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Loïse : Après avoir tenu une épicerie fine, elle est devenue community manager et photographe

Loïse community manager et photographe

Après s’être spécialisée dans les produits de la mer et avoir tenu une épicerie fine, Loïse Barbé est devenue community manager et photographe. Dans cette interview, elle nous raconte avec beaucoup de sincérité comment elle a vécu cette reconversion et les difficultés qu’elle a surmontées. Si vous avez besoin de motivation et d’une bonne dose d’inspiration : aucun doute cette interview est faite pour vous ! 


Bonjour Loïse, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

J’ai un bac C et j’ai ensuite faire des études de langues (anglais, espagnol) en France et aux Etats-Unis. Je suis beaucoup allée dans des pays anglophones pour y travailler ou y étudier. Mon but était de bien parler l’anglais, d’apprendre d’autres langues et de vivre des choses qui allaient m’apporter. La communication par les langues a été ma première passion dans la vie. J’ai échoué deux fois au CAPES d’anglais.

Les échecs sont indispensables pour repartir dans la bonne voie. 

Je savais ensuite que je voulais travailler en entreprise, mais je ne savais pas ce que c’était réellement. J’ai ensuite étudié le commerce international et j’ai travaillé à Paris. Lors de ma première expérience, je gérais un service commercial France et Export dans une PME, puis j’ai travaillé dans une multinationale uniquement à l’export dans un beau bureau à la Défense pour tester la grande entreprise. Ce n’est clairement pas pour moi et je trouve plus enrichissant de travailler dans des petites structures, surtout humainement et au niveau des tâches à réaliser, bien que le salaire et les avantages de soient pas les mêmes. 

Ensuite, mon conjoint a demandé sa mutation en Bretagne, il y a douze ans. A ce moment, j’ai voulu changer de voie professionnelle pour ne  plus faire un travail administratif et être enfermée dans un bureau. Je voulais travailler dans le concret et faire un métier qui me plaise réellement et totalement, ne plus vendre des produits qui ne me passionnent pas.  J’ai décidé de me former à un produit local, je me suis donc spécialisée dans les produits de la mer. J’ai réalisé une formation à la CCI de Lorient dans ce domaine. J’ai d’abord travaillé dans les crustacés et le poisson frais, puis dans une conserverie de poisson, le tout pendant plus de 10 ans à différents postes (comptabilité, qualité, vente). Lors de ma dernière expérience, je tenais un magasin d’épicerie fine qui faisait partie d’une chaîne de magasins d’une entreprise familiale du Finistère-sud,  j’ai commencé à gérer les réseaux sociaux de cette PME. 

Il y a deux ans et demi, lorsqu’avec mon conjoint nous avons emménagé sur Brest, j’ai décidé de me mettre à mon compte en tant que community manager et photographe de produits et de portraits. Je suis spécialisée dans les entreprises fabriquant des produits locaux et physiques (produits de la mer ou de la terre, savons, bières…)  j’allie des photos de produits et de gens au travail à la communication digitale pour créer plus d’impact. Je crée du contenu sur les pages Facebook, Instagram, Pinterest ou Linkedin et je propose une stratégie digitale aux PME. Je les accompagne dans leur transformation digitale. 

Comment est née ton envie d’entreprendre ?

C’est une envie de longue date : être à mon compte. J’ai failli créer un magasin il y a huit ans  mais cela ne c’est pas fait. J’ai à présent un métier qui me correspond et qui me permet de m’épanouir comme jamais auparavant. Au niveau professionnel, je me sens bien, et je suis en phase avec ce que je suis. 

Quand je suis arrivée en Bretagne et que je me suis formée à la CCI de Lorient dans les produits de la mer, mon but premier était de créer mon activité. Je cherchais dans quoi je pouvais m’installer, et ce pourquoi j’étais faite. J’ai eu envie de tout apprendre dans les produits de la mer, alors j’ai cumulé des expériences et des stages pour en apprendre le plus possible, dans le but de monter un sushi store ou une épicerie fine. J’ai failli créer un magasin mais ça ne s’est pas fait. Cela ne devait pas être le bon moment.

