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Claire : Elle est devenue Growth Manager dans le domaine de l’Education après avoir été directrice marketing

Après avoir été directrice marketing, Claire est devenue Growth Manager pour des entreprises du secteur Education-Formation. Dans cette interview, elle nous raconte comment elle a trouvé sa nouvelle voie, les « cycles » qu’elle a connus avant d’en arriver là et comment elle a vécu ce changement de vie. Bonne lecture !


Bonjour Claire, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

Etudiante en école de commerce à une époque où Facebook n’existait pas 😅, j’ai mis un pied dans le digital en poussant la porte d’un cours de création de site web qui m’a amenée à créer une “junior entreprise” de conception de sites web. Le virus était pris !

J’ai ensuite enchaîné stage et CDI en marketing digital.

Après une 1ère expérience en acquisition (mon job consistait à ramener des visiteurs qualifiés sur un site e-commerce) j’ai rapidement évolué vers le CRM. J’ai été recruté dans ma dernière entreprise, Le Figaro.fr, avec une mission « feuille blanche » : faire revenir et racheter les internautes sur le site. J’ai tout appris en faisant et en rencontrant des pairs et des experts : développer une stratégie de collecte d’emails, construire des scénarios automatisés, lancer les 1ers abonnements numériques et surtout le moteur de tout ça : une base de données avec une data unifiée, propre et enrichie. 

J’ai eu mes 3 enfants au Figaro.fr. L’entreprise grossissait vite et j’ai eu la chance de revenir de congé maternité avec à chaque fois un nouveau challenge. 

Le plus gros a été de reprendre la tête de la direction marketing : une vingtaine de personnes (mes anciens collègues) aux expertises variées (acquisition payante, SEO, analytics, études, CRM et même un pôle Business development).

J’ai relevé le challenge et je me suis confrontée à de nouvelles problématiques : management, organisation, recrutement, gestion et montée des compétences. Ce fut passionnant !

Pourquoi as-tu quitté ton emploi ?

Je ne l’ai compris que (beaucoup) plus tard, mais je pense que j’ai quitté mon dernier job pour éviter le bore-out. Après 10 ans dans la même entreprise et 4 ans au poste de directrice marketing, j’avais le sentiment d’avoir fait le tour de mon job, ne plus rien apprendre et de ne plus avoir de challenges. Et je sentais que intérieurement, ça me tuait à petit feu. 

Par ailleurs, en tant que directrice marketing, je faisais de moins en moins d’opérationnel et ça me manquait aussi terriblement. Le marketing digital est une compétence assez technique, qui évolue très vite. Et quand on ne pratique pas, la pertinence de la stratégie est moins fine. Enfin, c’est mon avis.

Il était tout simplement temps pour moi de démarrer un nouveau cycle pro.

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

Cela a été un long cheminement.

Le point de départ a été de me rendre compte de mon malaise. J’ai d’abord essayé de trouver des solutions par moi-même mais je ne m’en sortais pas. 

Au bout de 6 mois, je me suis inscrite à un bilan de compétence en collectif. Un programme de 6 semaines les soirs et quelques WE pendant lequel j’ai alterné des exercices d’introspection quotidien et des mises en actions. Ce programme m’a permis d’engager deux évolutions profondes.

Ma 1ère évolution a été un changement interne : travailler sur mes peurs, assumer les points de ma personnalité. Je me souviens notamment d’une conférence d’Axelle Tessandier qui reprenait la citation « Sois toi même, personne d’autre ne le sera à ta place ». Cela a beaucoup résonné en moi car j’avais souvent joué des rôles dans ma vie : la petite fille sage, la copine qui fait rire, la salariée enthousiaste qui prend les challenges qu’on lui pose sans discuter.

Avec ce 1er travail, je pouvais poser les prémices de ma boussole intérieure : mon pourquoi-quoi-comment. Cette boussole me guide toujours aujourd’hui au quotidien et je l’affine régulièrement.

Ma 2eme évolution a été de me mettre en mouvement : définir les sujets à explorer, changer mes habitudes (exit le comatage devant la TV le soir), apprendre à tester, sortir de sa zone de confort, en faire une priorité.

C’est ainsi que je me suis mise à explorer le growth marketing. 

