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Pauline : Elle a fondé The Working Mums après avoir travaillé dans la finance

Pauline qui a fondé The Working Mums devant de la verdure

Après des études en Finance et un emploi de fonctionnaire international, Pauline Bar a fondé The Working Mums. Sa mission ? Soutenir l’ambition professionnelle des femmes qui ont des enfants auprès des particuliers et des entreprises. Dans cette interview, Pauline nous raconte les raisons pour lesquelles elle a créé sa boîte et nous dévoile comment elle arrive à concilier vie de maman, vie de femme et vie d’entrepreneure. 


Bonjour Pauline, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

Très tôt déjà je voulais acquérir mon indépendance ! A côté de mes études dès l’âge de 15 ans, j’avais toujours plein de petits boulots à temps partiel : baby-sitter, hôtesse d’accueil, vendeuse, pom-pom girl, professeur particulier, etc. 

Je suis partie de la maison à 18 ans pour rester étudier en internat à Strasbourg lorsque ma famille est retournée habiter en région parisienne. Je logeais dans une micro chambre/salle de bain de l’internat mais j’étais très heureuse d’avoir mon petit chez moi !

Après les classes préparatoires, mathsup puis 2 ans de prépa HEC, j’ai emménagé à Lille pour continuer ma scolarité à l’EDHEC Business School. En dernière année, pour mon master en Finance, j’ai postulé pour un programme Erasmus à la LUISS à Rome. J’ai adoré l’expérience, d’autant plus que je vivais là-bas avec 3 italiennes du Sud qui m’ont accueilli chaleureusement dans leur colocation.

En parallèle de mes études post-bac, j’accumulais aussi de l’expérience professionnelle en marketing et en finance, notamment lors d’une césure (pause) de 15 mois en travaillant chez L’Oréal, Natixis et Mantero.

A la fin de mon master j’étais impatiente de commencer à travailler à temps plein, ce que je pensais être la vraie liberté !

Je me voyais bien vivre en Italie quelques années. J’ai envoyé plusieurs candidatures en Italie et en France mais les processus de recrutement en CDI étaient extrêmement longs et s’étalaient parfois sur 6 mois ! Finalement, j’ai opté pour le poste qui a eu le processus RH le plus rapide : 5 entretiens et tests regroupés en 1 mois pour atterrir à Genève de nouveau en colocation au début ce qui m’a permis de faciliter mon emménagement. En revanche, le jour même mon conjoint a décroché un poste à Paris : nous ne nous étions pas très bien coordonnés ! N’osant pas refuser de proposition en CDI nous avons mis 1 an et demi avant de nous rejoindre dans la même ville.

J’ai intégré le Graduate Training Program d’UBS grâce auquel j’ai eu la chance d’effectuer des rotations professionnelles de plusieurs mois à Zürich, Genève et Lugano ce qui m’a permis de découvrir les spécificités régionales de la Suisse.

Quelques années après avoir travaillé en banque, je souhaitais appliquer mes compétences en finance à un domaine qui me tenait particulièrement à cœur, celui des organisations internationales spécialisées dans l’enfance. J’ai démissionné de mon CDI en banque pour faire de l’analyse financière à l’UNICEF.

Pauline dans un café

Comment est née ton envie d’entreprendre ?

A la naissance de mon 1er enfant, je me suis intéressée de plus près aux carrières des femmes qui deviennent mamans. Jusque-là durant mes études et ma carrière je n’avais jamais vraiment senti de différence particulière de traitement ou d’ambition du fait d’être une femme même lorsque j’étais dans des classes à majorité masculine en spé Math.

J’ai réalisé que je passais une énorme partie de mon temps libre à me documenter sur la carrière des mères de famille, à chercher à comprendre comment font celles qui arrivent à évoluer professionnellement tout en ayant 2,3 ou 4 enfants ! Autour de moi, à niveau d’étude et début de carrière équivalents, un fossé se creusait : à la naissance des enfants, les responsabilités professionnelles et la rémunération d’une majorité de mamans stagnaient voire baissaient ce qui n’était pas le cas pour les papas.

J’ai également rencontré beaucoup d’associations de femmes, assisté à des conférences, des formations sur l’entrepreneuriat. J’avais un désir énorme de changer les mentalités pour rendre plus facile la carrière des femmes qui ont des enfants. Vu l’ampleur de la tâche, je ne voulais pas rester passive ou y consacrer seulement une infime partie de mon temps, je voulais y consacrer mes journées de travail !

