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Renan : Pourquoi j’ai quitté mon CDI pour me lancer en freelance

Renan a décidé de se lancer dans l’aventure freelance après 7 ans de salariat. Il témoigne de son parcours en détail et donne ses conseils à ceux qui sont tentés par l’indépendance.


Bonjour Renan ! Quel a été ton parcours avant d’être freelance ?

Je me suis reconverti dans le domaine de l’informatique en 2009 et je suis arrivé à Paris en 2010 pour mon premier job en CDI. J’ai donc été salarié un peu moins de 7 ans, toujours en CDI, et dans 3 entreprises différentes.

Pourquoi as-tu eu envie de passer en freelance, alors que tu avais une place bien au chaud ?

Après ces expériences, le bilan de fin de course était plutôt négatif, je ressentais un vrai mal-être au travail. La moitié de mon énergie du quotidien était gâchée par des problématiques relationnelles et humaines – pas simple d’être sur la même longueur d’ondes avec ses collègues et managers.

Ca, c’est le constat de départ. A cela est venu se greffer un nouveau projet de vie dans un cadre de mobilité internationale.

Et puis je suis aussi probablement un peu naïf : j’attendais un management exemplaire, je recherchais des références professionnelles premium, quasiment des “maîtres à penser”… mais ce n’est pas ce que j’ai trouvé.

As-tu eu besoin de te former pour te préparer à ta vie de freelance ?

J’ai dû me former sur le plan de l’entrepreneuriat, mais aussi sur le plan technique car j’ai adopté une nouvelle technologie. Un choix “de coeur”, mais aussi pragmatique, car basé sur une étude de marché.

C’est pour cela que mon projet a débuté longtemps avant mon départ de mon poste de salarié. De cette façon, je me préparais à être davantage opérationnel lors de mon lancement officiel.

Peux-tu en dire plus sur la partie technique, pour nos lecteurs développeurs ? (Les autres, passez à la question suivante !)

En tant qu’informaticien technophile, j’ai pensé initialement me lancer dans du full javascript avec des technologies comme node.js react, angular, et tout l’écosystème JS associé.

Je me suis rendu compte que l’apprentissage de ces nouvelles compétences risquait de demander trop de temps, et que j’avais d’autre compétences à intégrer en parallèle comme apprendre à gérer mon business. J’ai donc choisi le meilleur compromis entre ce que je savais déjà faire, ce que j’aimais faire, ce qui serait commercialement pertinent, et aussi le domaine qui me laisserait le plus de place pour l’apprentissage en continu, et c’était WordPress, CMS ou Système de Gestion de contenu Open Source.

Alors mon conseil aux développeurs : s’assurer de la cohérence “commerciale” pour le domaine d’activité souhaité – à l’heure actuelle, il y a du travail pour tout le monde (ou presque) dans l’IT, mais c’est bien de se poser la question !

Quelle a été ta plus grande difficulté en devenant freelance ?

Mettre en place les conditions idéales de début d’activité ! Concrètement, organiser la fin de mon contrat salarié, et négocier ma rupture conventionnelle.

Il faut aussi avouer que cumuler mon activité d’emploi salarié à plein temps et mon apprentissage de freelance pendant quasiment une année, n’a pas été de tout repos…

As-tu connu une baisse de rémunération et si oui, comment gères-tu cela ?

Je n’ai pas choisi d’être freelance pour gagner plus d’argent, en tout cas pas dans un premier temps. Du fait de la rupture conventionnelle que j’ai obtenue, je peux m’appuyer sur les aides de l’Etat, mes allocations chômage notamment au début.

Pour moi l’objectif principal était la mise en route de mon activité d’indépendant, et je serre les dépenses s’il le faut.

Choisir de devenir indépendant, c’est avoir l’envie de monter une activité pérenne et performante. Il faut bien comprendre que les aides ne durent qu’un temps, et qu’à terme le business doit être suffisant pour vivre. Se passer des aides est un bon objectif aussi !

Combien de temps as-tu mis pour trouver tes premiers clients ?

J’ai eu ma première cliente en février 2017, alors que j’étais salarié à plein temps et micro-entrepreneur en parallèle. A la suite de mon démarrage d’activité à temps plein, après la fin de mon contrat salarié, je pense qu’il a fallu un mois tout au plus pour que je trouve de nouveaux premiers clients.

Comment fais-tu pour développer ton activité ?

