Je me lance

Pourquoi (et comment) devenir entrepreneur après 50 ans ?

Xavier a choisi de devenir entrepreneur après 50 ans

J’ai 54 ans et j’ai quitté récemment un projet passionnant, mais dans lequel je ne me sentais plus à ma place. Aujourd’hui, je suis en train de monter ma propre activité. Pourquoi devenir entrepreneur après 50 ans ? Quels étaient mes freins ? Comment j’ai mis les choses en place pour y parvenir ? Quels sont mes atouts pour réussir ce projet ?


Article invité rédigé par Xavier Bougeard


Est-on condamné après 50 ans à attendre la retraite sagement dans un emploi qui ne nous convient plus ? Peut-on se lancer dans l’entrepreneuriat passé cet âge fatidique ? Vous vous doutez un peu des réponses que je vais donner ! Evidemment on n’est pas condamné à s’étioler à petit feu et oui, bien sur, on peut se lancer dans l’entrepreneuriat à n’importe quel âge ! On a même beaucoup d’outils pour cela. Pour vous le démontrer, le plus simple est que je vous raconte comment et pourquoi je me suis lancé dans cette aventure.

Pourquoi changer ?

Depuis 10 ans, je travaillais sur un projet formidable, plein de sens, fortement en lien avec mes passions pour la science et la pédagogie. J’y étais responsable pédagogique et j’étais payé correctement. J’ajoute que l’équipe était géniale. Mais, plus le temps passait, moins je me sentais à ma place : trop de travail, trop peu de reconnaissance, pas d’évolution possible de mon poste et de mes tâches. J’étais coincé dans un schéma qui ne me correspondait plus. Je n’étais plus vraiment acteur de mon travail (une part non négligeable de ma vie quand même). J’enchaînais les évènements, les projets comme des perles sur un collier sans pouvoir décider réellement de la route à suivre. La situation a fini par devenir intenable intérieurement. Je me reniais moi-même en restant. J’avais besoin de reprendre les rênes de ma vie professionnelle. C’était tout simplement vital.

Pourquoi être resté si longtemps : les freins au changement.

Sans trop m’attarder sur ce point, il y a quand même quelques raisons pour être resté quelque temps dans un boulot qui ne me convenait plus.

  • En premier lieu, les enfants. C’est peut-être un mauvais calcul ou un faux prétexte, mais pour ma part j’ai souvent pensé que ce n’était pas le moment de prendre des risques, qu’il fallait que j’assure des revenus. C’était aussi une réalité. L’instinct parental me rendait prudent.
  • En deuxième lieu, il faut bien que j’admette qu’il y avait une certaine jouissance à évoluer dans un contexte que je connaissais très bien. Pourquoi me jeter dans l’inconfort et dans l’inconnu alors que je maîtrisais parfaitement mon insatisfaisant environnement professionnel ?

Ces deux raisons ont longtemps retardé ma démarche de départ.
Avec le recul, je trouve que ce n’est ni bien ni mal, c’est le temps qu’il m’a fallu pour vraiment prendre conscience qu’il n’était plus possible de continuer ainsi sans renier mes besoins et de mes envies.

Les atouts après 50 ans

La décision était donc prise. Il était clair que je voulais et devais partir. J’avais 53 ans à ce moment. Etait-ce vraiment raisonnable ? Avais-je encore une valeur sur un quelconque marché ? N’étais-je pas dépassé par la jeune génération ? Bref pouvais-je devenir entrepreneur après 50 ans ?
Avec un peu de recul les réponses à ces questions sont extrêmement claires.
Oui c’était raisonnable de partir ! Ce qui ne l’était pas, c’était de rester dans un travail qui ne me rendait plus heureux.
Oui j’ai de la valeur ! J’ai de l’expérience, des expériences même ! J’ai déjà prouvé beaucoup de choses en m’adaptant, en réalisant des projets, en nouant des relations professionnelles enrichissantes.
Et non je ne suis pas dépassé ! Je ne suis pas aussi consommateur de réseau et de numérique, mais je suis très loin d’être largué. Ce débat n’a pas lieu d’être en fait. Et puis j’ai de vrais atouts…

Un réseau important

Avec le temps j’ai développé un important réseau dans mon domaine : la médiation scientifique et le développement durable, je vais pouvoir m’appuyer là-dessus pour rebondir. C’est très précieux et c’est difficile, voire impossible à avoir à 25 ans.

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La légitimité

Et oui, je suis légitime pour beaucoup de chose. Je l’ai montré à de nombreuses reprises. Je ne suis donc pas encombré par ce fameux syndrome d’illégitimité, le syndrome de l’imposteur. Enfin je le suis moins 🙂

L’expérience

J’ai fait de nombreuses choses dans ma vie professionnelle. J’ai donc une très belle boite à outils. Elle n’est pas toujours bien rangée, j’ai parfois du mal à y trouver ce que je veux. Mais en cherchant bien je peux y trouver des situations qui vont me servir à affronter les difficultés de l’entrepreneuriat.

