Du salariat à l’indépendance, le choix évident d’une multipotentielle

Le salariat, c’est un peu comme l’école publique. C’est un système qui répond aux besoins et aux fonctionnements d’une majorité, mais dans lequel les autres s’insèrent avec difficulté et douleur. Je fais partie de ces autres. Je suis multipotentielle, et j’ai choisi l’indépendance pour enfin m’épanouir. Voici donc comment je suis passée du salariat à l’indépendance.


Article invité rédigé par Margaux Pilorge


Un parcours professionnel « désordonné »

Il y a 13 ans, je décrochais mon baccalauréat en filière générale, et alors que la plupart de mes camarades savaient vers où ils voulaient aller, voyaient clairement le chemin qu’ils devaient parcourir, moi je me retrouvais dans un flou total. Je me passionnais pour un grand nombre de sujets, mais il m’était impossible d’en traduire un en métier.

Forcée de faire un choix, j’ai commencé par une formation pour devenir orthophoniste (parce que j’avais trouvé passionnante ma cousine lorsqu’elle parlait de son métier). Quelques mois plus tard, je savais déjà que ce ne serait pas la même histoire pour moi.

J’ai enchaîné par un essai raté pour intégrer les Beaux Arts (pour répondre à mon intérêt profond pour la création), puis une – très courte – année à l’Institut de l’Internet et du Multimédia (pour les « débouchés »), un BTS MUC dans l’espoir d’ouvrir une petite boutique et vendre des choses cools (je n’avais pas plus précis), et enfin un Master en Ecole de Commerce (parce que plus générique, on ne fait pas).

Entre échecs et flou total, frustrations entrecoupées de lubies dévorantes, je me retrouvais avec 7 années d’études, quelques diplômes, pas mal de compétences, mais au final, un sentiment de ne pas avoir grand chose. Tout ce que j’avais gagné, finalement, c’était une nouvelle – mais pas étrangère – interrogation : qu’est ce que je vais bien pouvoir faire maintenant ?

Rien ne me plaisait assez pour que cela devienne un boulot à plein temps, parce qu’il s’agissait de faire des choix et de laisser des choses de côtés. J’avais un intérêt profond pour les mots, le visuel, la création, l’accompagnement, la développement d’entreprise, la vente, le conseil, le design, l’art, les travaux manuels, l’apprentissage, les projets, Internet, la communication (oui, oui, tout ça, et encore, la liste pourrait être plus longue). Mais comment choisir un métier quand on a autant de centres d’intérêts ?

A cette époque, la multipotentielle que j’étais – sans le savoir – a dû se résoudre une nouvelle fois à choisir. Comme n’importe qui d’autres, multipotentiel ou pas, il fallait bien que je paie mes factures !

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Comment le salariat a bouffé toute mon énergie

C’est ainsi que j’ai poussé les portes d’une petite agence de communication en Seine-et-Marne. Je n’avais pas le diplôme adéquat, mais je connaissais ma capacité à apprendre vite. J’étais débrouillarde, passionnée par la création, j’avais déjà tâtonné sur les logiciels de la suite Adobe. En dehors du CV, mon profil correspondait. Et ça a fonctionné.

En 5 ans, je me suis trouvé une nouvelle passion (oui, encore une !) pour le graphisme. Pendant un temps, j’aimais me lever le matin, je pensais à mes clients le soir avant de me coucher, j’étais à ma place. J’avais même le sentiment d’avoir fait le bon choix. Le rêve, non ? 

Mais alors même que j’avais pris mes précautions (une vie à la campagne, une petite entreprise, un poste plutôt large où l’apprentissage était indispensable), tout s’est écroulé. Le réveil était une torture, je n’avais plus l’envie du début, je me rendais au travail à reculons. Et ce n’était pas mes missions le problème. C’est le format « salariat » qui m’a dégoutée de mon métier­.

Il fallait se rendre à l’évidence, je n’étais pas faite pour :

  • Les horaires définis : Je me connais, je sais que je ne suis pas productive avant 10h et que le début d’après-midi devrait dans mon cas être consacré à digérer calmement plutôt qu’à faire fonctionner ma créativité. Mais allez dire à votre chef que vous aimeriez décaler votre journée par rapport à celle des autres…
  • Travailler pour quelqu’un d’autre : D’abord parce que certaines de mes idées n’étaient pas entendues, ou rejetées, mais aussi parce que cette position « d’exécutante » me donnait l’impression de ne pas être récompensée à ma juste valeur.
  • Le moule : Ce fameux moule dans lequel on a l’obligation de rentrer. Et quelque soit la situation (perso ou pro) je n’ai jamais réussi, ni même voulu, rentrer dans un moule.

Mais surtout, être salariée, c’était consacrer 8h (ou plus) de ma journée à une productivité médiocre, pour un salaire pas très élevé. Le résultat était tout aussi décevant : je n’avais plus d’énergie.

