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Hypersensibilité et travail : et pourquoi ne pas se créer un job sur-mesure ?

Delphine nous parle d'hypersensibilité

L’« hypersensibilité », on commence à en entendre parler, tout comme le haut potentiel ou la multipotentialité. Derrière le mot à la mode et les débats, il y a surtout une réalité : la vôtre peut-être, faite d’émotions parfois compliquées à gérer en entreprise. Bonne nouvelle cependant : votre « hypersensibilité », comme on dit,  n’est pas un boulet ! Elle peut être un levier incroyable pour créer votre propre job !


Article invité rédigé par Delphine Poirier


Les deux ou trois bricoles qui doivent vous arriver au travail si vous êtes « hypersensible »

L’hypersensibilité est un trait de caractère qui conduit à traiter les données sensorielles de façon plus profonde et plus complète.

Autrement dit à ressentir plus intensément les émotions que la moyenne (les siennes comme celles des autres).

Cela peut prendre plusieurs formes : sens particulièrement développés, empathie, vie intérieure riche, sensibilité aux variations d’humeur des autres (même minimes), capacité à ressentir de façon puissante toute une palette d’émotions dans une seule journée (joie, tristesse, anxiété, enthousiasme…).

Cela commence à vous parler ? Alors, que votre grande sensibilité ait « officiellement » été détectée ou non, vous vous retrouvez sans doute en situation d’effort sur plusieurs terrains :

  • Le cadre de travail : l’open space n’est sans doute pas un environnement de travail qui vous convient si vous êtes particulièrement sensible au bruit (bavardages, le « clic clic » du stylo de votre voisin de bureau), ou encore au « mouvement » autour de vous.
  • La surcharge d’informations : vous analysez tout, vous avez le sentiment de percevoir tout un tas de détails dans la façon dont les gens se tiennent, prennent la parole, croisent les bras ? Dans ce cas, les réunions ou situations de travail peuvent vite être éprouvantes, tant de signaux vous parviennent.
  • Surmonter la souffrance liée aux comportements des autres. Le monde du travail n’est pas tout rose. Les coups bas, les manipulations et autres sources de déception ne manquent pas. La plupart des individus l’intègrent, en faisant comme ils peuvent. Plus compliqué en revanche si vous êtes profondément gentil (le) et ne réussissez pas à tirer votre épingle du jeu dans une ambiance où règnent hypocrisie et faux semblants.
  • Gérer son stress. Hypersensibilité rime parfois avec anxiété. Là où un salarié lambda foncerait sur un projet qui le motive, vous pouvez rapidement vous retrouver en proie à tout un tas de doutes : « suis-je à la hauteur ? », « quelles précautions prendre pour ne pas me retrouver en difficulté », « et si j’échoue ? » etc.
  • Trouver sa place. Lorsque l’hypersensibilité se manifeste par une grande empathie, elle donne lieu à des arbitrages permanents : comment faire pour ne pas blesser les autres, sans pour autant s’oublier ? Difficile parfois de « ne pas se faire avoir », ou au contraire, de ne pas laisser libre court à son impulsivité, face par exemple à une décision injuste ou dénuée de sens…

Fort heureusement, on peut être un (e ) grand (e) sensible et trouver un équilibre dans un poste salarié. La plupart des personnes dites hypersensibles connaissent leur fonctionnement, et savent réguler leurs émotions, ni vues ni connues.

En revanche, face à des difficultés particulièrement marquées (mauvaise ambiance de travail, conflits etc.), l’exercice peut vite devenir plus compliqué, voire douloureux.

C’est votre cas, et vous avez le sentiment d’être dans une impasse ?

Alors il est peut-être temps d’amorcer un virage professionnel. Un nouveau poste ? Pourquoi pas ! Et l’entrepreneuriat, vous y avez pensé ?

Pour entreprendre, l’hypersensibilité est une chance

Vous faites bien votre travail ? Vous êtes compétent (e) ? Vous pourriez exercer en freelance ou créer une entreprise dans votre domaine ?

Si l’idée vous séduit, rassurez-vous, votre grande sensibilité peut être une force pour y arriver !

Voici en quoi :

  • La créativité: les personnes hypersensibles ont souvent une imagination débordante et plein d’idées, outre un intérêt particulier pour le « beau ». Un bon point pour pouvoir proposer un produit, un service ou une approche innovante. Idem pour développer une communication qui sort du lot.
  • Le sens de l’écoute et l’empathie: l’hypersensibilité va souvent de pair avec une grande capacité d’observation, la curiosité de l’autre, la capacité à « capter » les émotions des personnes autour, au-delà de ce qu’elles expriment. Un deuxième bon point, pour construire une relation de qualité et pleine de sens avec des clients et partenaires professionnels.
  • L’instinct: la personne dite hypersensible avance dans la vie en mobilisant ce qu’elle a dans le cœur et dans les tripes, de façon intuitive. Bien sûr, l’instinct n’est pas une science exacte et doit être combiné à la réflexion. Cependant, si votre instinct ne vous trompe pas souvent, il vous aidera forcément dans vos prises de décision !
  • La capacité d’analyse : l’hypersensibilité permet souvent, à partir d’une grande masse d’informations, de saisir naturellement ce qui fait l’ «essence » d’une situation, d’un projet. Un autre atout pour satisfaire de futurs clients, grâce à une bonne compréhension du contexte et la pertinence de votre approche.
  • La capacité naturelle à adopter des comportements appréciés. De nombreuses personnes hypersensibles sont attachées à des valeurs d’honnêteté, d’authenticité, de loyauté ou encore d’équité. Ce sont des qualités que les clients savent reconnaître, et qui, au-delà des compétences techniques, permettent de bénéficier d’un bouche- à-oreille positif.

