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Kevin : Il entreprend dans sa passion, la musique

Après un parcours de commercial plein de péripéties, Kevin a choisi la voie de l’entrepreneuriat dans le domaine qui le passionne, la musique. Il a créé Talunter pour aider les artistes à se rendre plus visibles auprès de leur public. En parallèle, il réalise des missions commerciales en freelance. Portrait !

Bonjour Kevin, raconte-nous ton parcours en toute transparence ?

J’ai toujours aimé apprendre mais je n’ai jamais été très académique. Après ma terminale S, j’ai échoué au bac de très peu mais je ne voulais pas retourner au lycée. J’ai alors commencé une année à distance avec le CNED pour me donner une nouvelle chance mais j’ai arrêté au bout de trois mois car je n’étais ni assidu ni motivé. Et un jour en me réveillant, j’ai eu l’envie subite de partir en Angleterre ! J’adore l’anglais et je suis fan de groupes de musique anglais depuis que je suis petit. J’ai été garçon au pair pendant un an ; c’était très enrichissant car j’étais en immersion totale. C’est à ce moment là que je suis passé de garçon à homme.

Après cette expérience, j’ai essayé de trouver du travail pour rester à Londres car je ne voulais pas rentrer en France. J’ai trouvé un emploi de street fundraiser pour un organisme de charité et j’ai fait ça pendant quelques mois avant de retourner dans une famille au pair, mais ça ne marchait plus car j’avais goûté au plaisir d’être indépendant et seul !

A partir de là, j’ai connu une période difficile où j’ai dû trouver à la fois un emploi et un logement. J’ai vécu dans la rue pendant deux semaines. Je viens d’une famille modeste qui n’a pas pu m’aider financièrement. J’ai découvert le couchsurfing et j’ai réussi à trouver un monsieur très aimable qui m’a accueilli. Je cherchais un emploi mais j’avais une grosse barbe et des chaussures trouées. J’ai rencontré mon futur employeur, Rémi, à qui j’ai expliqué ma situation et mon envie de trouver un job de commercial sédentaire. Je lui ai dit : “Je vous tout donner pour votre projet, même sans compétence, car j’ai besoin de ce travail”. Il m’a embauché malgré mon apparence douteuse, et grâce à lui j’ai pu reprendre une vie normale. J’ai galéré pendant un mois, un ami m’a avancé de l’argent pour dormir en auberge de jeunesse, puis une fois la première paie reçue, j’ai pu retrouver un logement. J’ai un fort esprit de compétition, alors rentrer en France aurait été un échec cuisant, je ne m’en serais jamais relevé. Comme ce qui ne te tue pas te rend plus fort, j’ai persévéré pour rester à Londres !

Comment s’est passée ton début de carrière à Londres ?

Mon job de commercial a été un succès globalement, j’ai même battu des petits records commerciaux au sein de la boîte, en partie grâce à mon manager. C’était ma première vraie expérience professionnelle, je connaissais mal les codes alors il a su me recadrer et m’encourager. Après 7 mois, j’ai été promu pour faire partie de l’équipe encadrante dans une filiale à Barcelone. Ce n’était pas gagné car au niveau de l’attitude je n’étais pas toujours dans les clous, j’aimais “mettre l’ambiance”, mais grâce à cette expérience j’ai appris à me calmer. J’ai suivi le conseil de Rémi : fais toujours ce que ton N+1 attendrait de toi, et comporte-toi comme tu aimerais que tes subordonnés se comportent. 

C’est à partir de ce moment-là que je me suis penché sur le développement personnel, que j’ai appris à me remettre en question. J’ai commencé à écrire sur mon parcours professionnel depuis son commencement. Je m’en servais pour observer ma progression. Ca m’a fait beaucoup de bien de relater par écrit mes réussites et mes échecs pour mieux avancer. Par exemple, j’ai réalisé que ne savais pas parler aux gens de manière à construire une relation solide humainement et professionnellement. Alors j’ai pris le temps de parler avec chacun et j’ai appris à mieux m’adapter aux différents profils. Petit à petit, j’ai développé mon humilité.

J’ai changé de boîte mais je n’ai pas apprécié ma nouvelle expérience, alors je suis parti rapidement. J’ai commencé à réaliser que je n’avais pas l’esprit “corporate”, que j’avais du mal avec la multinationale où ton N+2 ne te parle pas directement ! Le management de cette entreprise me déplaisait beaucoup et j’ai forcé mon licenciement cause de l’environnement dans lequel je travaillais. J’ai mis fin à l’aventure, mais le positif dans cette expérience, c’est que j’ai compris ce que je voulais en priorité, à savoir travailler dans une entreprise humaine.

Comment as-tu rebondi après cette expérience ?

Je suis rentré à Paris et j’ai été business developer pour OpenClassrooms, une entreprise exceptionnelle ! Chaque personne avec qui j’ai discuté est inspirante, chacun a quelque chose à t’apprendre. C’est comme un gros bouillon de connaissance en continu. Les fondateurs sont des personnes géniales humainement, qui restent très humbles alors qu’ils ont un talent fou. C’est ce genre d’entreprise que j’ai envie de créer ! Mais j’y suis resté peu de temps car j’ai dû déménager à Lyon.

Quand as-tu eu le déclic pour créer Talunter ?

