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Gaétane : Elle est devenue photographe animalière en parallèle de son emploi salarié

Après un double diplôme de communication et d’anthropologie et un début professionnel dans l’humanitaire, Gaétane est aujourd’hui photographe animalière en parallèle de son emploi salarié. Elle raconte ici comment l’association de deux de ses passions, la photographie et les animaux, lui a permis de s’épanouir dans sa vie professionnelle. Une interview inspirante à lire et relire sans modération !


Bonjour Gaétane, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

Après le bac, j’ai intégré Sciences Po Paris. J’en suis sortie six ans plus tard avec un Master de Communication en poche et une spécialisation dans l’humanitaire, où je pensais faire ma carrière. Mais avant, je voulais explorer une discipline qui m’attirait depuis longtemps : j’ai donc poursuivi avec un Master de recherche en anthropologie, durant lequel j’ai travaillé sur le sujet de la place de la musique dans les camps de migrants. Mon expérience sur le terrain m’a profondément marquée. Je me suis donc dirigée vers la défense des droits humains en travaillant dans plusieurs ONG militantes. Malheureusement, c’est un secteur difficile pour les salariés, avec bien des dérives. J’ai fini en quasi burn-out

C’est alors que j’ai trouvé mon emploi actuel en communication dans une chaire de recherche sur la philanthropie au sein d’une grande école de commerce : un parfait juste milieu entre mon envie d’engagement, de réflexion et le besoin de dépassionner le tout, de prendre du recul sur un secteur dont j’étais fatiguée et désillusionnée. 

Pour autant, il manquait quelque chose dans ma vie. Quand l’apaisement est revenu, j’ai réalisé que je n’étais pas vraiment heureuse : je tournais autour d’un pot, sans même savoir lequel ! A ce moment-là, je me voyais comme une petite pleurnicharde jamais satisfaite qui avait un problème avec le travail en général. Pourtant, il me manquait vraiment quelque chose. Peu à peu, la sérénité de ce nouvel environnement de travail et le temps libre accordé par le premier confinement m’ont donné l’espace qu’il me manquait pour faire éclore un projet qui a changé ma vie : devenir photographe animalière. 

Comment as-tu trouvé ta voie ?

En quittant la dernière ONG pour laquelle j’ai travaillé, je me suis offert un très bel appareil photo reflex. Une envie que j’avais depuis longtemps, car la photo m’a toujours accompagnée dans mes voyages. Et ça a été un coup de foudre : dès le début, alors que j’avais encore le nez plongé dans les tutos pour apprendre à m’en servir, le rêve un peu fou de devenir photographe a émergé. Je me connaissais la fibre artistique (je fais beaucoup de musique, de chant, je compose, j’écris…), mais je n’avais jamais imaginé pouvoir vivre d’une telle passion.

La photographie m’a prise au dépourvu et sans trop savoir pourquoi, cette fois, j’y ai cru. Un art de l’observation, du sensible, de l’émotion, une multitude de domaines à explorer et de messages à porter : elle avait tout pour me plaire. J’étais perdue et elle a redonné du sens à mon quotidien. 

En parallèle, j’ai également entrepris une psychanalyse, je me suis mise à écrire dans un carnet, à lire des ouvrages et écouter des podcasts de développement personnel… Bref, j’ai cheminé pour me sentir mieux et apprendre à m’écouter et à me respecter. 

C’est un an plus tard, au moment du premier confinement, que la photographie animalière s’est imposée à moi comme une évidence.

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En travaillant sur moi, j’ai découvert qu’au-delà des relations humaines et de l’art, le troisième pilier de ma vie était les animaux, auxquels je voue un amour immense depuis mon plus jeune âge. Mais n’étant pas scientifique, j’avais vite renoncé à exercer un métier dans ce domaine. Et voilà que la photographie m’offrait cette opportunité insoupçonnée !  Alors, sans vraiment réaliser ce que j’étais en train de faire, j’ai commencé à créer un site, un compte Instagram, à chercher des cobayes pour des séances photo avec leurs chiens, chats, chevaux, et à partager mes photos d’animaux sauvages. Tout s’est progressivement mis en place et je peux aujourd’hui dire que je suis officiellement photographe animalière. 

