Je m'inspire

Sébastien : De l’administration publique à l’écriture

Après avoir travaillé dans l’administration puis dans la logistique et enfin comme écrivain public, Sébastien Gosset s’est finalement tourné vers le copywriting. Aujourd’hui, il nous parle de son parcours, du cheminement qui l’a conduit à faire un métier dans lequel il s’épanouit pleinement, et de l’importance de savoir gérer le syndrome de l’imposteur.


Bonjour Sébastien, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

Mon parcours est plutôt littéraire. J’ai fait une licence d’histoire, tout en travaillant dans l’administration. Je pensais qu’on allait faire appel à mes qualités rédactionnelles mais en réalité, pas vraiment ! L’administration est un milieu très rigide où les perspectives d’avenir sont assez peu réjouissantes. Je me suis donc réorienté dans la logistique.

J’ai occupé une vingtaine de postes en 10 ans, d’une durée de 3 mois à un an. La logistique m’a appris énormément, et j’y ai acquis une rigueur que je n’avais pas auparavant. Néanmoins, ce milieu ne me convenait pas non plus, donc je suis parti. Peu de temps après, une grande mutuelle m’a proposé un CDI, pour la première fois. Je ne voulais plus que mes journées se résument à passer des entretiens, et la sécurité offerte par le CDI m’a séduit, alors j’ai accepté. Je suis resté deux ans et demi. On m’avait fait miroiter des perspectives d’évolution qui ne sont jamais arrivées et je m’ennuyais profondément. La deuxième année s’est particulièrement mal déroulée et je me suis dit «  C’est moi le problème, si je continue à travailler comme salarié dans ce type d’environnement, ça ne marchera jamais ! ».

Cette intuition s’est confirmée lorsque j’ai effectué un bilan de compétences. Je me souviens que ma référente m’avait dit « Mais je ne comprends pas ce que vous faites dans cette entreprise, ce n’est pas fait pour vous ! ». Le bilan a révélé mes qualités rédactionnelles mais aussi mes aptitudes en conseil et une grande capacité d’écoute. Ces résultats m’ont permis de prendre conscience que mon potentiel ne pouvait pas être pleinement utilisé tant que je restais dans un bureau. J’ai donc demandé une rupture conventionnelle qui m’a été refusée, alors j’ai posé ma dem’ car j’étais intimement convaincu que ce potentiel pouvait intéresser d’autres personnes.

La question à ce moment-là a été : comment puis-je être utile tout en travaillant pour moi ? J’étais tombé  sur le métier d’écrivain public complètement par hasard et il était resté dans un coin de ma tête. C’est un métier dans lequel je pouvais me rendre utile tout en exploitant mon potentiel. Une fois que je savais quoi faire j’ai décidé de me former.  Je me suis renseigné et j’ai choisi de faire la licence professionnelle conseil en écriture professionnelle et privé, Écrivain public proposée par Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Je suis donc retourné sur les bancs de la fac 10 ans après avoir débuté ma vie active ! Heureusement, j’ai trouvé un CDD de quatre mois qui m’a permis de tenir financièrement jusqu’au début de la formation.

Comment s’est déroulée ta formation ?

Cette formation de 9 mois permet deux choses : apprendre à écrire pour le secteur social (rédaction de courriers administratifs par exemple) et pour une clientèle plus aisée, des biographies notamment.

Comment t’es-tu lancé ?

3 jours après la fin de ma formation, j’ai créé mon entreprise en plein mois de juin. Je me suis mis sous le statut de micro-entrepreneur et je dois avouer avoir été surpris de la facilité des démarches : quelques clics sur l’autoentrepreneur.fr et je recevais mon numéro de SIRET. Plus accessible aurait été difficile !

Le démarrage a été cependant assez chaotique car je n’ai pas eu de client immédiatement. L’été n’est pas vraiment la période recommandée pour se lancer !  Et puis, ce qu’on ne nous apprend pas en licence, c’est comment se faire connaître. S’inscrire sur les pages jaunes c’est bien mais c’est limité, même si cela m’a ramené quelques clients et que j’ai rapidement écrit mon premier récit de vie. Je me souviens avoir distribué environ 1000 flyers dans mon quartier, et avoir reçu 1 coup de fil d’une personne qui pensait que c’était gratuit : visiblement ma stratégie n’était pas la bonne. Je savais qu’il me faudrait du temps pour me constituer une clientèle et qu’elle ne se développerait pas du jour au lendemain, alors j’ai cherché un poste de salarié dans mon nouveau secteur pour consolider mon activité.