En 5 ans, j’ai arrêté d’écrire pour moi, j’ai aussi progressivement arrêté la peinture et le dessin, la création en générale, je lisais même beaucoup moins. Pas par manque de temps, mais parce que j’étais fatiguée. Exténuée de devoir me contorsionner pour répondre aux attentes du salariat. Et, en plus de perdre ces passions, je voyais ma jauge de tristesse augmenter chaque jour. Je voulais créer, je voulais faire des centaines de choses, exécuter toutes ces idées que j’avais dans la tête, mais je n’en avais plus la capacité.

Si je ne trouvais pas une solution rapidement, j’allais sombrer.

L’indépendance, une réponse à la multipotentialité

Vous l’aurez deviné, sortir du salariat était la première étape indispensable pour remonter la pente. Mais avant d’entrer dans cette partie de mon parcours, j’aimerais faire une parenthèse sur la définition de la multipotentialité pour ceux qui seraient étrangers à ce terme.

Une personnalité multipotentielle, qu’est-ce que c’est ?

A l’inverse du Spécialiste (qui se spécialise pour devenir expert), un multipotentiel est quelqu’un qui s’épanouit dans la multiplicité. Il est doté de plusieurs capacités et centres d’intérêt, qui souvent n’ont pas de rapport entre eux. Il arrive également que ces sujets, presque obsessionnels, finissent par le lasser, au profit d’autres, qui l’obsèderont tout autant, puis le lasseront une nouvelle fois ; le tout dans une boucle infinie.

On le décrit généralement comme un touche-à-tout, comme quelqu’un de désordonné, qui s’éparpille, qui n’arrive pas à trouver sa voie (ou voix !) professionnelle, qui a des difficulté à choisir.

Un peu négatif, pas vrai ? Laissez-moi retourner la situation en sa faveur, parce que derrière ce profil se cache 3 super pouvoirs :

  • Un esprit synthétique,
  • Une grande capacité d’apprentissage,
  • La faculté de penser au delà du moule, au delà des lignes établies.

Laetitia Vitaud, dans un article sur la plateforme Medium, leur attribue même un syndrome : le syndrome « Léonard de Vinci ». Plutôt classe, pas vrai ? 

Evidemment, ceci est une définition générale. Tous les multipotentiels n’y répondent pas strictement. D’ailleurs, je suis de celles qui ont un grand nombre de passions, mais celles-ci ne sont pas si éloignées les unes des autres. C’est peut-être là qu’a été ma chance. 

« Alors c’est donc ça !»

J’ai découvert ma personnalité multipotentielle il y a très peu de temps, et il y a fort à parier que cette découverte a confirmé mon choix de devenir indépendante. Comme la plupart d’entre eux, j’avais déjà ce sentiment d’être « anormale », pas adaptée au moule, même si dans mon cas, ce n’était pas forcément négatif. D’ailleurs, mettre un mot sur ces caractéristiques n’a pas bouleversé ma vie. Pour être honnête, j’ai, depuis longtemps, tiré une grande fierté de mon profil atypique. Il me donne confiance en moi et m’offre une vision assez claire de ce que je vaux et de ce que je peux apporter au monde.

Néanmoins, découvrir ce terme, (en plus de me donner envie de tout savoir sur lui !), et lire les parcours de ces autres qui me ressemblaient, m’a surtout donné des pistes pour construire ma vie de manière plus cohérente avec mon fonctionnement, mes atouts et mes « faiblesses ».

L’indépendance, j’en avais déjà entendu parler. Je pensais vaguement que j’essaierai peut-être un jour, mais sans avoir la conviction que ce serait ça, la solution. 

Avant, j’étais plutôt dans cette optique de vivre à ma manière dans ce moule dans lequel je ne rentrais pas bien. Depuis que j’ai mis des mots dessus, une porte de sortie s’est éclairée, au point où j’ai sauté à pieds joints dedans. Je pouvais sortir du moule et en trouver un plus adapté : l’indépendance.

D’ailleurs, tout a été bien plus rapide que prévu. Il y a un an, je me laissais environ deux ans pour quitter mon poste. La paramètre Covid-19 était tout de même un sacré obstacle. Finalement, en 6 mois, j’étais partie. Je n’avais plus de temps à perdre.

La meilleure décision de ma vie

Aujourd’hui, cela fait 5 mois que je me suis lancée en freelance, avec le statut d’autoentrepreneur. 5 mois que je suis passée du salariat à l’indépendance. Et je n’ai jamais été aussi certaine d’une chose : l’indépendance est faite pour moi.

J’ai ce sentiment génial d’avoir fait un grand pas – peut-être pour la première fois – dans mon sens. J’ai choisi d’aller là où je me sentirai bien, alignée et en cohérence avec mon rythme.

Les objectifs étaient clairs :

  • Retrouver la passion de mon travail,
  • Apprendre continuellement,
  • M’écouter, pour mon bien-être et pour ma productivité,
  • Aménager mon temps pour assouvir mes passions (et celles à venir !).

J’ai créé la vie qui correspond à la manière dont je fonctionne, avec un travail qui me passionne et des projets à côté qui nourrissent ma multipotentialité.

