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Mayghan : Après avoir travaillé dans les RH, elle est devenue entrepreneure et slasheuse

entrepreneure et slasheuse

Après une carrière dans les ressources humaines et un burn-out, Mayghan est devenue entrepreneure et slasheuse. Elle a d’abord fondé La boîte de Charlie puis Happy Expats in France et s’est ensuite lancée en freelance … en parallèle de ces deux activités ! Dans cette interview, Mayghan nous parle de burn-out, donne de précieux conseils aux personnes dans cette situation et nous transmet une joie de vivre communicative ! Bonne lecture ! 


Bonjour Mayghan, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

Je m’appelle Mayghan Dolmy, j’ai 33 ans, et je suis maman d’une petite fille de 4 ans. 

Diplômée en Licence Langues Etrangères Appliquées (anglais, espagnol, italien), mes seules options à l’époque étaient d’être professeure ou traductrice, très peu pour moi. 

Je décide de me lancer dans la vie active et deviens vendeuse dans une grande chaîne de vêtement de prêt-à-porter. J’y reste 1 an et demi avant de partir vivre à l’étranger (Londres) quelques mois. 

En pleine période de crise économique, je reviens sur Paris toujours avec une idée floue de ce que je voulais faire. Je continue en tant que vendeuse et deviens Responsable Adjointe de boutique. 

Cela me permet de découvrir l’univers du management, de la formation, du recrutement et la gestion d’une structure dans son intégralité. Je décide de changer de vie et réalise une reconversion express dans les Ressources Humaines. Bien sûr, n’ayant aucun diplôme en Gestion des RH, je me suis pris quelques murs. 

Malgré certains obstacles, je cumule à présent plus de 8 années d’expérience dans les métiers RH en passant par le recrutement, la formation, l’administration du personnel / paie et projets transversaux pour divers secteurs d’activités tels qu’industrie, transport, ESN, conseil, assurance, énergie, et retail.

En 2018, avec le soutien de mon conjoint, je prends le risque de démissionner de mon dernier emploi en qualité de salariée suite à un burn-out et décide de me lancer dans l’entrepreneuriat avec zéro économie et le début d’une idée qui n’était pas aboutie. 

Aujourd’hui, je me décrit comme étant Multi-Entrepreneure et Freelance. Je n’arrive pas à faire une seule chose à a fois 🙂

  • 2018 : l’année de la création de La boîte de Charlie avec mon associée. Notre objectif : initier les enfants âgés de 3 à 10 ans aux langues étrangères grâce à une série de livres bilingues papiers (et bientôt audio) dont je suis l’auteure racontant des anecdotes de l’Histoire de France. Nous organisons des ateliers ludo-pédagogiques pour apprendre l’anglais mais également le français. Ce qui est hyper gratifiant est de tout créer de A à Z (les histoires, les programmes d’ateliers, les partenariats, etc.).
  • 2019 : je fonde Happy Expats in France afin d’accompagner et conseiller les expatriés vivant en France dans leur recherche d’emploi. Mes services vont de la rédaction de CV en français, à la préparation aux entretiens d’embauche avec un recruteur français. 

Et comme j’avais encore un peu de temps en trop :), je me suis lancée en Freelance pour intervenir au sein d’entreprises pour apporter mon expertise et mon soutien sur différentes problématiques/missions RH. 

Comment es-tu sortie de ton burn-out ? Qu’est-ce qui t’a aidée ? 

J’ai envie de dire que ce n’est que grâce à ma volonté que j’en suis sortie mais ce serait mentir. 

Cette expérience a été une grosse claque que je me suis prise en plein visage. Je ne me reconnaissais plus. Je travaille depuis que j’ai 18 ans et d’un coup plus rien. Le vide. Mon conjoint et ma fille ont été d’un soutien inconditionnel et l’amour que je leur porte m’a aidé à surmonter cette étape qui je dois le dire me fut nécessaire. J’ai été arrêtée un mois et demi par mon médecin. Cela m’a donné l’occasion de remettre les choses en place et de me poser les bonnes questions. Est-ce que j’allais dans la bonne direction mentalement et professionnellement parlant ? Pourquoi est-ce que j’ai laissé la situation empirer ? 

J’ai essayé de me recentrer sur moi et de ne faire que ce qui me plaisait : faire du sport, danser, aller au cinéma, lire et écrire. Ces choses paraissent banales mais je les avais oubliées. Puis, je me suis rendue compte que je ne voulais ni travailler comme ça, ni vivre comme ça. J’ai eu l’idée de créer le concept de La boîte de Charlie quelques mois avant mon arrêt de travail. Je retrouvais du plaisir à créer des choses nouvelles et à (re)découvrir. 

