Je m'inspire

Shama : Elle a ouvert son cabinet d’hypnothérapie après avoir été consultante

portait femme

Shama Sqalli est hypnothérapeute à son compte. Après des études à Sciences Po Paris, elle nous raconte son changement de vision et de carrière, en passant de consultante et business developer à l’ouverture de son cabinet d’hypnothérapie.


Bonjour Shama ! Raconte-nous ton parcours en toute transparence ?

J’ai effectué le parcours classique d’une élève studieuse. Bac ES mention Bien, suite auquel devait s’en suivre la grande école, le CDI, la carrière. Mais je n’avais absolument aucune idée de ce que je voulais faire « quand je serai grande », j’ai donc choisi Sciences Po Paris car je n’avais pas à me spécialiser avant le master. J’ai fini par me spécialiser en Relations Internationales, Mention Sécurité Internationale pour rejoindre une ONG ou un organisme international. Sauf que les opportunités dans le domaine étaient limitées en France, particulièrement pour une ressortissante étrangère qui avaient besoin d’être sponsorisée par son employeur pour obtenir un titre de séjour salarié.

J’ai donc décidé de rejoindre le monde du conseil, qui recrutait plus facilement les jeunes diplômés étrangers. Je me disais que ce serait une bonne opportunité d’apprentissage, et qu’après quelques années, je pourrais rejoindre une organisation internationale, comme celle où j’avais fait mes stages de césure ou de fin d’études. J’ai donc été consultante puis business developer au sein de la même entreprise.

Pourquoi as-tu quitté le conseil, et quel était ton projet à l’époque ?

J’ai quitté le conseil sans avoir la moindre idée de ce que je voulais faire. Tout ce que je savais, c’est que je voulais faire un métier qui ait un sens, qui soit dans le rapport humain et qui puisse, même à toute petite échelle, me permettre d’aider autrui.

En quittant le cabinet de conseil, j’étais épuisée moralement et physiquement et avais tout simplement besoin de repos. C’est ce que j’ai fait pendant quelques semaines. Mais très vite, s’en sont suivis de longs mois de réflexion sur mon avenir, avec un bilan de compétence, de nombreux cafés/verres de networking, des rencontres académiques dans le cas où je décidais de reprendre mes études, … au bout de 6 mois, c’était encore le flou total. J’ai alors pris la meilleure décision que j’aurais pu prendre : arrêter de réfléchir à mon avenir pendant au moins 3 mois. En plus, ça tombait pile poil avec l’arrivée de l’été, je ne pouvais pas rêver mieux ! Je suis sortie avec mes amis, j’ai voyagé, j’ai profité de ma famille et 3 mois après … je me réveille un matin et je me dis : je vais faire une formation en hypnose Ericksonienne (à but thérapeutique) !

Ce n’est pas parce qu’on arrête consciemment de réfléchir à quelque chose que l’inconscient ne fait pas son travail.

Je suis intimement convaincue d’ailleurs que l’inconscient travaille de la manière la plus optimale lorsqu’il n’est pas parasité par les pensées conscientes. Alors oui, ce matin-là, j’ai eu comme une révélation : je me suis rendue compte que pendant le temps de ma réflexion, les seules fois où je parlais passionnément d’un sujet, il s’agissait d’hypnose. Alors pourquoi continuer à reporter l’évidence ?

Comment as-tu découvert l’hypnothérapie ? Pourquoi avoir choisi cette approche ?

J’ai découvert l’hypnothérapie quand j’étais consultante. J’étais très stressée et une amie m’a conseillé de voir un hypnothérapeute qu’elle connaissait. A l’époque, je ne connaissais l’hypnose qu’à travers l’hypnose de spectacle, Messmer & Co mais j’étais curieuse. En effet, j’ai toujours été attirée par tout ce qui était en rapport de près ou de loin avec les métiers de la thérapie. Quand j’étais au lycée, j’envisageais sérieusement de faire des études de psychologie (avant d’en être dissuadée par un conseiller de (dés)orientation…) et j’ai toujours été attirée par les médecines douces, les thérapies brèves – bref tout ce qui pouvait m’éviter de prendre des médicaments !

Suite à cette première séance d’hypnose, j’ai été fascinée et me suit longuement intéressée aux sujets via des lectures, des podcasts et autres événements organisés sur Paris.

Alors effectivement, j’aurais pu choisir un autre type de thérapie. Mais l’hypnose comme outil de communication avec nos parties inconscientes me fascine. On ne se rend pas compte des capacités de notre cerveau et de notre imagination. Avec la bonne méthode, on peut non seulement dépasser les difficultés de la vie, mais également entrer dans une réelle démarche de développement personnel en apprenant à se connaitre, développer sa capacité d’apprentissage ou encore sa créativité.

homme yeux fermés

Comment t’es-tu formée ?

