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Damien : Le secret pour réussir dans l’entrepreneuriat ? Revendre sa télé et se mettre au travail !

Damien Cozette est le créateur du M3 Journal et le fondateur en DoersWave. Entrepreneur dans l’âme, il a commencé sa carrière dans une grande entreprise du luxe tout en créant le M3 Journal en parallèle de son job. Une fois son entreprise suffisamment développée, il a posé sa dem’ pour devenir un entrepreneur à plein temps. Il raconte ici son parcours, les étapes de la création de son entreprise et livre ses conseils aux futurs entrepreneurs !

Bonjour Damien, raconte-nous ton parcours en toute transparence ?

Après un Bachelor en école de commerce, j’ai créé ma première entreprise avec un camarade de promotion : une application mobile destinée aux étudiants en école. Le projet avait pour but de réunir toute l’information au même endroit, mais aussi de connecter les écoles entre elles. En d’autres termes, fini les affiches dans les couloirs, les groupes privés sur Facebook et les mails qui terminaient dans tes spams ! Cette application était comme une sorte de réseau social des écoles. Le projet n’a duré que 2 ans car on a fait de nombreuses erreurs, la principale étant d’avoir travaillé avec un prestataire pour développer l’application plutôt que de nous associer à un profil technique. C’est un choix qui nous a coûté du temps et de l’argent. Résultat : la technique n’a pas suivi et on a pris du retard sur notre business plan. Après cet échec, j’ai repris les cours et intégré un Master tout en continuant à développer mes projets personnels (blogs, site d’affiliation, etc.).

Une fois diplômé, j’ai commencé à rédiger le M3 Journal et en parallèle, j’ai été recruté en gestion de projet chez Chanel. C’est une superbe boîte mais j’ai vite déchanté : dans les grandes entreprises les processus de décision sont longs, cela signifie beaucoup de temps, de PowerPoints, de réunions, etc. pour peu de projets qui se concrétisent vraiment. Cela devient rapidement frustrant, et cela l’est encore plus lorsqu’en parallèle on développe un projet qui a du sens et qui est utile aux autres. Je voulais attendre le dernier moment pour démissionner, et c’est ce que j’ai fait.

Six mois après la sortie du livre, le nombre de commandes était tel qu’il n’était plus possible de gérer les deux activités. Je suis donc passé à plein temps sur mon projet et j’ai recruté deux autres personnes pour m’aider au quotidien : une personne en alternance chargée de communication et une autre personne en gestion de projet qui est comme mon bras droit.

Tu parles d’ « échec », comment as-tu vécu ta première expérience dans l’entrepreneuriat ?

Ma première expérience dans l’entrepreneuriat m’a beaucoup appris même si j’ai, au départ, assez mal vécu le fait d’avoir échoué. C’est précisément ce qui m’a amené à découvrir le développement personnel, notamment les 11 onze lois de la réussite d’Anthony Robbins, un livre à toujours avoir à portée de main, ou Pouvoir Illimité du même auteur. Les enseignements de ces lectures m’ont aidé à relativiser et à tirer le positif de chaque situation. Il y a eu également Tim Ferriss, Stephen Covey, Napoleon Hill, ou encore Eric Thomas, dans un style plus agressif qui donne beaucoup d’énergie et envie d’avancer.

Explique-nous le M3 journal en quelques mots ?

« Mi-agenda, mi-coach personnel », il s’agit d’un outil d’organisation qui permet d’être plus productif, d’atteindre ses objectifs plus simplement et de vivre mieux notamment en développant de bonnes habitudes. Le M3 Journal vise surtout des entrepreneurs, des freelances… mais pas que, même s’il est naturellement plus facile de définir des objectifs quand on est indépendant. L’expérience M3 Journal peut se vivre seul ou à plusieurs, le but étant de casser la solitude que peuvent rencontrer les entrepreneurs et de se motiver mutuellement même si nos projets sont différents.

Comment as-tu eu l’idée d’un tel outil ?

