais arrivé jusque-là. Je venais aussi de rencontrer quelqu’un depuis quelques mois. Et je la voyais peu. Donc pour avoir un avenir avec elle, ça ne pouvait qu’être mieux d’en rester là.

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

Dans la vie j’ai trois grandes passions. On peut même dire des religions. Le numérique. L’informatique. Et le football. Mais pour reprendre les propos d’un célèbre humoriste : « J’aurais pu être footballeur professionnel, mais j’avais un problème. Je n’ai pas de talent ». Il ne restait pas beaucoup d’options.

Je me suis posé la question. Faire de ma passion mon métier serait-il une erreur ? Je n’avais jamais voulu, étant plus jeune, car je m’étais toujours dit que je pourrais finir par en être écœuré. Puis je me suis dit stop ! On arrête de réfléchir ! Feu !

Comment ont réagi tes proches ?

J’ai la chance d’avoir une famille qui me soutient. Donc on m’a toujours aidé quand j’en avais besoin. Mon père me disait souvent « Pourquoi tu ne fais pas réparateur d’ordinateur ? ». Et ma conjointe était ravie de me voir plus souvent.

Comment as-tu trouvé un job ensuite ?

J’ai fait un CV axé informatique. Il y avait beaucoup de concurrence. Mais comme précédemment, j’y suis allé au culot. J’ai démarché des agences intérim. J’ai mis en avant des compétences solides. J’ai également démarché un bon nombre de SS2I.

J’ai fini par être embauché par une grosse entreprise de maintenance informatique en passant par une agence Intérim. Mon responsable cherchait quelqu’un de débrouillard qui ne se contentait pas d’appliquer un simple manuel d’école. Quelqu’un capable de réflexion et réparer un ordinateur, même avec des moyens peu conventionnels. Pour reprendre ses mots « un réparateur d’ordinateur, mais aussi un couteau suisse ». Après un entretien concluant, ma personnalité a convaincu plutôt que mes diplômes. J’ai arrêté l’immobilier il y a 4 ans et j’ai commencé ma nouvelle vie.

Comment s’est passé ce nouveau départ ?

De simple technicien service après vente itinérant, et à force de persévérance, je suis rapidement devenu technicien de proximité. J’étais sur site auprès des utilisateurs.

Mais j’ai rapidement compris pourquoi. J’étais productif. Et un des membres de cette équipe était parti en dépression car il assumait, avec notre responsable, le travail de toute l’équipe. Les trois autres étaient au ralenti. Rapidement mon chef a fait de moi son bras droit officieux. Puis il est monté en grade. J’ai donc occupé officieusement sa fonction de manager quelques mois.

Après deux ans sur ce type de fonctionnement, j’ai tapé du poing sur la table. Mon contrat intérimaire arrivait à échéance. J’ai donc demandé à être embauché. Avec le salaire et les avantages qui allaient en conséquence. On m’a proposé au final moins que ce que me payait mon agence d’intérim. Je n’avais pas les avantages qu’avait mon chef qui occupait mon poste avant moi. Donc une nouvelle fois… j’ai constaté que la reconnaissance n’avait pas sa place dans le monde du travail.

Comment as-tu réagi face à cette nouvelle déception ?

Je n’ai pas baissé les bras. Jamais ! Ce n’est pas mon genre. Au contraire ! A ce moment, il y a eu un déclic. Je me suis dit que j’avais la capacité de gérer le parc informatique régional d’un gros groupe à moi tout seul. J’avais des qualités managériales. Mon fils venait d’avoir 6 mois. A part la peur de ne pas avoir un salaire fixe, qu’est-ce qui me retenait ?

ABSOLUMENT RIEN !

Je les ai donc gentiment remerciés. J’ai décliné.

Comment as-tu organisé la suite ?

J’ai commencé par poser ma dem’. Ensuite, je me suis penché sur les « pour » les « contre » d’être à son compte. Et voir mon fils tous les jours, aux horaires de mon choix, sans avoir de compte à rendre a fait pencher tout de suite la balance. J’ai vite réalisé que, de plus, je pourrais mettre mes propres process en place. Mon chômage m’assurerait un certain revenu. Avec mes études de commerce, j’ai commencé à faire des ébauches de logo. Puis tout s’est enchaîné très vite. Et Booster Informatique est né.

As-tu rencontré des difficultés ?

Evidemment, si on devient son propre patron en quelques minutes, le business, lui, prend du temps à être lucratif.

Il fallait se faire une clientèle et un nom. S’organiser. Aussi bien logistiquement que juridiquement.

J’ai effectué mes démarches administratives. Je suis devenu auto-entrepreneur. Puis j’ai créé une fiche Google My Business. J’ai publié des annonces sur le Bon coin. J’ai commencé à avoir quelques clients et j’ai développé petit à petit un business de réparation tout créant à mon rythme un site internet avec Wix. Et ce fut la plus grosse épreuve. Vous pouvez retrouver ici mon partage d’expérience à ce sujet.