Une compétence très demandée en start-up et qui se différencie du marketing classique par son approche globale de la croissance, une remise en question permanente et une méthode d’expérimentations rapides. J’ai tout de suite adoré et j’ai dévoré articles, podcasts et intégré un groupe Facebook très actif.

Suite à ce bilan de compétence, j’ai connu 3 cycles : 

  • Le 1er cycle : je me suis remotivée dans mon ancien poste, j’ai voulu changer nos pratiques, casser les silots de l’organisation. Les projets étaient accueillis avec enthousiasme puis mis en priorité n°112. Il était temps de partir.
  • Le 2ème cycle : j’ai proposé mon aide marketing à une jeune sophrologue qui lançait un projet de box éducative pour enfants. Le “pourquoi” et le “quoi » du projet m’enthousiasmait. Il restait à s’assurer que le “comment” pouvait me correspondre. Au bout de 8 mois, force était de constater que ce n’était pas le cas. Mais ça ne m’a pas empêché d’adorer cette expérience. Grâce à elle, j’ai appris pleins de choses et au-delà des compétences techniques et des rencontres humaines, j’ai appris que le « comment » était fondamental pour moi. C’est aussi grâce à ce cycle que j’ai trouvé la force de quitter mon poste confortable de salariée.
  • Le 3ème cycle : Retour à la case départ, 2 mois après voir quitté mon emploi. Dur de faire le deuil d’un projet qui m’a porté pendant plusieurs mois. Toujours intéressée par l’éducation, je prends mon billet pour un salon sur les innovations pédagogiques qui avait lieu à 800 km de chez moi sans trop savoir ce que je vais y faire. Dans le train je décide de m’y présenter en tant que « freelance marketing dans l’éducation » puisque c’est un secteur qui m’attirait et dans lequel je venais d’avoir une petite expérience. C’est parti ! Mon pitch est assez bien accueilli, ce qui me met en confiance. Je démarre une 1ère mission gracieuse auprès d’une entrepreneuse dont j’avais croisé la route précédemment puis 1 mois plus tard je décroche ma 1ère mission payée (suite à un contact pris au salon) ! Quel kiff ! Mais rapidement je refais le point avec moi-même et pointe des frustrations profondes dans mon activité. En effet, je me suis rendu compte qu’aussi intéressantes avaient été mes missions, certaines m’avaient laissé un sentiment d’inachevé. En effet, j’avais parfois exécuté des stratégies auxquelles je ne croyais pas. Mes missions arrivaient trop en bout de processus pour intervenir réellement sur le succès d’une opération et ce gâchis d’énergie (le mien, celui de mes clients et de leurs équipes) me laissait une profonde frustration. Notre travail n’avait pas eu l’impact qu’il aurait du avoir.

Au hasard d’un podcast et de conversations, je découvre que les entreprises en croissance font de plus en plus appel à des postes de directeurs « en temps partagés ». Une DRH qui s’occupe des ressources humaines de plusieurs entreprises, un directeur financier qui pilote les finances de plusieurs PME.. Et si j’étais moi aussi directrice marketing en temps partagé ? Avoir l’idée c’est une chose. La concrétiser en est une autre.

Il m’aura fallu presque 6 mois pour l’assumer. 6 mois de hauts et bas émotionnels qui étaient presque devenus une blague pour mon conjoint quand je lui faisais part de mes doutes. « Quel jour on est ? Ah mais c’est un jour impair ! T’inquiètes pas, le moral reviendra demain ! » Et c’est vrai que lendemain, une bonne nouvelle arrivait et me remettait en confiance.

La carte mentale de Claire

Quel est ton cycle actuel ?

Depuis quelques mois, je me présente comme « Growth manager » à la carte pour des entreprises du secteur Education-Formation.

Au fil de mes missions, j’ai affiné mon client-type : une jeune entreprise ambitieuse qui a un produit validé par le marché, qui a commencé à le vendre par différentes actions et a besoin d’un profil senior pour amplifier son marketing et poser les bases d’une croissance saine et durable. 

J’ai 3 offres que j’adapte à chaque client :

  • une offre “start” : je pilote la stratégie et c’est mon client qui execute,
  • une offre “grow” : je vais mettre en oeuvre la roadmap de croissance en autonomie ou en coordination avec l’équipe,
  • une offre “ads” : je ne prends en charge que l’acquisition paid : Facebook ou Google Ads.

