Apprendre à dire « non » : Comment l’accepter et savoir le formuler

Non ! Qui n’a pas tremblé devant ce tout petit mot ? Trois lettres qui peuvent déclencher des drames, des crises de larmes, des attaques de panique ou plus calmement un agacement. Pour beaucoup, le dire ou l’entendre n’est jamais facile. Je vous partage mes astuces pour dire « non », l’accepter et y faire face.


Article invité rédigé par Clémence Baron


Dur d’entendre un refus

Je suis sûre que, comme moi, tu as expérimenté un moment où tu n’as pas osé demander quelque chose parce que tu savais (ou pensais savoir) qu’on t’opposerait un refus. Ce non, nous ne voulons pas l’entendre. Parfois, nous en avons même peur. Peur de nous ridiculiser et franchement nous ne sommes pas toujours d’humeur à encaisser les moqueries. Peur de se prendre une veste et honnêtement, ce n’est pas forcément le moment.

Nous avons tendance à le prendre pour une forme de rejet. C’est vrai, ce n’est pas facile à entendre. Moi la première, je n’apprécie pas d’y être confrontée, mais pas du tout. Mais, ne pouvons-nous pas aussi le voir comme une chance ? Une chance pour aller chercher ce que nous souhaitons réellement ? Une chance pour créer d’autres opportunités ? Ou une chance pour entendre un oui inattendu ?

Un chance ? Est-ce que je ne m’emballerais pas un peu ?

Pourtant, si on y réfléchit : ceux à qui on n’a jamais dit non sont ceux qui ne font rien.

Quand nous nous lançons dans un projet ou vers une nouvelle aventure, le chemin est parsemé de refus en tout genre. Ils sont autant de possibilités pour se découvrir et faire preuve d’inventivité ou encore pour saisir d’autres opportunités. Non ?

Une personne qui n’a jamais commis d’erreurs n’a jamais tenté d’innover.

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Einstein

Une situation bien connue

J’avais un collègue qu’on surnommait oui-oui. Il acceptait tout. Besoin d’un coup de main ? Il était disponible. Une activité ? Il était motivé. Je crois que je pourrais compter sur les doigts d’une main les fois où il a dit non. Pourtant malgré ses réponses positives, dans 95% des cas, il ne faisait pas ce à quoi il s’était engagé.

Rien de plus agaçant, n’est-ce pas ?

J’avais envie de lui dire, « mais tu crois quoi ? Que je ne saurais pas le supporter ? Que je ne suis pas capable de gérer ? ».

J’ai finalement réalisé que ce n’est pas un manque de confiance en mes capacités de gestion de crise mais que c’est lui qui n’a pas appris à s’opposer sereinement, à dire non.

Est-ce que ce genre de situation te parle ? As-tu toi aussi un collègue/connaissance/ami … qui accepte tout ou presque ? Ou peut-être te reconnais-tu dans cette description ?

Refuser de donner de l’aide à quelqu’un, d’accepter un client, ou quoi que soit en général est difficile. Je suis tout à fait d’accord, dire non est aussi compliqué que de l’entendre. J’étais un peu pareil. Mais c’était avant de trouver ma motivation suprême pour résister (rien que ça !) même si je reconnais que c’est encore dur dans certaines situations.

Pourquoi avons-nous des difficultés à dire non ?

Les raisons sont nombreuses. J’ai cependant remarqué trois grandes catégories qui remportent le palmarès des explications :

  • Peur de nous exposer au mépris, au déplaisir de la personne à laquelle on l’adresse.
  • Manque de confiance en soi, le sentiment que l’on vaut moins que les autres.
  • Envie de conformité, de faire plaisir et de passer pour une gentille et pas pour une fille égoïste.

Donc nous disons oui, un peu à contrecœur parfois. « C’est qu’il voulait entendre… »,  « C’était plus simple plus comme ça. », « Oh ça ne me dérange pas tant que ça. », « Ça lui fait plaisir. », … sont les phrases que nous nous répétons pour justification.

Au final ? Nous sommes frustrés d’avoir accepté. Nous nous fatiguons pour respecter la parole donnée. Nous nous retrouvons dans des situations catastrophiques. Nous ne faisons pas ce que nous avons dit. Nous perdons en crédibilité. Indirectement, ne perdons-nous pas aussi un peu de notre estime pour nous-même ? 

Bref, les conséquences peuvent être douloureuses (pas toujours, on est d’accord, mais le ratio ne penche pas en sa faveur tout de même).

