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Laure : Créatrice de livres bien-être pour enfants et slasheuse

Après 6 ans dans le conseil et un voyage en Chine, Laure a créé The Panda Family, une collection de livres et de vidéos de développement personnel pour les enfants de 6 à 10 ans, et des outils d’inspiration pour les grands. Mais c’est aussi une slasheuse, puisqu’elle est freelance en rédaction, communication et transformation en parallèle. Elle raconte ici son parcours de slasheuse entrepreneure passionnée de développement personnel. 

Bonjour Laure, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

J’ai fait une école de commerce et j’ai travaillé pendant 5 ans dans le conseil en ressources humaines et en organisation. C’était intellectuellement stimulant mais émotionnellement fatiguant. En 2011 j’en ai eu marre, je ne trouvais plus de sens à ce que je faisais même si certaines missions m’intéressaient. J’avais envie de m’expatrier, d’être plus libre… J’avais déjà en tête l’idée d’être indépendante, et j’avais pour rêve de partir en Chine car j’avais vécu là-bas petite.

En 2012 j’ai posé ma dem’ pour un job en Chine que j’ai obtenu via une amie. C’était dans une start-up chinoise, j’ai divisé mon salaire par deux mais ce n’était pas un souci car j’avais envie de déconnecter. Je venais de rencontrer mon futur mari, Fabrice, il avait aussi envie d’autre chose, alors il a claqué sa dem’ et m’a suivie !

On est partis et on est restés là-bas un an. C’était l’occasion de penser à construire notre vie car j’allais avoir 30 ans. Je m’intéressais déjà au développement personnel depuis 2 ans, alors j’ai utilisé ces outils pour me demander le sens que je voulais donner à ma vie. Mes passions étaient le bien-être, l’alimentation, le rapport au corps, la spiritualité, l’humain…

On s’est demandé ce qui était important pour nous. Moi je voulais absolument écrire ! J’écrivais depuis toujours, en passe-temps. J’écrivais ma vie en entreprise, dans le style de L’open space m’a tuer. J’aimais raconter le côté absurde de la vie du bureau. Depuis que je suis petite je suis visuelle, je crée beaucoup. Quand on réfléchit à ce que l’on veut, à ce que l’on aime, il faut revenir à quand on était petit. Ca aide à trouver notre flow, ce qui nous fait nous lever le matin.

Pourquoi avez-vous quitté la Chine au bout d’un an ?

Quand je suis partie, je pensais trouver à l’extérieur ce qu’en réalité je cherchais à l’intérieur de moi. Je me suis sentie mal là-bas. J’ai découvert que je n’aimais pas les grosses villes. Tout me fatiguait alors que je suis quelqu’un de dynamique ! On s’est demandé si on devait rentrer ou s’acharner à rester là. Et on a choisi de rentrer ! Mais ça reste une aventure qui nous a appris beaucoup de choses. Par exemple, mon mari a été professeur d’anglais là-bas donc il a pu réfléchir en profondeur au sujet de l’éducation.

On est rentrés en France et s’est accordés sur notre valeur commune : la liberté. On a décidé de capitaliser sur nos compétences en RH et en organisation en créant une entreprise tous les deux. On a rapidement décroché des missions clients, ce qui nous a permis de générer immédiatement du chiffre d’affaires.

Mon conseil est de ne pas tout changer d’un coup. A mon retour de Chine, je savais que je voulais écrire, mais j’ai procédé par étapes : vendre mes compétences, mettre de l’argent de côté, puis construire le projet Panda Family en parallèle.

Justement, raconte-nous comment vous est venue l’idée de The Panda Family ?

On n’a pas pensé aux enfants dès le départ. A 30 – 40 ans on ressent un ras-le-bol, on se pose des questions, on veut savoir où on va… Et j’ai compris que le problème à la base est que l’on n’apprend pas aux enfants à connaître leurs émotions et leur intériorité. C’est la clé de Panda Family : bien se connaître pour mieux vivre et avoir confiance en soi. Nous avons tous vocation à faire quelque chose d’unique.

Alors avec les livres de Panda Family, on a voulu créer des carnets de bord d’intériorité, pour apprendre aux enfants à partir de 6 ans à se connaître au travers des jeux, des exercices et des histoires, avec leurs parents. Pour moi, tout se joue à cet âge. Les adultes de demain sont les enfants d’aujourd’hui, et la société se dessine par rapport aux générations qui arrivent.

Il faut remonter à la source et donner envie aux gens de se connaître. Il faut des outils fun qui donnent envie aux enfants d’aller eux-mêmes se chercher !

Donc au final, c’est le mix entre ce constat et notre passion pour le développement personnel qui nous a décidés à créer Panda Family.

Pandato, la mascotte !

Comment avez-vous démarré ce projet ?

