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Delphine : Après 10 ans de barreau et un passage en start-up, elle est devenue copywriter

Delphine Poirier était avocate, mais a décidé de tout plaquer pour se construire une vie professionnelle sur-mesure autour de l’écriture. Dans cet article, elle nous raconte comment elle est devenue copywriter sous le nom de Plume de Saumon et comment elle a recyclé ses compétences. Si vous voulez des conseils pour trouver votre voie, cette interview est faite pour vous ! Bonne lecture !


Bonjour Delphine, raconte-nous ton parcours en toute transparence ! 

Mon parcours est marqué par deux grands virages…et des démissions !

Au départ, j’avais un profil littéraire et artistique. J’écris depuis toute petite, et ai passé un bac L Cinéma. Pourtant, à 18 ans, j’ai effectué un premier virage, en optant pour des études de droit. C’est une filière qui implique de la rigueur, de la méthode…tout ce que je n’avais pas vraiment à l’époque.

Je me suis bien adaptée, et ai décroché deux Masters et le diplôme pour être avocat. Les 12 années qui ont suivi, j’ai eu un parcours en adéquation avec mon cursus. J’ai commencé comme juriste dans un établissement public…mais j’ai posé ma démission alors que j’allais être titularisée, pour rejoindre un cabinet d’avocats rennais.

Deux ans plus tard, j’ai de nouveau démissionné, pour créer mon cabinet individuel. En 2012, j’ai co-fondé un cabinet en droit public, en étant cette fois associée.

Sur le papier, tout était parfait ! Mais fin 2016, nouveau virage, j’ai quitté le métier d’avocat pour me construire une nouvelle vie professionnelle autour de l’écriture. J’ai travaillé 18 mois dans une start-up qui commercialise des outils collaboratifs, ai eu une expérience en rédaction web, avant de m’installer comme copywriter freelance.

Pourquoi as-tu décidé de quitter le cabinet que tu avais fondé ?

Quand on est avocat, on ne s’ennuie pas ! C’est un job très complet, dans lequel on apprend beaucoup sur la nature humaine et on développe de nombreuses compétences : aisance orale, aptitude à négocier et à convaincre, gestion de la relation client, ou encore maîtrise des délais.

Pourtant, début 2016, j’ai commencé à ressentir une sorte de décalage, un malaise. Se battre pour les autres, c’est passionnant, mais c’est aussi pesant. J’avais besoin d’une ambiance professionnelle plus positive, plus lumineuse, de contribuer à des projets dans lesquels, d’emblée, il y aurait de l’enthousiasme et de l’optimisme.

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Et puis surtout, je me suis aperçue au fil des années que j’avais un besoin viscéral de renouer avec ma créativité. L’idée a fait son chemin, jusqu’à ce que je me rende à l’évidence au cours de l’été 2016 : pour me sentir bien, il fallait que je construise un projet autour de ma passion première, l’écriture.

Comment cela a-t-il été perçu par ton entourage professionnel et personnel ?

J’ai pris le temps d’expliquer ma démarche à mes clients, et d’assurer la passation de mes dossiers. Ils ont été surpris, mais je n’ai pas eu de réactions négatives. Dans mon réseau professionnel au sens large, ma décision n’a pas toujours été comprise. Le métier d’avocat jouit d’un certain prestige social, alors certains n’ont pas compris que je puisse l’abandonner, et encore moins pour un projet autour de l’écriture.

J’ai assez vite compris qu’il fallait garder une certaine distance vis-à-vis des commentaires. Que les réactions soient bonnes ou mauvaises, les gens ont tendance à projeter leurs propres craintes, leurs espoirs, leurs fantasmes…il y a beaucoup de subjectivité et d’affect.

Côté personnel, j’ai eu de la chance. Je n’avais pas le droit au chômage, mais mon mari m’a tout de suite soutenue, en croyant en moi. Mes filles ont-elles aussi été un soutien important. Elles n’avaient que 5 et 7 ans à l’époque, mais se sont montrées enthousiastes, curieuses, et même fières !

Tu nous racontes ton expérience en start-up ?

Lorsque j’ai cessé d’être avocate, j’ai tout de suite voulu « faire » des choses. L’idée était d’apprendre, de me confronter aux difficultés, de tester. J’ai pour cela créé un blog, que j’alimentais avec des interviews. Le hasard a fait qu’une start-up sur laquelle j’avais rédigé un article m’a proposé de la rejoindre en tant que journaliste interne.