Grâce à mes lectures et aux groupes d’entrepreneurs que je fréquentais, je me suis rendu compte qu’il existait une vraie problématique autour de l’organisation et de la productivité : tu lis un livre, tu mets en place les enseignements, tes résolutions tiennent quelques jours puis tu abandonnes. Avec le M3 Journal c’est l’inverse, la lecture du livre est ultra rapide pour concentrer ton énergie sur la phase d’action pendant laquelle tu complètes ton journal quotidiennement et puisque tu es entouré des membres de la communauté tu n’abandonnes jamais ! Finalement, je dirais que l’idée est venue à la fois de la prise de conscience des difficultés rencontrées par les entrepreneurs et de ce que j’avais fait par le passé (expériences, lectures). C’est comme ça que j’ai créé cette méthode unique en son genre !

Explique-nous comment tu as développé ton projet ?

– La première étape était d’écrire le livre et de construire la méthode. Je me suis basé sur différentes sources d’inspiration et sur mon expérience personnelle. J’ai mixé le tout pour en faire un programme non contraignant et simple à appliquer. Il existait déjà ce genre de méthodes mais elles étaient en grande majorité très contraignantes. Ensuite, j’ai fait des tests avant la première commercialisation avec ce groupe d’entrepreneurs que je fréquentais. On a modifié certaines choses dans la méthode pour arriver au résultat de janvier 2017. La méthode a donc été créée conjointement avec les utilisateurs et c’est un point qui ne change pas puisque depuis j’ai publié deux nouvelles éditions en tenant compte des difficultés rencontrées par les utilisateurs. L’objectif c’est d’avoir d’édition en édition une méthode toujours plus efficace et simple à appliquer.

– De façon logique, la seconde étape a été la production. Il y avait un vrai travail pour sourcer les fournisseurs que je souhaitais français et une réflexion à faire au niveau graphique : comment on organise les éléments dans le journal mais aussi les visuels et la vidéo de campagne pour la page de crowdfunding. Le graphiste m’a planté un mois avant le lancement. Avec le recul, c’était plutôt une bonne chose car le projet a été retardé d’un mois. Je souhaitais le sortir en décembre pour le glisser dans les cadeaux de Noël mais finalement janvier s’est révélé être une période propice pour ce type d’outils : un mal pour un bien donc. Un autre graphiste m’a rejoint en urgence, a terminé le journal et a fait la vidéo pour la campagne.

La campagne de crowdfunding, préparée bien en amont, a été la troisième étape. Je n’avais jamais travaillé dans le domaine des  relations presse, mais j’avais déjà eu des expériences comme commercial donc j’ai utilisé la même stratégie d’approche pour convaincre les journalistes qui traitaient de ma thématique d’essayer la méthode sur eux afin d’attester de son efficacité. J’ai continué, sans me décourager et sans m’arrêter si je n’avais pas de réponse. Ca a fini par payer, plusieurs journalistes ont accepté de tester la méthode et beaucoup ont publié un article après leur test (RTL, Les Echos, Ouest-France, Madame Figaro, etc.). Résultat : la campagne a atteint son objectif en une semaine, puis 400%.  Plus qu’une façon de communiquer pendant la campagne, obtenir l’approbation de la presse était une étape primordiale afin de donner du crédit à la méthode.

– Enfin, il y a eu l’étape de la commercialisation. J’ai donc commencé à vendre le M3 Journal grâce crowdfunding puis pendant un mois sur le site Etsy. Ce n’éait pas terrible pour mettre en place des campagnes et suivre les statistiques j’ai donc rapidement migré vers un site Wix. Avec l’argent restant de la campagne, j’ai testé différentes sortes de publicités sur Internet : AdWords, Facebook Ads, Bing, YouTube et petit à petit, en perdant de l’argent d’abord (c’est le principe de la publicité sur internet), le M3 Journal a commencé à se faire connaître et la communauté à croître significativement. A tel point que quand l’édition 2 est sortie en juin 2017 ça a été une explosion incroyable, j’étais en rupture de stock avant même de livrer les précommandes et c’est à ce moment-là que j’ai quitté Chanel.

79 pays, 20 000 commandes dès la première année… Ca fait rêver !  C’est quoi ton secret ?

