Florence : De consultante dans le secteur bancaire à une reconversion dans le tourisme

Ancienne consultante pour le secteur bancaire, Florence a effectué une reconversion dans le tourisme assez radicale en créant sa propre agence de voyages au Chili. Elle est aujourd’hui entourée de plusieurs collaborateurs, tous mus par le même désir de créer des voyages authentiques et riches en expériences insolites. Dans cette interview, elle nous raconte son parcours, comment elle a trouvé ses premiers clients et comment son agence de voyages a survécu à la crise du Coronavirus.


Raconte-nous ton parcours en toute transparence !

J’ai 29 ans, je suis Belge, expatriée au Chili, où je suis entrepreneure. J’ai créé mon agence de voyages sur-mesure spécialisée dans les expériences hors des sentiers battus. Si vous me lisez aujourd’hui, vous en vous doutez, c’est qu’il n’en a pas toujours été ainsi. J’ai souhaité prendre la parole pour raconter mon expérience, et vous partager les étapes de la réflexion qui m’a permis d’enfin oser poser ma dem.

J’ai eu un parcours assez classique jusqu’à mes 26 ans. Avant même d’avoir été diplômée d’une haute école de commerce, j’ai décroché un contrat en CDI en consultance en risk management pour le secteur bancaire. Autant dire que tout s’annonçait pour le mieux.

Comment s’est passée ton entrée dans la vie active ?

Début octobre 2013, je débute « ma carrière » et c’est vite la douche froide. J’ai travaillé dans un Big 4 comme on dit (ndlr : Deloitte, PW, EY et KPMG), très hiérarchique, très schématisé et surtout… vide de sens. S’en suivront 2,5 ans où j’ai enchainé les projets, des plus nuls aux plus intéressants (il faut quand même reconnaitre le positif). Mais toujours cette question en filigrane : qu’est-ce que je fais là ? Et comme ce genre de boite engage 20 à 30 jeunes par an (chaque année une nouvelle « promotion »), il était probable qu’on était beaucoup à penser pareil.

En 2014, notre service signe un très gros projet qui garantit du travail à une centaine de personnes pendant 1,5 ans. Pas de bol, le projet est excessivement nul. Certains postes sont presque réduits à de l’encodage. Autant dire qu’avec nos 5 ans d’études, on était tous bien trop qualifiés. Je pense qu’on a été plusieurs, à ce moment-là, à friser la dépression.

Finalement, fin 2015, je décide de partir au Chili avec mon compagnon. Encore loin de m’imaginer entrepreneure, j’arrive à négocier un contrat dans la même entreprise de l’autre côté de l’Atlantique, grâce à l’appui de l’Associé de mon service.

Comment s’est passée cette transition au Chili ?

Contre toutes attentes, j’ai découvert le métier de consultant en m’expatriant au Chili. Je me suis aussi rendu compte à quel point les « soft skills » étaient peu développées en Europe. Je me suis retrouvée avec une équipe qui avait beaucoup plus de compétences que moi pour gérer des réunions, faire face à des objections, négocier, brainstormer… J’ai apprécié le travail en équipe, le vrai, où chacun s’entraide et se complémente. Le contenu du job en lui-même me plaisait aussi, car c’était beaucoup plus stimulant, et demandait des vraies analyses, réflexions de fond, etc.

Mais après 1,5 ans, les mêmes doutes reviennent. Décuplés même, car je bossais 60 heures par semaine, et au Chili quand tu bosses beaucoup, on considère que tu bosses bien. Et on t’en demande encore plus.

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Quand as-tu décidé de changer de cap ?

Le vrai tournant arrive en mai 2017, lorsque je décide de m’inscrire à un programme de coaching collectif sur le sens de la vie professionnelle. Durant ces 8 semaines de coaching à distance, j’ai vécu une véritable révélation.

En effet, jusqu’alors, je n’avais pas rencontré énormément de gens qui se sentaient concernés par la question du sens dans la vie professionnelle. Soit les personnes que je fréquentais ne se posaient pas autant de questions, soit elles me disaient que l’important était ailleurs et « compensaient » avec une vie privée bien remplie.