Un moteur puissant

Vous connaissez surement le proverbe plein d’humour « On a deux vies, la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une seule ». Cette prise de conscience a été fondamentale dans mon envie de lancer une dernière partie de vie professionnelle passionnante et « sur-mesure ». C’est sans doute mon atout le plus fort. Il me reste 10/15 ans à travailler. C’est long et court à la fois. Je ne vais pas les passer à attendre la retraite. Je veux que ce soit le point d’orgue de ma vie professionnelle, son aboutissement. Il me reste suffisamment de temps pour y parvenir, mais pas tant que cela. Je ne peux plus différer ce choix, je dois donc y aller pour pouvoir me regarder dans la glace le matin.

Départ mode d’emploi

Maintenant qu’il est évident que ma vie professionnelle doit se dérouler sous d’autres cieux, la question, qui est loin d’être triviale, est : comment faire ? Voilà les étapes que j’ai suivies pour y parvenir.

Le bilan de compétences

C’est le premier outil que j’ai utilisé, en 2017. C’est un outil très standardisé qui a fait ses preuves. Je me suis offert un temps de réflexion sur moi-même, mon travail et sur mon avenir professionnel avec une personne formée disposant d’une boite à outils solide. C’est facile à financer avec le CPF et vous pouvez le faire sans rien dire à votre patron.

Ce bilan m’a permis d’exprimer mes envies, de mieux voir mes freins et aussi de mieux identifier mes atouts. Par contre, il ne m’a pas permis de transformer tout cela en action. Pour cela il a fallu un peu de temps et que je rencontre Pose ta Dem’ au détour d’une recherche sur Internet.

La formation Side Project

J’ai tout de suite aimé la bienveillance et la clarté de Charlotte. Elle parlait d’envie avant de parler de business-plan et pour moi c’était un aspect fondamental. Je me suis donc engagé dans le programme Side Project en mars 2019. Magnifique expérience où je redécouvre la force d’un bon groupe pour avancer individuellement. Je prépare donc un Side Project que pour le moment je n’ai pas terminé. Mais l’important n’est pas là. Ces 3 mois m’ont donné des outils pour agir et surtout une perspective. J’évoluais dans un monde sans horizon et je l’ai retrouvé. J’ai pu imaginer des objectifs et des étapes pour y parvenir. J’avais trouvé des moyens pour m’engager dans l’action. J’allais devenir entrepreneur après 50 ans !

La négociation de la rupture conventionnelle

Ma décision était fermement ancrée. Mais comment partir concrètement ? La rupture conventionnelle était indispensable. Je n’avais pas de matelas de sécurité et aucune envie de repasser par le salariat. J’ai donc cherché une stratégie pour pouvoir l’obtenir, et j’ai pu saisir une opportunité. Une réorganisation des services m’a permis de demander une évolution de poste. Vous avez bien lu, une évolution de poste ! C’était pour moi une excellente manière d’interroger ma hiérarchie. Souhaiterait-elle m’accorder d’autres responsabilités, me donner des perspectives ? L’évolution m’a été refusée. Il était, dès lors, légitime de demander mon départ. J’ai, de plus, laissé un délai de plus de 6 mois pour préparer mon départ et assumer des évènements prévus pour lesquels il aurait été difficile de me remplacer. En adoptant cette attitude constructive, j’ai obtenu cette rupture conventionnelle si importante.

Le séminaire Pose ta Dem’

Ensuite j’ai enchaîné en janvier 2020 un séminaire Pose ta Dem’ (en présentiel, si si !) sur un week-end pour reprendre ma réflexion sur ce que je voulais mettre en place. J’ai retrouvé l’énergie du groupe qui est si porteuse et mon projet a commencé à prendre forme. J’allais mettre mes compétences de médiateur « science et nature » à la disposition des collectivités, des ONG et des entreprises.

Le départ et et le Mastermind

30 avril 2020, en plein confinement, je suis parti. Un départ étrange avec un pot en visioconférence. J’ai enchaîné tout de suite avec un Mastermind de 3 mois avec Charlotte et 4 autres entrepreneuses. C’était intense et très prenant, et j’ai pu y développer petit à petit et très concrètement mon projet.

Passeur d’écologie

Aujourd’hui, j’ai démarré mon activité : « passeur d’écologie« . Je suis en passe de signer mon premier client, un projet d’expédition formidable au Groenland dont l’objet principal est la résilience d’une population Inuit face au changement climatique. D’autres discussions sont bien avancées et devraient déboucher sur d’autres projets. Je viens de mettre en ligne un site « carte de visite », j’ai une plaquette et je suis prêt à partir à la rencontre de mes futurs autres clients !

Alors oui ! Définitivement ! On peut devenir entrepreneur après 50 ans !


Vous pouvez retrouver Xavier, qui explique pourquoi (et comment) devenir entrepreneur après 50 ans, sur son compte LinkedIn et sur son site Internet.


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