Tu n’as pas quitté ton autre job : comment articules-tu tes deux activités ? 

Pour le moment, les deux se complètent très bien. La photographie, c’est une grande passion, mais je travaille en solo et l’avenir est encore bien incertain. En tant que salariée, non seulement je bénéficie d’avantages importants, mais j’ai la chance de travailler aux côtés de collègues géniaux et inspirants dans un domaine très intéressant. Je dirais même que je suis désormais plus à même d’apprécier cette chance, car j’ai compris que ce travail ne m’empêchait pas de réaliser mon rêve en parallèle, bien au contraire : il nourrit d’autres parties de moi, m’offre un cadre sécurisant et me donne l’opportunité de tester plein de choses sans la pression financière, de voir si je m’épanouis autant que je l’espérais dans ce nouveau métier.

Donc je jongle entre les deux ! La photographie, c’est le soir, le week-end, le matin aussi parfois et pendant mes congés. Je n’ai pas d’enfants, et mon mari est lui aussi passionné par beaucoup de choses : cela ne lui pose donc aucun problème, il est au contraire mon plus grand soutien.

Comment ont réagi tes proches ?

Mes proches ont l’habitude de mon caractère « tout feu tout flamme » ! Ils savent que je suis toujours en proie à de nouveaux projets un peu farfelus. Leur première réaction a donc été de dire : « Et c’est reparti ! », en riant.

Et puis il y a eu une deuxième phase, durant laquelle ils ont réalisé que j’étais très sérieuse dans mon projet de professionnalisation. Certains ont trouvé ça génial ; d’autres m’ont dit maladroitement : « C’est bien la peine d’avoir fait Sciences Po pour finir par photographier des chiens et des chats ! ». Cette remarque a fait mouche et réveillé de vraies angoisses. J’ai eu l’impression de devoir me justifier et défendre l’intérêt de mon projet, mais je ne trouvais pas vraiment les mots. Avec du recul, cela m’a donné l’occasion de tester ma propre motivation et de comprendre que le but n’était pas de plaire à tout le monde mais de m’épanouir, moi, dans la voie de mon choix. Aujourd’hui, tous mes proches (y compris ceux qui ne comprennent pas ce projet) sont derrière moi, m’encouragent et… me trouvent des clients ! J’ai beaucoup de chance.  

En expliquant mon nouveau métier, j’ai aussi réalisé que les gens voient dans la photographie d’animaux sauvages une certaine noblesse qu’ils ne trouvent pas forcément dans la photographie d’animaux de compagnie. Il est vrai que la rencontre avec un animal sauvage provoque des émotions parmi les plus fortes qui soient. De grands noms comme Vincent Munier ont aussi mis en lumière toute l’épopée qui entoure chaque cliché et le rend si précieux. Mais n’oublions pas que rares sont ceux qui réussissent à en vivre ! De mon point de vue, les animaux qui vivent à nos côtés ne déméritent pas en grâce, en mystère, en surprise… On a trop souvent tendance à oublier la beauté de ce qui se déploie sous nos yeux. Et puis il y a ce rapport à l’autre, la relation intime qui les unit à un humain et qui regorge de secrets et d’histoires à raconter. 

Tu as suivi la formation Side Project, que dirais-tu à ceux qui hésitent aujourd’hui ? 

Pour résumer ce que m’a apporté cette formation, je dirais qu’elle m’a tout simplement fait la courte-échelle ! Elle m’a aidée à confirmer mon choix de projet, à le structurer, à mieux m’organiser pour le développer en parallèle de mon autre emploi et à concrétiser beaucoup d’étapes dont je me faisais des montagnes… Bref, elle a été le coup de pouce nécessaire pour concrétiser mon projet. Car c’était bien beau de prendre des photos, d’avoir un site et un compte Instagram, mais encore fallait-il réfléchir à une offre concrète à proposer à mes clients, apprendre à animer ma communauté, communiquer à partir d’une identité visuelle claire, etc. J’avais du pain sur la planche. 