Le nom de ma marque reflète mon approche : keep calm and grow ! La croissance se construit par étape ! La pire erreur est la dispersion et d’oublier son produit.

Après une 1ère phase d’analyse des données et d’interviews utilisateurs, je priorise des actions correctrices du tunnel de vente puis j’active l’acquisition sans préférence de canal.

Une fois le marketing stabilisé, si mon client est prêt, je le forme et accompagne sa montée en compétence au quotidien. 

Mon objectif est qu’il puisse être autonome à terme et réinternaliser la fonction marketing.

Comment as-tu négocié ton départ ?

Quelques semaines après avoir démarré mon Side Project sur la box éducative, je me suis rendu compte que ce projet m’apportait un flow total et que revenir à mon vrai job était de plus en plus difficile. Je me suis donné 2 mois d’expérimentation puis mon désir de rejoindre le projet à 100% a été plus fort que la peur de quitter ma place confortable.

Au retour de vacances, j’ai donc annoncé mon souhait de quitter l’organisation et j’ai demandé une rupture conventionnelle. Alors que la réponse se faisait attendre, la direction a annoncé un plan de départ de 50 volontaires aux conditions très avantageuses. J’ai présenté mon dossier complet dès le 1er jour et comme j’avais toujours été très transparente avec mon boss sur mes aspirations, il a validé ma candidature. « Quand tu as décidé quelque chose, l’univers entier se met en action pour le réaliser. » C’est tellement vrai.

Comment se déroulent tes journées aujourd’hui ?

Aujourd’hui j’ai 3 clients en parallèle. 

J’adore la diversité de mon travail. Je peux travailler un lundi sur le copywriting d’une page de vente et le jour suivant sur la mise en place de l’automatisation d’un process qui allègera le travail de l’équipe.

Je me lève très tôt et profite d’une heure de tranquillité pour travailler avant le lever de la maison. Nous petit-déjeunons tous ensemble puis mon conjoint et mes enfants dehors, je me mets au travail jusqu’au déjeuner. 

Je vais courir 2x par semaine et j’essaie de networker au téléphone ou en déjeuner/apéro 1x par semaine.

Je vais chercher mes enfants  à 18h et reprends très souvent le travail vers 21h après leur coucher. Ca peut paraître intense mais c’est un plaisir pour moi. Je dois dire que j’apprécie d’autant plus une soirée, ordi fermé, que je vais passer avec mon conjoint.

Même si c’est parfois difficile, je me garde toujours du temps pour travailler sur mon activité (prospection, formation, administratif..), ce n’est pas bien cadré mais peut être 15% de mon temps. Je sais que ce n’est pas assez mais j’ai du mal à faire mieux pour l’instant.

Comment as-tu vécu ce changement de vie ?

J’ai l’impression d’avoir eu 1 000 vies depuis 2 ans ! Au quotidien, j’ai avancé grâce à 3 axes :

La formation ! Je me suis énormément formée (et je me forme toujours) : copywriting, publicités Facebook et Google, stratégie de contenu, landing page, marquage analytics, process “growth”, outils d’automatisation et même du code ! Je me suis formée en solo (Google, livres, podcasts, évènements…) mais aussi avec des formations payantes (en ligne et en présentiel). Quand je bloque sur un sujet, je vais chercher un expert qui m’accompagne sur quelques heures de coaching. Je l’ai fait à 2 reprises et il me reste un 3ème sujet à cracker de cette manière d’ici la fin de l’année ! Ca me permet de gagner un temps phénoménal d’apprentissages. J’ai un vrai budget formation dans mon activité.

Le recentrage : un changement de vie c’est beaucoup de hauts et de bas émotionnels ! En période de doutes, l’écoute du podcast Change ma vie m’a aidée à garder confiance. J’ai aussi appris à extérioriser, le simple fait de formuler ses doutes est libérateur. Le fil rouge de mon énergie me vient aussi de lectures et du running : je vais courir en forêt 2 fois par semaine, sans musique, sans podcast. Juste moi-même avec moi-même : je prends du recul, je trouve une idée pour débloquer une situation et je vide mon esprit !

