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Marion : Auteur et coach après avoir été responsable commerciale

Marion auteur et coach

Après avoir été responsable commerciale, Marion de la Forest Divonne est aujourd’hui auteur et coach spécialiste de la réinvention professionnelle. Dans cette interview, elle nous parle de son livre, de son changement de vie, des émotions qui accompagnent la reconversion et elle nous dévoile ses conseils pour trouver sa voie. 


Bonjour Marion, raconte-nous ton parcours en toute transparence ! 

Initialement, j’ai un profil plutôt littéraire. Petite, je me souviens avoir rêvé de devenir (pêle-mêle) : journaliste, créatrice de mode, traductrice, écrivain. Après le bac, j’ai fait une « gap year » en Italie car mes parents étaient expatriés à Milan. Comme j’avais un an d’avance, je me suis dit que ce serait rigolo de les suivre. J’ai donc fait un cours intensif à la rentrée pour apprendre l’italien, puis j’ai passé un an en faculté de Sciences Linguistiques Appliquées à l’Entreprise. Finalement, j’ai dû rentrer en France pour des raisons personnelles, mais n’étant pas bachelière de l’année, j’avais beaucoup moins d’options possibles qu’après le bac. Et moi qui me projetais initialement dans une prépa littéraire, en droit ou en sciences politiques, je me suis finalement retrouvée en école de commerce (à l’EBS Paris). Même si je me sentais un peu en décalage, je m’y suis épanouie et j’y ai fait de très belles rencontres.

Au cours de mes études, j’aimais bien tout ce qui touchait à la communication et au marketing, ce qui m’a donné envie de me spécialiser dans cette voie avec un Mastère Spécialisé (à HEC). J’ai eu différentes expériences dans le domaine de la mode et du luxe (chez Gucci, Louis Vuitton, Apple), mais une fois diplômée, j’ai eu beaucoup de mal à trouver un job. C’était après la chute de Lehman Brothers et les recrutements étaient gelés partout ! J’ai finalement réussi à trouver un poste en CDI, en tant que Responsable Commerciale pour une marque de prêt-à-porter féminin. J’y suis restée 2 ans, avant d’entamer LE grand virage :). J’avais alors 28 ans.

Pourquoi as-tu quitté ton job de Responsable Commerciale ?

Ce métier était à l’opposé de ma personnalité ! J’adorais mon équipe, mais pour tout un tas de raisons, je ne m’épanouissais pas du tout. Le déclic est arrivé le jour où mon mari m’a dit « bon écoute, soit tu changes de job pour que ça aille mieux, soit tu restes mais dans ce cas-là tu arrêtes de te plaindre » Pif paf.

J’ai quitté mon CDI confortable, et je me suis lancée dans un projet entrepreneurial avec une amie pour créer une marque de maroquinerie. Ça a marché… 8 mois. Car je me suis retrouvée exactement sur le même type de « fonction » (commercial, chiffres, etc.). C’est là que j’ai compris que j’avais pris la fuite un peu vite de mon CDI, et que je n’avais pas pris le temps de réellement comprendre les vraies raisons de mon envie de changement. J’avais pensé qu’en étant mon propre patron tout irait mieux, or c’est le métier en lui-même qui ne m’épanouissait pas. 

Du coup j’ai tout stoppé, et j’ai pris le temps de me poser pour réfléchir à ce que je voulais vraiment faire de ma vie. J’ai été accompagnée en coaching, et j’ai pris conscience que les métiers liés aux objectifs, à la gestion de projets, aux chiffres ne convenait pas à mon profil, et que j’étais plutôt faite pour évoluer dans des sphères d’accompagnement et de créativité. Petit à petit, j’ai identifié que le coaching pourrait être un bon projet pour moi.

Avec le recul, rater ma première reconversion est ce qu’il m’est arrivé de mieux, car cela m’a permis de me recentrer sur ce que je voulais vraiment !

Marion assise sur un canapé bleu

Comment as-tu vécu ce changement ? 

Le fait d’avoir opéré un double changement en moins de 8 mois a été compliqué à assumer vis-à-vis de mon entourage. Moi qui suis de nature stable et engagée, je me suis soudainement sentie très « girouette ». Certains amis me demandaient « Alors, ça se passe bien ton projet de sacs à main ? » alors que ce projet était déjà derrière moi et que j’étais en train de devenir coach… Et puis les mois ont passés, tout le monde a été « updaté » des dernières infos, ma nouvelle identité professionnelle est devenue plus claire et je me suis sentie mieux dans mes baskets !

Justement, comment tes proches ont-ils réagi ? 

