Je me lance

Jeune parent et freelance : une aventure (im)possible ?

Parfois, il suffit d’un événement, aussi minime soit-il, pour mettre sa vie en perspective. Dans mon cas, cet événement a été majeur. Salariée depuis 8 ans, l’arrivée de mon fils a renforcé ma soif de liberté. Dans cet article, je te partage mes réflexions, mes débuts de jeune maman freelance et quelques conseils qui j’espère, te seront utiles à toi, futur ou jeune parent et freelance.


Article invité rédigé par Delphine Froid.


Les déclics

“Etudes  terminées. Petite pause à l’étranger puis je chercherai un CDI. Quand j’aurai suffisamment d’expérience, je deviendrai indépendante”. Voici la phrase que je me répétais en septembre 2018. Sauf qu’à mon retour de l’étranger, j’étais plus proche d’avoir mon bébé qu’un CDI !

Les raisons pour lesquelles j’ai décidé de me lancer en freelance ont été diverses et pour certaines, des réflexions de longue date :

  • Une profonde envie de me mettre à mon compte un jour.
  • Une recherche d’emploi très difficile à 3 mois de grossesse (je n’avais jusque là eu aucune difficulté à trouver un emploi, mais cette fois, je “représentais un risque”).
  • Un souhait de mettre en adéquation mes valeurs et la façon d’exercer mon métier.
  • Une nécessité d’être flexible sur mon emploi du temps pour conjuguer vie professionnelle et vie personnelle.
  • Une opportunité à travers le chômage qui suivait mon congé maternité.

Mes doutes

J’en ai eu. On m’en a rajouté. 

Voici quelques questions que tu te poses peut-être aussi.

  • Vais-je trouver des clients ?
  • Comment devenir freelance en étant introvertie ?
  • Et si je n’y arrivais pas ?
  • Par où commencer ?
  • Est-ce bien raisonnable de me lancer juste après avoir eu un bébé ?
  • Comment vais-je m’organiser ?
  • Les freelances ne sont-ils pas censés être disponibles tout le temps ?
  • Ne vais-je pas être mise de côté parce que j’ai enfant ?

Aujourd’hui, certains doutes subsistent mais j’ai décidé d’avancer malgré tout.

Pourquoi ?

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J’ai réalisé, après plusieurs phases d’introspection, que la plupart de mes doutes résultent surtout de croyances limitantes. Des barrières psychologiques que je devais sauter pour me rapprocher de mon but.

Oui j’allais sans doute galérer mais, en comparant les points positifs de chaque situation : chercher un CDI ou devenir indépendante, j’ai choisi pour une fois d’écouter mon cœur plutôt que ma tête.

Ma préparation

Assistante de direction à mes débuts, anticiper les choses a longtemps été ma qualité première (et mon fardeau !). 

En février 2019, j’ai finalement trouvé un CDD s’étalant jusqu’à mon congé maternité. J’ai donc pu prévoir plusieurs étapes sur ma to-do list.

  • Formations : j’adore apprendre alors j’ai listé des sujets liés au freelancing et à mon domaine d’activité, le digital learning, à étudier.
  • Veille sur le freelancing : entre blogs et interviews directs avec des freelances de mon secteur, je me rappelle avoir regretté de ne rien avoir trouvé sur ma situation de future maman freelance.
  • Epargne : même en sachant que je serai inscrite au chômage, j’ai souhaité me constituer une trésorerie (quelques mois de revenus) pour réduire le stress de la recherche de clients et au cas où les dépenses bébé se révéleraient plus importantes que prévu.
  • Confiance en soi : j’ai pris l’habitude de suivre des personnes qui m’inspirent, d’appliquer leurs conseils, de lire les témoignages de mompreneurs et je me lançais des petits défis régulièrement.
  • Objectifs : j’ai l’habitude de m’en fixer chaque année alors la principale difficulté était de me projeter sur plusieurs années. Comment savoir où j’en serai dans 5 à 10 ans ? Finalement, j’ai les ai définis pour les 3 prochaines années.

Je n’ai pas réussi à tout faire, notamment à me former sur tous les sujets prévus. Être enceinte n’est pas une maladie mais certaines périodes peuvent être vraiment éprouvantes. J’avais quand même bien avancé en gérant mon CDD en parallèle alors j’étais satisfaite.

Rester connectée en congé maternité

Ce n’était pas une obligation mais j’y tenais. Profitant de quelques instants de sommeil du petit ou très tôt le matin, je me mettais à fond sur mon projet :

  • Veille sur mon secteur d’activité et sur le freelancing
  • Création de mon plan de communication
  • Stratégie pour trouver des clients 
  • Mise en place de ma méthodologie de travail
  • Réseautage
  • Echanges avec de nouvelles personnes

Cette période m’a évidemment permis de me faire à mon nouveau rôle mais prendre le (peu de) temps pour développer mon projet m’a permis de rester en contact avec le monde extérieur et je peux vous dire qu’entre 12 couches par jour, ça fait du bien !

