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Devenir freelance : les 8 questions à se poser pour bien se lancer

Devenir freelance est une belle aventure, mais qui nécessite d’être bien préparée. Voici les bonnes questions à vous poser pour vous lancer en toute sérénité.

Avertissement : être freelance ne consiste pas (uniquement) à mettre son Mac sur une table en bois et à boire un joli café instagrammable.

Vous êtes attiré(e) par le freelancing mais ce mode de travail reste flou à vos yeux ? C’est normal ! Le travail indépendant prend de l’ampleur (+ 600 nouveaux indépendants par jour) et devient tendance, mais reste un mystère pour ceux qui ne le pratiquent pas. Il attire car il est synonyme de liberté, d’autonomie, ce qui en fait l’emblème du “future of work”. De nombreux métiers s’exercent en freelance : journaliste, développeur, consultant, traducteur, rédacteur, décorateur, formateur… Quelle que soit l’activité que vous visez, Pose ta Dem’ fait le point sur les questions à vous poser pour préparer votre plongeon dans le grand bain des freelances !

1/ Pourquoi je veux devenir indépendant ?

Il est important de sonder vos motivations profondes : le besoin de liberté ? La volonté de choisir vos clients et vos missions ? Le gain financier ?

Si ce sont des arguments pro-freelancing, c’est un bon départ. Si vous vous apercevez que ce sont plutôt des arguments anti-salariat, alors il peut y avoir danger, car le freelancing ne doit pas être une fuite mais un choix.

Cette question soulève des questions de fond : quel est votre rapport au travail ? Qu’attendez-vous de votre vie professionnelle ? Quelles sont vos priorités ? Le salaire, les rencontres, l’autonomie…? Mais aussi des questions de fond sur votre vie en général et la façon dont vous voulez l’organiser.

L’exemple de Clémentine, consultante en marketing/stratégie de marques : 

Clémentine a quitté son job de consultante après 10 ans dans deux cabinets différents, pour se mettre à son compte. Elle a choisi ce mode de travail pour gagner en indépendance dans son organisation et s’occuper davantage de sa fille, et d’elle-même, suite à un burn-out de 4 mois. J’ai fait un choix professionnel qui est en fait un choix de vie. Je suis claire avec mes clients dès le départ sur mon organisation et sur les résultats sur lesquels je m’engage dans le cadre de ma mission. Ils sont toujours ravis, et moi j’ai récupéré ma santé en quelques mois.  Même si le stress du démarrage était présent, ce n’était rien comparé à mon burn-out”.

2/ Avec quels avantages/désavantages je pars ?

Faites la liste de ce qui pourrait vous aider à vous lancer, ou au contraire être un désavantage au démarrage. Quelques exemples :

  • Un réseau professionnel solide VS un réseau inexistant
  • Un compte bien rempli à la banque VS aucun filet de sécurité
  • L’aide de votre entourage VS des proches qui vous découragent
  • Une expertise reconnue VS des compétences incomplètes

Attention : les “désavantages” ne doivent pas forcément être des freins pour vous lancer ! Chez Pose ta Dem’ nous encourageons l’audace, et nous sommes persuadés que chacun peut réussir quelles que soient les conditions de départ. Mais nous conseillons aussi d’accepter d’attendre quelques mois pour se lancer, afin de réunir les conditions de base : le temps de commencer à réseauter, d’économiser l’équivalent de 6 mois de loyer, de clarifier son offre, de se former pour avoir une offre de qualité…

En faisant la liste de vos avantages/désavantages, vous saurez comment vous préparer en fonction de ce qu’il vous manque.

L’exemple de Marc, futur développeur freelance : 

A l’heure où j’écris cet article, Marc ne s’est pas encore lancé, mais il a préparé son plan. Il compte quitter son job dans 6 mois, et d’ici-là il économise 500€ par mois car il a fini de rembourser son prêt étudiant. Il a un livret A qui lui permet de parer à toute difficulté (6000€). Il développe son réseau depuis un an en rencontrant une nouvelle personne toutes les deux semaines. Enfin, il prend du temps pour développer les compétences techniques qui lui manquent pour se lancer.

3/ Quelle est mon offre et à qui s’adresse-t-elle ?