Mais huit ans plus tard, quand mon conjoint m’a proposé de déménager à Brest, je me suis dit que c’était le moment. Cela devait être dans un secteur qui me passionnait. Je ne voulais plus monter d’épicerie fine car j’ai déjà tenu un magasin pendant plus de 6 ans, même s’il ne m’appartenait pas. Je voulais apprendre d’autres choses et développer d’autres compétences dans quelque chose qui me correspondait totalement :  le monde digital et la photographie. En parallèle, je faisais partie d’un club de photographes au Guilvinec. D’où l’idée d’être aussi photographe. 

La communication digitale et la photographie, c’est parfaitement moi, cela correspond à mon mode de fonctionnement. 

Comment t’es-tu formée ?

Je ne voulais pas retourner à l’école (faire un master ou autre) pendant un an, je l’ai déjà fait plusieurs fois dans ma vie et je ne souhaitais pas perdre de temps. Je voulais faire des formations ponctuelles et concrètes, mais pas uniquement de la théorie (en France, on est les champions de la théorie), et c’était aussi plus souple de me former au fur et à mesure. Je pouvais gagner en compétences à mon rythme et choisir à la carte. Cela m’a aussi permis de tirer un enseignement des méthodes utilisées par les meilleurs.

Au départ, je me suis formée avec une agence digitale pour apprendre les bases en réseaux sociaux etwebmarketing. Ensuite de manière plus poussée, par Livementor, l’école en ligne pour le marketing digitale, les réseaux sociaux et l’activité de freelance. 

En ce qui concerne la photographie j’ai appris les bases à Paris et ensuite à l’Atelier de Charles à Metz, un très bon centre de formation pour les photographes professionnels. 

J’ai beaucoup appris depuis 2 ans dans mes domaines de compétences et dans l’entrepreneuriat. 

Tout cela m’a permis de vraiment gagner en confiance et en savoir-faire. 

En quoi consistent tes activités exactement ?

Je gère des pages de réseaux sociaux d’entreprises locales (surtout facebook, instagram, et aussi Pinterest, Linkedin) fabriquant ou commercialisant leurs produits. TPE et PME. Je photographie les gens au travail et réalise des portraits. J’associe la photographie de produits en situation à la communication digitale. Je fait aussi des photos de packshot (photos sur fond blanc pour les sites internet). J’élabore la stratégie digitale en fonction des objectifs de ces entreprises. 

Je propose aussi des formations One to one pour les entrepreneurs : “comment développer son business sur les réseaux sociaux en y associant la photographie”

Je travaille la moitié du temps sur mon marketing,  ma communication et le réseautage. J’écris des contenus. Puis l’autre moitié de mon temps est dédiée à la création et rédaction de contenu pour mes clients, les shootings photos. J’écris plus que je ne prends de photos. 

Quelles ont-été les étapes de la création de ton activité ?

J’ai terminé mon ancien travail fin juin 2016. J’ai emménagé à Brest fin août. Je suis partie en formation à Paris pendant plus d’un mois en photographie (il n’y avait rien en Bretagne), puis je me suis formée à Brest pour les bases du webmarketing. J’ai assisté à de multiples conférences sur l’entrepreneuriat pour bien comprendre les statuts et les logiques. J’ai travaillé sur mon site internet pendant 3 mois. C’était la première fois que je créais un site.  En mars 2017, j’ai lancé mon activité en micro-entreprise. 

J’ai obtenu mes premiers clients par Linkedin et en faisant du réseautage. 

Tes activités te permettent-elles de vivre ?

Elles me permettent de vivre car j’ai un conjoint mais je dois encore plus développer mon CA, mon but est de gagner plus que je gagnais en tant que salarié. Après tout dépend de ce dont on a besoin et de ce qu’on gagnait avant.

