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Julie : Après une carrière dans le commerce, elle a décidé de reprendre ses études pour devenir thérapeute

reprendre ses études pour devenir thérapeute

Après une carrière dans le commerce, Julie Morin a décidé de reprendre ses études pour devenir thérapeute. Dans cette interview, elle nous raconte son retour sur les bancs de l’école, la réaction de ses proches et les difficultés qu’elle a traversées. Bonne lecture !


Bonjour Julie, raconte-nous ton parcours en toute transparence ! 

Après avoir passé plus de 15 and-s sur des fonctions de développement commercial principalement dans le secteur marketing, j’ai décidé de reprendre des études et différentes formations en vue d’une reconversion professionnelle pour devenir thérapeute.

Aujourd’hui après 3 ans d’études de psycho, 1 certification en sophrologie avec spécialisation en entreprise et une certification en Hypnose, je suis thérapeute et consultante / formatrice.

Je pratique comme bénévole et sein du Centre Ressource Marseille, un centre d’accompagnement des personnes malades du cancer et leurs aidants. En parallèle, je suis consultante pour WeCare@Work depuis début 2020. Nous accompagnons les entreprises à mettre en place des actions pour concilier cancers, maladies et travail. Et enfin, j’interviens en écoles supérieures pour enseigner le marketing, le développement commercial…mon ancienne activité. C’est ce qu’on appelle être « slasheur » je crois 😊

Pourquoi as-tu quitté ton job ? 

L’envie de faire autre chose, d’entreprendre m’avait déjà titillée plusieurs fois. Lors de ma dernière expérience professionnelle que je voyais comme une réelle opportunité, les choses n’étaient pas aussi belles que sur le papier. Très vite je ne trouvais aucun intérêt à mes missions dont je ne comprenais pas la finalité, une absence de sens totale associée à sentiment de solitude important. Je me suis donc mise en tête d’opérer une reconversion en reprenant des études de psycho, mon objectif étant de persévérer dans mon boulot, étudier en parallèle et prendre le temps pour ma prochaine vie professionnelle.

Comment s’est passé ton départ ?

Nous avons convenu d’une rupture conventionnelle. Cela s’est imposé naturellement dans la mesure où mon employeur m’a informé souhaiter mettre un terme à notre collaboration. Même si cela a été très difficile pour moi, les planètes étaient finalement alignées et je me suis dit que c’était le moment de me lancer.

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

Depuis toute jeune, j’ai toujours voulu être psychologue. Mais après mon bac, je n’ai pas été encouragée par mon entourage familial à faire des études de psycho, pour x raisons.

J’ai donc suivi une autre voie, celles des études commerciales, qui ont conditionné les 15 premières années de ma vie pro. Honnêtement, je dis souvent que je suis tombée dedans sans trop le chercher et les choses se sont enchaînées assez naturellement.

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Je ne regrette en rien cette période qui m’a tant apporté, et qui est un atout précieux je pense lorsqu’on entreprend. Et puis avec du recul, c’est une bonne chose d’avoir repris la psycho plus tard…avec l’âge et l’expérience, c’est forcément différent.

Tu as repris tes études, tu nous racontes ? 

L’excitation est le 1er mot qui me vient en tête ! J’ai toujours adoré apprendre alors j’étais ravie de pouvoir réalimenter mes cellules grises. J’ai pris le temps pour rechercher les formations qui me correspondaient et qui étaient reconnues et je me suis fait conseiller par des professionnels déjà en activité. Le secteur du paramédical voit naître beaucoup de « vocation » et l’accès à ces nouveaux métiers est trop facile selon moi. Du coup, les formations poussent comme des champignons avec les dérives qui vont avec.

J’ai vécu cette période de la meilleure manière possible. La plus grande difficulté étant de trouver un nouveau rythme dans un cadre qui n’est plus imposé…D’autant plus qu’en parallèle j’ai lancé mon projet d’entrepreneuriat. Le temps consacré aux études et divers devoirs se fait donc en parallèle des journées, parfois très tard le soir. Cela demande beaucoup de travail et c’est certes fatiguant, mais passionnant. Et cette période n’est pas finie puisque je démarre la dernière « tranche » on va dire, avec la préparation en 2 ans d’une thèse pour devenir psychanalyste. Là j’aurais atteint tous mes objectifs…étudiants du moins !