Il y a autant de travailleurs indépendants que d’offres. L’expérience, les missions déjà réalisées, les formations suivies, le réseau, les sources d’inspiration… sont autant de variables définissant l’offre.

L’objectif pour un freelance est de rentrer dans une case pour être identifié par ses clients potentiels, tout en ayant un profil qui se démarque de ses concurrents. Il y a beaucoup de freelances “rédacteurs web”, “développeurs”, “designers”, “formateurs”… mais des compétences et des univers très différents se cachent derrière !

Dans votre cas, les deux questions à vous poser sont donc :

  • Quelle est mon offre au sens large ? A quelle catégorie de compétences je souhaite être rattaché(e) ?
  • Comment vais-je me démarquer de mes concurrents ? Quelles sont mes forces et mes spécificités ?

Ne vous inquiétez pas si les réponses ne vous sautent pas aux yeux. Clarifier son offre, estimer sa propre valeur et ses compétences est un exercice difficile. Il faut être objectif et honnête avec soi-même sur ses compétences et sur ses envies. Vous pouvez être très compétent sur un type de mission mais ne plus avoir envie d’en réaliser, car vous en avez fait le tour. Dans ce cas, prenez-le en compte dans la définition de votre offre. Devenir freelance c’est s’offrir une liberté : ne vous forcez pas à rentrer dans une case si elle ne vous convient pas.

Enfin, réfléchissez à votre cible : à qui s’adresse votre offre ? D’autres freelances ? Des start-up ? De grandes entreprises ? Des particuliers ? Dans quel secteur d’activité ? Là aussi pensez compétences (références antérieures, réseau…) mais aussi envies.

4/ Comment je compte me faire connaître ?

En fonction de vos compétences et de votre cible, vous devez penser à votre stratégie de communication. Voici les principales pistes auxquelles vous pouvez réfléchir :

1/ Votre réseau existant et le bouche-à-oreille : à qui vous adresser en priorité, comment inciter votre réseau actuel à vous recommander…

2/ Les plateformes de freelances : sur quelles plateformes vous inscrire, comment présenter votre profil…

3/ Votre site professionnel : créer un site vitrine pour présenter votre offre, un blog pour valoriser votre expertise…

4/ Les réseaux sociaux : créer du contenu, bâtir une communauté et interagir avec elle…

L’exemple de Renan, développeur freelance

Renan est inscrit sur Malt (ex Hopwork), ce qui lui a permis de décrocher plusieurs contrats et de gagner en visibilité, et a créé son propre site web professionnel en dehors de la plateforme. Son témoignage complet est ici.

5/ Comment je vais m’organiser ?

Qui dit freelance dit liberté et indépendance. Ce qui peut vouloir dire mauvaise organisation et isolement. Alors, répondez en toute franchise à ces questions :

  • Autodiscipline : A l’heure actuelle, suis-je suffisamment autodiscipliné(e) pour travailler seul(e) sans contraintes fixées par un manager ? Si non, comment puis-je développer cette qualité ? (Si vous craignez de ne pas être assez autonome, dites-vous bien que l’autodiscipline est comme un muscle. En vous entraînant petit à petit, et en vous créant des habitudes pour être productif, vous serez tout à fait capable d’exercer seul sans manager pour vous encadrer)
  • Autonomie : Suis-je capable d’être autonome et force de proposition dans mon travail ? En d’autres termes, suis-je capable de planifier et d’organiser mes missions sans aide extérieure ?
  • Environnement de travail : Ai-je envie de travailler seul(e) ou de m’entourer ? Depuis un lieu fixe (chez vous, en coworking…) ou en étant nomade ?
  • Organisation logistique : Ai-je envie de travailler sur des horaires fixes comme avant (9h-17h par exemple), ou d’avoir une organisation plus flexible (travail le matin et le soir, tennis l’après-midi) ? Ai-je envie de travailler moins ou plus qu’avant ?

En fonction de vos réponses, définissez l’organisation qui vous correspond le mieux. Devenir freelance nécessite de bien se connaître.

L’exemple de Charlotte (oui, moi-même !)