Je suis finalement devenu médiateur social dans un PIMMS (Point d’Information Médiation Multi Services), j’aidais les gens à faire toutes leurs démarches administratives. Le rythme était assez soutenu, j’ai réussi à concilier les deux pendant 1 an et demi. Etre médiateur social demande de faire preuve de beaucoup d’abnégation, et bien que la grande majorité des gens me remerciait chaleureusement pour mon aide, j’avais parfois affaire à des gens très exigeants voire même insultants. Je prenais les choses très à cœur et avais du mal à prendre du recul. Tout cela m’affectait beaucoup et avait une incidence sur mon travail : je devenais facilement autoritaire et même agressif. J’ai donc mis un terme à mon expérience de médiateur.

De l’autre côté, ma clientèle se développait de plus en plus, ça tombait bien ! Malheureusement, même dans mon activité d’écrivain public en autoentrepreneur, je commençais à m’ennuyer. Le moins que l’on puisse dire c’est que ça a été la douche froide ! J’avais passé un an à préparer un diplôme de 8h à 19h… je ne pouvais quand même pas tout abandonner ! C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser au marketing digital en prenant conscience qu’il fallait impérativement que je me forme pour prospecter plus efficacement sur une cible qui me convenait davantage. C’est grâce à l’outil de formation Livementor que j’utilisais pour ma formation en e-marketing que je me suis tourné vers le copywriting.

Raconte-nous comment tu as découvert le copywriting !

J’ai découvert le métier de copywriter en septembre 2017. En novembre j’ai suivi une formation et visionné des centaines de contenus vidéo, tout en réalisant que j’allais être un vendeur, donc je me suis mis à niveau : je m’intéressais aux marques, à leur historique, leurs stratégies, qu’est-ce que le storytelling, à quoi ça sert…

Je me suis beaucoup aidé des livres de Seth GodinJ’aime beaucoup son approche, presque désintéressée, qui milite pour un marketing vertueux. Fin décembre ma formation s’achevait. J’avais encore quelques clients en tant qu’écrivain public, mais sinon j’avais fermé la porte du travail social.

Comment as-tu vécu le fait de commencer à nouveau une toute autre activité ?

Dès que ma formation s’est arrêtée, j’étais au fond du gouffre. Je ne savais pas par où commencer : à qui dois-je m’adresser ? Je me mettais des barrières psychologiques. J’avais développé le syndrome de l’imposteurUne question me taraudait en permanence : je viens juste de me former, est-ce que je vais savoir vendre du contenu ?

Ce blocage a duré jusque mi-janvier, ensuite j’ai commencé à trouver des clients.

Comment as-tu trouvé tes premiers clients justement ?

J’ai commencé pas un écrire un e-book : « Comment réussir sa newsletter » et dans la foulée j’ai écrit un article « Qu’est-ce qu’un copywriter » , et à partir de là j’ai eu des clients presque instantanément. Tout s’est vraiment lancé à partir de février, j’ai par exemple fait des interviews pour Digidom et j’ai fait la page de leur nouveau site web.

Explique-nous en quoi consiste ton métier exactement !

Je mets au service des entrepreneurs, des PME, des start-up ma plume, mon écriture, pour développer leur notoriété sur le web. Ça passe par la rédaction de pages de sites internet, la conception d’e-books, la rédaction de newsletters, des flyers…et tout ça depuis chez moi ! Je fais de l’écriture créative et technique à la fois. L’objectif est d’être simple, fluide et pertinent. Il faut pouvoir s’adresser à l’audience concernée. On m’accorde une place dans la réflexion et la stratégie de communication, et c’est quelque chose que j’apprécie particulièrement dans mon métier.

Tu travailles donc en autonomie depuis ton domicile, comment arrives-tu à t’organiser ?