Une fois mon choix porté sur l’hypnose, il fallait choisir la bonne école. J’ai très vite découvert qu’il y avait absolument de tout sur le marché. Même des écoles qui forment des praticiens en 3 jours ! Ce qui me paraissait complètement aberrant. Mon choix s’est finalement porté sur l’ARCHE – Académie de Recherche et Connaissance en Hypnose Ericksonienne. Non seulement elle semblait avoir le cursus le plus complet, mais j’ai surtout apprécié le fait que ce soit une école dont l’équipe dirigeante ne se repose pas sur ses acquis. C’est une école qui prône l’évolution continue de l’hypnose et qui reste toujours au fait des dernières avancées. Je me suis donc inscrite et j’ai obtenu mes diplômes de Technicien puis de Praticien en hypnose Ericksonienne.

Quelles ont été les étapes de la création de ton activité ?

Une fois ces diplômes en poche, il fallait attaquer la partie que la plupart d’entre nous redoutent : la partie administrative. Au début, j’ai voulu tout faire moi-même : créer mon site, me renseigner sur la création de statut, devenir une pro du référencement naturel… donc des heures passées à parcourir le web et à enchaîner les rendez-vous aux impôts, à l’URSSAF et j’en passe. Mais je me suis très vite rendue à l’évidence : c’est un travail très chronophage, que je n’avais absolument pas envie de faire. J’ai alors décidé d’investir un petit peu pour me laisser du temps à consacrer à ce que je voulais réellement faire : communiquer sur l’hypnose et pratiquer.

Je suis donc suis passée par Portail AutoEntrepreneur pour la création de mon statut, ce qui a pris quelques minutes. J’ai également souscrit à un abonnement auprès d’eux afin d’avoir un conseiller disponible et dédié à mon dossier, du moins pour les premiers mois, au vu de tous les changements de législation qui ont lieu en ce moment.

J’ai également pris un abonnement chez Simplébo pour la création de mon site et pour son référencement. J’ai là aussi un conseiller à ma disposition, super réactif et très sympa ! Cela m’a donc laissé le temps de bien m’occuper de ma communication : écrire des articles pour la partie blog de mon site, créer une page Facebook et y mettre du contenu régulièrement, faire des cartes de visite à distribuer aux différents prescripteurs, etc.

femme sur ordinateur

Comment as-tu obtenu tes premiers clients ?

Les premiers clients que j’ai eus étaient soit des personnes que j’avais déjà croisées, soit des personnes référées par mon entourage (merci à eux !) et ce, tout de suite après une grosse campagne de partage de ma page Facebook. Je me souviens d’un ami que j’avais vu quelques semaines après qui m’a dit « tu as inondé mon Facebook feed pendant 3 jours ! ».

Ton activité te permet-elle de vivre ?

J’en suis au tout début de mon activité « officielle ». Jusqu’ici, je faisais des séances à domicile via le bouche à oreille, mais je n’ai ouvert mon cabinet à Paris 10 que récemment. Donc non, je n’en vis pas encore. C’est la raison pour laquelle je travaille beaucoup pour continuer à communiquer et développer le référencement de mon site, mais avant tout, je continue de me former pour mes clients. A titre d’exemple, je vais bientôt suivre une formation spécialisée sur l’hypnose pour les enfants.

bureau

Quelles difficultés as-tu rencontrées ?

Se lancer à son compte après plusieurs années de confort salarial n’est pas chose aisée. J’ai d’abord été confrontée aux réactions des gens dont une bonne partie ne comprenait pas mon choix. Ils avaient certainement l’impression que je faisais une crise de la trentaine ! Heureusement, mon entourage m’a soutenue, même ceux qui pensaient que j’allais leur faire faire la poule sur scène !

Mais à l’ère d’internet et des réseaux sociaux, les difficultés proviennent surtout d’un trop-plein d’informations. J’étais sur tous les forums, toutes les pages Facebook d’entraide, tous les blogs, où chacun y va de son petit commentaire. Même les organismes officiels me donnaient parfois des versions différentes selon le conseiller sur lequel je tombais !

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui aimerait se lancer dans ce domaine ?

Comme dans tout domaine, je conseillerais d’abord :

  • De rencontrer des personnes qui font ce que vous voulez faire. Cela permet d’éviter de commettre des erreurs inutiles.
  • Ensuite, de se former et certainement pas n’importe où. Mais il faut savoir que la formation ne représente que 20% du savoir-faire d’un praticien en hypnose. Le reste ? C’est du travail, du travail et encore du travail. Lisez, observez, et pratiquez.
  • Enfin, écoutez-vous ! Les choses finiront par se mettre en place. Au final, je ne regrette absolument par mon parcours pré-hypnose parce qu’il me sert aujourd’hui dans tous les aspects de ma pratique au quotidien.

Pour en savoir plus sur Shama, découvrez sa page facebook et son site internet.


 Que retenir de l’expérience de Shama ?

  • Arrêter de trop réfléchir : l’inconscient travaille mieux quand il n’est pas parasité par trop de « conscience »
  • Se dégager du temps en confiant certaines tâches à des personnes qualifiées pour se focaliser sur le développement de l’activité.
  • Ne jamais sous-estimer la puissance du réseau.
  • Se former constamment 
  • Rencontrer des personnes qui font ce que nous voulons faire : elles seront de bon conseil pour bien démarrer.
  • Savoir s’écouter (et être un peu patient…).

Commentaires

Vous allez aussi aimer