J’ai testé des plateformes de freelances anglophones dans un premier temps ; c’était très instructif mais j’ai obtenu peu de résultats. La plateforme française Malt (ex Hopwork) m’a permis de gagner plusieurs contrats plus rapidement, dont mon tout premier. Je m’y suis investi très sérieusement. Voici ce que je recommande pour démarrer sur cette plateforme :

  • Soigner son profil freelance
  • Avoir une tarification adaptée au marché
  • Accroître son activité sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, LinkedIn…)
  • Faire du networking (tech et entrepreneuriat). Pour cela je recommande Meetup, et les nombreux événements sur Paris. Il faut suivre les événements sur Facebook.
  • Lancer son site internet professionnel en dehors de son profil sur la plateforme
  • Ne pas sous-vendre ses services même si c’est le début

J’ai aussi testé l’envoi d’une première newsletter à plus de 400 personnes début 2017 pour annoncer le lancement de mes activités. J’ai obtenu cette mailing list grâce à un export LinkedIn, et mon entourage proche.

Et je prépare une nouvelle newsletter, mais pour l’instant ma cible et mon timing de diffusion ne sont pas établis. Enfin, je songe à investir un peu pour faire de la publicité sur LinkedIn.

Le meilleur conseil que j’ai lu ces derniers temps, pour satisfaire ses clients et faire progresser son business : Always overdeliver ! Autrement dit, toujours faire plus et mieux qu’attendu, et anticiper les besoins du client.

Es-tu satisfait de ton choix d’avoir quitté le salariat ?

Oui ! Mon bilan pour le moment : c’est beaucoup de travail, j’ai obtenu de bons résultats dans ma première phase de démarrage. Aujourd’hui je travaille à améliorer mes présentation en ligne : étoffer mon portfolio, préparer la V2 de mon site web pour développer une partie blogging, repenser mes tarifs, mes offres, mettre en place une stratégie de communication…

Depuis que j’ai quitté mon CDI, ma qualité de vie s’est améliorée, j’ai une plus grande liberté d’organisation au quotidien. J’ai également gagné en autonomie et en indépendance professionnelle et sociale.

Mais attention au burn-out. Il ne faut pas perdre de vue son bien-être, il faut toujours se respecter.

Où travailles-tu ? Ressens-tu un isolement ?

Je travaille de chez moi le plus souvent, et je fais un peu de networking, et de coworking. Ca permet de casser la routine, et les cookies sont inclus dans le prix !

Je n’ai pas encore ressenti d’isolement, et de toute façon, je suis conscient que cela dépend de moi : je peux choisir de rester isolé ou bien de rompre l’isolement en allant dans les lieux dédiés ou en provoquant les rencontres et les événements.

Quels sont tes conseils à quelqu’un qui veut se lancer ?

En premier, faire le point ! D’un point de vue personnel, humain, et pas seulement professionnel. Il faut se poser des questions basiques, par exemple :

  • Est-ce que je suis heureux au travail ?
  • Est-ce que j’aime vraiment ce que je fais ?
  • Quels sont mes objectifs de vie et mes objectifs professionnels, à court terme, dans 8-12 mois, dans 3-5 ans?

Si vous êtes salariés, je pense que ça vaut le coup de mixer une activité d’indépendant et de salarié pendant un moment pour tester.

Si vous êtes au chômage : sans emploi, on a du temps. Mais il faut de l’énergie pour mettre ce temps à profit et réaliser de nouveaux projets ! Surtout, il ne faut pas s’infliger de barrières mentales. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais c’est important :

“De l’audace, toujours de l’audace !”

Le mot de la fin ?

Initialement, j’avais une vision du travail indépendant assez peu précise. Au fur et à mesure, j’ai considéré que la base de cette démarche de freelance, c’est d’être “entrepreneur”. C’est une vision plus globale, une volonté profonde de faire bouger les lignes, de partager sa vision des choses.

Donc je suis finalement devenu entrepreneur ! J’ai commencé avec une ambition modérée et je me suis rendu compte que, comme le disent certains penseurs bien inspirés : “sky is the limit !”

J’ai aussi découvert en cours de route le domaine de l’entrepreneuriat social (ESS) et je pense développer mes projets entrepreneuriaux dans cette direction.

Une référence lecture ?

The E-Myth Revisited: Why Most Small Businesses Don’t Work and What to Do About by Michael E. Gerber


Que retenir de l’expérience de Renan ?

  • Etre freelance c’est être un entrepreneur à part entière !
  • Il faut apprendre à sortir de l’isolement en participant à des événements, rencontres…
  • Soigner son profil public, car internet est la principale (voire unique) vitrine du freelance. Pour cela, s’inscrire sur les grandes plateformes de mise en relation freelances-clients.

Si l’aventure vous tente, voici les 8 questions à vous poser pour bien vous lancer.


Pour découvrir le site de Renan :

renansavidan.com

 

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