Cela faisait 6 mois que j’avais quitté le métier d’avocat, ça allait être le grand écart, mais j’ai accepté justement pour ça !

Du jour au lendemain, j’ai découvert le monde de l’entreprise, le digital, les métiers de la communication et du marketing, le travail en équipe… Mon travail consistait à mener des interviews clients, à rédiger des cas d’usage, des articles de blog, mais aussi à contribuer à des projets transverses.

Au bout de 18 mois, j’ai décidé d’arrêter, en faisant plusieurs constats.

  • Le premier, c’était que finalement, j’avais suffisamment de billes pour créer un projet autour de l’écriture. Je maîtrisais désormais les règles de la rédaction web, avais une bonne vision du marketing digital, savais travailler avec les autres métiers (graphiste, développeur, webdesigner), étais très à l’aise en interview etc…J’avais une vraie bonne base, d’autant plus qu’en parallèle, je passais beaucoup de temps à me former.
  • Le second, ça a été de m’apercevoir qu’en réalité, je pourrai utiliser des compétences acquises lors de ma première vie professionnelle. Le fait d’avoir été avocate influence ma façon de travailler : quel que soit le sujet, je sais me l’approprier, le vulgariser, le mettre en scène, ou encore vérifier la fiabilité des informations que je donne. Tout cela me semblait « normal », mais je me suis aperçue que ça ne l’était pas forcément, qu’il s’agissait de véritables compétences sur lesquelles je pouvais m’appuyer.
  • Enfin, mon troisième constat a davantage porté sur la posture que je voulais avoir. Quand on a été presque toujours indépendant, quand on a toujours apporté du conseil, c’est difficile d’être salarié, de ne pas avoir de client final avec qui nouer une relation privilégiée. J’ai eu une seconde expérience dans le salariat, de quelques mois seulement, qui a confirmé ce sentiment.

Tout ça m’a conduit à la conclusion que la solution, c’était de devenir freelance, en trouvant la bonne offre de services à proposer.Delphine en train d'écrire depuis qu'elle est devenue copywriter

Pourquoi as-tu choisi d’être copywriter ?

Je me suis passionnée pour le marketing digital, et me suis aperçue que l’écriture répondait à deux enjeux. Celui de créer du lien, de transmettre de la connaissance, de l’émotion…ce qui colle bien avec mon besoin de créativité, et une forme de fantaisie et de poésie que je peux avoir. Mais aussi celui de vendre, qui cadre cette fois  avec mon goût pour l’argumentation et la persuasion (qui ne m’a jamais quitté, même si je ne suis plus avocate).

De fil en aiguille, j’ai découvert le copywriting, qui consiste à écrire pour séduire. Là, ça a été la révélation ! Le copywriting nécessite de rentrer dans la tête de celui qui émet le message et de celui qui le reçoit. Il implique d’avoir les pieds sur terre, c’est-à-dire d’avoir en tête des objectifs business et d’être rigoureux, tout en laissant la part belle à la créativité et à la narration. C’est le mix parfait entre ce que je sais faire et ce que j’aime faire.

C’est ce qui explique que j’en ai fait mon métier. Même si mon parcours peut sembler atypique, il est finalement très logique : j’ai renoué avec mon profil littéraire et artistique, en recyclant tout ce que j’ai pu apprendre au cours de mes expériences professionnelles. Ce retour aux sources m’a même inspiré un nom commercial, qui est celui de mon site web : Plume de Saumon. L’image du saumon, qui remonte la rivière pour retrouver son lieu de naissance, illustre bien mon parcours, mais aussi ma conception de l’écriture.

Quel est ton offre de services ?

 Mon activité a deux volets :

  • Un volet « conseil » tout d’abord : on me sollicite pour définir une ligne éditoriale, ou proposer différents formats
  • S’agissant du volet « rédaction », les entreprises font appel à moi pour tous types de supports, mais avec à chaque fois un objectif bien précis : attirer, séduire ou fidéliser des clients. Je conçois donc des livres blancs, des articles de blog, ou encore du contenu pour des sites web (pages de vente, page « à propos »…).

Quel est ton quotidien ?

On pourrait croire que je passe mes journées à écrire…mais non ! Je passe beaucoup de temps à me préparer avant de passer à la rédaction. Concrètement, je me renseigne en profondeur sur les sujets que je dois traiter, ce qui prend la forme de lectures, mais aussi d’interviews. Il faut aussi consacrer du temps à concevoir les structures des textes, et à échanger avec les autres intervenants sur les projets, qui peuvent venir du marketing, du webdesign, du développement…Je jongle pour que mes journées s’équilibrent, en essayant de faire en sorte d’avoir chaque jour différents types de tâches : de la conception, de la rédaction, sans oublier les échanges avec mes clients, qui sont primordiaux.