Vous commencez à vous projeter ?

Vous faites bien, car lancer votre propre activité pourrait aussi être un formidable levier d’épanouissement personnel ! Voici 3 choses que l’entrepreneuriat peut vous apporter :

  • La possibilité de choisir les personnes auxquelles vous vous adressez, avec lesquelles vous entrez en relation (clients, partenaires). Un vrai confort au quotidien, pour vous éloigner des personnalités « qui ne vous font pas de bien » et aller vers des profils avec lesquels vous vous sentez plus à l’aise, plus en confiance.
  • Un nouvel équilibre : être à son compte, c’est travailler à son rythme, en pouvant caler son organisation sur son « fonctionnement » interne. En d’autres termes, vous pouvez gérer votre cadre de travail (notamment votre exposition au bruit), votre besoin de solitude et vous recentrer sur vous.
  • Un alignement avec vous-même : en créant votre activité, vous êtes seul(e) aux manettes, vous pouvez être vous-même, vous avez moins de compromis à faire au quotidien.

Vous passez à l’action ?

Si l’idée  vous interpelle, n’en doutez-pas, vous risquez fort d’être envahi par tout un tas de questions :

«Alors, je me lance ou je cherche plutôt un nouveau job ? », « Quelles précautions financières je dois prendre ? », « Comment je mets les choses en place ? »

Pas de panique ! Prenons les choses dans l’ordre :

  • Réfléchissez à ce qui est le mieux pour vous : salariat ou entrepreneuriat. N’hésitez pas à chercher des retours d’expérience de la part de personnes autour de vous qui se sont lancées.
  • Parlez-en à vos proches : si vous sautez le pas, leur soutien sera très important !
  • Prenez le temps d’étudier tous les aspects du projet, notamment d’un point de vue financier.

Et le moment venu, si l’entrepreneuriat vous apparaît comme le chemin à prendre, osez dire « ça y est, je POSE MA DEM’ ! »

Pourquoi je vous parle de tout ça ?

Je pourrais vous dire simplement : « Moi aussi, je suis hypersensible, je sais de quoi je parle».

Je ne le ferai pourtant pas, pour deux raisons :

  • Je n’aime pas le mot « hypersensibilité ». « Hyper » renvoie à l’idée d’excès, d’anomalie. Or, être doté d’une grande sensibilité, ce n’est pas être malade, ni « anormal ». 15 à 20% de la population serait « hypersensible », il n’y a donc rien d’extraordinaire à cela.
  • L’ «hypersensibilité » n’est qu’un trait de caractère parmi tant d’autres, qui ne justifie aucun sentiment de fierté ou de honte. Je préfère donc dire que je suis dotée d’une grande sensibilité, plutôt que je « suis hypersensible ». Cet adjectif ne me résume pas : comme vous, je suis une somme de plein de qualités et de défauts qui me rendent unique, sans qu’il soit besoin de coller une étiquette sur le résultat.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : ma grande sensibilité m’a beaucoup apporté, dans ma vie personnelle comme professionnelle.

Aujourd’hui, je travaille en freelance dans la communication écrite (https://plumedesaumon.fr/).

J’accompagne les entreprises dans la rédaction de leur contenu (site web, blog, livre blanc, portrait…), en partant du postulat que pour capter l’attention et séduire le lecteur, rien ne vaut le fait d’être authentique, de donner à voir son univers.

Ma sensibilité m’aide beaucoup dans cette démarche. Je m’en sers pour « capter l’essence » de l’activité sur laquelle je dois écrire, comprendre finement ce qu’attend mon interlocuteur, imaginer ce qu’aimerait apprendre le lecteur. Une fois ce travail réalisé, je mets des mots sur tout cet univers, en m’efforçant de le rendre vivant, humain, engageant.

Après une première vie professionnelle comme avocat et deux postes en entreprise dans la rédaction, j’ai décidé de me créer un job sur-mesure, me permettant non seulement de respecter davantage ma part sensible, mais mieux encore, de l’exploiter à 100%.

Je me sens chanceuse de pouvoir faire ce travail, car il me permet d’exploiter mon potentiel et de nouer des relations de grande qualité avec mes interlocuteurs.

En exerçant en freelance, je me sens complètement alignée avec moi-même : la part de moi qui avait parfois du mal à s’exprimer dans autre contexte professionnel est devenu mon principal outil de travail !


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