Première mission et organisation vie professionnelle / personnelle

J’avais initialement décidé que je travaillerai surtout à distance mais que j’accepterai de me déplacer ponctuellement chez le client. 

Evidemment, mon premier client a refusé que je travaille à distance. Je me retrouvais donc à travailler pour une boîte 2 jours par semaine de 9 heures à 18 heures. Pour la première fois, j’intégrais une nouvelle entreprise en tant que freelance. Je n’ai pas échappé aux transports en heures de pointe, ni au stress des horaires de l’assistante maternelle et n’ai jamais pu récupérer mon fils à l’heure prévue (d’où l’intérêt d’anticiper ce genre de situation). Malgré cela, une confiance a pu s’installer entre mon client et moi, facilitant d’ailleurs le passage au télétravail recommandé par le confinement. 

Chaque fois que je devais travailler chez le client, je suivais un rythme quasi-militaire de 6 à 23 heures. Ces journées étaient très compliquées, mais surtout, je n’avais pas le temps que l’absence de transports et la pause déjeuner m’offrent d’habitude pour avancer. C’est pourquoi, je privilégie désormais (réellement) les missions en télétravail (hors rendez-vous). Je perdrai peut-être des missions mais je préfère être réaliste quant à ma capacité à tout gérer. 

Retour d’expérience

Micro-entreprise déclarée en janvier 2020, je n’étais pas pressée de prospecter, d’autant plus que je dormais encore très peu. J’ai donc profité du chômage pour:

  • mettre tranquillement en place mon offre (que  j’améliore constamment en fonction des retours), 
  • me former (stratégie commerciale et sujets relatifs à mon domaine) et donc apprendre énormément, 
  • rencontrer de nouvelles personnes (sur LinkedIn et l’application Shapr principalement), 
  • proposer mes premiers devis (et réalisé à quel point cela pouvait être compliqué),
  • mettre en place mon site web.

Cela m’a pris beaucoup de temps. Le travail d’un indépendant va bien au-delà des missions pour les clients alors il vaut mieux envisager de garder du temps

J’ai compris qu’il n’était pas facile de réaliser des missions 20 jours par mois pour des clients lorsque l’on souhaitait aussi développer son activité, s’améliorer, réfléchir et s’occuper d’un bébé. J’ai donc décidé de travailler 4 jours par semaine dans un premier temps.

Ma première mission a débuté en mars et a continué pendant le confinement (hors cas d’extrême urgence comme ce contexte sanitaire, je te conseille d’éviter de travailler avec un bébé dans les parages…). Avec ce client, j’ai fait des bourdes “de freelance” mais je m’y attendais. J’ai donc décidé de faire un bilan de chaque mission et de demander un feedback au client pour m’améliorer, parce que c’est important pour moi. 

D’un point de vue plus personnel, en quelques mois, j’ai déjà pu constater un réel changement en moi. Relever des petits défis régulièrement m’a permis d’accomplir des choses dont je ne pensais pas être capable comme : parler à des inconnus, oser négocier, être moins cérébrale, m’affirmer davantage ou rédiger cet article. 

Cela me permet de prendre un certain recul sur les critiques que j’ai pu avoir sur mon projet (parfois même d’un entourage très proche). Oui, je suis jeune maman mais je reste une personne passionnée avec des rêves et des ambitions. Et non, je ne suis pas irresponsable pour autant. C’est un risque calculé pour lequel j’ai un plan B et un C. 

Je suis consciente d’avoir encore beaucoup d’expérience à acquérir, beaucoup de bourdes à faire, beaucoup de commentaires à entendre, mais ces quelques mois n’ont fait que renforcer mon souhait d’être indépendante !

Conseils pour (très) jeune parent qui souhaite se lancer

Gérer au mieux la fatigue 

Certaines périodes seront particulièrement éprouvantes, parce que tu auras plus de travail que d’habitude et pas forcément moins à la maison, ou parce que ton enfant n’aura dormi que 3 heures la nuit précédente. 

Mes astuces : je prévois une marge lorsque je définis les échéances avec un client. J’essaie aussi de respecter mon rythme en prenant une pause un peu plus longue si nécessaire quitte à faire une petite sieste en pleine journée (oui oui ! Je rattrape le soir évidemment).