Mais rien n’est impossible. Je peux gagner plus dans 6 mois ou dans un an et c’est mon but. 

« Tu en vis ? » C’est la question qui revient le plus souvent. C’est essentiel, certes mais je dirais l’essentiel est aussi de prendre le risque et de faire ce qui nous plait même si cela ne dure que 2 ans ou 5 ans.  En photographie, les gens se demandent souvent comment on peut en vivre et en community management, c’est un nouveau métier donc on ne voit pas réellement à quoi ça sert et que c’est un métier d’avenir. Toutes les entreprises à terme en auront un en interne ou en freelance externe. Sauf si elles n’ont pas pensé à leur transition digitale. 

Quelle a été la réaction de tes proches et comment as-tu vécu ce changement de vie ?

Entre la peur, le “elle ne va pas réussir”, le “avec l’iphone” on n’a pas besoin de photographe, l’indifférence ou le “et tu en vis?”…

Mes parents par contre, je pense qu’ils étaient contents. Mon père a été commerçant, il a donc compris mon besoin d’indépendance, et ma mère aussi trouve cela bien car je fais un métier “passion”. 

On n’est globalement pas très soutenu, compris ou encouragé même des gens qui sont entrepreneurs eux-même.

La première année, j’étais très stressée car j’arrivais dans une ville où je ne connaissais personne et je connaissais rien du tissu économique. Je ne m’étais jamais mise à mon compte, j’avais donc tout à apprendre.  Je changeais complètement de métier et je n’avais pas toutes les compétences. Cela faisait beaucoup. C’était très téméraire avec le recul mais ça correspond à ma personnalité. J’avais déjà connu cela au début dans les produits de la mer quand j’avais tout à apprendre. Je ne suis pas forcément toujours sûre de moi mais quand j’ai envie de faire quelque chose je le fais, même si cela ne plaît pas à tout le monde ou si ça fait peur. 

Au début c’était très libérateur (et même toujours !) , j’étais un peu trop passionnée et excitée ; je faisais enfin ce que j’avais toujours voulu faire, être indépendante mais si j’avais un peu peur tout de  même. La réalité (les chiffres, trouver des clients..) m’a quand même rattrapée. J’étais un peu trop passionnée vis à vis des nombreux gens qui sont blasés dans leur travail. Maintenant, je me suis un peu calmée. Je dis juste à mes stagiaires de faire un métier qui les passionne. J’adore tout simplement mon travail et tous ses aspects, même si une profession n’est qu’un aspect de nous et ne nous détermine pas. 

Quelles difficultés as-tu rencontrées ?

L’acquisition client et même aujourd’hui, ce n’est pas fluide. Et il y a toujours tout un tas de choses à améliorer mais c’est la vie d’une entreprise. 

J’ai créé mon premier site internet sans rien y connaître car j’avais une amie photographe qui avait fait le sien toute seule (mais elle avait dû se former!). Je m’étais dit : si elle est capable, moi aussi. Lorsque Je me suis formée au webmarketing et à WordPress (après avoir conçu mon site internet) j’ai compris toutes les erreurs que j’avais faites. J’ai pleuré en voyant que j’avais tout à refaire, qu’au niveau du référencement ce n’était pas bon du tout et que j’étais très limitée au niveau de mon marketing.

J’avais passé 3 mois à travailler intensément dessus et je me suis dit que j’avais vraiment perdu tout ce temps et qu’il y avait tout à refaire. Mon mari n’a pas compris pourquoi j’étais désespérée à ce moment là. A posteriori, il fallait que je le fasse pour vraiment comprendre comment fonctionne un site internet. On apprend de ces erreurs.  Au début on passe vraiment son temps sur des choses inutiles mais qu’il faut quand même faire, on ne va pas à l’essentiel, on n’ose pas payer et déléguer. Par contre on est toujours occupé voire débordé. On peut avoir du mal à créer son propre cadre. C’était mon cas. Maintenant, je fais appel à des prestataires, j’ai deux sites. L’un a été créé par une agence et l’autre par un freelance. J’ai un peu appris à sous-traiter (il faut savoir avec qui) pour ne pas perdre mon temps. Mais c’est difficile. Au départ dépenser 2000 euros ou 700 euros dans un site me semblait juste énorme. La première année, j’ai passé mon temps à faire des erreurs et des choses qui n’ont pas fonctionné.