Le pire ? En disant oui à tout le monde, on s’imagine avoir la pareille en retour. Combien de fois n’ai-je pas entendu ce collègue rouspéter contre untel ou untel parce qu’il n’avait pas eu la reconnaissance ou le service attendu. « Comment ose-t-il/elle me dire non ? », « Même pas un merci ! », « Après tout ce que j’ai fait pour lui/elle. » La frustration est à son comble.  

Une solution ? L’apprivoiser…

En 2018, j’ai lu un article en anglais sur LinkedIn à propos du fait que nous ne savions plus entendre le « non » et par conséquent, il nous était difficile de le dire. Je n’ai plus de lien de cet article et malheureusement, je ne me souviens plus de l’auteur, je ne peux donc lui donner tout le crédit qu’il mérite.

En substance, il disait ceci : dans nos sociétés, nous avons appris à avoir peur du non. Nous ne savons plus le recevoir. Par peur de l’entendre et/ou de se ridiculiser, nous nous freinons et nous n’osons plus demander quoi que ce soit (ou presque).

L’auteur nous encourage : il est temps de se familiariser à nouveau au non, apprendre à dire non.

Au pire des cas, que se passe-t-il ? Nous passons pour un.e imbécile ? Et alors ? Nous n’avons n’a pas ce que nous désirons ? Et alors ? Ça fait mal ? Effectivement et alors ?

Image you got this pour illustrer "apprendre à dire non"

C’est la clé : « et alors ? »

Parce que oui tu peux avoir tout ça, te taper la honte, ne pas obtenir ce que tu souhaites et être blessé.e dans tes sentiments mais… si tu oses demander et ne pars pas du principe que la personne en face te répliquera négativement, peut-être que tu pourrais avoir un oui, peut-être que tu t’ouvres à nouvelles possibilités. Infinies et délicieuses.

Dans l’article, il proposait une méthode pour apprivoiser ce petit mot aux conséquences parfois si dures. 3 étapes pour élargir sa zone d’acceptation d’un refus :

  1. Commencer petit. Un pas après l’autre. S’entrainer à entendre ce mot tant redouté. Demander autour de soi des petits services, des petites choses qui, s’ils sont refusés, nous n’avons pas le sentiment que ça soit la fin du monde. Ça peut être une remise dans un magasin, un service à un pote pour notre prochain déménagement, quelque chose qui nous semble accessible quand bien même nous nous imaginons connaître la réponse.
  2. Ensuite, viser un peu plus grand. Augmenter d’une marche. Celle qui nous paraissait inaccessible avant de commencer.
  3. Et ainsi de suite.

« Si tu ne demandes pas, tu ne sais pas. »

La lecture de cet article a été une révélation pour moi. Un déclic s’est produit dans mon cerveau. Ce que mon père m’avait toujours dit « si tu ne demandes pas, tu ne sais pas. » prenait enfin, non pas sens, mais plus une épaisseur et une envie de mise en pratique. Du bon sens on est d’accord, mais parfois étouffé sous les peurs et réticences qu’on acquiert en grandissant. Sans oublier le poids des autres, qui nous disent, « mais tu es folle, tu ne vas pas demander ça »,… Arghhh !

Suite à cette illumination (n’ayons pas peur des mots), armée d’une nouvelle motivation et prête à vivre une rebuffade, je vais voir mon manager de l’époque. Mon cœur battait la chamade. La bouche un peu sèche, je me suis lancée : « Qu’est-ce que tu dirais si je demandais une année sabbatique ? » Vous notez que la formulation est loin d’être la meilleure, j’aurais pu mieux faire. Le principal : je me suis lancée.

Et là ! Miracle ! Moi qui m’attendais à une fin de non-recevoir (une des raisons qui m’empêchait de me lancer), j’entends ébahie :  » Pourquoi pas ? Laisse-moi en en discuter avec le directeur. » 

Dans ma tête, c’était la folie, ça faisait des bonds dans tous les sens. Pendant ce temps, je devais avoir la tête de poisson rouge stupéfait. Pendant deux-trois secondes, je vous rassure (et moi aussi), le temps de reprendre mes esprits. Je n’en croyais pas mes oreilles. Non seulement je n’avais pas le « non » craint mais en plus un des mes rêves allait potentiellement se réaliser. Tellement étonnée, il m’a fallu trois semaines avant de pouvoir leur communiquer mes dates. Le temps de réaliser la portée de ce que j’avais obtenu.