Or, grâce à ce coaching, j’ai rencontré un tas de gens qui avaient exactement les mêmes préoccupations que moi. Je me suis sentie alignée avec cette communauté, et j’ai enfin eu la validation que OUI, il était normal de vouloir un job dans lequel on s’éclate à 100% et pour lequel on est motivé tous les lundis matin.

Restait encore à trouver lequel.

Qu’est ce qui t’a permis d’identifier ton envie de créer une agence de voyages ?

Grâce à cet accompagnement, j’ai pu prendre le temps de réfléchir sur mes peurs et mes blocages, mes « superpouvoirs » et identifier mes moments de flow.

C’est comme ça que j’ai révélé ma passion pour les voyages, pour la découverte de la nouveauté et pour le coaching. Après avoir pris conscience que l’un de mes blocages était lié à la peur du regard des autres, j’ai commencé à envisager le fait de lancer ma propre boite.

En effet, durant cette introspection, j’ai identifié que j’avais des aptitudes d’entrepreneur, une grande capacité d’action et d’organisation, et que je souhaitais un job qui mette à profit ma créativité.

C’est ainsi qu’à commencer à germer l’idée de lancer TravelCoachChile, une agence de voyages qui conçoit pour les voyageurs des séjours 100% personnalisés, authentiques et hors des sentiers battus au Chili. J’ai donc effectué une reconversion dans le tourisme.

Pourquoi as-tu posé ta dem’ ?

En novembre 2017, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et je me retrouve à démissionner sans y avoir vraiment réfléchi. Et oui, on imagine le moment, on pense que tout sera calculé, et finalement, on fait ca sur un coup de tête. Enfin, pas tout à fait, puisque cela faisait quand même 6 mois que j’y songeais de plus en plus sérieusement.

Finalement, une fois l’émotion de la démission passée, je négocie 3 mois de pause avec mon employeur. Cette option me permettait de tenter le coup avec mon projet, et ainsi aviser si ça ne fonctionnait pas.

En janvier 2018 : libération, je lance mon projet. C’est parti pour une reconversion dans le tourisme !

Raconte-nous le lancement de ton projet !

J’ai donc entamé la construction d’une entreprise prototype, c’est-à-dire qui propose une offre limitée (on appelle ça le MVP en anglais), afin d’aller au contact du marché rapidement. Ce type de procédé permet de validation l’intérêt du marché, et surtout de s’adapter jusqu’à créer une offre qui corresponde à 100% aux besoins de nos clients.

C’est comme cela que j’ai changé la proposition de valeur de TravelCoachChile. En effet, au début je pensais faire une sorte de coaching de voyage où je préparais des itinéraires sur-mesure, sans prendre en charge l’organisation du séjour. C’est-à-dire, sans faire les réservations ni les paiements.

Très rapidement, je me suis rendu compte que mes clients demandaient à passer par moi pour les paiements et les réservations, et qu’ils voulaient avoir une prise en charge complète. Ils souhaitaient aussi avoir des garanties en cas de pépin sur place.

J’ai donc pivoté et crée une véritable agence de voyages locale, tout en gardant mes valeurs et mes éléments différenciants bien entendu.

Une fois mon idée de business plus ou moins claire dans ma tête, je me suis mise à la création de mon site internet. J’ai opté pour WordPress et pour un thème assez simple. J’ai fait mon site moi-même, et j’ai uniquement utilisé mes propres photos. Puisque mon projet était basé sur ma passion, j’avais voyagé presque partout au Chili et déjà collectionné pas mal de beaux clichés.

Ensuite, j’ai publié mon site, accompagné d’un texte qui expliquait mon cheminement, sur plusieurs groupes Facebook. C’est ainsi que j’ai trouvé mes premiers clients !

Cette démarche m’a donc permis de valider mon projet, et fin mars 2018, après mes 3 mois de pause, j’ai enfin pu officiellement quitter mon job de consultante en Risk Management.

Que s’est-il passé ensuite ?

Pendant les premiers mois de lancement, j’avais décidé de donner des cours des français, afin d’avoir des revenus qui couvraient mes besoins.