On a commencé par écrire l’histoire et la vision de Panda Family. On avait envie de tout faire de A à Z. J’ai profité d’un creux d’activité pour me mettre à mi-temps dans ma mission en freelance, puis j’ai eu un arrêt total pendant trois mois qui m’a permis de structurer les bases de Panda Family, de créer l’entreprise, de trouver une illustratrice et de me former à la PAO.

On a monté le premier livre en créant notre propre maison d’édition. Je continuais encore mes activités de conseil à côté en RH/Communication. On a fait un deuxième livre, puis un troisième… On a trouvé un diffuseur, ce qui nous a permis d’être diffusés à la FNAC et dans tous les réseaux classiques.

On a organisé beaucoup d’ateliers pour faire tester le livre par les enfants, donc on a réalisé une centaine d’ateliers à travers la France entre 2015 et 2016 ! On allait à des salons, voir des librairies, des écoles… pour récupérer des feedbacks. L’animation sur les réseaux sociaux nous a aidés à décoller. On a une ligne éditoriale avec du contenu sur Facebook, Twitter et Instagram. C’est nous qui faisons tout ! On a aussi une stratégie médias, on a fait beaucoup de communiqués après de la presse et des partenariats avec Gulli, Tiji… On a créé une websérie avec eux sur leur site web qui a fait plus de 40 000 vues. Ca s’est fait progressivement.

On a développé une une approche très intuitive du business. On a été à l’encontre de tous les schémas : faire un business plan, des prévisions… Financièrement, tout est auto-financé par le chiffre d’affaires généré dans notre activité de conseil en freelance.

Pas facile de tenir un tel rythme ! Comment avez-vous géré ?

En 2016, je suis tombée très malade alors que j’étais enceinte. Ce moment a été déterminant pour moi car je faisais les deux activités à fond. Je suis en traitement depuis 2016 et cela m’a amenée à faire le point sur qui j’étais, mes objectifs, mes envies…

On ne peut pas tout prévoir. Il faut se défaire de croyances, de peurs… les choses n’arrivent jamais de la manière dont on s’y attend. C’est pour cette raison qu’il faut se focaliser sur le pourquoi et pas sur le comment. J’ai vécu mon cancer comme une transformation personnelle. J’ai sensiblement diminué la partie conseil RH, et c’est Panda Family qui m’a permis de me lever le matin chaque jour. J’ai toujours été une lève tôt, et pendant la maladie, je respectais mon rituel du matin : je me lève à 6h, je fais ma revue de presse, je m’inspire beaucoup, et après je travaille car le matin est le moment où je suis la plus créative. Je fais du sport pratiquement tous les jours, surtout du yoga. On a réduit notre chiffre d’affaires mais on a bien géré la situation.

Il faut respecter son rythme et respecter son rituel. J’ai fait beaucoup de travail d’intériorité. Quand la maladie est arrivée, le fait d’avoir déjà travaillé sur moi m’a permis de me relever assez vite. En 2017, malgré mon traitement, on a sorti 5 livres, noué des partenariats… La maladie m’a obligée à lâcher des choses, du coup de nouvelles opportunités sont arrivées. L’écriture, la création, l’inspiration m’ont permis de tenir le coup et de me dépasser. Il fallait avancer par petits pas chaque jour.

Pendant l’année où j’étais malade, j’ai complètement changé de priorités et maintenant je vis des activités que je préfère. J’ai repris plus de missions à partir de septembre 2017, mais je ne voulais pas recommencer à faire du conseil comme avant. Je voulais travailler sur les sujets de bien-être et de développement personnel, et réfléchir sur les enjeux du monde du travail… c’est passionnant ce qu’il se passe en ce moment ! C’est ce sur quoi je travaille aujourd’hui, que ce soit de la communication, du rédactionnel, de la conception… Je fais toujours des missions freelance comme avant, mais sur des sujets qui me correspondent davantage. La maladie m’a permis d’avoir un alignement total avec moi-même.

Aujourd’hui, tu te définis comme une slasheuse ?

Avant, j’étais obsédée à l’idée de devoir réussi Panda Family pour pouvoir quitter mon job freelance dans le conseil. Je m’étais mis la pression sur Panda Family, je bossais énormément. Je me suis épuisée. Et petit à petit, j’ai compris que j’avais besoin des deux jobs car ça me plaisait. J’ai compris que j’étais une slasheuse et que j’aimais ça. Je n’ai plus de complexe à dire que j’ai plusieurs activités, je suis bien dans ma peau comme ça, c’est un moteur d’épanouissement pour moi.

Je recommande le livre de Marielle Barbe, Profession Slasheur, qui inspire et décomplexe ! Si tu n’exprimes pas ce que tu es à un moment, ça se finit mal, et ça peut prendre de multiples formes. Le multipotentiel peut s’épanouir de différentes façons.