Trouver son positionnement quand on est multipotentiel

Spoiler : Ça n’a pas été simple

Si je voyais très nettement à quoi devait ressembler ma nouvelle vie, sa réussite dépendrait fortement de mon activité d’indépendante. C’est elle qui rapportera l’argent nécessaire pour payer mes charges et le toit que j’ai sur la tête.

J’aimais mon métier lorsque j’étais salariée, et j’aimais la plupart de mes missions, c’est le cadre qui ne me correspondait pas. Ainsi, je ne me suis pas reconvertie, j’ai simplement traduit mon métier dans sa version indépendante.

Ces dernières années, au sein de l’agence, j’occupais le poste de Chargée de communication Print et Web. Je maîtrisais la partie graphique (création de logos, adaptation sur toutes sortes de supports de communication à destination de l’impression), la partie Web (création de sites, gestion des réseaux sociaux, référencement), mais aussi la partie stratégie.

Ainsi, lorsque je me suis lancée seule, j’ai tout simplement repris toutes ces compétences (puisque je les maîtrisais et que je ne voulais pas me brider) pour les proposer à mes futurs clients. Toutes, sans exception… Je devenais une agence à moi toute seule.

Quant à ma cible ? Je ne souhaitais pas me restreindre, je connaissais déjà plusieurs secteurs et leurs spécificités. J’allais donc m’adresser à tous types d’entreprises. La seule prérogative, qu’elles aient besoin de communication.

Mais là, problème ! A peine 3 mois après m’être lancée, je sens que quelque chose ne va pas, mes quelques années en école de commerce me soufflent à l’oreille que mon positionnement est trop large : je proposais tout, à tout le monde. En d’autres termes, je ne parlais à personne précisément et je ne répondais à aucune de leur problématique.

Avec un positionnement aussi générique, face à la concurrence, assez rude dans le secteur de la communication, ça allait être compliqué.

Le positionnement idéal et cohérent

Je devais me spécialiser, et croyez-moi, les multipotentiels n’aiment pas ce mot ! Pourtant, je n’avais pas le choix, car la clé d’un bon positionnement, c’est quand votre discours, votre offre et vos arguments sont alignés avec les besoins de votre cible.

J’ai donc refait le point sur toutes ces passions qui m’animent et je les ai classées, par ordre de préférence. J’ai ainsi pu répondre aux questions suivantes : Avec quel type de client je préfère travailler ? Quels sont les tâches/missions que je préfère ? Comment j’aime les exécuter ?

J’ai trouvé mon nouveau positionnement. Et je vous le présente en avant première, parce qu’il est encore tout frais !

Ma cible : Les porteurs de projet (ou les entreprises qui se renouvellent). Des entrepreneurs ambitieux, qui sont convaincus par l’impact que peut avoir une bonne communication sur leur projet et leurs objectifs de développement, et ce, dès le lancement.

Mon offre : La création d’identités visuelles uniques, souvent illustrées, percutantes, et leur application sur les supports cohérents avec les objectifs des clients.

Mes arguments : Je serai la partenaire impliquée et réactive qui prendra en main leur communication comme si elle était la mienne.

Je commence tout juste à communiquer avec ce nouveau positionnement. J’adapte mon discours pour les réseaux sociaux (je reprends d’ailleurs tout à zéro), j’ai fait évoluer mon site (avec plus d’illustrations) et mon discours, lors de la prospection, change également.

Le premier résultat : je me sens plus légitime, plus en confiance, et beaucoup moins frustrée

Avec ce nouveau positionnement, je réponds aux besoins de mes clients idéaux, mais aussi à mon goût pour la création d’entreprise, pour les projets cools, innovants et éthiques. J’intègre à mon offre mes compétences en marketing, en stratégie et en communication. Et je complète le tout avec de l’illustration. Le bonheur !

« Et toutes ces autres passions alors ? » me direz-vous. 

En effet, mon métier ne reprend pas l’essentiel de mes passions, ça serait d’ailleurs probablement très bizarre. Mais tout va bien ! Aujourd’hui, je suis en accord avec ma multipotentialité : entre le perso et le pro, j’ai l’énergie, la capacité et le temps d’assouvir l’ensemble de mes passions.

Mes conseils pour ceux qui se reconnaissent dans mon récit

Vous vous êtes peut-être reconnus dans mon parcours ou dans cette définition de la multipotentialité. Voici les conseils que j’aimerais vous donner :

  • Réunissez vos centres d’intérêts ainsi que vos compétences et utilisez votre pouvoir de synthétisation pour créer un métier unique qui vous correspond (ou un positionnement différenciant !).
  • N’ayez pas peur de laisser des passions de côtés. Construisez votre vie de manière à pouvoir leur accorder du temps.
  • Lancez-vous ! Parce que vous n’avez plus de temps à perdre. Si votre vie ne vous correspond pas, créez celle dans laquelle vous vous épanouirez.

Vous pouvez retrouver Margaux qui est passée du salariat à l’indépendance, sur son site Internet, sur LinkedIn, sur Facebook et sur Instagram.


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