J’étais persuadée que j’allais recevoir une objection scandalisée et j’ai eu un « oui » !

De mars 2018 à février 2019, je suis partie en congés sabbatique parce que j’ai osé prendre le risque d’entendre « non ».

Est-ce que ça valait la peine d’avoir une boule au ventre et les mains tremblantes avant de demander ? OUI, carrément.

Pour la petite anecdote, j’ai osé aller chercher ce « oui », parce que j’avais eu un méchant blackboulage quelques mois auparavant. Comme quoi, cette expérience négative dont je me serais bien passé, m’a ouvert les portes d’une autre belle aventure.

S’entraîner sans se mettre la pression

Depuis ce démarrage en fanfare, je m’entraîne régulièrement. Je fais des demandes saugrenues ou sérieuses, mais je demande. Des refus, j’en entends, mais je ne me décourage pas et j’ai remarqué qu’aujourd’hui j’ose poser des questions qu’avant je n’aurais même pas envisagées.

Parfois, ma peur de la réponse reprend le dessus et je me tais. Mais je ne me blâme pas pour ça. Je ne suis pas parfaite et tant que j’essaye régulièrement c’est le principal. C’est la meilleure façon de m’ouvrir à de nouvelles expériences ou de faire preuve d’inventivité (on est d’accord on évite les situations dangereuses et autres bêtises).

C’est parce qu’on m’a dit non que je me suis débrouillée.

J’essaye de ne plus partir du principe que je connais la réponse. Je ne veux pas de regret parce que je n’aurais pas osé demander.

Comment réussir à dire non sans passer pour une méchante et sans culpabiliser ?

  • Accepter de parfois passer pour une méchante. Malheureusement nous ne maîtrisons pas les réactions des autres et nous ne pouvons pas plaire à tout le monde.
  • Changer de perspective. Comment ça ? Non reste non. Eh bien non. Ouhlala, ça fait beaucoup là.

Le nouvel angle d’approche serait : « Je te dis non parce que je me dis oui. » On passe en mode positif.

Je ne suis pas toujours en mesure de donner le soutien attendu. Quelle aide pourrais-je offrir si je ne suis pas au top de ma forme ?

Pourquoi accepter ce travail que je ne souhaite pas ou n’ai pas le temps de fournir ? Je ne donnerai pas le meilleur de moi-même. La qualité ne sera pas au rendez-vous ou alors à mon détriment. Est-ce que cela en vaut la peine ?

Est-ce que me poser devant Netflix ou choisir un autre plaisir facile m’apportera du bien-être sur le long terme sachant que je néglige ce qui me fait réellement vibrer ?

Soyons clair, l’idée n’est pas d’être férocement égoïste et égocentrique mais de savoir prendre soin de soi en toute bienveillance pour offrir au monde la meilleure version de soi-même et mieux donner. Tout est question d’équilibre.

Vous serez reconnaissant vis-à-vis de vous-même parce que vous aurez pris soin de vous et que la fois où vous choisirez d’offrir votre temps, votre présence et votre énergie aux autres, cela aura un vrai sens et vous donnerez le meilleur de vous-même.

Vos amis, connaissances, collègues vous en seront également reconnaissants parce que toutes les fois où vous direz oui, ils sauront que vous le pensez et que vous serez là pour eux.

Petites astuces en plus :

  • Ne pas hésiter à le répéter fermement car la personne en face peut insister dans sa demande. Si cela est trop compliqué, dans un premier temps, pourquoi ne pas proposer une alternative ? « non mais … « , « je ne peux pas aujourd’hui mais demain si tu le souhaites, … » .
  • Éviter de se justifier en long en large et en travers. On perd en crédibilité.

Aujourd’hui, soyons courageux et affrontons nos peurs (oser dire non quand on n’a pas l’habitude est toujours un peu terrifiant). Exprimons exactement ce que nous pensons et ressentons sans excuse ou détour. Dis-toi oui.

Alors prêt.e.s à entendre non ? Dites-moi quelle a été la dernière fois que vous l’avez entendu ? Quel est ce « non » que vous attendiez et qui s’est transformé en oui ? Quelles autres opportunités sont venues de ce mot tant détesté ?

Crédit photo en-tête : Anouk de Talented Girls


Vous pouvez retrouver Clémence, qui nous explique ici comment apprendre à dire non et à l’accepter, sur son site Internet ou sur son compte Instagram


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