Quel est ton secret pour réussir à t’organiser ?

Je suis très organisée, j’aime beaucoup les to-do lists ! Il faut faire un planning de charge quand on accepte un projet : il faut le décortiquer en livrables et bien comprendre ce qu’il y a derrière. Il ne faut pas sous-estimer la charge car après on regrette. Le plus dur est d’arrêter avec le syndrome de l’imposteur ! Le mieux est de construire une relation transparente avec le client, de dire clairement le temps que l’on a à lui consacrer, et mettre en place des points réguliers au moins au téléphone.

Ensuite, l’idéal est de détecter les moments où l’on est le plus productif et organiser sa journée en fonction. Petit à petit, on apprend à connaître ses pics d’activité.

Enfin, il est très important de s’entourer. Je réalise moi-même de nombreux tâches, et quand j’ai besoin d’aide j’identifie des personnes qui pourront m’aider avec bienveillance et sans faire de projection de leurs enjeux sur mon propre projet. 

Quand j’ai dit que j’allais monter une maison d’édition pour enfants, on m’a prise pour une barge !

Je suis très intuitive, alors je n’ai pas demandé trop de conseils. J’ai identifié 3 personnes bienveillantes qui n’allaient pas projeter leurs peurs, et ça m’a aidée à me lancer. Il est possible de prendre un coach pour être accompagné dans son business. J’ai rencontré ma coach, Tiphanie, dans le réseau Mes bonnes copines. Elle m’accompagne de façon ultra bienveillante, on fait un point par mois très informel. C’est une coach intuitive qui m’écoute et me fait des recommandations toujours pertinentes. Par exemple, j’écris des articles d’inspiration pour les adultes afin qu’ils s’en servent pour les enfants. C’est elle qui m’avait orientée vers cette idée, et aujourd’hui cela donne un nouvel élan aux ventes !

Je suis passionnée par ce que je fais donc je ne considère pas cela comme du travail ! Ce qui me drive ce ne sont pas mes prochaines vacances, c’est de faire quelque chose qui me fait vibrer ! J’ai une utilité, je crée des choses… On part moins en vacances et à la place on met notre argent dans des formations et dans notre boîte.

Quels sont tes conseils pour finir ?

C’est génial de vouloir changer et de s’aligner avec son moi profond, mais il faut y aller par étapes, sinon on crée du stress sur l’argent, la sécurité… et on retourne à nos peurs et à nos blocages. Dans notre cas, le fait d’avoir gardé nos missions à côté nous permet de sécuriser et de ne pas stresser.  

Un entrepreneur doit apprendre à bien se connaître. Si la sécurité est importante pour vous, mais que vous voulez être entrepreneur, allez-y par étapes en étant honnête avec vous-mêmes. Soyez bien entourés, et c’est facile car il y a plein de structures d’accompagnement à Paris et ailleurs.

Et mon dernier conseil pour finir… ne pas trop écouter les autres 😉

Quelles sont tes meilleures recommandations en développement personnel ?

J’ai fait la liste ici de ce qui m’inspire le plus : vidéos, articles, personnalités, sports… !

A retenir en priorité : le TED de Sir Ken Robinson et celui de Tony Robbins, le livre d’Eckart Tolle Le pouvoir du moment présent qui a été une révélation pour moi, Le livre des coïncidences de Deepak Chopra dans lequel j’ai découvert la magie de la synchronicité, ou encore Les 4 accords toltèques de Miguel Ruiz.


Pour en savoir plus sur Panda Family, c’est par ici ! Et le profil de Laure, c’est par là.


Que retenir de l’expérience de Laure ?

  • Capitaliser sur ses compétences et ses expériences précédentes pour développer une activité freelance en parallèle d’un projet de création d’entreprise (découvrez aussi l’interview de Gabriel, un autre slasheur)
  • Ne pas tout changer d’un coup mais procéder par étapes
  • Pour savoir ce que l’on aime et ce que l’on veut, essayer de se souvenir de ce que l’on aimait faire enfant
  • Il est possible de réaliser un grand projet en commençant par tout faire soi-même : contenu, communication sur les réseaux sociaux, stratégie médias, édition…
  • Il est possible de « slasher » entre plusieurs activités ! Pour s’organiser :
    • Faire un planning de sa charge de travail
    • Détecter les moments où l’on est plus productifs et adapter sa journée en fonction
  • Il faut bien s’entourer, créer un réseau proche bienveillant qui peut apporter de l’aide et du soutien
  • Un entrepreneur doit apprendre à bien se connaître, et avancer étape par étape
  • Prendre l’habitude de travailler sur soi et bien se connaître aide à affronter les périodes difficiles
  • Ne pas trop écouter les autres et développer son intuition !

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