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Aurélia : Ancienne avocate devenue coach certifiée et formatrice

Aurélia coach certifiée et formatrice

Après avoir été avocate, Aurélia Monaco a demandé une rupture conventionnelle et s’est formée au coaching en parallèle de son job. Dans cette interview, elle nous raconte son Side Project, l’organisation qu’elle a mise en place, comment elle est devenue coach certifiée et formatrice, les difficultés rencontrées et donne de précieux conseils à ceux qui souhaitent se lancer dans un Side Project. 


Bonjour Aurélia, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

Je m’appelle Aurélia Monaco. Je suis coach professionnel certifié. Après mon bac littéraire je pensais devenir psychanalyste, faire une prépa littéraire ou de la danse. J’ai mis de côté mon intuition pour un choix rationnel : la fac de droit. 

A 20 ans, je quitte Metz pour Paris. Les années d’études s’enchaînent et les jobs étudiants aussi. J’obtiens deux Masters 2, passe le concours d’avocat et prête serment en 2011. Je débute ma carrière d’avocat fiscaliste chez EY où j’exerce 4 ans puis je rejoins les RH internationales du groupe BNP Paribas pour 3 ans. 

Ces expériences m’enrichissent, j’apprends à travailler de façon organisée et efficace, je rencontre des personnes formidables. Je suis consciente d’avoir de bons postes, mais je sens que ce n’est pas fait pour moi. Je suis sensible au contexte et me sens étriquée : manque d’espace, de lumière, de liberté, de mouvement. 

En parallèle, j’initie une introspection en 2013 qui débute par une analyse et se poursuit sous diverses formes : thérapies, coaching, conférences, livres, voyages seule. Plus j’apprends à me connaitre et à m’accepter, plus je ressens le besoin de changer de domaine professionnel. En 2017, je contacte un coach avec qui je commence à passer à l’action :  je crée ma société, donne des formations, deviens coach certifié et quitte mon emploi salarié.

Tu as commencé des projets en parallèle de ton emploi salarié, comment t’organisais-tu ? 

Tout a commencé quand j’ai négocié une journée de télé travail par semaine. L’environnement a toujours été très important pour moi. Le RER bondé, les fenêtres de bureau qui ne s’ouvrent pas, la moquette, être assise toute la journée… Je rentrais chez moi vidée de toute énergie même si mes horaires étaient très corrects. Travailler de chez moi, ne serait-ce qu’une fois par semaine, a été le point de départ pour me sentir mieux et créer de l’espace mental pour initier autre chose.

J’ai alors combiné mes projets et mon emploi pendant plus d’un an. J’ai contacté des organismes de formation pour devenir formatrice. J’ai créé ma société et j’ai commencé à donner des formations tout en étant salariée. Je créais mes supports pour des formations de 3 journées en paie et fiscalité : un vrai challenge en travaillant à temps plein ! J’ai optimisé mon temps : je préparais mes supports le matin avant de travailler, le soir, le week-end. Je sortais moins et posais des RTT pour donner mes formations.

Ensuite, j’ai voulu me rapprocher de ce que j’ai toujours aimé : comprendre l’autre et l’accompagner à se sentir mieux. Pour être honnête, je n’étais pas convaincue de vouloir être coach. J’avais du mal à me projeter, j’avais l’impression que tout le monde était coach et je trouvais le terme galvaudé. J’ai dépassé cet a priori car le coaching m’avait aidée : je suis allée à des présentations d’écoles et j’ai choisi Coaching Ways. J’y ai suivi une formation certifiante de 8 mois à laquelle j’assistais en utilisant mes congés payés. Pour valider ma formation je devais coacher des personnes et rédiger un mémoire : je fixais les séances avant d’aller travailler et rédigeais mon mémoire le soir. 

Enfin, j’ai passé des auditions pour être coach chez Dynamo Cycling. J’ai été sélectionnée pour suivre leur formation interne de coach. J’étais ravie, et fatiguée car cela faisait beaucoup. Je n’ai pas fait pas partie des 4 finalistes mais cette expérience m’a confirmé que je pouvais réussir des choses en dehors de mon contexte habituel et que j’avais besoin de mouvement. 

Pendant cette période, la clé a été l’organisation, la persévérance, des concessions et me concentrer sur l’essentiel.