Entreprendre répondait à mes envies : plus d’actions de terrain, plus d’énergie et de moments passés avec mes enfants et plus de temps pour danser !

Comment as-tu vécu le passage de la vie d’analyste financière en tant que fonctionnaire international à fondatrice de The Working Mums ?

Au retour de mon 2ème congé maternité, j’ai repris mon poste d’avant la grossesse. Le fait d’avoir eu 2 enfants avait eu un énorme impact sur ma carrière même si je continuais à travailler à 100%. J’avais toujours de l’ambition professionnelle mais les opportunités qu’on me proposait comme s’expatrier à des milliers de kilomètres n’étaient pas compatibles avec ma vie de famille.

Poser ma dem’ de l’UNICEF a été une décision extrêmement difficile à prendre, d’abord parce-que même après 8 ans j’étais toujours aussi fière de travailler pour cette organisation qu’au 1er jour et que j’ai eu l’occasion de travailler avec tellement de personnes inspirantes de toutes les nationalités au siège, dans les comités nationaux et dans les bureaux de terrain. 

Je n’avais pas beaucoup d’exemples de cas similaires autour de moi, le peu de collègues qui démissionnaient, allaient souvent travailler dans des postes similaires, très peu prenaient le risque de quitter leur poste de fonctionnaire international pour créer leur entreprise !

J’en ai beaucoup parlé à ma famille, mes amis, mes collègues mais ce qui m’a fait sauter le pas était de réussir à convaincre mon conjoint et de mettre en place une nouvelle structure d’organisation pour la famille, processus qui a pris pratiquement une année !

Ma nouvelle vie au jour le jour est radicalement différente car j’organise moi-même entièrement mon emploi du temps. Avant je travaillais du lundi au vendredi de 7h30 à 17h30 et je « casais » les moments avec les enfants et le sport avec le temps qu’il me restait.

Aujourd’hui, je planifie les moments avec les enfants et le sport d’abord et j’organise mon travail tout le reste du temps. Bien sûr, cela implique parfois de travailler le soir ou le week-end mais je passe beaucoup plus de temps avec mes enfants, mes amis et pour ma passion, la danse !

Pauline est dans une salle de danse

En quoi consiste ton activité exactement ? 

La mission de The Working Mums est de soutenir l’ambition professionnelle des femmes qui ont des enfants auprès des particuliers et des entreprises.

Actuellement avec mon entreprise, j’ai 3 activités principales :

  1. Les interventions en entreprise avec d’une part les conférences notamment sur les thèmes de compétences de la maternité, d’allégement des charge personnelles et professionnelles et d’autre part du conseil et de l’accompagnement des entreprises sur les enjeux de la parité et de la parentalité.
  2. L’accompagnement de mamans sous forme :
  • de coaching sur-mesure pour reprendre le travail, se remettre au sport, mieux s’organiser ou encore alléger sa charge mentale 
  • d’événements pour se rassembler, oser et s’amuser comme des ateliers burlesque et cabaret, rencontres avec des femmes inspirantes.
  1. L’écriture d’un livre contenant toutes les astuces de working mums basé en partie sur les centaines de témoignages de mamans que j’ai recueilli pour réussir leurs différentes vies : professionnelle, familiale, personnelle et leur vie de couple.

Mes journées s’articulent en priorité en fonction des rendez-vous avec les entreprises, les mamans et les freelances avec lesquels je travaille. J’organise ensuite de façon hebdomadaire dans les plages restantes de mon planning les activités qui demandent un travail de conception, de production, d’écriture et l’administration.

Afin d’être en forme au travail et avec mes enfants, je ne lésine pas sur le sport et y consacre au moins 8h par semaine : barre au sol, danse classique, pole dance, stretching postural, yoga et en fonction des saisons ski, vélo, natation, et paddle comme j’habite entre le lac et les montagnes 😉

Bande dessinée

Ton activité te permet-elle de vivre ?

En termes de revenus NETS, après dépenses mensuelles indispensables, je dirais que je gagne finalement mieux ma vie depuis que j’ai fondé The Working Mums ! En effet, même si je gagnais confortablement ma vie avec mon emploi de fonctionnaire, nous avions des dépenses énormes en termes de logement (afin d’habiter proche de mon travail), d’école, de parascolaire, de crèche et de baby-sitters pour les enfants que nous avons drastiquement réduites quand j’ai créé mon entreprise en changeant de logement et de système d’école et de garde pour les enfants.