Si on résume, j’ai fait le choix de le créer moi-même. C’est très intéressant mais aussi chronophage. Il faut se former et ce n’est pas donné à tous.

Je dois reconnaître que mes compétences commerciales acquises quand j’étais à l’école et en tant qu’agent immobilier m’ont aidé à faire les bons choix sur beaucoup de sujets. Mais mon expérience chez mon dernier employeur l’a été tout autant. J’ai pu m’organiser intelligemment. Gérer mes achats de matériels indispensables pour la réparation. Choisir les stratégies d’investissement publicitaire et marketing digital. Prioriser les tâches par ordre d’importance. Avoir de bonnes relations avec les partenaires commerciaux, et les prospects.

Quel est ton quotidien aujourd’hui en tant que réparateur informatique ?

Je travaille 7j/7. Je commence chaque journée en voyant mon fils et ma conjointe. J’ai le temps de prendre mon café avec lui sur mes genoux avant de l’emmener chez sa nounou. Rien que ça, ça vaut de l’or.

Ensuite les journées s’enchaînent vite. On part à droite à gauche. On répare, on gère l’entreprise, les relations clients, etc. Aucune semaine ne se ressemble. Mais chaque jour de 17h30 à 20h00, je vois à nouveau mon petit bout. Je reprends ensuite jusque 21h30. Et le dimanche, je fais uniquement des interventions d’urgence. Donc le travail est assez rare. Ce qui me laisse le temps de bricoler et jouer avec mon petit, ou sortir me promener en famille.

Comment définirais-tu ta reconversion ?

Réussite sans la moindre hésitation. Aussi bien sur le plan personnel que professionnel. Aujourd’hui je suis à mon compte depuis septembre 2019. Je cartonne sur mon secteur. J’ai même une équipe qui travaille avec moi. Et nous sommes en train d’élargir le secteur avec un nouveau technicien sur l’ouest de la banlieue Toulousaine. Et je vis plus sereinement. Je travaille quand je veux. Je peux choisir de poser un après-midi et la passer avec Junior et travailler jusqu’à 2h du matin si ça me chante en regardant un film en même temps. Je gagne mieux ma vie. Et je vois mon fils grandir. 

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer ?

J’ai plutôt une sorte de liste « précepte » que j’applique au quotidien.

  • Règle numéro 1 : A un moment, il faut arrêter de trop cogiter. Il faut se jeter à l’eau. Les meilleures choses arrivent quand on arrête de trop réfléchir. La peur, c’est ce qui nous freine et c’est logique. Sans peur on ferait n’importe quoi. Mais parfois il faut la dépasser.
  • Règle numéro 2 : Le culot c’est une arme. Si vous croyez en vous, votre interlocuteur croira en vous.
  • Règle numéro 3 : No pain no gain. Je ne suis pas arrivé là sans difficultés. J’ai rencontré des soucis financiers par exemple. Mais c’est passager. Il faut se battre.
  • Règle numéro 4 : Ne jamais faire de compromis. Se battre pour ce qu’on veut vraiment, c’est pour moi la clé de tout. Quand on se donne les moyens, on arrive à atteindre son but.
  • Règle numéro 5 : Les grandes victoires ne se gagnent pas sans remporter de petites batailles. Si on résume, il faut fixer son objectif principal. Puis se fixer une liste de petits objectifs réalisables un par un et qui mènent à votre but final. Les petites victoires font du bien au moral !
  • Règle numéro 6 : Prendre chaque expérience, bonne comme mauvaise, comme quelque chose de positif avec le plus de légèreté possible. C’est l’expérience qui vous rendra toujours meilleur.
  • Règle numéro 7 : Dans le business, quand il y a un doute, c’est qu’il n’y a pas de doute. Si vous ne sentez pas une affaire, un client, un fournisseur, laissez tomber. J’ai été une fois à l’encontre de cette règle. Je l’ai regretté.

Que retenir de l’expérience de Cédric ?

  • Trouver sa voie est un processus long et parfois sinueux mais souvenez-vous que la destination est synonyme de joie et d’épanouissement professionnel ! 
  • L’entrepreneuriat offre une liberté exceptionnelle puisque l’on peut gérer son temps comme on le souhaite et donc gagner en liberté.
  • Faire de sa passion son métier ? Et pourquoi pas !
  • Ecoutez-vous : vous ne le regretterez-pas !
  • N’attendez pas que les planètes s’alignent, peut-être que cela n’arrivera jamais alors prenez les choses en main, lancez-vous !

Vous pouvez retrouver Cédric, qui est devenu technicien informatique, sur son site Internet.


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