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Jean-François : Il est devenu conseiller en orientation professionnelle après une école d’ingénieur

Jean-François Carlotti a eu un parcours sans faute, du bac avec mention jusqu’au CDI en tant qu’ingénieur. Mais il s’est vite aperçu qu’il ne trouverait pas de sens dans cette carrière, alors il s’est lancé dans la création de son propre métier. Il est aujourd’hui conseiller en orientation professionnelle, et il vous partage son parcours et ses conseils ici ! 


Bonjour Jeff, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

Bon élève en classe, j’ai suivi des rails. Seconde scientifique, bac S option maths avec mention très bien et félicitations du jury (18,26 de moyenne quand même.. mais bon, ok, c’était en Corse). La suite logique ? Faire une prépa. Et me voilà à Ajaccio dans une salle de classe avec vue sur la mer. Les deux meilleures années de ma vie. Très intenses. Puis, voilà qu’est arrivée l’école d’ingénieur. En septembre 2010, je faisais mon entrée à l’École Centrale de Lyon qui est quand même dans le top 10 des écoles d’ingénieurs en France selon le sondage de l’Étudiant de 2018.

Un parcours de rêve vous ne trouvez pas ? Ecoutez la suite. Vu que je m’ennuyais en école d’ingénieur, j’ai fait un double diplôme avec l’Université Lumière Lyon II. Puis en 2013, mon diplôme d’ingénieur et mon Master II en Psychologie Sociale et du Travail en poche, je suis entré dans la vie active. Mon dieu ! J’ai pris une claque. J’ai réalisé que le métier d’ingénieur n’était, mais alors, vraiment pas fait pour moi. Mon travail ne servait pas au bien de la communauté, je ne me sentais pas utile, je ne trouvais pas d’entreprise avec des valeurs similaires aux miennes. Et puis un jour, tout a basculé..

Mon meilleur ami Jérôme m’a invité à un atelier gratuit d’une coach professionnelle en communication. J’ai adoré. Littéralement. Je me suis payé la formation en cours du soir que proposait la coach. 1800€. Mon premier investissement sur moi. À l’issue de cette formation, la coach m’a proposé d’être son assistant. J’ai dit oui, vous imaginez bien. Puis, j’ai pris goût au fait de transmettre. L’envie de donner des cours était venue. J’ai saisi l’opportunité d’en donner à l’IUT d’Aix-en-Provence. Mais des cours de quoi ? Et bien de recherche d’emploi. 

Mais d’où t’es venue cette idée Jeff ? Tout simplement du fait que j’avais galéré par le passé pour trouver du travail et qu’en lisant des livres, puis en pratiquant, je suis devenu bon là-dedans ! Ensuite, j’ai créé ma micro-entreprise et je me suis lancé à temps plein dans l’accompagnement à l’orientation professionnelle et à la recherche d’emploi. Le tout par le plaisir s‘il vous plaît !

Quelle est ton activité aujourd’hui ?

Aujourd’hui, c’est simple. Je fais des accompagnements individuels en face à face, par Skype et par téléphone. Mais ce n’est pas tout. Je suis un hyperactif ! J’anime également des ateliers de groupe à l’association des anciens élèves de l’AIE d’Aix-en-Provence, à l’Anticafé d’Aix-en-Provence, à l’Avarap, au Club Apex, etc. J’ai commencé également à faire des conférences. Ma première a eu lieu à Porticcio pour la journée de l’Audace Corse. C’était génial !

Mon but : aider les personnes que j’accompagne à décrocher un job de rêve. Comment ? Et bien en les aidant à prendre conscience de leurs talents et de ce qui les fait vibrer professionnellement. Mais pas que… je les aide aussi à identifier leur environnement de travail idéal et leurs valeurs fortes pour qu’ils soient à la fois performants et épanouis. Puis, une fois qu’ils sont au clair avec ça, je les aide à appliquer à leur CV, à leurs lettres de motivation et à leur entretiens d’embauche des techniques de vente pour se différencier et aider le recruteur à prendre conscience de tous leurs talents !

Ah oui.. il y a quelque chose que je n’ai pas dit. Je suis passionné de développement personnel. Aussi, cela déteint lors de mes accompagnements. J’aime bien briser toutes les croyances limitantes concernant le marché de l’emploi et en proposer de nouvelles, beaucoup plus utiles. Ce n’est pas pour rien que j’ai prévu de faire une formation de coach professionnel en 2019 afin d’avoir davantage d’outils pour ce faire.

Quoi qu’il en soit, je suis convaincu que le plus important dans une recherche d’emploi, ce n’est pas de décrocher un emploi mais de grandir durant sa recherche pour devenir encore meilleur.

Dans la continuité, j’envisage également de me former au métier de conférencier professionnel d’ici 3/4 ans afin d’aller porter la bonne parole dans le monde de l’entreprise. En effet, aujourd’hui je cible les particuliers pour les responsabiliser et les rendre proactifs. « Agissez comme si vous n’attendiez plus rien du politique » a dit Jacques Attali. Je pense qu’il en est de même du monde de l’entreprise. Si vous êtes salarié, n’attendez pas que l’entreprise change. Prenez votre carrière en main !