N’ayant pas le droit à des indemnités chômage, je me suis très rapidement fixée des objectifs de rentabilité ! J’ai commencé à avoir des revenus avec mon entreprise au bout du 2ème mois. Ces objectifs m’ont également poussée à bien négocier mes contrats : je me suis notamment battue pour me faire rémunérer sur une proposition demandant beaucoup d’heures de travail et qui m’avait été faite initialement sans salaire !

Quelles difficultés as-tu rencontrées ?

En tant qu’entrepreneur, on doit se débrouiller dans TOUS les domaines ! Les difficultés que je rencontre concernent notamment l’administratif et le digital qui ne sont pas mes domaines de prédilections, du coup je fais appel à des personnes qui maitrisent mieux que moi !

Je dois être attentive également à me bloquer des plages horaires de travail afin de ne pas me laisser envahir par d’autres tâches comme la gestion du foyer. Cela aide par exemple beaucoup d’avoir un espace dédié chez soi pour les actions qui demandent de la concentration ou de travailler à l’extérieur notamment dans des cafés pour être sûr de ne pas s’occuper d’autres choses qui n’a rien avoir avec le travail en même temps.

En ce moment ma plus grande difficulté concerne le système de garde : suite à la suspension du jour au lendemain de l’assistante maternelle de mon 2ème enfant, j’ai trouvé une place en micro-crèche de façon occasionnelle seulement : certaines semaines tous les jours mais d’autres seulement 1 jour ou 2 par semaine. Heureusement à partir de juin la place en crèche passera à plein temps.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer mais n’a pas encore osé franchir le pas ? 

La 1ère chose que je conseillerais est d’en parler car non, on ne va pas vous piquer l’idée ! Ce qu’on sous-estime avant de se lancer c’est l’importance de l’implémentation !

L’idée d’un projet ne vaut pas grand-chose, c’est son implémentation qui fait toute la différence.

D’en parler à ses proches afin de faire murir le projet, d’échanger avec des équipes qui travaillent dans votre futur domaine d’activité et surtout de rencontrer des personnes qui ont eux-mêmes franchi le pas notamment en adhérant à un réseau d’entrepreneurs, aide beaucoup !

S’assurer également qu’on peut tenir financièrement pendant une période prédéfinie notamment lorsqu’on a des enfants pour ne pas tomber dans la précarité et créer des difficultés dans son couple ! Cela peut être en changeant sa structure de dépense, en obtenant des aides du chômage pour la création d’entreprise ou en puisant (une partie) de ses économies. Après rien n’est gravé dans le marbre, j’ai rencontré aussi certaines personnes qui reviennent au salariat à plein temps après avoir créé une entreprise ou d’autres qui reprennent une activité salariée à temps partiel tout en conservant leur entreprise ou des missions freelances en parallèle. 

Une fois le risque financier calculé, lancez-vous rapidement !! Je pense vraiment que de passer à l’action le plus vite possible permet de tester ses produits et ses services même si ceux-ci ne sont pas parfaits ! J’adhère complétement aux concepts de minimum viable product (MVP) et minimum viable brand (MVB).

Bon courage à tous !


Que retenir de l’expérience de Pauline ?

  •  Ce n’est pas parce que vous débutez, que vos services doivent être gratuits ! Vous fixer des objectifs de rentabilité vous permettra de mieux négocier vos contrats.

  • Organiser votre temps vous permet d’avoir des plages horaires dédiées à la famille, à vos amis, et surtout à vous alors pensez-y !

  • N’ayez pas peur de parler de votre projet, comme le dit si justement Pauline : L’idée d’un projet ne vaut pas grand-chose, c’est son implémentation qui fait toute la différence !

  • Se lancer oui, avec une sécurité c’est encore mieux et surtout c’est moins de stress alors assurez-vous d’être financièrement apte à tenir quelques mois, cela vous enlèvera un poids. (Mais il est aussi possible de se lancer sans filet de sécurité, la preuve Laura l’a fait !)


Vous pouvez retrouver Pauline, qui a fondé The Working Mums, sur LinkedIn et sur son site Internet.


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