Je pense que si vous passez vos journées à vous demander si vous devriez vous inscrire ou pas, c’est que vous devriez sauter le pas. Pour moi, le plus grand frein au début était le prix, mais je suis tellement heureuse de ne pas m’être arrêtée à ça ! La valeur ajoutée est immense et m’accompagnera toute ma vie, tandis que la somme dépensée est oubliée depuis longtemps.

Quels sont pour toi les avantages et les inconvénients de se lancer dans un Side Project ? 

Il y a un avantage majeur : celui de la transition douce. Un Side Project permet de s’aventurer dans une nouvelle voie sans perdre la sécurité et les acquis de son emploi précédent. On peut essayer, se tromper, tenter autre chose, tâtonner… C’est très bien pour tous ceux qui ne ressentent pas de trop grand malaise dans leur job actuel et peuvent patienter avant de se lancer pour de bon, ou pour ceux qui ont besoin de temps pour réfléchir à ce qu’ils veulent faire. De plus, retirer le poids de la pression financière au début est un excellent moyen de se concentrer sur ce qui nous anime vraiment avant de s’intéresser à la manière de rendre ce projet rentable. Enfin, si le Side Project peut bien sûr n’être qu’une étape transitoire, il peut tout aussi bien devenir un mode de vie à part entière sur le long-terme, pour les « slasheurs » en herbe !

Bien sûr, le gros inconvénient est que l’on est moins disponible pour développer cette nouvelle activité. On a moins de temps et moins d’énergie à lui consacrer. Mais quand on est vraiment motivé, ça n’est pas un obstacle : le temps, on le trouve et l’énergie, parfois au contraire, on en gagne en s’y mettant ! Sans oublier que tout est modulable : il est par exemple possible de passer à temps partiel.

Quels sont tes conseils pour s’organiser quand on se lance dans un Side Project ? 

Je pense qu’il faut revenir au sens même de ce type d’activité : « Side » ne veut pas dire « derrière » mais « à côté », « en parallèle ». Ce n’est pas parce que c’est une deuxième activité que ce doit être une activité secondaire ! Si ce projet est important pour vous, vous réussirez à lui accorder le temps qu’il faut pour le faire avancer.

Ensuite, je proposerais bien quelques bonnes pratiques apprises au cours du programme Side Project : bloquez des plages horaires dédiées dans votre emploi du temps, fixez vos objectifs en début de semaine, faites le bilan en fin de semaine et célébrez vos succès !

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans un Side Project mais n’ose pas franchir le pas ? 

Je lui conseillerais de faire le point sur ce qu’il a à perdre et à gagner. Par écrit, s’il le faut ! Souvent, on se rend compte qu’on n’a vraiment rien à perdre et qu’on s’invente tout un tas d’excuses pour s’empêcher d’y aller qui ne méritent pas qu’on leur donne une telle place. 

Je lui conseillerais aussi de s’entourer de personnes qui ont un état d’esprit entrepreneur, audacieux, créatif, qui ont des parcours atypiques, qui ont eux-mêmes déjà franchi le pas ou s’apprêtent à le faire. Il/Elle peut aussi se faire accompagner si besoin par un programme comme Side Project, qui lui apportera le cadre nécessaire pour éviter de s’éparpiller, ainsi qu’une communauté pour le/la soutenir quand il/elle aura envie de baisser les bras. 

En quoi consistent tes activités aujourd’hui et quels sont tes projets et tes rêves ? 

Aujourd’hui, en parallèle de mon emploi salarié à temps plein, je suis donc photographe animalière. Je propose des séances photo à des particuliers qui vivent avec un animal (quel qu’il soit) et souhaitent garder une trace de leur histoire et du lien qui les unit. Concrètement, ces séances ne représentent à ce jour qu’une petite partie de mon activité de photographe. Le reste du temps, j’anime mon compte Instagram, je mets à jour mon site, je m’entretiens avec mes (potentiels) clients, je me forme à la pratique de la « pet photography » au sein de réseaux de professionnels spécialisés, je fais en sorte d’acquérir une vraie culture de la discipline, je crée petit à petit mes outils de communication (brochure, cartes de visite, etc.) et j’appréhende tous les contours de ce métier que je ne connaissais pas vraiment il y a tout juste un an. 