Qu’aimerais-tu dire à quelqu’un qui est en plein burn-out ? 

C’est une bonne question. Je pense que la phase qui a été la plus dure pour moi était celle de l’acceptation. Accepter que mon corps et mon esprit ne suivent plus. Je pense constamment à ce matin où je me préparais pour aller travailler, un simple regard dans le miroir et tout s’est arrêté d’un coup. Je ne pouvais plus faire quoique ce soit. Et je pense que pour quelqu’un avec mon tempérament, c’était le plus difficile. 

Je dirai donc à cette personne que pour pouvoir avancer et guérir, il faut accepter cette douleur au ventre, cette angoisse que l’on éprouve et qui nous a gâché la vie chaque jour. Le fait de résister ne fera que retarder le processus de guérison à mon sens. 

J’ai permis à mon corps et mon esprit de lâcher prise. Car j’étais constamment en retenu et un peu dans le déni : ne pas m’énerver, ne pas pleurer, ne pas dire non, ne pas contrarier telle ou telle personne et surtout ne pas dire aux autres que je ne vais pas bien car cela serait un signe de faiblesse auprès de ma famille, ma fille ou bien moi-même.

En quoi consiste ton activité aujourd’hui ? Quel est ton quotidien ? As-tu une équipe ? 

Je me décris aujourd’hui comme une jongleuse professionnelle en étant à la fois entrepreneure et slasheuse. Pour ne pas m’éparpiller, je me focalise sur une activité à la fois durant 1h-1h30 en fonction de l’urgence et je me fixe 3 objectifs par jour maximum à réaliser. 

Mes journées sont assez folkloriques, entre être chez mon client la journée, répondre à des mails ou par téléphone à mes clients anglophones et écriture du tome 3 des aventures de Charlie, une fois ma fille couchée, je dois avouer que je ne m’ennuie pas !

Pour La boîte de Charlie, j’ai la chance de collaborer avec une super associée. On se challenge mutuellement et c’est tellement plus fun de créer quelque chose avec une personne qui a la même vision que toi.

Concernant mes activités RH, je m’éclate seule donc c’est différent. Bizarrement, et inconsciemment, j’avais besoin de faire le deuil de mon burn-out avant de me relancer officiellement dans des activités RH. Cette année était le bon moment pour moi. Depuis mai 2019, je développe Happy Expats in France et je souhaite pouvoir créer une réel agence de consulting RH pour expatriés et collaborer avec des experts dans des domaines précis.  

Qui sont tes clients ? 

J’ai la chance de faire différentes choses et en même mes activités sont assez complémentaires. 

Avec La boite de Charlie, nous répondons aux différentes problématiques d’enfants de parents expatriés anglophones vivant en France ou francophones vivant à l’étranger mais également les parents francophones souhaitant initier leurs enfants aux langues étrangères dès leur plus jeune âge. Nous avons officialisé des partenariats avec le CE de la RATP et l’Ecole Internationale Trilingue de Cergy pour réaliser nos ateliers ludo-pédagogiques bilingues. Notre objectif est de proposer cette activité à un plus grand nombre d’entreprises, d’écoles et pourquoi pas de crèches. 

Pour Happy Expats in France, ma clientèle est une population expatriée anglophones (et parfois francophone en retour d’expatriation) ayant des difficultés à comprendre les codes de recrutement et les différentes façons de trouver du travail en France. Mon travail est de faciliter leur démarche. 

En qualité de Freelance, je propose mes services à des entreprises ou startup ayant déjà un service RH ou en cours de construction. 

Comment as-tu trouvé tes premiers clients ? 

Que ce soit pour La boîte de Charlie et Happy Expats in France, l’aventure a démarré principalement via les groupes Facebook pour être en lien directement avec les familles expatriées pouvant être intéressées par nos produits/ateliers et des groupes de femmes expatriées recherchant un emploi en France. 

Après, je suis quelqu’un qui aime principalement le relationnel donc j’ai beaucoup participé à des évènements de networking, ce qui m’a permis d’être recommandée par certaines personnes et de développer mes activités par ce biais. 

Quel sont les grands défis que tu rencontres ? 

Ma difficulté au début de mon aventure était de ne pas me laisser déstabiliser par le retour  et différents conseils de certains membres de mon entourage qui du fait de ne pas comprendre mon choix ne faisait que m’envoyer de mauvaises ondes. J’ai appris avec le temps à me détacher de tout ça et ne prendre que l’essentiel. 

