Je me prépare

Passer de la peur à l’action dans votre transition professionnelle : 4 étapes clés

Quitter mon job, et le statut qui va avec, ne s’est pas déroulé sans heurts. Ni sans peurs. Mais une fois ces peurs identifiées, tout m’a semblé bien plus clair : rien de tel que de passer à l’action, pas à pas. Je vous partage ici mon expérience, et quatre étapes pour s’engager dans un « cercle vertueux de l’action », en résumé comment passer de la peur à l’action dans votre transition professionnelle avec 4 étapes clés. Bonne lecture !


Article invité rédigé par Lucie Guéguen


Si vous lisez cet article, c’est que vous avez peut-être envie d’autre chose, d’autres conditions de travail, de monter un projet qui vous tient à cœur, et que vous avez peur de vous lancer… voire que vous aimeriez vous débarrasser de cette boule au ventre qui ne vous quitte plus dès qu’il s’agit de vous atteler à la tâche… C’est précisément cette peur liée aux périodes de transition professionnelle que j’ai eu envie de décoder. Parce qu’il faut selon moi la comprendre et l’accepter si l’on veut la dépasser.

Comment ?

J’ai la conviction chaque jour plus grande que l’action est le meilleur antidote contre la peur. Un moyen en apparence si simple, mais si peu évident à appliquer quand on a la tête dans le guidon ! C’est parti pour passer de la peur à l’action !

# Etape 0 : La liste de mes envies peurs

J’ai pendant longtemps eu peur de bien des choses. A juste titre parfois. Pour des broutilles, souvent. Cette peur, en plus de gaspiller mon énergie, m’a longtemps éloignée de mes aspirations professionnelles et d’une part de moi-même.

Si l’on reste dans le périmètre professionnel :

  • Lorsque j’étais en stage, j’avais peur de ne pas décrocher un « vrai » contrat.
  • Quand je travaillais en CDD, je craignais que mon contrat ne soit pas renouvelé.
  • Une fois nommée fonctionnaire internationale, j’ai un moment connu la peur de ne pas être à la hauteur. Le fameux syndrome de l’imposteur.
  • Puis j’ai eu peur de m’ennuyer.
  • L’ennui installé, au bout de quelques années, j’ai connu la peur de rester enfermée dans mes fonctions ad vitam et de passer à côté de ce qui m’anime vraiment : les relations humaines et le développement personnel.
  • Et le paradoxe pour couronner le tout : cette peur au moment de le quitter, ce poste tant convoité !

Même si certaines des peurs liées à ma vie professionnelle étaient justifiées, cela aurait été évidemment plus simple, plus écologique de m’écouter et d’aller là où mon cœur me disait d’aller. Facile à dire après coup, d’autant que je n’ai jamais vraiment appris à m’écouter.

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Toujours est-il que depuis que j’ai engagé ma reconversion, j’ai progressivement mis ma peur au régime. Elle tente parfois de se mettre quelque chose sous la dent, mais je ne la laisse plus tout engloutir sur son passage. Juste ce qu’il faut pour garder la ligne-ment 😉

J’avais alors l’envie de vous partager les clés, sous forme de quatre étapes, qui m’ont permis d’y voir plus clair pour avancer, non sans peur, mais plutôt malgré la peur, bref passer de la peur à l’action !

  • # Etape 1 : Entendre ses peurs
  • # Etape 2 : Faire le tri
  • # Etape 3: Comprendre ses peurs pour en faire des alliées
  • # Etape 4: Passer à l’action en conscience

# Etape 1 : Entendre sa peur

L’écoute de mon ressenti, de mon corps et de mon cœur m’est venue assez récemment, il y a cinq ou six ans. Par un processus interne : d’abord quand j’ai donné naissance à mon premier enfant, et que mon corps s’est rappelé à moi ; puis quand j’ai fait une dépression, et qu’il m’a lâché pendant quelques mois ! Egalement par mes lectures : pour n’en citer qu’une, « Les vertus de l’échec », du philosophe Charles Pépin, a été pour moi un révélateur.