J’ai beaucoup d’idées et de rêves pour la suite : je souhaite travailler avec des professionnels du monde animalier, créer un podcast sur les relations entre l’homme et l’animal, me former à la médiation animale, exposer mes photos d’animaux sauvages… Mais chaque chose en son temps : ma priorité est d’affiner ma pratique photographique, de construire un business model qui tienne la route, d’agrandir ma communauté, de prendre confiance en moi, et bien sûr, de photographier toujours plus d’animaux ! 

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

Je pense que le plus difficile c’est de se faire confiance. Comment savoir si on fait le bon choix ? Si on ne va pas encore une fois s’engouffrer dans une voie qui ne nous conviendra pas ? Si on sera à la hauteur du challenge ? Toutes ces questions nous empoisonnent l’esprit et nous maintiennent dans un malheureux statu quo. Il me semble qu’on ne les dépasse que dans l’action : il faut s’engager dans une voie pour savoir si on est dans la bonne direction ! Et puis, prenons un peu de recul : notre valeur intrinsèque ne réside pas dans ce projet, elle le dépasse amplement et ne sera nullement remise en cause par un éventuel « échec » (« occasion d’apprendre »).

Une fois ces craintes dépassées, un nouveau challenge de taille se présente : comment se sentir légitime à exercer ce nouveau métier que d’autres pratiquent depuis toujours ? Bien sûr, il faudra travailler pour assoir son expertise, mais n’oublions pas qu’avoir exercé un autre métier est une vraie valeur ajoutée ! Cela nous a donné des armes et des outils qui enrichissent notre personnalité, notre savoir-faire, et nous confèrent une singularité qui pourrait bien justement être ce que recherchent nos clients ! 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans une reconversion mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Il me semble fondamental de s’autoriser à penser qu’on a le droit de vivre comme on l’entend. Non seulement le droit, mais pour ainsi dire le devoir, si l’on considère que la vie est un heureux hasard en notre faveur et qu’il est inconcevable de la terminer en regrettant amèrement de « ne pas avoir osé ». 

En même temps, je pense que le Side Project est un joli compromis pour faire les premiers pas sans prendre de risques inconsidérés. Car l’hésitation dit quelque chose de nous qu’il faut aussi pouvoir respecter et écouter : peut-être n’est-ce pas le bon moment ou pas le bon projet ? Avoir la possibilité d’explorer une idée sans tout quitter sur un coup de tête est une chance.  

La reconversion est un moment fait de doutes, où nos fragilités sont exacerbées par la prise de risque. Je ne peux donc que finir cette interview en vous invitant à faire preuve de bienveillance et de douceur envers vous-mêmes. Souvenez-vous que vous êtes votre meilleur ami, celui qui sera toute votre vie à vos côtés. On ne rabaisse pas constamment son meilleur ami : on l’encourage, on l’écoute, on lui pardonne ses erreurs et on lui souhaite d’être heureux et épanoui. Offrez-vous de même ! J’ai moi aussi du chemin à faire en la matière, mais c’est un des meilleurs conseils que j’aie pu recevoir et je suis ravie de vous le partager. Bonne route à tous, faites des merveilles !


Que retenir de l’expérience de Gaétane ?

  • Dans une période de reconversion, souvenez-vous qu’il est essentiel de ne pas être trop dur avec soi-même, d’accepter de se laisser du temps et de s’entourer de personnes bienveillantes.
  • Vous avez besoin d’être sûr.e de votre projet avant de vous lancer ? Avez-vous pensé au Side Project ? C’est un excellent moyen de se lancer avec un filet de sécurité.
  • Cumulez le salariat et une autre activité professionnelle en parallèle vous convient ? C’est possible ! N’ayez pas peur de vous créer une vie professionnelle sur-mesure !
  • S’organiser, planifier sa journée et se créer une routine est essentiel lorsque l’on cumule deux activités.
  • Apprenez à écouter votre intuition, elle vous guidera toujours vers la bonne direction.
  • Faire de sa passion, son métier ? Et pourquoi pas ? 😉
  • Faites-vous confiance et lancez-vous, pas à pas, à votre rythme. Osez !

Vous pouvez retrouver Gaétane, photographe animalière en parallèle de son emploi salarié, sur son site Internet, sur son compte Instagram et sa page Facebook.


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