Comment ont réagi tes proches ?

Personnes n’a été surpris par mon choix. Mon mari m’y a tout de suite poussée dans la mesure où depuis que l’on se connait il sait mon désir d’exercer dans cette branche. Et puis il me voyait vraiment malheureuse dans mon job.

Ma famille ne comprend pas vraiment ce que je fais je crois, donc pour eux c’est juste un énième boulot 😉. Quant à mes amis, il y a les bonnes et les mauvaises surprises ! Ceux qui sont heureux pour nous, que nous prenions la peine de réaliser nos rêves, et puis ceux qui jugent votre capacité à exercer ce nouveau métier. Je me suis rendu compte que ce genre de décision remuait peut-être certaines choses en eux, des envies, des regrets, des peurs, mais qui leur appartiennent et qui doivent le rester.

Je n’ai franchement jamais attendu un aval ou conseil car j’étais certaine de mon choix et surtout que cela ne me coutait rien d’essayer.  Mais il est vrai que les débuts ont été remuants et que j’ai souvent eu la sensation d’être seule dans ma barque.

Après entreprendre et reprendre des études reste je pense très nébuleux pour ceux qui ne le vive pas de l’intérieur. On ne voit que la partie visible de l’iceberg qui est infime et la plus jolie.

En quoi consistent tes activités aujourd’hui ?

Aujourd’hui on va dire que mon activité s’articule autour de 3 axes : thérapeute, consultante/formatrice et enseignante.

La thérapie étant du bénévolat, les ½ journées qui y sont dédiées sont fixée en avance selon mes disponibilités. Le reste de ma semaine est consacrée à mes missions de consulting pour Wecare@work.

Pour ce qui est des formations en écoles, elles sont fixées bien en amont, et s’agissant de quelques jours seulement (pour le plaisir 😉) elles n’entrent plus dans ma logistique quotidienne on va dire.

Honnêtement je n’ai pas encore eu de journée type et je crois que c’est ce que j’aime justement.

Chaque semaine, il y a un nombre défini de jours consacrés à chaque activité, pour le contenu de ces journées, j’établis un programme chaque fin de semaine pour la semaine suivante histoire d’avoir une visibilité la plus claire possible.

Comment as-tu géré la transition financièrement ?

Honnêtement, cela a été plutôt facile. Et pourtant je quittais une situation professionnelle très confortable et très bien rémunérée. Mais à aucun moment cela n’a été un frein Et puis, la période de chômage m’a permis de me lancer plus sereinement c’est évident. En parallèle, quelques changements de vie et de consommation. Enfin pour compenser la perte financière et permettre de traiter les charges du foyer, nous avons simplement avec mon mari mis en place des solutions alternatives (louer notre maison pour les vacances par ex, investir davantage dans la seconde main…). Ma philosophie est toujours de réfléchir aux solutions pour financer un projet au lieu de se dire que nous n’en n’avons pas les moyens.

Depuis ce changement de vie, je n’ai jamais ressenti la moindre frustration. Bien sûr, il y a toujours des moments où la question financière inquiète et empêche de dormir parfois, mais les bénéfices de mes choix sont bien plus grands. Donc c’est ok.

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

Il y a selon 3 difficultés ou pièges principaux :

1/ le sentiment d’illégitimité : nous vivons dans une société où la 1ere question que l’on vous pose c’est ce que vous faites dans la vie, ce qui a tendance à nous mettre dans des cases. Et alors lorsque à 39 ans vous expliquez que vous avez repris des études pour être thérapeute après avoir fait du commerce…les yeux sont écarquillés. Personnellement j’ai mis un temps fou à me mettre dans ce nouveau costume et à assumer mes multiples activités. Il m’est même arrivé de m’entrainer à répondre à cette question avant de me rendre à un dîner chez des amis.

2 / penser qu’une page se tourne et que l’on recommence à zéro : la vie professionnelle et les expériences acquises ne sont pas du passé. Au contraire, elles sont précieuses. Le secret il me semble est de réfléchir à comment ces expériences passées peuvent nourrir et servir les nouveaux projets. Trouver un pont entre les 2 en quelque sorte. Cela permet non seulement de se sentir plus fort et confiant (cf le sujet de la légitimité) mais aussi d’optimiser la mise en route de son nouveau projet.

