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L’été où tout a basculé : pourquoi et comment j’ai posé ma dem à la rentrée

En un été, tout a changé pour moi. J’ai décidé d’enfin vous parler de cette période difficile qui m’a amenée à poser ma dem’… et qui a marqué le début de ma nouvelle vie ! Je vous raconte pourquoi j’ai pris cette décision et comment j’ai fait pour passer à l’action en un mois.

Pourquoi j’ai décidé de poser ma dem’

Cet été-là, j’étais consultante en management, après avoir suivi de bonnes-études-bien-comme-il-faut. Lorsque j’ai démarré ma carrière dans le conseil, je m’y suis plu pendant quelques temps : missions sympa (vous noterez mon enthousiasme débordant), projets passionnants en interne (ça oui !), mais surtout une très bonne ambiance avec les autres consultants et un séminaire exceptionnel sur une île Grecque, digne d’un voyage d’école de commerce. Ah, quelle joie de trimer toute l’année pour mériter 4 jours de détente ! Cette technique de fidélisation ne m’a plus suffi au bout d’un moment. 4 jours de fun pour 240 de souffrance, je vous laisse faire le calcul. J’aurais préféré être staffée sur de belles missions le reste de l’année et partir en séminaire à St Jean de Cuculles en Ouibus.

Je me posais de sérieuses questions depuis quelques mois déjà, mais j’avais adopté la politique de l’autruche. J’avais frôlé le bore-out sur une mission pendant l’hiver, et j’attendais ma prochaine grosse mission. A quelques jours de la fête de la musique, j’ai été staffée sur une mission de l’enfer pour moi : un sujet à des années lumières de mes compétences (et de mes intérêts), et en prime, un Tour de France pour former 4000 personnes à ce sujet. Soit la perspective d’être très peu chez moi pendant un an à faire quelque chose que je détestais. De quoi passer le 21 juin à écouter Hello d’Adele prostrée dans ma chambre. Ambiance.

J’ai quand même démarré la mission en priant pour survivre, tout en me disant que je devais partir sous 6 mois. Mais le mois qui a suivi a été d’une longueur affolante. Je ne voyais pas le bout du tunnel. J’allais au travail à reculons, en attendant mes vacances comme on attend la fin d’une extraction de dents sans anesthésie générale. Sauf que mon corps n’a pas voulu attendre les vacances. Il n’a pas fait de coup en douce, c’est moi qui n’ai pas su écouter ses avertissements. Depuis 15 jours, je tremblais des mains l’après-midi au point d’avoir du mal à taper sur mon clavier, et ma vision était réduite. Mon coeur battait anormalement et je dormais très mal, au point d’avoir des vertiges. Mais rien de grave, n’est-ce pas ?

Puis un beau matin, arrivée au bureau, impossible de lire sur mon écran d’ordinateur. J’ai immédiatement appelé un collègue qui m’a conseillé de partir chez le médecin et d’appeler ma manager pour lui expliquer. Sur le coup, j’ai refusé. Moi, chez le médecin ? Moi, faible ? Impossible ! Et en lui disant ça, je me suis mise à pleurer. Pour moi, pleurer en face de quelqu’un, c’est le summum de l’aveu de faiblesse. Je ne m’adonne jamais à cette pratique honteuse, quitte à faire des grimaces bizarres en prétextant qu’il y a du pollen. Mais à ce moment-là, j’ai senti que c’était trop profond pour être refoulé. Alors j’ai ravalé ma fierté et j’ai appelé ma manager.

Une fois arrivée chez le médecin, j’avais eu le temps de me raisonner sur le trajet. Je suis arrivée presque pimpante chez lui, assurant que non quand même, je vous assure, ça va bien, je vais toujours bien. Il m’a inspectée et m’a posé quelques questions. Je suis restée droite dans mes bottes. Mais il m’a collé 8 jours minimum d’arrêt maladie. Je suspecte son petit doigt de m’avoir balancée. Humiliée d’avoir besoin d’être arrêtée, je suis rentrée chez moi et j’ai ouvert mon ordinateur pour quand même « finir mes dossiers en cours » l’après-midi et les filer à mon collègue. Je m’attendais même à reprendre le boulot deux jours plus tard.

