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Etre papa et entrepreneur à la fois : ils témoignent

Après les mamans entrepreneures, c’est au tour des papas de partager leur expérience. Comment font-ils pour gérer vie de famille et entrepreneuriat ? Voici 4 témoignages qui prouvent qu’être papa et entrepreneur, c’est possible !

Créer une entreprise est une grande aventure. Etre papa, aussi. Alors, comment gérer les deux aventures en parallèle ? Ces témoignages de papas entrepreneurs vous donneront une vision des coulisses de cette double aventure, pour vous donner envie de vous lancer à votre tour !

Joseph, Consultant freelance – 1 enfant

Ton activité ? Je suis consultant freelance depuis deux ans, spécialisé en publicité Facebook et Instagram. Je suis également le co-fondateur et le présentateur de Nouvelle Réclame, le podcast qui décrypte la publicité sur Facebook et Instagram.

Tes enfants ? Je suis papa d’une petite fille depuis décembre 2017 !

Comment as-tu géré ton activité lors de la naissance de ta fille ? Pour sa naissance j’ai pris 3 semaines de congé paternité car je pouvais me le permettre. J’ai prévenu mes clients que je ne serais pas disponible pendant un mois complet. Ca a été 3 semaines intenses, pleines d’émotions, donc je recommande à tous ceux qui le peuvent de s’arrêter de travailler ! Mon épouse est aussi freelance. Elle s’est lancée l’été dernier lorsqu’elle était enceinte de 5 mois. Elle a fait un très bon démarrage puis elle a pris son congé maternité.

Quelle est ton organisation actuelle ? L’avantage d’être freelance, c’est qu’il n’y a pas de RER à prendre absolument à 8h, donc ça me permet de me lever tranquillement, de m’occuper de ma fille sans être dans le rush. Au début, je m’arrangeais pour avoir le moins de rendez-vous possible le matin. Mon épouse s’occupait de notre fille la journée et je rentrais plus tôt. Si je rentre à 19h30 je ne la vois pas, donc je finis à 18h maximum ! Ma femme a repris le travail après 3 mois de congé maternité et on a une nounou. On fait 4 jours de garde partagée avec une autre famille : 2 jours chez nous, 2 jours chez eux, et le mercredi c’est moi ou ma femme qui la gardons. 

Quelles difficultés rencontres-tu ? Il peut y avoir des moments difficiles liés à la fatigue. Par exemple, je donnais mon premier cours à HEC. La veille du cours ma fille a mal dormi, donc moi aussi… et faire un cours en ayant dormi 3h ce n’est pas évident ! Heureusement, tout s’est très bien passé. Normalement j’ai du mal à gérer le manque de sommeil, mais quand tu n’as pas le choix, tu le fais, et tu te découvres des ressources insoupçonnées !

Quels sont les avantages d’être papa et freelance ? Je peux plus profiter de ma fille que si j’étais salarié, et je pense que j’ai beaucoup moins de stress que ceux qui ont un trajet et des horaires stricts à respecter.

Comment gères-tu financièrement ? Bien ! Tout dépend d’où on en est dans notre activité. Pour ma part, mon activité est stable car je suis lancé depuis deux ans, donc j’ai un minimum qui rentre toujours car j’ai des clients réguliers. C’est moins évident quand on se lance, par exemple pour ma femme qui a démarré lorsqu’elle était enceinte. Dans ce cas, il faut se relancer dès qu’on reprend le travail : prospecter à nouveau, faire savoir qu’on est de retour… Il faut prévoir une petite période de temps pour se refaire une clientèle.

Ton conseil aux lecteurs ? C’est génial d’être freelance et parent ! Je suis ravi de ne pas être salarié car j’ai une plus grande souplesse horaire. Il ne faut pas hésiter car cela vous apportera une vraie qualité de vie. En revanche, il ne faut pas sous-estimer les difficultés que l’on peut avoir quand on se lance : vendre des missions, facturer, relancer des clients pour être payé… tout ce qu’il faut pour faire tourner un business. La clé est de s’organiser au mieux, d’être précis, de ne pas s’éparpiller pour ne pas perdre de temps. Ca facilite grandement les choses !

Louise, la femme de Joseph a été interviewée en podcast « Enceinte et freelance » : à écouter ici !

Et pour creuser le sujet papa/entrepreneur, Joseph recommande le podcast Parole de Darons de Madmoizelle


Julien, co-fondateur et CEO de Cocolis – 2 enfants

Ton activité ? Cocolis est un site de livraison qui met en relation les particuliers qui ont besoin d’envoyer un objet et ceux qui ont de la place dans leur coffre ou dans leur valise. La plateforme est en ligne depuis septembre 2015.

Tes enfants ? Deux filles de 2 ans et 4 ans.

A quoi ressemble la vie d’un papa entrepreneur ? J’ai co-fondé Cocolis avec ma femme, Eliett. L’organisation se fait donc à deux, à tour de rôle. C’est notre grand avantage : nous sommes motivés par les mêmes objectifs, ce qui facilite grandement la vie de la boîte et la vie de famille ! 

Quelles sont les difficultés ? Une startup, c’est énormément de travail les premières années. Comme nous sommes tous les deux embarqués dans l’aventure, nous n’avons pas pris de vacances depuis 3 ans. Ce n’est pas donc pas évident d’organiser le temps avec nos enfants, surtout en période de vacances scolaires. On prend tout de même de grands weekends de temps en temps, car il n’est pas possible de travailler en continu ! L’enjeu est d’organiser sa semaine car en tant qu’entrepreneur, il n’y a pas de weekend ni de soirées. 

