Lydia : scientifique, elle décide de quitter la recherche pour devenir coach

Lydia Plassais a travaillé pendant 12 ans au CEA, un centre de recherche national, avant de devenir coach professionnelle. Aujourd’hui, elle accompagne les autres vers la reconversion professionnelle. Attention, pas n’importe quelle reconversion. Une reconversion, bien pensée qui englobe toute sa vie afin de se construire un équilibre vie professionnelle et vie personnelle.


Bonjour Lydia, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

De mon enfance au monde du travail

Depuis toute petite, je voulais tout savoir, tout apprendre, tout comprendre du monde qui m’entourait. Avec une curiosité aussi débordante et une soif de connaissance sans faille, j’étais comme une encyclopédie sur pattes.

J’aime autant les sciences que la littérature, cependant au lycée, il a fallu faire des choix et décider du haut de mes 16 ans ce que je voulais faire de ma vie. Ambitieux programme qu’on continue malheureusement à inculquer dans notre société. J’étais douée en sciences et j’ai donc choisi de faire des études scientifiques et ai exercé ce métier de chimiste en recherche pendant près de 15 ans, que j’ai adoré.

La recherche a cela de passionnant que j’apprenais chaque jour quelque chose de nouveau. Cela comblait une partie de ma curiosité. Cependant, j’aime aussi la psychologie et la philosophie. Je lisais donc de nombreux ouvrages sur le sujet à mes heures perdues. Je me pose souvent un tas de questions sur le sens de la vie et pourquoi on fait cela.

Après mes études scientifiques, j’ai donc exercé ce premier métier de chimiste avec conviction, convaincue que la recherche allait changer le monde. Au début, tout se passait bien, car chaque jour était une découverte et j’approfondissais mes connaissances techniques. Au fond de moi, j’avais pourtant cette impression de ne pas avoir assez de temps pour faire des choses qui me tenaient vraiment à cœur et d’avoir laissé de côté des projets.

Plus le temps passait et plus je trouvais ce travail routinier, et même lassant. J’avais choisi la recherche pour ne jamais m’ennuyer et je commençais à avoir l’impression de tourner en rond.
C’est à ce moment-là que la maternité a pointé le bout de son nez et un joli garçon qui a fait changer mes priorités dans la vie. Brusquement, je me rendais compte que le travail n’était peut-être pas tout dans la vie et qu’il allait falloir que je trouve du temps pour mon bébé.

Un déséquilibre vie pro et perso m’amène au burn-out

Étant autant investie au travail et à la maison, j’ai eu la chance de faire un burn-out. Suite à cela, j’ai commencé à travailler moins et surtout à me détacher émotionnellement du travail et de ce qu’il représentait à mes yeux : un lâcher-prise salutaire. Ensuite, ma fille est née et là, je me suis dit qu’il était important maintenant de prendre du temps pour eux, car je les voyais grandir si vite que je voulais profiter de chaque seconde avec eux.

Le temps a toujours eu une dimension très particulière dans ma vie et je sais que chaque jour qui passe est vraiment du passé. C’est pourquoi j’ai décidé de vivre le présent comme un cadeau. J’avais aussi besoin de rééquilibrer mon temps pour un meilleur équilibre vie pro et perso.

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Après quelques mois, j’ai repris le travail à 80 % afin de pouvoir prendre plus de temps pour mes enfants. J’ai bataillé ferme, comme nombre de femmes, pour que ma charge de travail soit en accord avec mon temps de travail, tout en conservant des missions intéressantes à mes yeux.

Lorsqu’enfin tout commence à prendre forme, mon labo se divise et je suis obligée de me trouver une place dans une équipe où je ne me sens pas intégrée. J’ai beau faire des efforts pendant plusieurs années, cela ne fonctionne pas.
D’où le besoin d’une reconversion vers un métier qui fait plus sens pour moi et après en avoir parlé avec ma supérieure, elle me propose de réaliser un bilan de compétences. C’est la voie classique dans l’entreprise.

Comment as-tu trouvé ta voie ?

Tout commence par un bilan de compétences

Le bilan de compétences fait ressortir une grande appétence pour les relations humaines. J’ai un talent naturel pour aider les autres. Et aussi, je souhaite avoir une vie plus simple. C’est vrai qu’avec les années, je me suis détachée peu à peu de la technique pour former les personnes. C’est ce qui me fait vibrer, voir les autres progresser.

Cependant, après plusieurs semaines d’introspection, aucun métier précis ne ressort ni de plan d’action pour avancer vraiment. Je suis frustrée ! Je repars avec une seule phrase de la personne qui m’a accompagnée : « Il faut encore réfléchir une année et revient me voir ensuite. ».
Et là, commence un parcours du combattant d’une année, seule, pour trouver enfin la profession qui correspond à la vie que je veux.