En écoutant mes peurs, en les nommant, en essayant d’identifier leur origine, j’ai peu à peu intégré qu’il vaut mieux accueillir sa peur, l’accepter, et en faire une alliée. Plutôt que la subir ou lutter contre. Ces deux dernières méthodes, souvent inconscientes, sont en effet extrêmement énergivores, en plus d’être bien souvent inefficaces pour mener à bien des projets.

# Etape 2 : Faire le tri

En listant, par écrit, les différentes peurs que vous ressentez au sujet de votre situation professionnelle :

  • Vous mettez de la distance entre vous et ces peurs, qui restent de simples émotions qui vous traversent. Tout comme vous n’êtes pas vos actions, vous n’êtes pas vos peurs !
  • Vous les distinguez les unes des autres : cela permet de creuser et de comprendre les besoins fondamentaux qui se cachent derrière chacune de ces peurs (besoin de sécurité, de reconnaissance, etc., pas toujours conscients mais qui restent souvent gravés dans la mémoire du corps).

A titre d’exemple, voici les peurs largement ressenties par les personnes en quête d’un changement professionnel (liste non exhaustive) :

  • peur d’échouer;
  • peur de manquer, en particulier d’argent ;
  • peur du regard des autres, de la désapprobation de l’entourage plus ou moins proche ;
  • peur d’être déçu ;
  • peur de l’ennui;
  • peur du vide ;
  • peur de l’incertitude (partagée par beaucoup d’entre nous en ces temps de crise, en ce qu’elle bouscule notre quotidien, nos plans, et bien souvent notre manière de voir le monde) ;
  • peur de réussir (oui, réussir implique de s’exposer, de remplir des obligations, de s’engager… ce qui peut faire peur lorsque l’on est au chaud dans sa zone de confort/ zone connue !)

En ce qui me concerne, les peurs qui se dégageaient au moment de quitter mon job étaient la peur du vide, de l’échec, du regard des autres et de manquer de ressources financières (j’ai eu beau négocier mon départ, je n’étais pas éligible au chômage et ma formation de dix-huit mois au coaching a un coût certain).

Je me suis ensuite intéressée aux mécanismes psychologiques et physiologiques liés à la peur, et j’ai essayé de creuser et d’identifier l’origine de mes peurs. En est ressorti un besoin accru de me sentir en sécurité. Besoin qui fait partie de moi et que j’ai choisi d’accepter, d’assumer, ce qui m’a permis d’envisager ma transition professionnelle avec davantage de clarté et sérénité.

# Etape 3 : Comprendre sa peur pour en faire une alliée

La peur n’est pas une ennemie, et elle nous est même depuis toujours très utile. Les neurosciences nous expliquent que si notre cerveau reptilien a conservé cette puissante émotion depuis des milliers d’années, c’est pour nous protéger, pour assurer la survie de notre espèce. La peur est une émotion profondément ancrée en nous, qui peut nous alerter et nous indiquer laquelle des voies emprunter lorsqu’il y a danger, perçu ou réel: se figer, se battre, ou fuir. Mais contrairement à ce qui prévalait à l’époque paléolithique, la nécessité de sauver sa peau au sens propre est devenue (assez) rare aujourd’hui.

Et la peur, même à petite dose pour des événements qui n’engagent pas la survie, est parfois tenace. A la longue, lorsqu’elle n’est pas en adéquation avec les enjeux réels de la situation, elle use peu à peu l’esprit et le corps. Et elle nous limite dans nos pensées et nos actions. D’où la nécessité, au cours d’un coaching, d’accompagner la personne à déceler ses croyances limitantes lorsqu’elle se sent bloquée: cela permet de ralentir son « pilote automatique » et d’ouvrir le champ des possibles, préalable à une mise en action plus juste. Autrement dit, plus vous accepterez et comprendrez vos peurs, plus vous pourrez les envisager comme un moteur de changement, de réalisation.