Très bien. Mon mari a été mon premier soutien, c’est lui qui m’a encouragée à suivre mes envies, mes intérêts, et qui m’a en quelque sorte « autorisée » à penser que je pouvais tout changer. Je lui en suis très reconnaissante. Ma famille a été incroyablement soutenante, enthousiaste, encourageante. Mes parents m’ont fait confiance dans tous les projets que j’ai portés jusqu’ici, avec bienveillance et pudeur, cela m’a énormément touchée. Mes amis ont compris mon changement, cela a eu un effet miroir pour certains d’entre eux qui se sont demandés s’ils étaient vraiment à leur place professionnellement, et ont amorcé de plus ou moins grands changements.

En quoi consiste ton activité aujourd’hui ? 

Aujourd’hui j’ai plusieurs activités qui sont reliées par un fil rouge : accompagner les personnes de façon créative. Je suis auteur et coach, ainsi que formatrice / facilitatrice graphique / conceptrice-rédactrice.

En coaching, j’accompagne beaucoup de personnes (et particulièrement des trentenaires) en quête de sens dans leur vie professionnelle. Suite à mes reconversions, j’ai écrit un livre qui leur est dédié, « Réinventer sa vie professionnelle… quand on vient de la commencer ». La plupart du temps, les personnes que j’accompagne viennent à moi par ce biais. La lecture du livre leur permet de mieux comprendre leur situation, d’être rassurés. Ensuite en coaching, je les accompagne de façon personnalisée, ce qui leur permet de passer à l’action et d’intégrer le changement dans leur vie.

L’écriture du livre m’a permis de me reconnecter à l’écriture et au dessin (je l’ai illustré), pour mon plus grand plaisir. Souvenez-vous, petite, je voulais écrire et dessiner ! Du coup, aujourd’hui j’accompagne aussi des particuliers et des entreprises à se mettre en « image » et en « mots ». Je peux travailler aussi bien sur des textes de sites internet, des logos, que dans la réalisation d’infographies illustrées ou d’illustrations en direct (dans le cadre de conférences, événements, brainstormings d’équipes, séminaires, etc.).

D’ailleurs à propos du livre, de quoi parle-t-il et comment en as-tu eu l’idée ?

C’est un guide pratique destiné aux trentenaires qui se posent des questions sur leur job et sur le sens de leur vie professionnelle. J’y ai intégré mon expérience de double-reconvertie, mes conseils de coachs, des exercices pratiques pour leur permettre d’avancer dans leur réflexion, et de nombreux témoignages de trentenaires reconvertis. Ce livre traite d’un sujet sérieux avec un ton léger et déculpabilisant.

Quand je me suis reconvertie, j’ai cherché des lectures qui pourraient m’inspirer et m’aider à avancer dans mes projets. Je me suis retrouvée à la Fnac, face à des bouquins de reconversion  un peu old school destinés à des cinquantenaires ayant eu une longue vie professionnelle avant. Il n’y avait aucun ouvrage qui parlait de ma situation de « reconvertie précoce » ! Pourtant, quand je parlais de ma reconversion autour de moi, cela éveillait l’intérêt de beaucoup de personnes de ma génération, ils me demandaient : « Ah bon ? Et comment tu as fait pour savoir ce que tu voulais vraiment faire ? » Je me suis rendu compte que j’étais loin d’être un cas isolé et qu’il y avait un phénomène générationnel, alors je me suis mise à l’analyser pour mieux le comprendre. L’idée était donc de partager mes découvertes. Ce livre, c’est celui que j’aurais aimé trouver à la Fnac quand je me suis reconvertie à 28 ans !

Livre sur fond blanc

Comment s’est passée la recherche d’un éditeur ? 

Bien ! J’ai eu beaucoup de chance, car il s’est passé à peine 3 mois entre l’envoi de mon manuscrit et la réponse positive d’Eyrolles. Je ne connaissais personne dans le monde de l’édition, alors j’y suis allée pas à pas. J’ai beaucoup travaillé sur mon synopsis afin de mettre en avant les arguments qui sauraient les convaincre.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite écrire un livre mais n’a pas encore osé se lancer ?

Je lui dirais que cela ne coûte rien d’oser ! De commencer par écrire son manuscrit, quitte à se faire accompagner par un coach pour poser les bases, imaginer la trame et ensuite se sentir soutenu dans l’effort d’écriture. C’est ce que j’ai fait et cela m’a beaucoup aidée !

Aujourd’hui, je trouve que le monde de l’édition est beaucoup plus accessible. Même si l’on ne trouve pas d’éditeur, on peut s’auto-éditer et se donner ainsi la chance de partager son travail auprès de lecteurs potentiels. Et il y a des auteurs auto-édités qui sont repérés par des maisons d’édition et figurent ensuite dans le top 10 des auteurs qui vendent le plus de livres en France !

En tout cas, si vous avez un sujet qui vous tient aux tripes, il y a de grandes chance pour qu’il trouve une résonance chez des lecteurs pour qui ce sujet est aussi important 🙂

Revenons à ton activité de coach, quelles ont été les étapes de la création de ton activité ?