Ma première piste : le recrutement

J’entame différentes actions. J’ai cherché tous les métiers possibles dans le domaine des ressources humaines et ma première idée était de faire du recrutement. Alors, j’ai interviewé des professionnels du métier que j’ai rencontrés sur LinkedIn : des recruteurs, des DRH, etc. Ces interviews m’ont permis de faire de superbes rencontres humaines qui m’ont vraiment aidée dans mon parcours.
Jusqu’au jour où je suis tombée sur une coach professionnelle par hasard, qui faisait du recrutement avant. Je lui demande de m’expliquer son métier et cela me semble confus, je ne comprends pas trop, cependant cela pique mon intérêt, car je me rends vite compte que de plus en plus de personnes en ressources humaines se forment ensuite au coaching.

Après quelques mois dans le métier de recruteuse, je commence en parallèle à  interviewer des coachs professionnels. Je découvre des personnes avec un parcours incroyable, souvent des personnes reconverties provenant d’horizons tels que le sport, le business, la vente et beaucoup dans les ressources humaines.

Et finalement, c’est le coaching qui m’attire

Un jour, au détour d’une conversation avec une coach qui essaie tant bien que mal de m’expliquer son métier, elle me dit : « Ça ne s’explique pas le coaching, cela se vit. ».

Et elle me propose une séance gratuite qui change ma perception du coaching et ce que je pense de ce métier. Je comprends enfin la puissance de ces outils et je me rends compte que c’est ce que j’ai souvent fait autour de moi avec mon entourage sans même le savoir. Intuitivement, j’ai cela en moi, une façon d’être dont je n’avais pas conscience.

Le fait que les personnes se tournent naturellement vers moi dès qu’elles ont un problème, que j’en venais à appeler mon bureau : le bureau des plaintes. Tant cela devenait une succession de personnes qui entraient pour se plaindre et repartaient ensuite avec une nouvelle perspective avec le sourire.

À la lumière de cette découverte, je repasse mon expérience personnelle et professionnelle passée pour réaliser que j’ai déjà ça en moi. Cette capacité d’écoute et cette envie d’aider et d’accompagner sans jugement. Seulement, je ne savais pas jusqu’alors que c’est un métier exercé par des milliers de personnes.

C’est un métier exigeant où les personnes nous confient leur vie, même si nous ne sommes pas médecins, nous avons entre nos mains la vie de nos clients et je souhaite servir mes clients le mieux possible.

Comme je veux démarrer ce nouveau métier d’une manière professionnelle, je cherche la formation que je peux suivre avec mes contraintes actuelles. Un emploi salarié à 80 %, un mari et deux enfants de 3 et 5 ans à l’époque.
Je mets quelques mois à me former et rapidement après l’obtention de ma certification, j’ai mes premiers clients dans mon cercle relationnel. Mon entreprise m’accompagne dans la transition avec une rupture conventionnelle et j’exerce à temps plein depuis plus de 2 ans. Depuis, j’ai accompagné des dizaines de personnes vers une reconversion professionnelle pour un meilleur équilibre vie pro/vie perso. Voilà comment j’ai quitté la recherche pour devenir coach !

Quels sont tes conseils pour “réussir” sa reconversion professionnelle ?

Conseil 1 : prendre le temps nécessaire

Lors de ma reconversion, je me suis rendu compte du temps que cela prenait. D’abord de trouver sa voie, ensuite de se former et enfin de trouver un emploi ou des clients si on est indépendant.

C’est cette frustration qui a été mon moteur pour accompagner plus de personnes vers la réussite de leur reconversion.
De par ma formation scientifique, je sais que j’ai un énorme avantage : l’expérimentation. En effet, je n’ai pas peur de tester des choses nouvelles, de nouveaux outils et de voir les résultats.

En recherche, 80 % du temps ce que je faisais cela ne marchait pas. Alors je faisais différemment avec patience et persévérance jusqu’à ce que je trouve UNE bonne façon de faire les choses.
Bien sûr, c’est un travail de fourmi, mais c’est tout ce travail d’expérimentation et d’analyse qui m’a permis d’être là où j’en suis aujourd’hui.
Ma reconversion m’a pris du temps et je savais qu’il était possible d’accélérer les choses. J’ai donc testé plein d’outils sur moi d’abord pour voir s’ils fonctionnaient ; ensuite sur mes clients pour vérifier à nouveau, sur des amis aussi. Lorsque je validais un outil, une étape, je savais que j’étais sur le bon chemin.

Conseil 2 : s’appuyer sur une méthode éprouvée

J’ai ainsi créé une méthode qui fonctionne, en tirant parti de mon expérience et de celles de mes clients afin de réaliser une reconversion professionnelle réussie.
Cette méthode Impulsion, car elle donne le mouvement. Elle est simple, en 3 étapes, et permet à chacun de se poser les bonnes questions : clarifier ce que l’on veut, élaborer un plan d’action réaliste et passer à l’action.

Pour tous ceux qui veulent se reconvertir dans l’entrepreneuriat, je leur pose au préalable 3 questions :

  • Qu’est-ce que toi, tu veux vraiment ? 
  • Combien tu serais-prête à payer pour ce service? 
  • Est-ce que tout cela est en accord avec ta mission de vie ? »

Ces 3 questions sont essentielles et je pense que chaque entrepreneure peut se les poser à un moment ou à un autre. Pour ma part, je veux que le coaching soit accessible à tous, c’est cela ma mission de vie. En offrant un service accessible à tous et de qualité, cela m’a permis d’obtenir plus de clients et plus facilement. 