Comment as-tu fait pour trouver ta propre voie ?

J’ai commencé à suivre mes envies. Au début, c’était relativement simple. J’avais un CDI. Je pouvais donc faire cela sur mon temps libre. J’ai dit « oui » pour aller à l’atelier gratuit. J’ai dit « oui » pour suivre la formation. J’ai dit « oui » pour devenir assistant. J’étais un peu dans un mode passif. Puis, en découvrant ce nouveau monde de la communication orale, des envies ont émergé naturellement. Envie de donner des cours en parallèle de mon métier d’ingénieur, envie de monter ma micro-entreprise pour accompagner des particuliers toujours en parallèle de mon métier d’ingénieur, enfin.. envie de me lancer à temps plein dans l’accompagnement à l’orientation professionnelle et à la recherche d’emploi.

C’est la notion de « rationalité limitée » de l’économiste et sociologue américain Herbert Simon. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Ça signifie que l’on n’est jamais au courant à l’instant t de tout ce qui existe. Quand vous voulez acheter une télévision, vous allez dans les trois premiers magasins qui vous viennent en tête puis vous faites votre choix. Vous n’allez pas rendre visite à tous les revendeurs de télévisions au monde ! Et bien dans le monde du travail c’est pareil. Quand on suit ses envies, on se met en chemin. On part à la découvert de nouveaux mondes – pour moi ça a été la communication orale – dans lesquels peuvent exister des métiers qu’on ne connaissait pas et qui sont susceptibles de nous plaire davantage.

Quelles ont été les étapes de la création de ton entreprise ?

Alors, vu que je travaillais comme ingénieur et que j’avais une clause d’exclusivité dans mon contrat de travail, je suis allé demander une dérogation auprès du directeur de la filiale pour laquelle je travaillais. Le courant passait plutôt bien entre le directeur et moi donc cela s’est fait facilement. Même si, je dois avouer, j’avais un peu la boule au ventre. Mais au final, c’est passé !

Seconde étape : la création de la micro-entreprise. D’un point de vue administratif cela m’a pris quelques minutes pour faire ma déclaration sur Internet. Et encore parce que le formulaire n’était pas optimisé du point de vue de l’ergonomie.

Créer une entreprise, en France, peut se faire un quelques clics.

Comment as-tu obtenu tes premiers clients ?

Une fois ma micro-entreprise créée, je l’ai dis à tous mes proches et j’ai obtenus mes premiers clients de cette manière-là. Mais le plus beau reste à venir. Je vous ai dit que j’ai créée ma micro-entreprise alors que je travaillais comme ingénieur. Eh bien, dès que je repérais une personne dans l’entreprise pour laquelle je bossais qui n’était pas heureuse, j’en profitais pour lui parler de mon activité d’accompagnement. C’est vraiment grâce à mon relationnel. Au début, je ne procédais que comme cela.

Tu es professeur en IUT en parallèle. Comment gères-tu ces deux activités ?

Mes interventions à l’IUT ne me demandent que quelques jours dans l’année. J’ai mon planning d’intervention pour l’année à venir à peu près 6 mois à l’avance. Je peux donc facilement anticiper. En plus, j’improvise toujours mes cours. Je suis certes la thématique (rédiger un CV, réussir son entretien d’embauche, etc.) mais je procède de la manière suivante : je fais un tour de table pour demander aux élèves quels sont les problèmes qu’ils rencontrent au sujet de la thématique. Je les note au tableau. Puis, je leur demande lesquels ils veulent traiter en priorité. Ils votent à main levée et le cours commence.

Quels conseils donnes-tu le plus souvent à tes clients qui souhaitent trouver un travail qui leur plaît ?

D’agir. C’est le conseil le plus simple et le plus difficile à mettre en oeuvre. Pourquoi ? Parce que cela demande de sortir de notre zone de confort en faisant quelque chose de nouveau. Ça nous demande également d’affronter le regard des autres, ses propres peurs, etc. Ce n’est pas facile. Parce contre, quand on agit, on se fait de l’expérience. On apprend, on grandit. Et le bonheur repose justement sur ce sentiment d’évolution. L’objectif (trouver un travail qui nous plaît) n’est qu’un prétexte pour se mettre sur le chemin de l’action. Aussi, sortez vos antennes, repérez quelque chose que vous aimez bien faire, et creusez le sujet !


Pour en savoir plus sur Jeff : son site internet, sa page Facebook, sa chaîne Youtube, ou encore son compte Instagram 🙂 


Que retenir de l’expérience de Jean-François ?

  • Ne pas attendre que l’entreprise change ! C’est à vous de prendre votre carrière en main
  • Vous ne pourrez jamais connaître tous les métiers et opportunités possibles, alors il faut vous mettre en chemin et explorer, pour faire émerger des envies
  • Créer une micro-entreprise se fait en quelques clics
  • Le relationnel et le bouche-à-oreille lui ont permis de démarrer son activité
  • Une seule chose à retenir : il faut AGIR en creusant les sujets qui vous intéressent !

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