3 / être trop attentif aux regards et avis extérieurs : il est important de rester focus sur le pourquoi de son choix et ses motivations. Attention cela ne veut pas dire n’écouter personne. Cependant, l’entourage privé ou du moins les personnes qui nous connaissent à titre perso ou pro, ne voient pas les changements, évolutions en vous. Ainsi les avis ou conseils peuvent être biaisés. Une reconversion en vue de facto d’un projet entrepreneurial, est une période intense de bouleversements personnels, de doute et de fatigue. Aussi savoir simplement quels sujets partager avec qui, permet de se préserver, soigner sa santé mentale…et ses relations 😉

Pour dépasser ces difficultés et les autres, le plus important est selon moi de bien s’entourer et de se mettre une armure pour bien se préserver. Intégrer une couveuse d’entreprise pour démarrer par ex, se créer un nouveau cercle avec les personnes qui ont partagé votre formation, aller à la rencontre d’homologue pour élargir votre cercle…Interroger, partager, confronter ses idées et ses doutes pour nous permettre de prendre du recul. S’ouvrir aux autres et être attentifs à la magie des rencontres !

As-tu des enfants ? Si oui, comment as-tu géré ta vie de maman et ta reconversion en parallèle ?

Oui j’ai 2 filles. Lola qui a 14 ans et Louise 8 ans. Il est évident que ce n’est pas simple tous les jours.

Les enfants ne peuvent pas comprendre que maman soit à la maison et ne soit pas disponible car elle doit réviser, bosser sur son projet ou autre. Mais globalement les choses se passent bien. Je me suis toujours beaucoup déplacé dans le cadre de mon travail avec tous les effets de bords (fatigue, stress, peu de disponibilité pour les sorties scolaires par ex…).

Aussi pour elles, c’était aussi l’opportunité de me voir plus souvent et plus détendue. Il s’agit simplement d’organisation et ce point est peut-être primordial. Je veille à gérer tous ce qui peut être un caillou dans la chaussure. Ainsi le week-end, par exemple je vais préparer les repas en avance et je ne déroge pas au mercredi qui est la journée pour mes filles. Et puis j’ai aussi la chance d’avoir un mari avec qui le partage des tâches n’a jamais été un sujet. En fait, cette reconversion et le projet entrepreneurial qui en découle est totalement devenu un projet familial. C’est peut-être ça le secret pour arriver à concilier le tout, embarquer toute sa tribu dans ce nouveau projet de vie.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite entamer une reconversion ?

Je n’ai pas vraiment de conseils à donner car il s’agit vraiment d’un choix personnel où la situation de chacun doit être prise en compte.

Mais s’écouter, se faire confiance est un bon début et être au clair sur les raisons qui poussent à cette reconversion car c’est ce qui permettra de tenir dans la durée et surmonter les phases de découragement.

Une fois que cela est ok, prendre le temps de se renseigner, se faire conseiller…et se donner les moyens d’y aller. Il y a une multitude de solutions pour répondre aux freins, et cette période sera de toute façon passagère. Alors si la motivation est là, il serait dommage de ne pas se laisser une chance… au pire vous réussissez ! 😊


Que retenir de l’expérience de Julie ?

  • Se reconvertir ne veut pas dire oublier son passé professionnel. Les compétences acquises jusqu’ici peuvent être recyclées, c’est une expérience précieuse à ne pas négliger !
  • Reprendre ses études pour devenir thérapeute (ou pas) demande de l’organisation, c’est une charge de travail supplémentaire dans des journées souvent déjà bien remplies !
  • Ne laissez pas vos proches projeter leurs peurs, leurs regrets ou leurs envies sur vous. Cette décision est avant tout la vôtre, ce qu’ils ressentent ne doit pas entraver votre cheminement et votre désir de changer de voie.
  • On le répètera jamais assez : ECOUTEZ-VOUS, c’est essentiel !

Vous pouvez retrouver Julie, qui a décidé de reprendre ses études pour devenir thérapeute, sur son compte LinkedIn. 


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