Comment as-tu annoncé ton changement de carrière à tes proches ?

Au début, mon mari était mitigé par mon orientation professionnelle. Il pensait que ce n’était qu’une passade. Depuis plusieurs années, déjà, j’évoquais un changement de métier et j’avais pensé à des métiers aussi différents que professeur des écoles, trader, agent immobilier et j’en passe. De plus, je passais d’un emploi très stable à être mon propre patron ce qui impliquait une moins grande sécurité financière et donc un risque de ce côté-là.

Quand il a compris que j’étais sérieuse, que je voulais devenir coach, tout a changé. Il a intégré que le métier de coach professionnelle était un vrai métier. Mais surtout, il a réalisé que j’avais envie de le faire avec passion comme l’avait été pour moi la recherche. Ainsi, il savait que rien ne me détournerait de mon objectif.
Il a ensuite et est toujours un soutien sans faille, quoiqu’il arrive. C’est grâce à lui que j’ai pu faire ma formation et que je peux maintenant vivre de mon métier. Chaque jour, je le remercie d’être à mes côtés.

De plus, je me suis entourée d’entrepreneurs passionnés que je côtoie régulièrement.  C’est une communauté qui m’aide et me soutient dans mes moments de doute. Je pense qu’il est important de bien s’entourer lors d’un changement de vie.

Qu’est-ce qui te plaît le plus, aujourd’hui, dans ton métier ?

Aujourd’hui ce qui me plaît le plus dans mon métier, c’est la liberté incroyable d’oser des actions que je n’avais jamais imaginées possibles jusque-là, comme proposer d’écrire un article invité chez Pose ta Dem’ !
Ce que j’aime le plus c’est la relation que j’ai avec mes clients. Je les vois grandir, s’affirmer, être eux-mêmes et être heureux.
Travailler moins et mieux, je n’ai jamais compris pourquoi il fallait travailler 35 h de 8 h à 17 h du lundi au vendredi. Ce n’est pas à ces moments-là que je suis le plus efficace. J’ai choisi de travailler en accord avec mon propre rythme (24 h par semaine seulement).
Je rencontre des personnes incroyables chaque jour qui sont inspirantes et d’horizon divers. J’adore cette richesse et cette diversité que je n’aurais jamais pu avoir dans un emploi salarié.

Qu’est-ce que tu te dis en regardant ton parcours aujourd’hui ?

Je suis heureuse d’avoir pris la décision de devenir coach pour être vraiment moi-même. D’avoir pris le temps de poser les choses et de créer cette vie qui me correspond personnellement et professionnellement.
Je me dis que :

  • j’ai su saisir les opportunités. 
  • je vais pouvoir aller vraiment vers mon objectif à long terme sereinement. 
  • je profite du chemin parcouru pour l’instant.

À chaque personne qui doute de sa décision, je lui pose cette question : « Si vous ne faites rien aujourd’hui, comment sera votre vie dans 3 ans ? » Et là, je vois dans son regard et sa voix, les sentiments et les émotions qui émergent.
Ensuite, je lui pose la question suivante : « Si vous décidez de changer aujourd’hui, comment sera votre vie dans 3 ans ? » Souvent, son regard pétille, sa voix est plus énergique et là, je sais que c’est j’ai changé sa vision de la vie.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui veut franchir le cap de se lancer dans l’entrepreneuriat mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Je leur dirai qu’il faut :

  • Se faire confiance : le bon moment n’existe pas, c’est à vous de le créer, de décider que c’est maintenant. Écoutez-vous, vous savez ce qui est bon pour vous.
  • Faire un projet de vie pro et perso équilibré plutôt qu’un projet professionnel. Quoi que nous disions, nous ne sommes pas seuls et le choix d’un métier à des conséquences sur la vie maritale, familiale. Et même si on est célibataire, choisir un métier peut nous permettre de nous libérer du temps pour trouver l’âme sœur.
  • Être bien entouré est primordial. Que ce soit un soutien moral ou financier. Ne pas rester seul.e face à ses questions et à ses interrogations. Profiter de l’expérience des autres pour s’enrichir à leur contact.
  • Oser demander de l’aide dès le début. J’ai pris un coach dès le début de mon aventure entrepreneuriale et j’en ai encore un à l’heure actuelle : un coach est un accélérateur de votre réussite, il ne fera pas le travail à votre place, il peut vous permettre de gagner du temps et de voir les choses sous un autre angle.

Que retenir de l’expérience de Lydia ?

  • Prenez le temps de bien clarifier ce que vous voulez.
  • Créez une vie pro et perso équilibrée.
  • Soyez vous-même, c’est la plus belle chose que vous pouvez offrir au monde.
  • Entourez-vous de personnes pour vous soutenir dans votre projet.

Vous pouvez retrouver Lydia, qui a quitté la recherche pour devenir coach, sur son site Internet et sur LinkedIn.


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