Au niveau du partenariat, mon offre était nulle au début donc ça ne marchait pas. Je l’ai affinée au fur et à mesure. 

A présent, j’ai pris l’habitude de tester de nouvelles choses, et j’ai pris conscience que cela ne fonctionne pas tout de suite. C’est aussi la culture de l’échec que l’on a pas en France et que l’on a pas appris à l’école. Tu as échoué, ça signifie que tu n’es pas capable. C’est curieux de penser comme cela car comment font les musiciens et les sportifs ou même les scientifiques, ils ne passent pas leur temps à échouer? 

As-tu des enfants ? Si oui comment gères-tu cela en parallèle de ton activité professionnelle ?

Oui, j’ai une fille de 13 ans et un fils de 16 ans. Je travaille à la maison ou dans des cafés. C’est donc beaucoup plus gérable qu’avant, où en tant que salarié, j’avais l’impression de ne jamais être là. Même si je travaille plus qu’avant (sans travailler plus de 50 heures par semaine), c’est mieux pour moi car je profite plus d’eux. Je suis avec eux pour prendre le goûter à 17h ou certains midis. Au début, j’étais tellement préoccupée par mon activité que j’avais du mal à profiter de ces moments-là avec eux. Maintenant c’est différent, je suis plus avec eux et j’essaie de faire des pauses en leur compagnie. 

J’ai moins d’argent. Je pourrais me verser un peu plus mais je ne le fais pour garder une trésorerie plus flexible et pour continuer à me former ou à investir dans ma petite entreprise. Je dépense moins pour eux, pour moi, pour le foyer. C’est très frustrant par moment mais je préfère cela à être blasée ou pas complètement épanouie dans mon travail. 

Je profite plus d’eux même si j’aimerai faire plus de choses avec eux. 

Par contre, travailler à la maison me permet … de faire plus de tâches ménagères qu’avant. Ben oui, je suis à la maison. Ce qui ne serait peut-être pas le cas si j’étais un homme dans les mêmes conditions. 

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite se reconvertir mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

De lister toutes ses idées et surtout toutes ses passions et centres d’intérêts, ses valeurs aussi. De chercher les clients d’abord si on veut se mettre à son compte. De bien se former. Le reste suivra et se fera. 

Je lui dirai que tout est possible et réalisable et que peu importe le résultat. 

Il faut juste oser être soi-même et faire ce qui nous plait. Pas ce que la société, nos parents, notre entourage veulent qu’on fasse parce que c’est “bien” pour nous. Ne pas croire que telle ou telle chose n’est pas possible pour nous. On peut écouter des conseils mais pas des “ce n’est pas possibles”. Personne n’est à notre place et personne ne voit le potentiel qui est en nous. 

On a bien dit à Tony Parker qu’il était trop petit ou à Walt Disney qu’il n’était pas assez créatif. 

Même si on n’a peur, on réalisera par la suite que c’était le meilleur choix.

C’est un choix libérateur et épanouissant. La prise de risque en vaut la chandelle même si on est célibataire. 


Que retenir de l’expérience de Loïse ?

  • Souvenez-vous : rien n’est impossible alors foncez ! 
  • N’oubliez pas que le plus important est d’être passionné ! 
  • Apprenez à déléguer : vous n’êtes pas obligé.e de tout porter sur vos épaules !
  • Tester, tester, tester voilà la clef du succès !  
  • N’ayez pas peur de prendre de risques, c’est ce qui fait le charme de l’entrepreneuriat !

Vous pouvez retrouver Loïse, community manager et photographe,  sur son site Internet et son compte Instagram


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