Sauf qu’au bout de 10 minutes devant l’ordinateur, les vertiges et la vision brouillée sont revenus puissance 10.

C’est là que j’ai compris que mon corps ne me laisserait pas tranquille.

Alors à cet instant, j’ai accepté de pleurer tout l’après-midi.

Les jours qui ont suivi ont été longs, très longs. Tout s’écroulait autour de moi : mon ego de fille parfaite jamais en retard – jamais absente – jamais malade, mes certitudes quant à mon avenir professionnel, et ma vie toute entière. Car oui, pour moi, à cet instant, ma vie s’écroulait. 6 ans d’études, un plan de carrière, et une image de moi-même à jeter à la poubelle. Réflexe de survie, je suis allée me réfugier chez moi dans le sud. Loin de ma vie, loin de Paris. Et j’ai laissé le temps faire son oeuvre. J’ai passé un mois déconnectée de ma réalité. Et en un mois, j’ai retrouvé l’énergie et les idées pour réussir à poser ma dem’ à la rentrée. C’est de ça que je veux vous parler aujourd’hui.

Comment j’ai profité de l’été pour préparer ma dem’

1/ J’ai déconnecté

L’été, c’est calme au bureau. Tout le monde s’en va. L’open-space est désert. Les clients ne sont pas là. Votre chef se fait dorer la pilule. Sauf s’il est aussi en burn-out ou qu’il reste encore au bureau jusqu’à 20h.

Pour ma part, j’ai profité de cette période pour déconnecter. J’ai pris un mois de congés et j’ai laissé mon ordinateur à Paris. J’ai prévenu mon client qu’il ne fallait pas compter sur moi avant début septembre. Avec mon arrêt maladie juste avant, j’étais tranquille. Rongée par la culpabilité les premiers jours, mais tranquille.

Et puis au bout de trois jours, ma culpabilité a aussi fait ses valises et s’est barrée en vacances à l’autre bout du monde. D’ailleurs elle n’est jamais revenue, ça devait être plus sympa là-bas. En trois jours, j’avais totalement oublié le boulot. Je n’en avais PLUS RIEN A FAIRE. Que c’était bon ! Le projet sur lequel je travaillais me semblait profondément absurde et inutile. Le planning n’est pas mis à jour ? Haha mais je m’en fiche comme de ma première paire de collants filée ! Allez hop, poubelle !

J’ai surtout compris que mon bien-être était plus important que les tableaux Excel qui m’attendaient. Et que j’étais parfaitement remplaçable. Mon ego l’a accepté. Je savais qu’ils trouveraient un autre consultant pour le faire, certainement mieux que moi d’ailleurs compte tenu de mon implication. Alors je me suis écoutée et je me suis respectée pendant un mois. Voici ce que j’ai fait ou arrêté de faire :

  • Arrêter d’ouvrir mes mails professionnels et mon ordinateur
  • Arrêter de consulter les actualités, qui me créaient beaucoup de stress inconscient. Quand on est mal dans sa tête, les derniers faits divers glauques ne sont pas des remontants efficaces
  • Arrêter de me fixer des objectifs et de remplir mon agenda. Pendant un mois, je n’avais quasiment rien de prévu. Et pour la première fois, ça ne m’angoissait pas
  • Dormir le matin et faire la sieste l’après-midi
  • Passer des heures à buller dans mon jardin
  • Retomber en enfance : dessiner, chanter, jouer à des jeux vidéos, lire Harry Potter
  • Lire des « romans de gare » comme les appelait mon prof de littérature en prépa. J’ai pu lire du Guillaume Musso en toute impunité sans craindre le jugement des autres… et sans me juger moi-même !

2/ J’ai lu

Bon, j’avoue qu’au bout de 2 Guillaume Musso, j’avais fait le tour. Et Tony Robbins me faisait de l’oeil. J’ai à nouveau eu envie d’utiliser mon cerveau. Je commençais à retrouver l’envie et l’énergie pour me regarder dans le miroir et travailler sur moi. J’ai commencé à travailler sur moi il y a des années, j’avais déjà lu énormément de livres de développement personnel, mais comme par hasard, ces derniers mois, je les avais laissés prendre la poussière.

