Les chroniques de Charlotte

Est-ce le moment d’entreprendre ? 

Est-ce le moment d'entreprendre ? 

De nombreuses personnes se demandent s’il est encore pertinent de se lancer dans un projet d’entrepreneuriat face à cette crise. Si les entrepreneurs ou les salariés sont les mieux lotis. 
Pour certains, l’insécurité de ce statut fait peur. Pour d’autres, la liberté permise par ce mode de travail est attirante.

Il y a eu des échanges spontanés sur la question dans le groupe privé, en voici quelques extraits :

En résumé ?

Voilà, chronique terminée 😄

Je plaisante (qu’à moitié). Je vais partager mon point de vue.

Si tu me connais un peu, tu connais ma conviction n°1 : aucune situation, aucun métier, aucun mode de travail n’est meilleur qu’un autre. C’est à chacun d’apprendre à se connaître : aspirations, rêves, besoins, attentes, fonctionnement, personnalité, peurs… Et de créer sa vie professionnelle sur-mesure à partir de là.

👉 Cette chronique s’adresse à toi si justement, tu sens que l’entrepreneuriat t’attire (ou te convient, si tu es déjà entrepreneur), mais que tu doutes de ce choix maintenant que tu es confronté à la crise.

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Par nature, un entrepreneur est confronté aux crises. Son rôle est de trouver des solutions à  des problèmes. Plein de problèmes ! Tout le temps ! 
Mais des problèmes passionnants.
Des problèmes challengeants.
Des problèmes qui font grandir.
C’est pour cela que j’ai choisi l’entrepreneuriat. Quitte à me prendre la tête, autant travailler sur des sujets qui m’enrichissent (personnellement, spirituellement, humainement, financièrement) plutôt que de me plier à un travail que l’on m’impose et qui n’a pas de sens à mes yeux.

Le but dans la vie n’est pas de ne pas avoir de problèmes, mais de choisir autant que possible les problèmes que nous affrontons.

Aujourd’hui, nous faisons tous face à un problème majeur. Un problème qui nous impacte sur tous les plans. Un problème que nous ne pouvons résoudre seuls.

Je vois cette crise non pas comme un frein à l’entrepreneuriat, mais comme un problème à part entière, comme il y a en a eu d’autres et il y en aura d’autres. Sauf que lui, il est costaud. Plutôt qu’un mini-monstre, c’est un maxi-monstre. Mais il ne change en rien la nature de l’entrepreneuriat, il ne change en rien mes convictions (il les renforce même), et il ne change en rien notre capacité à nous lancer dans cette aventure.

Un entrepreneur fait avancer le monde. Mais bien sûr, ce n’est pas le seul à faire cela ; la preuve avec tous les professionnels qui se dévouent aujourd’hui dans notre pays et qui ne sont pas entrepreneurs au sens propre.

Au début de la crise, j’ai participé à une conférence en tant qu’intervenante aux côtés de Louis Marty (CEO de Merci Handy, gels hydroalcooliques) et de Steve Abou Rjeily (co-fondateur de Doctolib). Ces entrepreneurs ne sont pas eux-mêmes soignants, mais ils contribuent à la santé de notre pays et au-delà. Doctolib est un outil absolument formidable pour les professionnels de santé et pour les patients.

L’entrepreneuriat sera toujours un bon choix lorsque l’on sait pourquoi on le fait. Et l’une des motivations majeures est l’apprentissage, la progression, l’aventure.
Alors, j’ai listé les 5 choses que l’entrepreneuriat nous apprend et qui sont fort utiles en temps de crise :

1/ Être autonome et débrouillard

En étant indépendant, par définition, on ne dépend pas d’un employeur.
En revanche, on « dépend » de ses clients pour faire rentrer de l’argent.
Mais la liberté est bien plus grande ! Pourquoi ? Parce qu’en cas de crise, de retournement de situation… on a la capacité de changer. On a appris à se débrouiller par nous-même. Et c’est une immense force, que chacun devrait développer quel que soit son statut.
Or, se débrouiller, c’est trouver des solutions rapides et innovantes face à un problème…

2/ Être créatif et inventif

Et pour cela, il faut avoir recours au pouvoir des questions.
Plutôt que de se demander « Ma boîte va-t-elle couler ? », mieux vaut se demander : « Que faire dès aujourd’hui pour sauvegarder mon activité ? ». Et il y a des solutions. Si l’argent ne peut pas rentrer tout de suite, il y a quand même des actions à mener pour renforcer sa présence auprès de sa communauté, de ses anciens et futurs clients, pour créer du contenu utile, pour développer ses compétences et en sortir plus fort.

3/ Vivre dans l’incertitude

L’incertitude fait partie du quotidien de l’entrepreneur. Le mode « pilote automatique » n’existe pas. Et quand on tombe dedans, on a vite fait de s’en rendre compte car les résultats chutent ! Alors, en tant qu’entrepreneure, l’incertitude créée par cette crise me semble moins insurmontable que si je n’y avais jamais été confrontée.

4/ Travailler avec flexibilité

L’entrepreneuriat apprend à être flexible : lieu de travail, conditions de travail, environnement, horaires… Pour ma part, le confinement change finalement peu de choses à mon quotidien professionnel. Ce n’est pas le cas de tous, mais tous les indépendants ont en commun cette plus grande capacité d’adaptation.5/ Savoir s’entourer d’un collectif et être solidaire

Dans l’imaginaire collectif, l’entrepreneur ou l’indépendant est seul, isolé. C’est FAUX ! Dans le bain de l’entrepreneuriat, on apprend à bien s’entourer : autres entrepreneurs, mentors, collectifs… On sait à qui faire appel en cas de problème. On a l’habitude d’oser demander. On sait qu’on est plus forts à plusieurs. Les entrepreneurs débutants ont tôt fait de réaliser qu’ils ne pourront pas réussir sans s’entourer !

Voici les 5 forces que j’ai développées en étant entrepreneure. Alors, je me sens armée pour affronter cette crise, même si je ne sais pas encore exactement comment les choses vont se passer.

En conclusion, voici ce que tu peux retenir, quelle que soit ta situation :

1/ Ne prends pas tes décisions en fonction de la peur, mais agis en prenant en compte les risques. Entreprendre, OUI. Se lancer sans filet de sécurité… autant éviter. C’est pour cela que je radote sur le principe du Side Project, mais je sais pourquoi ! Garantir une sécurité financière (avec le salariat) le temps de se lancer est un excellent compromis. On peut aussi slasher (= avoir plusieurs activités en parallèle) de manière continue. C’est à toi de créer ta vie !

Témoignage en faveur du cumul salariat / entrepreneuriat

2/ Si la crise nous impacte économiquement, il nous reste au moins notre feu intérieur. A prendre une claque économique sévère, je préfère savoir pourquoi je fais ce que je fais, aimer mon métier, y trouver du sens. Si tu ne trouvais plus de sens dans ton emploi avant la crise, cela risque d’être encore plus criant à ton retour au bureau. D’où l’importance de construire une vie professionnelle qui nous épanouit, car nous n’aurons jamais aucune certitude sur l’avenir financier.

3/ La sécurité passe par la diversité. C’est le même principe en finance ; diversifier son portefeuille permet de réduire les risques. On ne met pas tous ses oeufs dans le même panier. C’est la raison pour laquelle je crois fortement au principe d’un Side Project lorsque l’on veut sécuriser notre situation.

Ultime conclusion ? Ce qui compte, c’est de trouver ce qui nous correspond et nous fait nous sentir à la fois libres et en sécurité. Un subtil équilibre 😌


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