Une fois que vous avez listé vos peurs, cherché à quels besoins fondamentaux elles répondent, et que vous concevez que la peur en soi ne doit pas être un problème mais une alliée: il est temps de passer à l’action !

# Etape 4 : Passer à l’action en conscience

L’action, une option parmi d’autres face à la peur

Plusieurs scénarios peuvent être envisagés lorsque la peur survient :

  • la canaliser, avec des techniques corporelles, de respiration ou de gestes respectant un protocole précis (méditation, yoga, EFT…), particulièrement utiles pour les hypersensibles dont je fais partie;
  • visualiser des réussites passées qui dépendent de vous, et solliciter les mêmes ressources, qualités, compétences, pour reprendre confiance;
  • attendre que cela passe… (cela fonctionne plus souvent qu’on ne le pense);
  • passer à l’action, si minime soit-elle.

Eloge de l’action imparfaite

Lorsque l’on passe à l’action, on peut éprouver de la peur, de l’inconfort, de l’excitation, la sensation de se sentir vivant, etc. Puis, en fonction du déroulé et résultat, de la joie, de la déception, de la frustration, etc. Quoi qu’il en soit, j’aime cette sensation d’être en mouvement, d’avancer, de grandir ! Et lorsque je n’obtiens pas le résultat escompté, j’essaie d’avoir toujours à l’esprit qu’ « il vaut mieux une action imparfaite qu’une parfaite inaction » !

Bien sûr, l’action ne dispense pas de se poser les questions de fond, de poser une intention, d’avoir des objectifs, même encore flous. L’idée n’est pas d’agir pour agir. Mais de tendre vers un but. Qui n’a pas d’objectifs ne risque pas de les atteindre.

La technique des petits pas

En période de transition, il est essentiel d’avoir une flexibilité dans ses objectifs, de les réviser jusqu’à ce qu’ils sonnent juste. Rien de tel que la technique des petits pas pour surmonter ses peurs dans la durée. Un classique me direz-vous, mais dont on oublie trop souvent la puissance. J’aime ces mots attribués à Gandhi: « Tout ce que vous ferez sera dérisoire, mais il est essentiel que vous le fassiez. » Essentiel, pour vous et pas forcément pour la face du monde, mais toute action est déjà un pas !

Ces mots de l’écrivain Goethe vous parleront peut-être aussi: « Quoi que vous puissiez faire, quoi que vous rêviez de faire, entreprenez-le. L’audace a du génie, de la puissance, de la magie. Mais commencez maintenant ! »

Un cercle vertueux

Plus vous vibrez, plus il y a de la joie, de la légèreté dans votre tête, votre cœur, votre corps (le fameux « flow »), plus c’est le signe que l’action se rapproche de ce qui est bon pour vous. Appuyez-vous sur ces ajustements pour progressivement asseoir votre confiance en vous. Pour enclencher un cercle vertueux de la mise en action, si précieuse en période de transition. Et transformer le célèbre « j’y vais, mais j’ai peur ! » (« Nathalie » dans Les Bronzés lorsqu’elle se lance dans la poudreuse, « parce que la neige, elle est trop molle »), en « j’ai peur, mais j’y vais ! » (il est vrai que « sur un malentendu » cela pourrait bien marcher :-D).

L’idée n’est pas d’attendre de ne plus avoir peur pour se lancer, mais de se lancer malgré la peur.

Et concrètement, quelles actions engager ?