Utiliser le M3 Journal évidemment ! Mais aussi le TRAVAIL ! J’ai géré la communication, la production, les envois, la comptabilité, etc, alors que je travaillais encore chez Chanel en parallèle et que j’étais seul dans mon entreprise, c’était un travail titanesque ! Ma vie tournait entièrement autour du travail : rentré à 20h de ma journée de travail “classique”, j’enchaînais avec le M3 Journal chez moi jusqu’à 2h du mat’ et tout cela même le week-end ! Je l’ai fait car je savais que c’était la condition pour réussir. Je ne voulais pas quitter mon emploi tant que mon entreprise n’était pas correctement lancée et je savais que ce rythme était temporaire alors cela le rendait supportable, et aujourd’hui je ne regrette pas !

Tu as choisi l’option de l’autoédition, pourquoi ?

Démarcher des maisons d’édition prend du temps, et souvent on ne maîtrise même pas son produit final. De mon point de vue, si tu écris ton propre livre, tu as intérêt à le publier toi-même, à gérer la communication et tout ce qui va avec, car tu seras beaucoup plus investi : pour toi c’est un projet de vie alors que pour eux c’est un livre parmi d’autres. Par ailleurs, si ton livre se vend bien ce sont les maisons d’édition qui viendront toquer à ta porte. C’est ce qu’il s’est passé pour moi et c’est toujours mieux dans ce sens ! Ca rééquilibre le rapport de force dans les négociations, sur les aspects financiers évidemment mais aussi sur tous les autres aspects du livre (contenu, diffusion, communication, etc.). Et, si cet aspect “négociation” t’effraie ou si tu as peur que cela te demande trop de temps, tu pourras faire appel au service d’un agent littéraire qui se chargera de défendre tes droits auprès des maisons d’édition.

Aujourd’hui, le M3 Journal n’est plus ton unique création. Qu’as-tu créé d’autre ?

En effet, aujourd’hui, quand je lance un outil, je fais d’abord une phase de précommande car cela me permet de limiter les risques. Avant d’investir en production, j’investis en communication, afin de m’assurer que le public est intéressé. Si je réunis assez de commandes, je lance la production. C’est ainsi que de nouveaux outils ont vu le jour, parmi lesquelles le Productivator 3000, un carnet pour doper sa productivité que l’on peut utiliser seul ou en complément du M3 Journal et le jeu Ciao Comfort Zone, il s’agit davantage d’ un outil de développement personnel qu’un outil de productivité. Il contient 52 défis à réaliser pour sortir de sa zone de confort. Il a été créé sur le même principe que le journal : simple et ludique. Sortir de sa zone de confort n’est pas très agréable, avec ce jeu cela le devient tout en développant la confiance en soi.

Enfin, comme je te le disais, la méthodologie du M3 Journal présente la particularité d’être évolutive, c’est-à-dire que j’étudie la façon dont les utilisateurs l’appliquent an de rendre la méthode toujours plus efficace et plus simple à pratiquer et je viens tout juste d’ouvrir les précommandes pour la troisième édition du M3 Journal. Cette nouvelle édition comporte de nombreux changements par rapport aux éditions précédentes et sera notamment accompagnée d’une innovation majeure avec la création d’une version digitale : M3 Journal Online™. Cette édition numérique du M3 Journal, qui sera disponible avant la fin de l’année 2018, vise à motiver davantage les pratiquants grâce à un système de points plus évolué et une communication plus simple entre les membres de la communauté.

Quels sont tes projets en tant qu’entrepreneur ?

Je vais traduire le M3 Journal dans différentes langues et continuer à développer de nouveaux outils à travers ma marque DoersWave. Ensuite, je reste jeune, j’adore l’entrepreneuriat et les nouveaux défis. Je m’en lancerai donc d’autres plus tard, peut-être dans un secteur totalement différent. Mais pour le moment je reste focus sur ce projet dans lequel je m’épanouis et qui a le mérite de réellement changer le quotidien de ses utilisateurs.  

Quelles sont les principales difficultés de l’entrepreneuriat ?