Je suis plutôt auto-disciplinée mais pas suffisamment à mon goût. Donc je m’entoure de personnes à qui rendre des comptes (volontairement !) et je m’entraîne à me créer de bonnes habitudes de travail : routine matinale pour cadrer ma journée, plages horaires de deep work où je coupe mon téléphone, deadlines que je me fixe moi-même et que je me contrains à respecter. Je suis autonome dans mon travail, mais je demande parfois de l’aide aux personnes les plus à mêmes de me conseiller. J’aime travailler seule pour les tâches demandant une grande concentration, donc je m’isole dans ces moments, mais j’ai besoin de sortir au moins une fois par jour pour voir du monde, donc j’organise un verre ou un déjeuner chaque jour, soit avec un ami soit avec une personne de réseau professionnel. J’aime avoir le choix de mon lieu et de mes horaires de travail, donc je ne définis aucun cadre strict et je m’organise au jour le jour en fonction de mes envies.

6/ Quel statut vais-je choisir ?

Il existe plusieurs formes juridiques, et vous devrez prendre le temps de toutes les étudier pour choisir la meilleure pour vous, car plusieurs paramètres entrent en compte : fiscalité et régime social, gestion administrative, responsabilité.

La création d’une micro-entreprise ou d’une EIRL est une bonne solution pour démarrer. Le statut micro-entrepreneur simplifie les démarches administratives et la gestion, et permet de bénéficier d’une fiscalité et d’un taux de cotisations sociales avantageux, notamment si vous êtes éligible à l’ACCRE. Mais ce statut est aussi limité selon vos perspectives d’évolution.

Le portage salarial permet au travailleur indépendant de bénéficier des avantages sociaux réservés aux salariés (cotisations retraite, assurance chômage, prévoyance…) et donc de limiter la prise de risque, mais aussi de simplifier les démarches administratives puisqu’une société de portage salarial s’occupe de la gestion de votre facturation et de la déclaration des charges. En contrepartie, vous devrez vous acquitter de frais de gestion, et payer des charges plus élevées qu’avec d’autres statuts indépendants.

Pour devenir freelance, il n’existe pas de statut meilleur qu’un autre, car chacun a ses spécificités. Votre choix doit dépendre de votre situation personnelle

L’exemple d’Aurélie, formatrice freelance

Aurélie a choisi le statut de la micro-entreprise pour deux raisons : tout d’abord pour la simplicité des démarches administratives, et pour la faiblesse des charges sociales. Etant inscrite à Pôle Emploi, elle bénéficie de l’ACCRE, ce qui réduit considérablement ses charges sociales pour les trois premières années. A l’inverse, Clémentine a choisi le portage salarial pour plus de sécurité et pour conserver les avantages qu’elle avait en étant salariée

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7/ Quel est mon plan financier ?

Votre plan financier doit prendre en compte vos futures recettes et dépenses.

Commençons par les dépenses. Voici les questions à vous poser en priorité :

  • De combien ai-je besoin pour vivre ? Pensez à tout, et n’hésitez pas à parcourir l’historique de vos comptes des 3 à 6 derniers mois : loyer, remboursement de prêt, abonnements, dépenses en alimentation, loisirs… Ajoutez à ces dépenses courantes les dépenses “exceptionnelles” (machine à laver qui tombe en panne), les dépenses saisonnières (vacances estivales, cadeaux de Noël…), et les dépenses annuelles (impôts, taxe d’habitation…). Enfin, lissez ces dépenses sur 12 mois.
  • De combien ai-je besoin pour lancer mon activité ? Estimez au mieux les dépenses liées à votre activité professionnelle : matériel professionnel, création du site internet, dépôt de marque…

Du côté des recettes :

  • Fixez vos tarifs. Faites des recherches pour connaître le tarif moyen sur le marché, comparez des profils de freelances en fonction de leur expérience et de leur positionnement…
  • Estimez les missions que vous pouvez décrocher les 12 premiers mois
  • Calculez ce qu’il restera dans votre poche sur le montant facturé, en fonction de votre statut. Enlevez du chiffre d’affaires les charges sociales (cotisations retraite, formation professionnelle, maladie), frais professionnels (téléphone, bureau, déplacements…), impôts et taxes
  • Complétez avec les aides éventuelles, comme vos indemnités chômage
  • Lissez vos revenus sur 12 mois. En effet, certains mois peuvent être très creux (l’été notamment) donc il faut anticiper cette baisse d’activité

Pensez aussi que certains clients peuvent vous payer en retard… Prévoyez le temps d’encaissement dans vos prévisions financières (et n’hésitez pas à demander un acompte à vos clients pour éviter les soucis de trésorerie).