Comment trouves-tu tes clients ?

Pour l’instant, j’ai de la chance : ce sont eux qui me trouvent ! Comme je n’aime pas la prospection, j’ai dès le départ fait en sorte de ne pas avoir à en faire, ou le moins possible.

Pour cela, j’ai mis en place plusieurs choses. Je me rends visible, à la fois sur les réseaux sociaux, et en faisant du « réseautage physique ». J’ai aussi noué des relations de confiance avec d’autres professionnels du web qui sont pour moi des apporteurs d’affaires et/ou des partenaires sur des projets. Enfin, j’attache une grande importance à la satisfaction clients.

J’échange beaucoup avec mes clients, de façon à leur apporter le meilleur service possible, et à améliorer constamment ce qui peut l’être. Cela me permet d’avoir des retours positifs, et donc du bouche-à-oreille.

Que recommanderais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer ?

 Chaque projet est unique, chaque personne aussi. Cela ne va donc peut-être pas valoir pour tout le monde, mais je donnerais 5 conseils :

  • Prendre le temps de travailler sur soi, sur ce qui nous anime vraiment. Trouver l’alignement parfait entre ses valeurs, ses envies et ce qu’on fait permet d’assoir son projet sur une base solide. On garde la foi, on est motivé, on est convaincu…et par conséquent on est convaincant !
  • Se faire accompagner. Avant de quitter mon métier d’avocat, j’ai fait un bilan de compétences, avec une personne qui m’a beaucoup éclairée. J’ai aussi été aidée lorsque j’ai lancé mon activité de copywriter. Avoir un regard extérieur apporte beaucoup.

Très souvent, on a tendance à voir là où on est moins bon, alors qu’un tiers pourra nous rappeler nos points forts, et des pistes pour les exploiter.

  • Se former. En 3 ans, je me suis formée sur plein de sujets, principalement autour du marketing digital et de la rédaction web. Je l’ai fait de façon régulière, avec des livres, des formations en ligne. J’ai aussi investi dans la formation copywriting de Live Mentor, et ai passé la certification Voltaire pour justifier d’un niveau expert en orthographe. J’ai hésité à un moment donné à reprendre des études, mais je ne regrette pas de ne pas l’avoir fait, parce que ce n’était pas nécessaire. Il existe aujourd’hui beaucoup de possibilités pour apprendre vite, de façon pragmatique.
  • S’ouvrir aux autres, parler de son projet. Quand j’ai quitté le métier d’avocat, je ne savais pas où je voulais aller. Il y avait l’idée de la communication, du marketing, de l’écriture…mais c’était flou. J’ai fait le choix d’en parler de façon transparente. L’expérience démontre que c’était la bonne option. Bien sûr, j’ai eu affaire à quelques rabat-joie. Mais il y a surtout eu des gens à me suivre, à prendre de mes nouvelles. Cela m’a permis d’agrandir mon réseau, d’être encouragée, ou encore d’avoir des conseils.
  • Réfléchir…mais pas trop ! Longtemps, j’ai été quelqu’un de très posé, de très réfléchi. C’est utile, mais pour se lancer, il faut aussi passer à l’action. Oser, tester, expérimenter. Parfois, ça ne donne pas ce qu’on veut, on chute. Mais quand on s’aperçoit qu’il ne se passe rien de grave et qu’on sait se relever, on a l’impression d’avoir découvert un sacré truc. La machine est lancée, et c’est parti !

Que retenir de l’expérience de Delphine ?

  • Vous avez eu plusieurs vies professionnelles ? Loin d’être handicap, c’est une grande force alors n’hésitez pas à tirer parti de la situation en recyclant vos compétences ! 
  • Prenez du recul face aux commentaires négatifs sur votre décision de changer de vie : vous seul savez ce qui est bon pour vous 🙂
  • Vous vous lancez dans une nouvelle activité ? Soyez visible : que ce soit sur les réseaux sociaux et sur Internet de manière générale ou physiquement dans des évènements liés à votre activité.
  • Faites-vous accompagner dans votre changement de vie professionnelle, vous gagnerez du temps et cela vous aidera à passer à l’action pas à pas.

Vous pouvez retrouver Delphine qui est devenue copywriter sur son site Internet, sur LinkedIn ou sur Facebook


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