Témoignage : Comment créer une micro-entreprise avant de quitter son job

Après 9 ans de bons et loyaux services comme responsable de boutique pour une grande marque de luxe, j’ai décidé de changer de vie. Parallèlement à mon poste, j’ai créé ma micro-entreprise de vente de vêtements vintages (parce que l’aventure : oui, mais avec un filet de sécurité !). Soutenue par ma famille et certaine de la viabilité de mon projet, j’ai enfin osé démissionner. Je vous raconte ici comment créer une micro-entreprise avant de quitter son job.


Article invité rédigé par Emmanuelle Valois


Ouvrir ma boutique en ligne : comment j’ai préparé ma sortie du salariat ?

À 37 ans, je me suis rendu compte que je n’avais plus envie de me lever le matin. Mon travail dans la mode me passionnait autant qu’il m’épuisait : stress et frustration, journées à rallonge, sentiment d’abandonner ma famille, de participer à la surconsommation, de vendre seulement du rêve, si ce n’est du vent… Quel modèle étais-je pour mes enfants ?

J’avais envie de ramener du sens dans ce que je faisais. J’étais de plus en plus lasse de voir à quel point la question éthique ne concernait pas le milieu de la mode. Et puis un soir, en regardant ma plus grande fille essayer mes vieux vêtements, j’ai eu LA bonne idée.  

J’allais pouvoir allier mon goût pour la mode avec mes aspirations écologiques. Récupérer de vieux vêtements, de réelles pièces de collection d’époque, recréer des styles aux inspirations 60´s à 90´s…   

1ère étape : la mise en place  

J’avais énormément de responsabilités et très peu de temps à consacrer à ce nouveau projet. J’ai commencé par me renseigner sur le statut de l’auto-entreprise. Régime simplifié de l’entreprise individuelle, il me permettait de créer mon entreprise tout en restant parallèlement salariée à mon poste. En cumulant les deux, je pouvais ainsi garder mon salaire et continuer de payer les factures de la maison, tout en montant ma propre boîte à côté et tester mon projet.  

Avant cela, j’ai quand même vérifié l’absence de clauses restrictives dans mon contrat de travail. Elles auraient pu empêcher ce cumul d’activités. Généralement, vous pouvez créer votre propre entreprise tant qu’elle ne nuit ou ne concurrence pas celle de votre employeur. Et bien sûr, pas question de travailler sur mon projet pendant mon temps de travail ou d’utiliser les ressources du bureau (parce que c’est interdit). Pas de problème pour moi puisque mon contrat ne précisait rien et que je comptais bien séparer les deux activités.   

J’ai défini mon projet en écrivant tout ce qui me passait par la tête puis en choisissant un scénario réalisable. Pour devenir auto-entrepreneur rapidement, je suis passée par un service spécialisé pour être aidée et accompagnée dans mes démarches de création d’entreprise. Trois semaines plus tard, je recevais mon numéro de SIRET et mon code APE, et je me lançais dans la folle aventure de l’entrepreunariat.  

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2ème étape : la cohabitation 

Au départ, je me contentais d’accumuler de la marchandise et je me réservais quelques heures en fin de semaine pour prendre de jolies photos des vêtements que je voulais revendre. Tout ça démarrait bien, mais je n’étais pas vraiment investie : je n’avais créé ni blog ni site web et je gagnais quelques sous en combinant comptes Instagram pro et Vinted. Plusieurs fois, je me suis demandé si tout cela en valait vraiment la peine, si j’étais prête à quitter mon poste et la source confortable de revenus qu’il m’assurait pour faire grandir ce projet qui me tenait tant à cœur…  
Un conseil : n’abandonnez pas !  

J’ai ainsi continué de développer mon activité pendant presque un an. Pas à pas, sans trop me mettre de pression puisqu’en micro-entreprise, si on ne gagne rien, on ne paye pas de cotisations. J’étais désormais sûre qu’en y consacrant plus de temps et d’huile de coude, mon projet serait viable. Plus important encore, j’avais pris le recul nécessaire pour tester ma motivation et le résultat était sans appel : ce n’était pas juste un caprice.  

Je commençais à me faire un peu plus d’argent chaque mois et je sentais qu’une sorte de petite communauté se créait autour de mon blog, que j’avais fini par lancer. C’était le moment de s’investir un peu plus : j’ai demandé un passage à mi-temps pour mieux m’occuper de mon auto-entreprise. Vous vous dites que votre employeur ne voudra jamais vous l’accorder ? Eh bien sachez qu’il n’a pas le choix : le passage à temps partiel pour créer ou reprendre une entreprise est garanti par la loi. J’ai appris que pour y avoir droit, vous devez être salarié depuis au moins 24 mois. Je ne savais pas comment évoluerait mon entreprise en 1 an, mais au pire j’aurais toujours la possibilité de repasser en temps complet si ça ne marchait pas. 

J’ai aussi été rassurée d’apprendre que je pouvais recevoir des aides financières si jamais je perdais une des deux activités. L’allocation chômage (ARE) par exemple, que l’on peut cumuler avec les revenus tirés de l’activité conservée si on est inscrit chez Pôle Emploi. 

3eme étape : décollage 

À la fin de mon passage à temps partiel, j’avais le choix entre reprendre à temps plein ou bien quitter mon travail. Ça tombe bien : j’étais prête et bien décidée à vivre pleinement de ma passion. Nous avons donc convenu d’une rupture conventionnelle avec mon employeur et après presque 10 ans dans le luxe, je me retrouvais à shooter de vieilles pièces trouvées en friperie dans la chambre d’amis nouvellement transformée en atelier.  

Aujourd’hui, je projette d’ouvrir un petit magasin sur Lyon en plus de ma boutique en ligne. Pour l’instant mes revenus me permettent de rester sous le plafond de la micro-entreprise et je trouve cette situation tout à fait satisfaisante. J’ai néanmoins dû ouvrir un compte bancaire spécialement pour mon activité, car mon chiffre d’affaires a rapidement dépassé le seuil des 10 000 euros annuels

Si je devais vous donner un seul conseil, ce ne serait pas celui de vous lancer tête baissée dans une nouvelle activité en abandonnant tout derrière vous. L’entrepreneuriat est une aventure incroyable, et en fin de compte, pas si angoissante que cela lorsqu’elle est bien préparée. Alors, prenez votre temps, allez-y pas à pas, mais surtout ne reculez pas ! Si vous êtes vraiment motivé à vivre de votre passion, vous n’aurez plus jamais l’impression de travailler.

Alors n’hésitez pas et lancez-vous ! Créer une micro-entreprise avant de quitter son job est peut-être la solution pour vous aussi !


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