C’était intense, je n’ai pas pris de vacances pendant 10 mois mais je savais que je le faisais pour moi.

Aurélia en formation

Comment s’est passé ton départ du groupe BNP ?  

J’ai quitté le groupe BNP en obtenant une rupture conventionnelle. J’ai expliqué sincèrement mon état émotionnel et mon projet professionnel à mon responsable à qui j’ai demandé une rupture conventionnelle. Il a été à l’écoute et ça s’est bien passé. Un employeur n’a pas forcément intérêt à garder quelqu’un en poste qui n’est pas épanoui et ne se projette plus, même si peu de personnes le comprennent !  

Sur la base de mon expérience, je conseillerais de demander la rupture au décisionnaire ou de limiter les intermédiaires, et de préparer son discours : quand et comment partir ? pourquoi ? Dans quelles conditions financières ? Faire au mieux pour présenter un projet « gagnant-gagnant ». Par exemple, je ne souhaitais pas d’indemnités (le coût pour l’employeur était donc limité), j’ai proposé des candidats pour reprendre mon poste et j’ai assuré la transition pour partir sans perturber le service. 

Comment as-tu géré ta peur de quitter cet emploi qui t’assurait un salaire à la fin du mois ?

Je pensais à celle que je voudrais être plus tard : quelle femme et quelle mère si j’avais des enfants. 

J’ai également pris conscience du fait que je somatisais, que mon corps souffrait même si je rationalisais ( le fameux « y a pire ») et je n’avais pas envie de créer mes propres maladies !

Ce n’était pas simple pour autant. Mes parents n’ont pas fait d’études et j’avais acquis une sécurité financière par mes propres moyens que je craignais d’abandonner.  Même lorsque j’ai eu l’accord pour ma rupture conventionnelle, une voix me disait « tu n’es pas si mal dans ton job, reste ! ». J’étais rattrapée par la peur mais j’ai pris du recul,  je crois que j’avais encore plus peur de me réveiller dans dix ans, coincée dans une vie confortable qui ne me convenait pas. 

J’ai géré ma peur pour me donner les moyens de mes ambitions.

En quoi consistent tes activités aujourd’hui et comment as-tu trouvé ce qui te faisait vibrer ? 

J’ai créé ma méthode de coaching Ici & Higher dont l’intention est d’utiliser sensibilité et créativité pour mieux s’ancrer dans sa vie et s’élever personnellement. J’organise des ateliers en groupe, je coach en individuel et donne des formations. 

On vit dans une société où l’on se compare aux autres sans vraiment savoir ce qu’il se passe dans leur vie. Le partage en groupe permet de réaliser que chaque personne a ses insécurités (souvent similaires aux nôtres), de renforcer l’estime de soi grâce aux regards bienveillants et de s’accepter.

J’adore créer et organiser des ateliers sur des thèmes qui m’animent, notamment : l’estime de soi, la féminité, les croyances limitantes.

Je prépare des exercices d’écriture, j’utilise des passages de livres que j’ai lus, des vidéos… J’ai trouvé en cherchant, m’écoutant, en patientant et en testant ! J’ai utilisé mon chemin personnel. Le fait d’avoir travaillé sur moi m’a aidée et j’ai envie d’utiliser ce que j’ai appris sur moi pour le transmettre, à ma façon, à d’autres. Ce qui me passionne, c’est d’utiliser tout ce que j’ai lu depuis des années, ma sensibilité et mon expérience pour créer des supports et les mettre au service d’autres personnes. Quand je vois une lumière dans le regard de quelqu’un qui se sent mieux, je comprends que ça n’a pas de prix ! 

Un des sujets qui me passionne le plus est l’estime de soi (souvent confondu avec la confiance en soi) car c’est la base de presque tous nos comportements. Je souhaite développer un projet pour les femmes, qui leur permettrait de prendre conscience de leur valeur et de s’accepter. Je trouve qu’il y a peu de transmission entre les générations et j’aimerais permettre à des femmes de tout âge de se réunir, s’écouter et partager, pour s’accepter. Lors de mes ateliers sur le thème « être une femme », des mères et des filles sont venues ensemble , c’était beau et enrichissant.

