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Se reconvertir à l’étranger comme freelance : comment j’ai tué ma zone de confort

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S’expatrier aux USA et se reconvertir à l’étranger, casser sa boîte de verre (ou de rêve) et devenir son propre patron : c’est possible ! Entre le choc culturel, l’intégration, la définition de son projet et les recherches de ses premiers clients, c’est être hors de sa zone de confort 24h/24h. Certains y verront du rêve mais c’est surtout un « thinking outside the box » permanent.


Article invité rédigé par Karine Hervouet


Le jour où tu en as marre de ta boîte: « thinking outside the box! »

Avant, j’étais cadre supérieur dans la fonction publique : clair, net, sans risque, sans accro. Alors pourquoi ? Car au bout de 15 ans de bons et loyaux services, mon métier était devenu source de grande souffrance. Alors on a tout lâché, on est partis et j’ai créé ma compagnie MBI.pm en Californie. Fallait que j’en sorte ou j’allais y rester ! Brutal, mais c’est la pensée qui m’accompagne le jour de juillet 2016 où j’ai posé « ma dem' » sans date de retour et de réel plan B : seule certitude, ma famille et moi partions vivre en Californie au mois de décembre. Mais il le fallait, c’était le moment pour nous de faire un pivot.

J’en étais arrivée à ne plus croire en ce que je réalisais, à ne plus croire aux missions d’intérêt général pour lesquelles j’avais intégré la fonction publique. Je ne croyais plus en moi, ni aux autres. S’expatrier ? Ou tu « think outside the box » ou tu meurs ! Je ne vous vendrai pas du rêve. Immigrer c’est déjà pas facile, mais doubler la dose émotionnelle en créant sa propre activité, c’est vraiment beaucoup de travail, de remise en question, et pas mal d’échecs d’apprentissage à digérer. Le choc culturel est énorme.  Il faut tout réapprendre : démarches administratives, langage, les codes de communication et même le rythme de travail.

Alors, comment créer son projet professionnel à l’étranger? Crée d’abord ta « not to do list »

Ne pas croire que ton pays d’accueil n’attendait que toi ! A moins que tu sois un génie titulaire d’un brevet ou celui d’un vaccin universel, dis-toi que ton activité existe déjà et que tu ne trouveras des clients que si tu es différent et à valeur ajoutée supérieure aux « locaux ».

Être hors de ta zone de confort, c’est désormais ta différence, ton super pouvoir ! Apprendre tous les jours, échouer tous les jours (sur un appel téléphonique, une formule de politesse, un mauvais formulaire…), c’est ton super pouvoir en devenir ! Aux USA, les investisseurs (« ventures ») peuvent très bien te demander si tu as déjà échoué en business pour déterminer la crédibilité de ton projet et la possibilité d’y investir. Les cultures anglo-saxonnes partent du fait que si tu as connu l’échec professionnel, ton expérience acquise via ta « not to do list » sera ton meilleur atout. J’ai des clients qui m’ont embauchée car la première chose qu’ils ont noté sur mon profil était que j’avais eu un autre business aux USA avant d’être Project Manager freelance. Mon expérience en tant qu’entrepreneur sur cette première affaire échouée, tout le relationnel clientèle que j’avais engagé alors ont souvent pesé lourd dans leur choix de travailler avec moi. Crois en tes possibilités et non pas seulement en tes réussites matérielles.

Dès le premier jour, ne pas rester isoler, sortir, faire des réseaux communautaires tes meilleurs commerciaux

Aux USA, le réseautage (networking) est un outil indispensable pour développer son activité. Les recommandations – surtout si elles proviennent des locaux – sont des clés indispensables. Pour cela il faut oser discuter (en anglais) et travailler au mieux l’apprentissage de la langue. L’accent « frenchie » sera certainement un atout mais ne doit nullement être une barrière pour communiquer. Pour cela, il faut dès le départ travailler son expression orale mais aussi lire et écrire assidûment. Des applications de prononciation sont très efficaces et ludiques. Les bibliothèques municipales sont souvent pleines de ressources « english learners » spécialement adaptées aux adultes, et gratuites.

Pour faciliter l’exercice networking, il faut choisir les réseaux et communautés qui partagent les même valeurs que toi, qui te sont plus faciles d’accès : la communauté des expatriés français peut être un très bon démarrage, moins inconfortable qu’une immersion sur des réseaux locaux. Mais cela ne sera peut-être pas suffisant. C’est en déterminant ta cible de clientèle que tu détermineras tes bons réseaux. Si tes produits ou services ne s’adressent qu’aux francophones, alors oui la communauté expatriée sera ton réseau de prédilection. Mais si ton activité s’adresse aux acteurs économiques locaux, alors ton intégration professionnelle ne pourra se faire qu’en intégrant aussi ces réseaux-là.

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Respecter ses valeurs et la vision de son projet pour améliorer sa zone d’inconfort

S’expatrier et démarrer un projet professionnel est très difficile. Immigrer c’est découvrir une autre culture : sociale, économique, historique. C’est pour cela que tu dois avancer dans le respect de tes valeurs et la vision de ton projet. Certains réseaux professionnels anglo-saxons fixent des objectifs chiffrés à respecter à chaque rencontre en termes de recommandations réciproques : je n’adhère pas à ces valeurs, je ne participe donc pas à ces réseaux et privilégie ceux qui axent leur discours sur la rencontre de gré à gré. Être authentique, sincère et transparent seront des atouts qui vont t’apporter de la crédibilité. Ce sont des valeurs humaines sans frontières qui créent la confiance mutuelle indispensable pour faire des affaires.