Chaque jour est une nouvelle étape dans ma vie d’Entrepreneure. Je fais fasse à de nombreux challenges comme essayer de garder un équilibre vie professionnelle et personnelle. J’apprends tous les jours à me mettre des limites et surtout des limites de temps pour ne pas retomber dans un cercle vicieux. Je fais fasse par moment au mood changeant de l’entrepreneur. Je passe par des phases qui vont de « c’est trop génial » à « pourquoi je m’inflige cela ! ». J’a appris à vivre avec en me rappelant toujours pourquoi je le fais et surtout en prenant beaucoup (beaucoup !) de recul.

En fait, je dirais aussi que tout se tient à mon organisation pour gérer mes activités, afin de pouvoir également participer à d’autres projets qui me tiennent à cœur comme devenir Ambassadrice #SheMeansBusiness, programme de formation lancé par Facebook et Social Builder, ou pour simplement partager mon expérience lors de conférence et organiser des ateliers RH et accessoirement avoir une vie sociale :).

Comment as-tu géré la transition financièrement ? 

J’ai démissionné alors que je n’avais aucune économie donc ce n’était pas très motivant financièrement de se lancer dans ces conditions. Mais j’ai décidé de chercher des missions en interim afin de cumuler assez d’heures pour être indemnisée par le Pôle emploi en qualité de créateur d’entreprise. Mon indemnisation n’avoisinait même pas mon dernier salaire donc la première année a été très compliquée. J’avais la chance d’avoir le soutien de mon conjoint et de ma famille. 

Malgré ça, j’ai dû revoir ma façon de dépenser et faire quelques sacrifices dans mes loisirs. Tout mon « salaire » était pour payer les factures et investir dans mes nouveaux projets.  

As-tu des enfants ? Si oui comment as-tu géré ta vie de maman et ta reconversion en parallèle ? 

J’ai une fille de 4 ans qui s’appelle Charlie. Cela a son importance car elle m’a inspirée la création de La boîte de Charlie. Je dois avouer que ce n’était pas simple au début avec moi qui essayais de me remettre de mon burn-out puis en recherche d’un poste en interim pour ensuite me mettre à 200% dans la création de mon entreprise et voir ma fille commencer l’école. 

Je dis toujours que tout est une question d’organisation. J’ai la chance d’avoir le soutien entier de mon conjoint. Nous avons tous les deux un planning chargé mais nous faisons en sorte que cela fonctionne. Tout est calculé au millimètre près que ce soit pour l’emmener et/ou aller la chercher à l’école, nos horaires de travail, gérer la maison et nos différents rendez-vous et activités loisirs à chacun. Nous formons une très bonne équipe. 

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer mais n’a pas encore osé franchir le pas ? 

Je pense que je dirai à cette personne de se poser uniquement cette question : « Quel prix (matériel ou non) cela va me coûter de ne pas franchir le pas ? ».

J’ai toujours agi et pris mes décisions en fonction de cela. Regretter de ne pas avoir fait quelque chose est bien pire que de l’avoir fait et que cela ne fonctionne pas. En fait, je pense que c’est ce que la majorité des personnes se disent : « Et si ça ne marche pas ? Que va penser ma famille ? » et finalement ne se lance pas. 

Que cela fonctionne ou non, on apprend donc on en sort forcément gagnant et grandi de l’expérience.

On aura fait des rencontres, on se sera dépassé pour atteindre nos objectifs, on aura développer de nouvelles compétences. On ne peut pas échouer en décidant de faire ce qui nous tient à coeur. 

Et aussi, surtout ne jamais attendre que le projet soit parfait avant de le lancer car il faut être réaliste, il ne le sera jamais. C’est toute la beauté d’entreprendre. On essaye, on échoue, on modifie, on réessaye encore jusqu’à trouver la bonne formule. 


Que retenir de l’expérience de Mayghan ?

  • Comme le dit si bien Mayghan, pour pouvoir avancer et guérir après un burn-out, il faut accepter de lâcher prise. 
  • Se fixer 3 objectifs par jour maximum est un bon moyen de les réaliser et d’être productif.ve !
  • Faites-vous confiance et n’oubliez pas que tous les retours ne doivent pas être pris trop à coeur !
  • N’oubliez pas de prendre le temps de vous ressourcer, c’est essentiel pour prendre du recul !

Vous pouvez retrouver Mayghan, entrepreneure et slasheuse, sur LinkedIn, le site Internet de La boîte de Charlie, le compte Instagram de La boîte de Charlie, le site Internet de Happy Expats in France et le compte Instagram


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