A titre personnel, j’ai commencé en 2016 à faire de la danse en talons avec Nadine Timas. Projeter ma féminité via la danse et devant un miroir m’a mise face à mes blocages et m’a aidée à m’accepter.  Ce fut une véritable thérapie. Nous souhaitons organiser ensemble des ateliers pour les femmes qui lieraient corps et esprit.

Papiers sur une table

Ton activité te permet-elle de vivre ?

A ce jour non car je perçois des allocations Pôle Emploi et préfère prendre le temps de faire aboutir mon projet. Je pourrais en vivre si je dispensais uniquement des formations mais je veux prendre le risque de créer, sans refaire l’erreur de suivre un chemin tout tracé, dans le coaching cette fois. 

La rupture conventionnelle garantit une certaine sécurité et il est vrai que la réduction des revenus fait peur. A mon sens, on ne devrait pas comparer uniquement la différence de revenus mais chaque revenu et le temps libre associé. 

Quelles difficultés as-tu rencontrées ? 

Au départ, la difficulté a été d’accepter que la réalité soit différente de ce que j’avais imaginé.  Je pensais que ma vie serait « parfaite » en quittant mon emploi, puis j’ai réalisé qu’une période de gestation était nécessaire. Être patiente et continuer ma thérapie, discuter avec d’autres personnes dans la même situation m’ont beaucoup aidée. Je me suis également débarrassée de pas mal d’affaires chez moi, ce qui m’a permis d’y voir plus clair.

J’ai ensuite rencontré des difficultés à faire mon site internet, lâcher un peu mon perfectionnisme, trouver un professionnel pour créer mon logo, quelqu’un qui comprenne ma sensibilité. Ce qui m’a aidée a été de tester pour corriger, être plus patiente (j’ai encore du travail) et écouter mon intuition.

Enfin, d’un point de vue plus concret, j’ai décidé d’arrêter de dispenser des formations en fiscalité. Ce n’était pas évident car c’était une sécurité financière mais j’ai voulu être honnête envers moi-même.  J’ai surmonté cette peur en croyant en moi, en me disant que je libérais du temps pour de futurs projets. Parier sur ce qui n’existe pas encore n’est pas évident, mais je pense que c’est important pour avancer.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans un Side Project mais n’a pas encore osé franchir le pas ? 

Sur la base de mon expérience, je conseillerais  :

  • L’introspection : investir sur soi, en temps et en argent.
    Se poser la question : qui suis-je ? Qui ai-je envie de devenir ? Apprendre à se connaître permet de prendre conscience de ses besoins et de les respecter.
  • Libérer du temps : télétravail, 4/5ème, concessions sur le temps libre … et le dédier à son projet.
  • Se renseigner sur les financements, les formations, croire en ce que l’on aime et s’inspirer de personnes qui ont « sauté le pas ». Ce sont souvent celles qui ne l’ont pas fait qui tiennent un discours décourageant, rarement l’inverse.
  • Agir : l’action mène toujours quelque part, le rêve seul, pas forcément… On croit souvent qu’une solution arrivera du jour au lendemain quand ce sera LE moment, et les années passent ! L’action responsabilise, permet de sortir d’une forme de position attentiste et montre qu’il est toujours temps de changer sa vie. 
  • Valoriser les « baby steps ». J’ai débuté en donnant des cours de fiscalité dans une école d’alternance, ce n’était pas mon rêve mais j’ai pu gérer un groupe, j’ai réalisé que j’aimais transmettre et cela m’a aidée pour mes ateliers aujourd’hui. 
  • S’entourer de personnes qui nous comprennent et nous soutiennent. Si on n’en connait pas, écouter Tony Robbins  !
  • Penser à ses peurs, imaginer le pire et réaliser qu’il y a souvent une solution. 

Que retenir de l’expérience d’Aurélia

  • Vous souhaitez négocier une rupture conventionnelle ? Pensez à préparer votre discours, montrez que c’est gagnant-gagnant : pour l’entreprise et pour vous !
  • En période de reconversion, il y a trois maîtres-mots : organisation, persévérance et concessions !
  • Soyez patient.e ! Une reconversion prend du temps et c’est une bonne chose 🙂
  • Rêver est essentiel mais agir l’est tout autant !

Vous pouvez retrouver Aurélia, coach certifiée et formatrice, sur Instagram ou sur son site Internet.


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@crédits photos Cocoon Space

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