Les 4 premiers conseils que j’aimerais te donner :

  • Crée ton modèle, ton projet en étant conscient du risque et de l’investissement personnel et financier :

Créer à l’étranger, c’est créer sans filet, sans aides de l’Etat, sans plan de repli. Il faut mesurer les risques financiers et toujours être prêt à adapter sa situation professionnelle et personnelle. S’expatrier et créer son activité en Indonésie ou en Californie, ce n’est pas du tout pareil. Travailler son budget prévisionnel pro et perso : se renseigner sur le coût de la vie, mais aussi sur la tarification de la concurrence, le coût des charges et impôts. Qualifie tes services et tes tarifs suivant tes cibles.

Je travaille essentiellement sur l’Amérique du Nord. J’ai donc créé une entreprise enregistrée en Californie, et j’établis mes tarifs en dollars par rapport au coût de la vie. Mes clients peuvent bénéficier d’un contact direct en ligne ou sur site : nous partageons les mêmes valeurs et la même culture pour privilégier la qualité d’expertise. Cette présence légale et physique sur le continent américain est un choix qui m’apporte beaucoup de crédibilité envers ma cible de clientèle. Si ta clientèle est locale, alors tu dois proposer tes services au prix local.

  • Networker ET coworker dès les premiers temps :

Pour faire des rencontres professionnelles mais pas que : trouver l’inspiration, s’intégrer, progresser dans l’apprentissage de la langue et de la culture. Trouver un espace de co-working qui te correspond est aussi une bonne manière de faire des rencontres professionnelles. Tu peux prendre un abonnement régulier pour un lieu spécifique ou utiliser comme moi des applications pour les nomades (comme Croissant) qui te permettent de réserver dans une multitude d’espaces suivant ta localisation ou ton inspiration du moment. Ce fonctionnement nomade est aussi une bonne astuce pour élargir encore plus la diversité de tes rencontres professionnelles.

  • Préférer le culot à la perfection :

Avec modération cela va sans dire, mais le culot, l’initiative, l’innovation créent le mouvement, la dynamique qui vont t’apporter des contacts, des opportunités et de la confiance en toi. Tu es dans un pays étranger ! Quoi qu’il en soit tu n’auras jamais toutes les clés dès le départ. En France, nous avons tendance à vouloir maîtriser au moins 75% d’un projet pour aller au devant de nouveaux clients ou partenaires. Ici, aux USA, ce qui prime c’est la force d’initiative. Tu n’as pas toutes tes réponses ? Sois acteur, avance, contacte tes prospects tout en expliquant que ton projet va être précisé.

  • Se faire accompagner:

Charlotte a été pour moi la source de mon pivot professionnel au moment où j’étais bloquée dans la formulation de mes services et la construction de mon site internet. Elle a su me faire prendre du recul sur ma stratégie, sur ma clientèle cible, alors que pour moi la priorité était alors de m’investir dans mon intégration d’expatriée. Partager et travailler ensemble autour de notre culture française commune était beaucoup plus fluide pour moi que de travailler avec un conseil anglophone. Son écoute, sa vision transversale m’ont permis de mieux cadrer mon offre.

Conclusion

Aujourd’hui, j’ai compris que mon avenir professionnel est à la rencontre des deux cultures qui font maintenant partie de moi : l’intégration et la mise en pratique de l’intelligence inter-culturelle sont indispensables au développement de mon activité. Freelance à l’étranger c’est savoir allier sa culture et celle de son pays d’accueil. Si tu réussis dans ce positionnement, alors oui ta formation et ta culture française seront le petit plus qui fera la différence. Chaque mission, chaque projet doit démarrer par une vision s’appuyant sur des valeurs fortes auxquelles tu croient mais aussi être fondé sur la culture business du pays où tu proposes tes services.

En tant que femme entrepreneure, je fais également partie de réseaux professionnels féminins qui nous sont réservés : de nombreuses organisations et associations US ou françaises peuvent accompagner les femmes porteuses de projet à l’international: on y trouve de l’empathie, de l’écoute, du partage et de l’expertise dans tous les domaines. L’entraide est réelle et les partenariats professionnels souvent plus faciles.

Se reconvertir à l’étranger comme freelance, c’est vouloir découvrir une manière différente de faire des affaires, c’est se mettre en danger tous les jours, mais c’est aussi découvrir des horizons professionnels extraordinaires. Comme pour toute expatriation, il faut être entouré, personnellement et professionnellement par des personnes qui croient en toi. Il faut savoir se faire accompagner aux moments clés (stratégie, plan marketing, levée de fonds) et ne pas hésiter à partager son expérience.

J’ai traversé des échecs qui m’ont beaucoup appris. Mon entreprise prenait son envol avant la crise internationale qui aujourd’hui remet tout en question, et me frappe de plein fouet. Mon expertise en management de projet et la résilience, qui fait partie de moi par mon expérience de l’expatriation depuis maintenant plus de 3 ans, me permettent d’imaginer que tout peut changer à tout moment.

Il faut observer et apprendre. Apprendre aujourd’hui de cette catastrophe humaine et sociale qui nous touche tous. Je dois aujourd’hui à nouveau « think outside the box » pour imaginer mon pivot et la reprise de demain. L’expatriation professionnelle t’apprend à regarder les choses sous plusieurs angles pour s’adapter continuellement à ton nouvel environnement. J’espère qu’aujourd’hui encore cela sera ma force.


Vous pouvez retrouver Karine sur son compte LinkedIn et sur son site Internet


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