J’ai commencé par me former au coaching, cela m’a pris environ 8 mois. J’ai créé mon statut d’auto-entrepreneur lorsque j’étais encore en école de coaching, puisque j’accompagnais déjà des clients. Je m’étais fait des petits cartes de visite pour en parler autour de moi. Dès que j’ai été diplômée, j’ai fait un site internet, puis j’ai essentiellement communiqué en parlant de ce que je faisais (bouche-à-oreille) et par le biais des réseaux sociaux. Mon livre est dorénavant mon meilleur outil de communication !

Comment as-tu obtenu tes premiers clients ? 

Dans le cadre de ma formation de coaching, je devais accompagner 4 personnes, ce qui était bien car mes premiers « cobayes » ont pu parlé de moi. L’un d’eux avait un très beau poste en entreprise et m’a ensuite fait coacher 3 personnes dans ses équipes, réaliser des formations, des ateliers dans sa boîte, c’était top ! En dehors de cela, j’ai beaucoup parlé de ce que je faisais à mon entourage en leur expliquant en quoi consistait le coaching et les bénéfices qu’il pouvait apporter, car j’avais conscience qu’ils étaient mes premiers prescripteurs. J’ai aussi organisé des ateliers collectifs chaque mois autour de différents thèmes de coaching pour me faire connaître, et je communiquais dessus sur les réseaux sociaux. J’écrivais aussi du contenu sur mon blog que je diffusais sur Facebook avec des astuces, conseils, etc.

Je crois beaucoup au fait qu’il faut donner pour recevoir, et encore plus quand il s’agit de se faire connaître.

schéma

Ton activité te permet-elle de vivre ?

J’entame ma quatrième année d’activité en 2019. J’ai doublé mon chiffre d’affaires entre la seconde et la troisième, ce dont je suis super contente ! Cela ma permis de dépasser le niveau de salaire que j’avais dans le CDI que j’ai quitté avant ma reconversion.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite trouver sa voie ? 

D’abord, écouter son intuition ! Il y a cette phrase de Steve Jobs que j’adore et qui résume ma pensée : « Votre temps est très limité, alors ne le gâchez pas en vivant la vie de quelqu’un d’autre… Ne laissez pas le bruit de l’opinion des autres noyer votre propres voix intérieure. Et le plus important, ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition. Ils savent d’une certaine façon ce que vous voulez vraiment devenir. Tout le reste est secondaire ».

Ensuite, identifier son type de personnalité dans le changement. Il y en a généralement deux.

  • La première catégorie de personnes a tendance à avoir facilement la tête dans les étoiles. Ces personnes-là sont généralement enthousiastes à l’idée de changer, elles ont une vraie faculté à rêver, se projettent dans des activités totalement différentes de leur métier actuel (voire parfois dans des idées folles) … mais le revers de la médaille, c’est qu’elles se heurtent parfois à une réalité plus difficile, à des contraintes, des obstacles auxquels elles n’avaient pas forcément pensé. 
  • A contrario, l’autre catégorie de personnes a tendance à avoir vraiment les pieds sur terre :  ils sont factuels, ont un sens pratique développé, ce qui les amène à être assez clairvoyants sur les avantages et les inconvénients d’un potentiel changement… le revers de la médaille, c’est qu’ils sont parfois plus méfiants vis-à-vis du changement, ne parviennent pas à se projeter dans un futur différent, se sentent bloqués dans le fait d’imaginer les possibilités qui s’offrent à eux, car ils sont systématiquement rattrapés par cette petite voix qui leur dit « oui mais, l’argent », « oui mais, le rythme », « oui mais, ceci cela ».

Savoir comment on fonctionne permet de capitaliser sur ses atouts, et de se challenger sur les aspects qui nous sont moins naturels. Car en reconversion, le bon équilibre consiste à avoir la tête dans les étoiles ET les pieds sur terre !


Que retenir de l’expérience de Marion ? 

  • Votre première reconversion est un échec ? Pas de panique, ce n’est pas un drame car c’est ce qui vous fera avancer et vous conduira vers ce qui vous anime vraiment. 
  • Si vous souhaitez écrire un livre, il n’y a pas de secret, il faut oser et se lancer ! 
  • Pour se faire connaître, il n’y a rien de mieux que de publier du contenu de qualité sur votre site ou/et vos réseaux sociaux. Comme le dit si bien Marion « Il faut donner pour recevoir. »
  • Écoutez votre instinct, il est généralement de bon conseil. 

Si vous voulez en savoir plus sur Marion, auteur et coach spécialiste de la réinvention professionnelle, n’hésitez pas à lire son livre, la suivre sur ses réseaux sociaux ou aller faire un tour sur son site internet !


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