Six mois plus tard, en juillet 2018, j’ai choisi de dédier 100% de mon temps à mon entreprise. Les cours me prenaient trop de temps et je voulais me donner à fond, pour ne pas avoir de regret.

On peut dire que tout s’est naturellement aligné car en août 2018, je commençais à recevoir de plus en plus de demandes. Le bouche-à-oreille avait bien fonctionné et je vendais des gros voyages.

Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, j’ai même signé un partenariat avec Evaneos. C’est un peu le grâle pour une agence de voyage locale.

A partir de ce moment là (nous sommes en septembre 2018), tout s’est enchainé très vite ! Je croulais sous les demandes !

Aujourd’hui tu as engagé des collaborateurs, comment en es-tu arrivée là ?

En effet, un an après le lancement de TravelCoachChile, j’engageais déjà ma première collaboratrice. Ensemble, nous avons consolidé nos relations avec nos prestataires, et avons construit des processus internes pour nous faciliter la vie. Au fur et à mesure qu’a grandit l’équipe, nous avons formalisés nos valeurs, établit notre vision et définit notre mission. Tout le monde a son mot à dire !

Depuis le lancement, je vis l’aventure entrepreneuriale à fond, avec plein de défis et de moments de joie extrême.

Bien sûr, je pourrais vous laisser croire que tout est rose et facile. Mais non. D’ailleurs, la crise du coronavirus est passée par là, et comme vous vous en doutez, le secteur du tourisme a été lourdement impacté.

Nous étions 4 lorsque le monde s’est confiné en mars 2020. En avril, une fois la première stupeur retombée, il a fallu réorganiser le travail, et certains membres de l’équipe sont partis. Depuis, nous nous sommes formés, avons entièrement refait le site, avons mis en place une stratégie SEO, refondu notre offre en ligne, écrit une vingtaine d’articles de blog pour découvrir le Chili comme un localBref on n’a pas chômé !

Quand je parle de mon ancien boulot, j’ai déjà l’impression que c’était une autre vie. Je ne connais plus du tout ces angoisses et ces questionnements sur le sens du travail dans la vie. Je me sens parfaitement alignée avec ma passion, avec mon rythme, avec mes valeurs. Bien sûr l’entrepreneuriat ce n’est pas toujours facile, et j’ai parfois d’autres doutes. Mais je suis à ma place.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Se lancer, et aviser après ! Je n’avais pas trop anticipé que ça fonctionnerait autant lorsque j’ai décidé de créer mon entreprise. Je voulais surtout tenter ma chance pour ne pas avoir de regret.

Je pense que le plus dur, mais aussi le plus important c’est d’oser ! Une fois qu’on a franchi ce cap-là, il faut être persévérant, et ajuster constamment son offre.

Pour moi, une des clés pour oser a été de me poser les questions suivantes :

  • Et au pire, il se passe quoi ?
  • Et si ce scénario catastrophe là se produit, je ferais quoi ?
  • Comment je me sentirais dans un an, si je n’ai rien fait ?

Un autre aspect fondamental est d’être passionné. Sans passion, on risque de s’essouffler en cours de route. D’où l’intérêt de se faire accompagner dans ce processus.


Que retenir de l’expérience de Florence ?

  • Vous vous posez des questions sur le sens de votre vie professionnelle ? N’hésitez pas à vous faire accompagner, à rejoindre des groupes de personnes qui parlent de ces thématiques : cela vous permettra de prendre conscience que vous n’êtes pas seul.e.s !
  • Prenez le temps de réfléchir sur vos peurs et vos blocages, identifiez vos moments de flow pour révéler vos passions et ce qui vous anime.
  • Après mûre réflexion, vous vous rendez compte que votre projet, comme imaginé au départ, ne peux pas fonctionner ? Pas de panique ! Vous pouvez tout à fait le remanier et pivoter : tout n’est pas perdu !
  • Posez-vous sérieusement la question suivante : et au pire, que se passera-t-il ? ?

Vous pouvez retrouver Florence, qui a effectué une reconversion dans le tourisme, sur son site Internet et sur LinkedIn.


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