Ces premiers calculs vous permettront d’estimer la viabilité de votre activité de freelance. Si le projet ne vous semble pas viable pour l’instant, voyez comment vous préparer au mieux pour diminuer vos dépenses et ainsi économiser (réduire votre train de vie momentanément, annuler les abonnements inutiles… par contre on continue à payer ses impôts !), et comment accroître vos futurs revenus (gagner en expertise pour augmenter vos tarifs, commencer à trouver des clients avant de quitter votre job…)

8/ A quelles aides ai-je droit ?

Faites le point sur les aides financières auxquelles vous avez droit. Tout d’abord, si la modalité de rupture de votre CDI vous permet de toucher le chômage, sachez que vous pouvez créer votre activité en conservant vos droits. Les chômeurs peuvent bénéficier de l’ACCRE qui permet d’exonérer une partie de vos charges sociales (pendant 12 mois, ou 3 ans pour les micro-entreprises).

Les travailleurs indépendants peuvent aussi bénéficier du RSA sous certaines conditions : résider en France, ne pas bénéficier de ressources suffisantes – vous pouvez estimer vos droits ici, ne pas employer de salarié, ne pas dépasser le seuil de chiffre d’affaires de la micro-entreprise (70 000 € pour les activités de prestation de service).

Maintenant, en route !

La liste des questions à vous poser pour devenir freelance peut vous sembler longue… et vous effrayer un peu. Si c’est le cas, rassurez-vous : vous y arriverez ! Rencontrez des freelances pour leur poser vos questions et vous inspirer de leur expérience. Prenez le temps de vous renseigner même si cela est fastidieux au début. C’est le meilleur moyen de réussir votre lancement, et de vivre de votre activité en toute liberté !

Alors, prêt(e) à vous lancer ? 😉 

Pose ta Dem’ prépare une série d’articles destinés aux wannabe-freelances ! Comment choisir son statut, comment gagner en visibilité, comment networker, comment augmenter sa productivité depuis son canapé… Restez informés en vous abonnant à notre newsletter ici :


Le récap’ pour les plus pressés

Si vous avez envie de vous lancer dans l’aventure freelance, voici les 8 questions à vous poser : 

  1. Pourquoi avez-vous envie de devenir indépendant ? Gain financier, liberté d’organisation… soyez au clair sur vos motivations profondes.
  2. Quels sont vos avantages et désavantages pour vous lancer ? Faites la liste des ressources dont vous disposez (réseau professionnel, économies, compétences…) et celles qui vous manquent, pour vous préparer à combler vos lacunes.
  3. Quelle est votre offre, et à qui s’adresse-t-elle ? Pensez en termes de compétences, mais aussi d’envies.
  4. Comment allez-vous vous faire connaître ? Elaborez une première stratégie de communication pour vous assurer qu’elle est viable.
  5. Comment allez-vous vous organiser ? Soyez honnêtes sur vos envies (travailleur seul(e) ou en coworking, avoir des horaires fixes ou variables…) et sur vos capacités personnelles d’organisation (autodiscipline, autonomie…)
  6. Quel statut allez-vous choisir ? Renseignez-vous sur les avantages et inconvénients de chaque statut (micro-entrepreneur, EIRL, SASU, portage salarial…) pour voir celui qui correspond le mieux à votre situation.
  7. Quel est votre plan financier ? Faites des prévisions concernant vos dépenses (dépenses courantes, dépenses exceptionnelles, dépenses annuelles) et vos revenus probables (tarif des missions, fréquence, aides complémentaires…)
  8. A quelles aides avez-vous droit ? Chômage, RSA…

 

Credit Photos : Thought Catalog / rawpixel.com / Anete Lūsiņa on Unsplash

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