Moins on m’impose de contraintes temporelles plus je suis efficace ! En ce moment, je travaille sur le copywriting pour mes clients 30 h max par semaine. Le reste du temps je bosse pour moi : mes articles, ma newsletter, mon site, mes formations… Le principal est que je me sente vraiment bien dans ce que je fais. Néanmoins je n’ai pas encore résolu toutes les problématiques liées à l’organisation. Je fais au mieux, mais je sais que mon rythme n’est pas encore optimal.

Tu l’as dit, quand on se lance il y a ce syndrome de l’imposteur qui surgit assez facilement, et cela peut avoir une incidence sur la façon dont on évalue financièrement sa création de valeur. D’où ma question : comment fixes-tu tes tarifs ?

Au début, c’est effectivement assez compliqué. Pour nous donner un ordre d’idée, le mentor de la formation en copywriting nous disait: « quand vous vous lancez, vous pouvez démarrer à tel tarif ». Moi, ça me semblait beaucoup. Généralement les rédacteurs web ont un tarif au mot. Personnellement, j’ai choisi d’avoir un tarif au jour. Quand un client accepte mon tarif jour, je ne compte pas combien j’écris ! Naturellement, il y a des exceptions et c’est aussi en fonction de la demande du client. Par exemple si un client souhaite simplement un article de 600 mots, le tarif est fixé autrement.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans le copywriting ?

D’abord, c’est une bonne idée car c’est un bien meilleur plan que de se lancer dans la rédaction web ! Les rédacteurs web proposent des choses très variées tandis que le copywriter est spécialisé. La spécialisation demande du temps au départ mais permet de bien gagner sa vie, une fois qu’on a acquis une notoriété. L’important est d’avoir un bon portfolio et avoir une communication irréprochable.

Il faut également avoir en tête que vivre du copywriting nécessite d’écrire beaucoup. A titre personnel, un bon article de 800-1000 mots me prend 2h pour un premier jet, puis je retravaille, je l’envoie au client, et il me donne ses retours. Au total, une demi-journée pour un bon article finalisé. Bien sûr, chacun est différent. Je dirais que l’essentiel est de beaucoup échanger avec le client au départ, il faut partir sur une base et poser les questions une fois qu’on a affiné l’approche.

Enfin, je pense qu’il est important d’avoir en tête qu’il peut y avoir des différences de productivité d’une semaine à l’autre ce qui a un impact sur le chiffre d’affaires.

Pour finir, quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite entreprendre ?

D’abord, je pense qu’il est important de rappeler que cela ne coûte rien de faire un bilan de compétences ou de se faire accompagner. Il est nécessaire de prendre ce temps pour connaître ses compétences et autres aptitudes.

Ensuite, se renseigner, bouquiner, s’intéresser au marketing peut être un vrai plus. Il faut toujours se dire que quand on vise un métier, il n’y a pas que le cœur du métier et on peut être déçu si on n’a pas envisagé les « à-côtés ».

Il faut aussi être prêt à affronter le syndrome de l’imposteur. Par exemple je savais que j’avais des compétences rédactionnelles mais on peut toujours s’améliorer, il faut écrire, écrire, écrire, publier, prendre les avis en compte, bref se perfectionner. Cela permet de diminuer cette impression d’imposture. Et pour n’importe quel métier, finalement être irréprochable sur l’orthographe. Il existe la Certification Voltaire qui propose de se former en orthographe et d’obtenir une certification.

A titre personnel, travailler dans l’administration et la logistique m’a donné des outils, un savoir-faire pour me débrouiller seul. Je suis tout seul alors j’occupe tous les postes : standardiste, comptable… ça aurait pu me freiner à me lancer en indépendant car j’ai développé une vrai phobie de l’administratif. Pourtant pour se lancer, il faut justement aller vers ce qui nous fait peur.


Pour consulter le site web de Sébastien Gosset, c’est ici !


Que retenir de l’expérience de Sébastien ?

  •      Faire un bilan de compétences et se faire accompagner est une étape essentielle pour trouver sa voie
  •      Appréhender un métier dans sa globalité est indispensable
  •      Se former continuellement, s’améliorer, se perfectionner permet de diminuer le syndrome de l’imposteur
  •      Construire une organisation de travail prend du temps et elle doit être en accord avec vos besoins et vos envies : le plus important est qu’elle vous convienne !

 

Commentaires

Vous allez aussi aimer