Faire le tri dans les remarques que l’on nous fait

Certaines personnes seront très heureuses pour toi avec ce.s nouveau.x projet.s en route. Il peut néanmoins arriver que d’autres ne le comprennent pas ou n’y croient tout simplement pas. Je pars du principe que toute remarque est bonne à prendre à condition qu’elle soit pertinente. Je prends du recul à chaque remarque reçue. 

Pourquoi ? Une personne peut avoir son avis sur ton projet, mais elle n’est pas toi et ne connaît (jusqu’à preuve du contraire) pas l’avenir !

S’organiser

Je crois que cet élément est déterminant dans la mise en place de ces deux grands changements en parallèle. Il y a tant de choses à apprendre lorsque tu deviens parent et freelance ! 

Mon astuce : les to do list et les routines. Entre mémos, feuilles volantes et tableaux, tout est bon pour préparer ma semaine. Que ce soit les repas des adultes, ceux du petit ou des réunions, tout est prévu à l’avance. Il arrive évidemment que des imprévus m’empêchent de les suivre à la lettre mais j’ai un cadre et c’est rassurant.

Être flexible

J’ai toujours entendu que l’une des qualités d’un freelance était sa flexibilité. Pas si simple quand on doit s’arrêter avant 18 heures. En fonction du besoin client, je reste ouverte à travailler le soir ou le week-end si je connais la charge de travail à l’avance car, c’est bien connu, on n’a rien sans rien. Je reste par contre toujours transparente avec un prospect/client et si ma situation pose problème pour une raison ou pour une autre, je passe mon tour.

Comprendre qu’il n’y a pas de bon moment pour se lancer

J’ai 27 ans et presque 9 ans d’expérience professionnelle mais j’ai 3,5 ans d’expérience en digital learning. Le moment idéal pour me lancer en freelance (selon moi) aurait été après 10 ans d’expérience en entreprise, soit en 2026 ! Je pensais qu’il y avait un âge pour être indépendant. Je pensais qu’il valait mieux attendre que les enfants grandissent. J’avais des pensées limitantes et il m’arrive de me surprendre à en avoir encore. Oui, certaines situations sont plus rassurantes que d’autres mais chaque personne est différente et si beaucoup ont réussi sans attendre le « bon moment », pourquoi pas moi ? Pourquoi pas toi ?

Être bien entouré.e

J’ai souvent lu cette recommandation sans jamais vraiment en comprendre le sens. J’avais l’impression de l’être mais lorsque tu décides d’être freelance (et davantage avec un enfant), ton choix n’impacte pas que toi. Ton entourage, même proche, peut être en désaccord avec ta décision et te faire douter. Avoir du soutien des personnes qui comptent pour toi est essentiel. Je n’aurai sans doute pas sauté le pas sans cela. 

Anticiper sa trésorerie

Si tu arrives à prévoir un petit matelas de secours pour le lancement (au cas où les missions tarderaient ou si elles ne te convenaient pas), tu seras plus serein.e ! Si tu peux te mettre au chômage en parallèle, c’est encore mieux.

Accepter que les semaines ne font que 168 heures

À une époque, je suivais mon Master à distance et j’étais en alternance. J’y passais facilement 70 heures par semaine. J’étais fatiguée mais si quelque chose me motivait suffisamment, je trouvais du temps à y consacrer en plus. Autant dire que maintenant, aussi motivée que je le sois, je dois prioriser mes tâches car la fatigue finit inévitablement par me rattraper. Au début, j’étais frustrée de ne pas réussir à faire ce que j’avais prévu. J’ai fini par réaliser que l’essentiel était d’identifier puis de gérer mes priorités et de relativiser.

Se rappeler qu’être freelance ne veut pas dire être seul.e

J’ai découvert un nouvel univers en me lançant et j’ai pu rencontrer des personnes très intéressantes qui m’ont beaucoup apporté, humainement et professionnellement. Il existe par exemple divers groupes de freelances avec lesquels tu peux échanger, à distance ou en face à face. Je me suis rendue au salon des entrepreneurs pour rencontrer des personnes ayant les mêmes préoccupations que moi. J’ai aussi entendu parler de groupes de mamans indépendantes mais je n’y ai pas encore participé. 

Le plus important pour moi : garder en tête que la vie est courte !

Sujet glauque pour certains, une réalité pour tous. Certaines choses ne dépendent pas de nous. Certains projets doivent être reportés parce que la vie ne nous en laisse pas le choix. Par chance, j’ai cette fois eu le choix. J’aurais pu aller dans le sens de certains avis négatifs ou de mes propres peurs mais j’ai choisi de tenter le coup. Peut-être que je n’y arriverai pas comme je le souhaite, mais quoi qu’il en soit, j’aurai essayé ! 

Ce qui ne tue pas nous rend plus fort, non ?


Vous pouvez retrouver Delphine, parent et freelance, sur LinkedIn.


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