Depuis quelques mois, j’avais envie de lancer mon propre projet, de faire quelque chose qui avait du sens pour moi. L’idée de Talunter me brûlait intérieurement depuis un moment même si je me sentais très bien dans l’entreprise dans laquelle je travaillais. Je me suis attaqué au secteur de la musique car je suis un passionné. Se lever le matin en se disant qu’on va faire quelque chose qu’on aime, ça n’a pas de prix.

J’avais lancé Talunter mais c’était très brouillon au début ; j’avais des idées par-ci par-là mais pas encore d’approche business. J’en parlais autour de moi mais je ne savais pas si j’avais les épaules pour me lancer dans l’entrepreneuriat. J’ai eu les doutes que tout entrepreneur rencontre, le fameux syndrome de l’imposteur où l’on pense que les autres le font mieux que soi…

En parallèle du démarrage de Talunter, j’ai rejoint une start-up dont le projet m’intéressait beaucoup mais en toute sincérité, c’était plus un job alimentaire qu’un job passion pour moi. Talunter occupait mon esprit 80% du temps. 

Que fait Talunter exactement ?

Talunter accompagne les artistes émergents dans la promotion de leurs projets musicaux en ciblant directement des communautés de fans existantes (+ de 8 millions de personnes minimum potentiellement touchées). Notre devise ? « Come Meet Your Fans », car notre objectif est de promouvoir le travail des artistes directement auprès de leur public.

Nous venons également d’ajouter une dimension “Management d’artiste” avec le groupe Lyonnais KNTC, où nous les accompagnons sur tous les aspects organisationnels et business du groupe.

Comment t’es-tu préparé pour entreprendre ?

Je lis beaucoup. Que ce soit le domaine de la musique ou de l’entrepreneuriat, j’apprends en autodidacte.

Si quelqu’un vous donne une belle opportunité mais que vous n’êtes pas qualifié pour, acceptez-la. Vous apprendrez après – Richard Brandson

Grâce à mes lectures, je me suis senti prêt à me lancer même en y allant un peu à l’aveugle. Je me suis dit : je vais commencer tout de suite et dès que je rencontrerai un problème, j’apprendrai à le résoudre.

Comment as-tu géré la création de Talunter en parallèle de ton job ?

Je travaillais le soir et le weekend. J’ai fait beaucoup de recherches sur la construction de ma base de données dans le domaine musical. On a trouvé une façon unique de travailler en France et potentiellement en Europe et dans le monde, mais il faut d’abord tout rechercher soi-même ! J’ai une associée à Nice et moi je suis à Lyon. Clairement, c’est beaucoup d’organisation ! J’ai un calendar sur Google où je marque tout et j’utilise Trello qui est un excellent outil pour s’organiser. Cela nous permet d’avancer vite et bien.  Je me mets dans un état de concentration optimale, je coupe mon téléphone et je mets toutes les chances de mon côté pour optimiser le temps que j’ai.

Comment gères-tu financièrement ?

Le modèle de Talunter nécessite une traction assez forte pour générer des revenus. Ce n’est pas encore le cas aujourd’hui mais nous allons bientôt signer nos premiers clients. Alors je me lance en freelance en parallèle de Talunter plutôt que d’avoir un emploi salarié. Je propose mes services commerciaux à des entreprises trois à quatre jours par semaine, ce qui est plus intéressant pour moi qu’un mi-temps salarié. J’ai commencé avec mon ancienne entreprise OpenClassrooms avec qui je travaille en freelance depuis février.

Quel est ton conseil à ceux qui souhaitent se lancer ?

Faire les choses avec passion et auto-discipline. Dans La semaine de 4 heures, Tim Ferriss donne pour conseil principal de comprendre le besoin des gens pour créer un produit qui rapporte beaucoup. Mais je ne suis pas forcément d’accord. Personnellement, je ne pourrais pas monter une boîte uniquement pour créer un mode de vie et gagner de l’argent. Moi ce qui me plait, c’est d’être passionné, et c’est ce qui me permet de faire face aux obstacles.

Je suggère également de sauter le pas, le plus tôt possible. Le plus dur, c’est de commencer ! On a tendance, et cela a été mon cas, à repousser le moment où nous allons nous lancer. Prenez-vous par la main, et commencez ! Faites des choses ! Tout se mettra en place naturellement, avec les difficultés et les succès qui vont avec.

Et pour finir, travailler pour provoquer la chance. Pour avoir de la chance, il faut toujours faire les choses à 100% au cas où la chance te tombe dessus. Pour comprendre, je recommande cet épisode de Nouvelle Ecole avec Navo : la chance respectent ceux qui la respectent.


Que retenir de l’expérience de Kevin ?

  • Prendre le temps d’écrire pour suivre son avancement, ses succès et ses échecs
  • Mieux vaut se lancer rapidement et apprendre en continu face aux obstacles, que d’attendre éternellement d’être 100% « prêt »
  • En parallèle de la création d’entreprise, réaliser des missions freelance permet d’assurer un revenu plus intéressant qu’un emploi salarié à mi-temps
  • Choisir un business-passion et travailler avec discipline. Travailler par passion avant tout aide à faire face aux obstacles.
  • Toujours donner le meilleur de soi au cas où la chance nous tombe dessus à ce moment-là !

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