A mes yeux tous les entrepreneurs sont confrontés à deux grandes difficultés que j’ai tenté de résoudre à travers le M3 Journal :

  • L’organisation : la gestion du temps est primordiale lorsqu’on est un entrepreneur. Sans organisation un entrepreneur finit en faillite ou burn-out. L’organisation est un élément clé de la réussite d’un projet. En tant que chef d’entreprise, on est en permanence sollicité et on est amené à traiter tellement de sujets différents que l’on peut être vite dépassé. Chaque minute compte et c’est pourquoi il est important d’avoir une vision (savoir où l’on va), un plan (savoir comment y va) et un schéma d’organisation au quotidien que l’on respecte pour mener à bien le plan que l’on a défini.
  • La solitude : on en parle peu mais l’une des grandes difficultés de l’entrepreneur est qu’il est seul. C’est lui qui prend les décisions, il assume donc ses réussites mais aussi ses échecs seul. Et c’est encore plus vrai lorsqu’on est seul à la tête de son entreprise. Et même lorsque l’on parle avec notre entourage ou nos proches, la réalité c’est qu’ils ne peuvent pas vraiment comprendre notre quotidien et les responsabilités que cela implique. Les autres entrepreneurs peuvent le comprendre même s’il ne s’agit pas de la même entreprise et c’est aussi pour cela que le M3 Journal se pratique en équipe. La réunion hebdomadaire avec ses coéquipiers permet de rencontrer d’autres entrepreneurs, de se soutenir et de progresser ensemble.

Pour finir, quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite entreprendre ?

Se lancer ! Même si tu te plantes tu apprends de tes erreursPar exemple, ce qui me semblait être un énorme échec avec mon application mobile s’est révélé être une force. Cette expérience m’est utile aujourd’hui. Je pense qu’il est plus facile de se lancer jeune et sans enfant, mais qu’il est aussi possible de le faire plus tard, notamment en étant salarié en parallèle de son projet. 

A mes yeux, quelqu’un qui monte sa boîte n’est pas une tête brûlée. Au contraire, c’est quelqu’un qui sur un projet à risque doit réduire ce risque au minimum et il faut donc s’appliquer cette même logique lorsqu’il s’agit de sa situation personnelle. C’est pourquoi, j’ai choisi cette de conserver mon emploi de salarié et de développer le M3 Journal en même temps. Ça m’imposait un rythme soutenu, je bossais comme un fou mais c’était le prix à payer pour réussir à lancer l’entreprise tout en conservant un mon revenu de salarié. Et puis, je savais que ce rythme ne serait pas éternel.

Après, c’est à chacun de voir quelle stratégie lui convient le mieux : prendre le risque de quitter son job et se lancer (et cela peut être payant !) ou on cherche à minimiser les risques en gardant son emploi et en travaillant beaucoup plus au début. Et puis quel que soit son choix, il faut impérativement PER-SÉ-VÉ-RER. Je n’avais aucun réseau de journalistes par exemple, mais j’ai persévéré : tu discutes avec les gens, tu sympathises, ils te présentent quelqu’un…et le réseau se construit petit à petit.

Enfin, je dirai aussi que la rigueur est indispensable. Ne pas avoir peur de faire des efforts et des sacrifices. Voir un peu moins ses amis, arrêter de traîner sur les réseaux sociaux et devant la télévision, pour faire simple : consacrer tout ou partie de son temps libre à son activité.

Quand tu pars de zéro il faut travailler, c’est le seul moyen d’y arriver.

Pour lire les articles de Damien Cozette, c’est par ici ! 


Que retenir de l’expérience de Damien ?

  • Lire des livres de développement personnel aide à relativiser et à apprendre de chaque situation
  • Créer un produit en faisant des tests auprès des utilisateurs pour bien répondre aux besoins
  • Réussir une campagne de crowdfunding en la préparant bien en amont, et en relançant les journalistes sans se décourager, même sans expérience en relations presse
  • Pour ne pas prendre de risque, commencer à créer son entreprise en parallèle de son emploi salarié et accepter de travailler avec acharnement pendant un temps afin d’obtenir les résultats attendus et pouvoir quitter son job
  • Consacrer tout ou partie de son temps libre à son projet plutôt que de perdre du temps devant la télé ou les réseaux sociaux
  • Il est possible d’auto-éditer son livre pour maîtriser le produit final et être pleinement investi dans la commercialisation
  • Les difficultés de l’entrepreneuriat ? L’organisation, au risque de finir en faillite ou en burn-out, et la solitude
  • Se lancer, apprendre de ses erreurs et persévérer ! 

Découvrez d’autres interviews d’entrepreneurs ici ! 

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