Le networking : au tout début de mon exploration, j’organisais entre 3 et 4 déjeuners par semaine ! Chaque rencontre m’a apporté quelque chose. Je fais grossir mon réseau petit à petit (Linkedin, app de réseautage, start-up week-end, meet-up, communautés spécialisées). Je me rends aussi très disponible pour aider les autres.

Quelles difficultés et quelles joies as-tu rencontrées ?

L’une de mes grandes difficultés a été d’assumer ma spécialisation Education-Formation. On m’a dit plusieurs fois : C’est un secteur difficile ! Ne te limite pas ! » Si bien que je doutais beaucoup.

Mais c’est plus fort que moi, je suis passionnée de pédagogies et l’éducation est profondément mon « pourquoi ». Au delà des compétences techniques, c’est un révélateur de confiance et d’estime de soi qui libère les individus. Qui m’a libérée moi en tous cas. 

Alors que je doutais régulièrement de mon positionnement, un jour, j’ai lu une citation de Seth Godin, grande référence du marketing, qui disait en gros « Choisis une toupie et fais la tourner ». Ca m’a fait un électrochoc ! Depuis, à chaque fois que j’ai douté, je me suis dit : tu as choisi ta toupie (l’éducation donc..) : arrête de te poser des question, tourne !

Un moment de joie ? Je crois que signer un nouveau client est à chaque fois un grand moment de kiff et je ne résiste pas à faire une danse de joie dans mon salon !

Ton activité te permet-elle de vivre ? 

Aujourd’hui, je ne me verse pas de salaire et j’envisage de me payer en dividendes la 1ère année mais si je me salariais, je pourrais depuis septembre (soit 12 mois après m’être lancé) me verser un salaire de 2500 euros par mois. Je vise un peu plus pour 2020 et pouvoir affirmer que « OUI, mon activité me permet de vivre ». Nous avons réduit nos dépenses et repousser des projets mais nous ne regrettons rien.

As-tu des enfants ? Si oui, comment as-tu géré cela en parallèle de ta reconversion ?

J’ai 3 enfants de 8, 6 et 3 ans. Avec mon conjoint, nous avons toujours partagé très équitablement la charge mentale comme on dit 🙂

Depuis que je suis à mon compte, nous avons revu notre organisation, c’est lui qui les amène le matin et moi qui m’en occupe le soir. Aussi, nous avons fait le choix de continuer d’avoir une nounou qui vient chercher les enfants 2 soirs dans la semaine. Le mercredi je déjeune avec eux puis amène mon garçon au foot et c’est une nounou qui prend ensuite le relai. C’est un peu speed mais on s’en sort !

Un point important aussi, je fais très peu pour la maison sur mes heures de « bureau », ma maison est parfois un peu chaotique mais je fais avec ! Mon conjoint est un soutien indéfectible de mon activité. Il fait beaucoup pour que je puisse m’y consacrer. 

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui veut quitter son job mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Quitter son poste ne doit pas être fait à la légère : tu peux explorer et expérimenter tellement de sujets tout en étant en poste. Eliminer les activités qui ne t’apportent rien, profiter des temps morts pour te former (le métro !), participer à des évènements, lire et te former. Si tu veux changer de voie tu dois en faire ta priorité. Le plus dur est de commencer. Mais après on ne s’arrête plus. 

Personnellement au début je m’étais construit une « mind map » (sur l’application SimpleMind+) de tout ce que je voulais explorer et je la complétais/ corrigais au fil de ma progression. Cela m’a beaucoup aidée à structurer mes pistes et y voir clair. (Cf carte mentale)


Que retenir de l’expérience de Claire ?

  • Vous angoissez car votre nouvelle voie est plus difficile à trouver que ce que vous pensiez ? STOP ! Ne vous découragez pas, et profitez des opportunités qui se présentent, elles vous aideront à trouver ce pour quoi vous êtes fait.e.
  • Fiez-vous à votre instinct, lui seul vous conduira vers la bonne destination.
  • Etre parent et se reconvertir : c’est possible ! Claire en est la preuve vivante 🙂
  • Profitez de votre salariat pour faire le tri et pour préparer votre départ. 

Vous pouvez retrouver Claire, qui est devenue Growth Manager, sur LinkedIn et sur son site Internet.


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