Et là, le monde du développement personnel s’est rouvert à moi comme par enchantement. J’ai eu l’impression de redécouvrir un monde nouveau, comme un Eden paradisiaque, où tout est calme et volupté, où les oiseaux chantent, le soleil brille, les gens sourient. En quelques jours de lecture, je me suis souvenue de l’essentiel.

Moi.

M’aimer moi, inconditionnellement. Ecouter mon corps. Ecouter mes intuitions. Créer ma vie comme je l’entends. Mon corps m’avait alertée, et j’étais enfin prête à l’écouter. Je me sentais tellement légère ! Mes lectures principales de cet été-là :

Et les derniers jours, j’étais tellement reboostée que je me suis plongée dans des livres plus orientés entrepreneuriat.

3/ J’ai fait le bilan

Je n’ai pas fait que lire. J’ai aussi beaucoup réfléchi et écrit pour faire le bilan. Qu’est-ce qui m’avait amenée là ? Voici les sujets sur lesquels j’ai réfléchi à cette période. Je vous les écris pour que vous puissiez aussi y travailler.

  • Pourquoi je ne vais pas bien ?
  • Qu’est-ce qu’il me faudrait pour aller mieux ?
  • Qu’est-ce qui me rend heureuse ?
  • Finalement, qu’est-ce que la réussite pour moi ?
  • Quelles sont mes priorités ?
  • Quels sont mes rêves ?
  • Qu’est-ce qui me fait vibrer ?
  • De quoi ai-je besoin au quotidien pour m’épanouir ?
  • Qu’est-ce qui m’empêche de réaliser mes rêves ?

Ce sont des questions que je continue à me poser régulièrement pour faire le point avec moi-même. Et ce sont des questions que je pose à mes clients.

En faisant le bilan, voici ce que j’ai compris sur moi :

  • Que j’avais en horreur grandes boîtes et qu’en fait, je ne voulais pas « faire carrière » comme je le pensais en faisant 6 ans d’études. J’ai fait le deuil de cette vision de mon avenir, et je me suis sentie soulagée.
  • Que j’étais CAPABLE et que j’avais le DROIT de rejoindre l’univers de l’entrepreneuriat. Depuis des mois je tournais autour du pot, j’assistais à plein d’événements pour les startups, je rencontrais des entrepreneurs… Mais je n’avais pas encore franchi le cap de me lancer. Politique de l’autruche, je vous dis ! Là j’ai enfin assumé mon envie. Que dis-je, désir brûlant. Et je pèse mes mots.
  • Que je voulais monter ma boîte un jour. Mais que ce ne serait pas tout de suite car je ne m’en sentais pas encore capable. Mais que ce serait l’étape suivante car j’en avais toujours rêvé.
  • Et beaucoup d’autres choses plus profondes sur ma vie et ce que j’en faisais. Promis, on en parlera un jour.

4/ J’ai pris ma décision

Après cette déconnexion, ces lectures et ce bilan, je me suis sentie pousser des ailes. Mon énergie et ma confiance en moi étaient revenues bras dessus, bras dessous, et c’est ce combo gagnant qui m’a permis de vite passer à l’action. La dernière semaine d’août, je me suis fixé mon objectif : avoir trouvé un job dans une startup dans l’éducation/formation et avoir posé ma dem’ avant le 30 septembre. Mais je n’ai rien fait avant début septembre. Je voulais savourer mes derniers jours de vacances et être certaine d’être regonflée à bloc. .

Epilogue

Ce n’est pas l’objet de l’article, qui était censé vous guider pour votre été, mais je comprends que le suspense soit à son comble. Je suis revenue à Paris, et j’ai attaqué ma recherche de job en start-up dans l’éducation. Je suis tombée « comme par hasard » sur un post LinkedIn du CEO d’une startup EdTech qui cherchait un commercial. Je n’étais pas commerciale, mais j’avais la niaque. On s’est appelés, on s’est rencontrés, on a accroché, et j’ai posé ma dem’ avant le 30 septembre comme je me l’étais promis. Et ça a été le début de ma nouvelle vie.

Et pour savoir comment j’en suis arrivée à créer Pose ta Dem’ un an plus tard, vous pouvez lire la suite de l’histoire ici !

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