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4 tendances majeures qui révolutionnent le monde du travail

Le monde du travail a changé pendant ces 10 dernières années et va continuer à apporter de profonds changements. Intelligence artificielle, quête de sens, bonheur au travail… Un point sur 4 tendances majeures qui changent notre façon de travailler.

Qui ne s’est pas retrouvé dans une réunion de famille avec des discussions portant sur l’inquiétude de nos aînés face au marché du travail ? Ou encore à expliquer à sa grand-mère ce qu’il fait vraiment dans son travail ? Si les générations précédentes se doutent que nos façons de travailler ont grandement évolué depuis leur arrivée sur le marché du travail, il reste encore difficile de leur faire comprendre à quel point nos aspirations et notre vision sont différentes. Ils ont vécu, pour la plupart, le travail comme une trajectoire linéaire afin de garantir la stabilité du poste et des revenus. Ils se retrouvent aujourd’hui bien souvent démunis devant notre vision sur la réalité actuelle !

Il est nécessaire de comprendre cette transformation du monde du travail pour repenser sa carrière, et ses aspirations présentes et futures. Alors que les médias nous parlent de la crise économique depuis plus de 20 ans, préparant notre génération à un avenir du travail relativement pessimiste, nous avons une bonne nouvelle : les opportunités d’épanouissement en entreprise ou en indépendant ont rarement été aussi nombreuses ! Voici notre analyse pour bien comprendre les évolutions en cours et à venir.

L’Intelligence Artificielle et l’automatisation, la peur mécanique.

La démocratisation de l’IA est souvent l’une des principales sources d’angoisse pour l’ensemble des générations de travailleurs, avec la vision d’un monde occupé par les robots où les êtres humains seraient entièrement remplacés. Ne nous le cachons pas, nous avons tous un jour imaginé le futur comme le film “Matrix”, vision plutôt pessimiste et angoissante. Alors oui, à première vue, les prévisions ont de quoi effrayer : environ 3 millions d’emplois pourraient disparaitre d’ici 2025 en France et 20 % des tâches devraient être automatisées d’ici là. Des chiffres qui peuvent inquiéter, comme tout changement drastique dans notre quotidien. Mais cette évolution est à relativiser : ce sont surtout les métiers aux tâches répétitives et ceux nécessitant une expertise technique qui sont voués au changement le plus profond. Si certains métiers et domaines sont effectivement condamnés à changer drastiquement, de nouveaux domaines de compétences apparaissent chaque jour, apportant de nouvelles opportunités de carrière et de développement personnel. Selon une étude de l’entreprise américaine Cognizant Technology Solutions Corp, l’intelligence artificielle pourrait créer 21 millions d’emplois dans le monde, avec des postes tels que «Agent de la diversité génétique», «Sherpa de magasin virtuel», «conservateur de la mémoire personnelle»… Et n’oublions jamais : si la question se pose autour de l’intelligence artificielle dans le monde du travail, l’humain fera toujours partie de la réponse.

Dites au revoir à la “satisfaction employés” et découvrez le “bonheur au travail”.

Lors du Hub Forum sur le thème du futur du travail qui s’est tenu au MEDEF le 22 novembre dernier, un thème est constamment revenu pendant les échanges et les interventions des porte-parole : le bonheur au travail. Alors que la notion de satisfaction des employés était jusqu’ici la mesure habituelle de l’engagement des collaborateurs en entreprise, l’objectif est aujourd’hui d’aller au-delà et de rendre les gens heureux dans leur travail. L’intervention de Mo Gawdat, Chief Business Officer chez Google [X], fut sans doute l’une des plus inspirantes de la journée. Auteur du best-seller « Solve for happy », il a partagé sa vision en une simple équation mathématique :

Le bonheur est égal ou supérieur aux événements de notre vie, moins nos attentes quant à la façon dont cette vie devrait se dérouler.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’avoir une attitude pessimiste pour pouvoir apprécier la moindre parcelle de bonheur imprévu, mais de réussir à adapter ses attentes de la vie, afin d’être constamment prêt à affronter les challenges qui se dressent sur notre chemin. Une formule à méditer.

La recherche du bonheur dans son travail s’illustre dans l’apparition de nouveaux postes en entreprise. La multiplication des postes de Chief Happiness Officer est un excellent exemple de cette grande tendance d’humanisation du travail. Il a pour mission de développer une culture de travail positive, de créer du lien entre les collaborateurs et de veiller au bien-être individuel et collectif. Une façon de permettre à chacun de retrouver un sens à ce qu’il fait.

La quête de sens.

Il s’agit ici de l’un des plus grands questionnements de toute une génération de vingtenaires et trentenaires qui veulent avant tout avoir un véritable impact dans leur quotidien, et non se satisfaire du prestige d’un poste ou d’une entreprise. Trouver du sens à son travail au quotidien, c’est le grand thème du livre « The Social Calling » d’Emilie Vidaud, journaliste éco, qui a été à la rencontre des millenials et des aspirations actuelles des 18-34 ans. Ses conclusions corroborent cette grande tendance : la réussite aujourd’hui n’est plus liée au profit mais bien associée à l’envie de changer le monde.