Comment gères-tu financièrement ? Le temps entre le début du projet et le décollage avec la levée de fonds n’est pas facile. Mais ensuite, au jour le jour on surveille la trésorerie de la société qui est très liée à notre propre trésorerie. Nous avons toujours été très prudents dans notre gestion quotidienne et dans nos investissements, afin que le projet puisse continuer et que l’on assure une sécurité à notre famille. Enfin, il y a des solutions financières pour les entrepreneurs : il faut aller chercher des aides, des subventions comme celle de la BPI, solliciter des financements, participer à des concours… 

Tu regrettes le salariat ? Jamais ! Pour rien au monde je ne retournerais au salariat. Je suis très heureux de mon choix sur le plan personnel et intellectuel. Certes il y a des sacrifices sur la durée des congés, et parfois le temps passé avec les enfants… Mais c’est une source d’épanouissement incroyable et je pense que les enfants le ressentent.

Ton conseil de la fin ? S’accrocher !


Alban, co-fondateur et CEO de Sketchfab – 2 enfants

Ton activité ? Je suis le co-fondateur et CEO de Sketchfab, une plateforme de publication de fichiers 3D. Nous somme leader mondial en visualisation 3D sur le web, et la plus grosse librairie de fichiers 3D sur internet.

Tes enfants ? J’ai un fils de 3 ans et demi, et une fille qui vient de naître !

Comment fais-tu pour articuler entrepreneuriat + vie de famille ? Ce n’est pas toujours simple ! Ca a par ailleurs évolué avec l’évolution de la société. Mon fils est né alors que nous étions une toute petite équipe avec très peu de ressources, et c’était dur de combiner les deux. Aujourd’hui nous sommes plus nombreux, donc je peux rentrer le soir avant qu’il se couche et je travaille moins le weekend.

Ton conseil aux lecteurs pour entreprendre tout en étant parent ? Avoir une famille est le meilleur moyen de relativiser les aléas de la vie entrepreneuriale, et d’arriver à vraiment décompresser et penser à autre chose. Nous sommes 3 associés et avons tous les trois des enfants, c’est donc tout à fait faisable si on s’organise !


Jean-Baptiste, fondateur et CEO de ViTi-Coaching – 1 enfant (bientôt deux)

Ton activité ? Je suis à mon compte depuis 4 ans. J’ai commencé par faire du conseil en management en freelance, puis j’ai créé ViTi, une startup qui propose une solution à destination des consultants pour manager et animer des réunions à distance. 

Tes enfants ? Un garçon de 6 ans et on attend un bébé pour cet été !

Quels sont les avantages d’une vie de papa entrepreneur ? La flexibilité horaire, et la possibilité de décider de sa propre vie et de son rythme.

L’entrepreneuriat permet-il vraiment de s’organiser plus librement ? Tout dépend de l’activité de l’entrepreneur. Un entrepreneur solo a effectivement plus de flexibilité car l’organisation ne dépend que de lui. Mais dès qu’il y a une entreprise avec une équipe et des clients à aller voir, le temps est moins flexible. Personnellement je n’ai pas de difficultés d’organisation mais je dois travailler très tard le soir.

Quelles sont les difficultés ? La principale difficulté est l’incertitude financière inhérente à l’entrepreneuriat. Or, avoir un enfant implique de nouvelles dépenses qui s’ajoutent aux autres, comme un crédit immobilier. Mais ces dépenses sont liées à ma vie antérieure de salarié. Même en ayant toujours bien géré mes finances, le salariat permet de s’engager davantage financièrement. Si j’avais démarré l’entrepreneuriat plus jeune, je n’aurais pas eu les mêmes contraintes.

Le contraste entre l’avant et l’après dépend beaucoup de ce que vous faisiez avant. Pour ma part, j’étais consultant dans une grande entreprise, donc il était déjà très difficile d’avoir une vie en dehors du travail, d’autant qu’à cette époque ma femme était auditeur et avait le même rythme. Aujourd’hui, ma femme est à son compte également, nous sommes donc plus flexibles.

Quels sont tes conseils ? Quel que soit l’âge des enfants, il est important d’embarquer toute la famille dans le projet et notamment le conjoint. Il est fondamental qu’il comprenne que fonder une boîte, c’est comme avoir un nouvel enfant dans la famille – en tout cas pour celui qui entreprend ! Il faut être prêt à accepter les revenus moins réguliers et un train de vie moins important. C’est aussi vrai pour les enfants, qui doivent comprendre qu’il risque d’y avoir des sacrifices. Il faut les associer au projet, et compenser ces sacrifices en ayant des temps privilégiés avec eux.

Un point important est de préparer le projet au maximum en amont. Deux ans de chômage est en réalité très court. Créer une entreprise, c’est un sprint au démarrage puis une course de fond. Donc au plus on prépare son projet pendant que l’on est encore salarié, au plus on a de chances de tenir le cap ensuite.

Mon dernier conseil : ne pas s’inquiéter. Plein d’entrepreneurs ont des enfants et ils y arrivent, donc il n’y a pas de raison de douter !


Et si vous lisiez aussi l’interview de Sébastien, qui a quitté son CDI pour créer Dad, un média pour les papas ? 😊

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