Je vous partage ici quelques exemples de petites ou grandes actions pour dépasser ses peurs en période de transition professionnelle (libre à vous de compléter en fonction de votre vécu):

  • Face à la peur de l’échec

*S’informer, suffisamment, mais sans attendre de tout savoir : je vous le donne en mille, c’est impossible ! Et cela peut enfermer dans la procrastination sous couvert de fausses excuses. Pour ma part, je me suis beaucoup inspirée de livres, récits, Tedx ou sites de personnes au parcours non-linéaire, d’apparence parfois chaotique, qui ont dépassé leurs peurs et avancé sans subir les événements.

*S’entraîner à la posture du « fail fast, learn fast » anglo-saxon (ou du « test and learn », plus positif !), pour retrouver l’élan de vie souvent cassé par la peur qui paralyse. Un état d’esprit qui pousse à se lancer dans l’inconnu, mais avec un filet de sécurité psychologique qui permet de mieux rebondir en cas d’échec (un trampoline de sécurité, si je puis dire…). Et garder à l’esprit ce précepte de Gandhi (qui m’a décidément bien inspirée pour cet article) : « Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours« .

*J’aime l’idée que la vie n’est pas linéaire, qu’elle est la somme de toutes nos actions, réussies ou médiocres, les plus déterminantes comme les plus insignifiantes.

*Quand vous vous sentez perdus ou éparpillés, revenez au sens de votre action, au fameux « Pourquoi ? » : pourquoi faites-vous cela ? Puis écrivez la réponse, afin de prendre de la distance avec la situation. Cela vous aidera à ne pas confondre action avec agitation ou précipitation. De passer à l’action en conscience, en faisant le choix de ne pas vous laisser dominer par la peur, et en acceptant a priori que vous n’atteindrez pas forcément le résultat visé. Vous faites ce que vous pouvez.

  • Face à la peur de manquer d’argent

*Établir une trame globale de votre projet, un calendrier qui vous semble ambitieux ET réaliste.

*Faire le point sur votre trésorerie, clarifier les dépenses et revenus actuels et à venir, et distinguer l’important du superflu.

*Revenir aux faits pour sortir du fantasme. L’argent en suscite beaucoup.

  • Face à la peur du regard des autres

*Se confronter (au sens positif) au regard des autres en s’autorisant à prendre la parole, sur internet comme dans la « vraie vie ». En sollicitant un entretien, ne serait-ce qu’informel, même si votre projet n’est pas encore parfaitement clair. En partageant des écrits, images, vidéos, sur un sujet qui vous tient à cœur – tout en restant prudent quant au canal choisi.

  • Face à l’incertitude

*Distinguer ce qui dépend de vous, et ce qui n’en dépend pas. Puis identifier le périmètre sur lequel vous avez un pouvoir d’action. Y aller ensuite par petits pas pour sortir progressivement du sentiment d’impuissance.

  • Et plus globalement, si je laisse parler mon cœur :

*S’autoriser des temps de déconnexion, pour minimiser le stress inhérent à toute période de changement.

*Prendre soin de soi, se montrer indulgent envers soi-même, accepter sa vulnérabilité.

*Être à l’écoute de ses besoins, sans culpabiliser à l’idée de « se regarder le nombril ».

*Ne pas oublier de regarder votre chemin dans son ensemble. De vous arrêter par moments, pour savourer les réussites, ou tenter de comprendre ce qui se joue quand la situation tourne mal. Cela vous permettra d’ajuster vos actions et de prendre de la hauteur sur les événements.

*Et quand la peur est là et qu’elle vous empêche d’agir : essayer de la laisser vous traverser, malgré l’inconfort, en limitant au maximum votre jugement sur la situation et votre ressenti. Et vous rappeler que la peur est « juste » une émotion, un signal du corps, souvent désagréable mais qui fait notre humanité 🙂

=> Et si vous sélectionniez une ou deux actions qui vous parlent particulièrement pour les appliquer dans les prochains jours ? Juste pour constater qu’il y a un avant et un après…


Pour en savoir plus sur Lucie, qui nous explique comment passer de la peur à l’action en 4 étapes, vous pouvez aller faire un tour sur son profil LinkedIn.


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