Mais cette quête de sens n’est pas l’exclusivité des plus jeunes générations. Le parcours de Charles-Edouard Vincent, fondateur de Lulu dans ma rue, est l’un des exemples les plus parlants de “switch” (changement de parcours professionnel). Dans une interview accordée au journal Le Monde, il commente son changement radical de voie :

On ne peut pas tout anticiper, tout calculer. Sans faire n’importe quoi, il faut savoir se jeter à l’eau. Trouver du sens dans son travail n’a rien d’une utopie, c’est absolument fondamental. Il faut être capable d’écouter la petite voix intérieure qui est au fond de nous, on a parfois du mal à l’entendre. Le chemin peut être long mais c’est essentiel, on n’a qu’une vie !

Aucun travail n’a de sens de manière universelle : c’est avant tout un point de vue subjectif. Il faut que votre travail ait du sens pour vous, en corrélation avec votre vision et vos valeurs.

De nouvelles façons de travailler et l’émergence de l’entreprise collaborative.

Autre grande tendance qui continuera à évoluer pendant cette prochaine décennie  : la montée de l’entreprise collaborative. De nouvelles façons de travailler ont fait leur apparition, qu’il s’agisse du modèle de tribus en mode pluridisciplinaires (comme Blablacar) ou encore d’organisations holacratiques (c’est à dire entreprises sans manager) comme Zappos. Dans cette idée, Mathieu Flaig, Head of Training & Consulting chez Hub Institute, a partagé les 4 piliers du management collaboratif : la confiance en son équipe, la coopération, la convivialité et l’autonomie sur la façon dont chacun peut mener ses projets.

Cette autonomie recherchée se retrouve également dans la façon de travailler, qu’il s’agisse du lieu ou de l’horaire. 35% des millenials sondés par l’institut CBRE travaillent fréquemment en dehors des horaires habituels de travail. Notre génération est connectée en permanence et souhaite garder une forme de flexibilité et de fluidité dans leur travail au quotidien, qu’il s’agisse de travailler de chez soi, d’un café ou encore dans un espace de coworking. Le télétravail permet de travailler chez soi et offre une véritable liberté dans l’organisation du travail, que ce soit pour les parents devant adapter leurs horaires pour les enfants, ou tout simplement pour les personnes qui souhaitent un environnement plus calme que l’open space pour accroître leur concentration. Certaines entreprises ont déjà inclus le télétravail dans leur charte, et nous ne pouvons qu’encourager cette pratique à se généraliser. Julie*, responsable RH dans une société de conseil, témoigne des avantages du télétravail : « Certains jours, j’ai besoin d’échanger avec les équipes, donc je suis au bureau. D’autres jours, j’ai besoin de me concentrer sur des tâches de fond. Le télétravail m’a fait gagner en productivité : j’ai plus d’énergie car je ne prends pas les transports, et je ne suis pas sollicitée en permanence ! »

Autre illustration du désir d’autonomie : le succès croissant du statut de freelance. Selon une étude menée par Hopwork et Ouishare (et relayée par Les Echos Start), le nombre de freelances a augmenté de 120% ces dix dernières années. Leur nombre a atteint 830.000 personnes en France début 2017, soit plus de 10% des actifs.  Pourquoi un tel succès ? L’étude a démontré que 90% le sont devenus par choix, il s’agit donc d’un véritable engouement et non pas une voie acceptée « par défaut ». La première motivation est, sans surprise, l’indépendance du statut, avec pour avantages l’autonomie, la flexibilité dans l’organisation de son temps et le libre choix sur ses clients et ses projets. Si devenir freelance vous tente, vous pouvez retrouver notre article sur les 8 questions à se poser avant de se lancer.

Nous reviendrons sur ces grandes tendances dans nos prochains articles, afin de vous offrir une analyse plus approfondie, notamment en ce qui concerne leur impact sur vos démarches pour faire évoluer votre carrière. Et n’oubliez pas : ne laissez pas le pessimisme ambiant avoir raison de votre volonté, nous n’avons jamais été aussi libres dans l’évolution de notre propre travail !


Le récap’ pour les plus pressés

  1. L’intelligence artificielle et l’automatisation auront un impact négatif sur certains types d’emplois mais apporteront également une myriade de nouveaux métiers.
  2. Les entreprises s’intéressent de plus en plus à la notion de bonheur au travail et non plus seulement à la simple satisfaction employé. La vision du travail se redessine petit à petit.
  3. La quête du sens de notre travail est plus que jamais au centre des préoccupations, là où le prestige était encore au centre des attentions il y a peu.
  4. Les entreprises réinventent leur modèle d’organisation en interne, les salariés veulent également plus de flexibilité et varier leurs tâches comme en témoignent l’importance croissante du nombre de freelances et des demandes de télétravail.

*Le prénom a été modifié

Photo by Bethany Legg / James Pond / Tim Gouw on Unsplash

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