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Femme de militaire : construire une vie professionnelle sur-mesure

Femme de militaire : construire une vie professionnelle sur-mesure

Vivre avec un militaire, c’est gérer la famille en son absence, le suivre au gré des mutations ou opter pour le célibat géographique.  S’épanouir professionnellement, mission impossible ? Peut-être pas. Femme de marin et mère de deux jeunes enfants, je tente de résoudre l’équation depuis des années. Entrepreneuriat, nomadisme digital : et si les femmes de militaire pouvaient se construire une vie professionnelle sur-mesure, compatible avec leurs contraintes ? 


Article invité rédigé par Anne-Laure.

Quand j’ai rencontré celui qui allait devenir mon époux, j’occupais un poste de cadre, en CDI, dans une grosse entreprise. Lui était déjà militaire, embarqué sur un bateau de la Marine Nationale. Aujourd’hui, la situation n’a pas changé. Parce que jusqu’à présent, j’ai toujours refusé d’abandonner mon poste pour le suivre. Et qu’il a pu être maintenu dans le même port, en renonçant à des opportunités.

Mais, pour de nombreux conjoints, vivre avec un militaire implique souvent de renoncer à sa propre carrière. Le militaire n’a pas toujours la possibilité de refuser une mutation. Et, surtout lorsqu’il y a des enfants, les contraintes de la vie militaire ne permettent pas toujours de garder un emploi stable. Ne parlons même pas d’une carrière épanouissante !

Carrières du couple : d’inévitables sacrifices ?

Chez nous, c’est donc mon mari qui a mis son évolution en stand-by au profit de la mienne. Il faut dire que renoncer à mes revenus nous apparaissait comme une menace sur l’équilibre économique du foyer. Mais la motivation financière ne tient qu’un temps. Et, à titre personnel, je ne souhaite plus que ma situation professionnelle soit un frein à la carrière et aux aspirations de mon époux.

Dans d’autres familles, c’est le conjoint qui renonce à ses ambitions. Souvent la femme, pour être claire, puisque 87% des conjoints de militaires sont des femmes (Haut Comité d’Évaluation de la Condition Militaire – rapport thématique de juin 2018 sur la vie des militaires et de leur famille). Rapport qui pointe également le taux de conjoints actifs, inférieur de 6 points à la moyenne nationale chez les 25-49 ans.

Dans un cas comme dans l’autre, ces sacrifices peuvent engendrer une frustration. Et rejaillir un jour sur la famille. C’est ce que je veux éviter pour la mienne !

Vis ma vie de femme de mili’

Vu de l’extérieur, on peut aisément se dire que, conjoint de militaire, ce n’est ni plus ni moins que parent solo ou célibataire géographique, mais à temps partiel. Pourtant, les parents solos et célibataires géo arrivent bien à gérer un emploi et une vie de famille, eux ! Tout est une question d’organisation. Ce n’est pas faux (d’ailleurs, quand je rame à la maison pendant que mon mari vogue, c’est ce qu’une petite voix culpabilisante me murmure).

Sauf que toute organisation devient un joyeux bazar quand l’institution dégaine son arme fatale : l’imprévu !
 
  • Vous pensiez que papa serait là pour récupérer les enfants à la garderie tous les soirs jusqu’à la fin du mois ? Raté, déploiement inopiné pour 4 semaines !
  • Vous comptiez sur lui pour assurer le rendez-vous du petit dernier chez le dentiste la semaine prochaine ? Échec, il vient d’apprendre qu’il sera de service.
  • Vous aviez misé sur une semaine de vacances en famille pour que tout le monde se repose ? Encore raté, les permissions de monsieur ont été annulées…

Il faut dire que le Code de la Défense accorde beaucoup plus de latitude à la hiérarchie du militaire que le Code du Travail aux employeurs civils.

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Ajoutez à cela la durée variable des absences (de 2 jours à 4 mois dans notre cas), et vous obtenez une vie de famille pour le moins… saccadée.

Une vie professionnelle épanouie pour nous aussi !

Pour un employeur, miser sur une personne soumise à un tel rythme et qui, en plus, est susceptible de quitter la région au bout de 3 ans, c’est un pari risqué. Que certains ne font pas.

Pour ma part, étant déjà en poste quand mon marin est entré dans ma vie, la question de l’embauche ne s’est pas posée. Et, théoriquement maîtresse de mes horaires, j’ai une certaine flexibilité pour gérer les imprévus. Il n’empêche que, quand mon mari est en mer, c’est moi qui ai l’impression de mener un combat quotidien, de courir 16 heures par jour et, parfois, de me noyer.

Pourtant, choisir de faire sa vie avec un militaire n’est pas renoncer à s’épanouir professionnellement. Ou ne devrait pas l’être. Contrairement aux idées reçues, y compris dans le milieu, toutes les femmes de militaires n’aspirent pas à rester femmes au foyer !

D’ailleurs, si j’en juge par les échanges au sein des communautés dont je fais partie, nous sommes nombreuses à rêver d’une activité professionnelle passionnante, que nous pourrions poursuivre au gré des affectations. D’un boulot qui ait du sens, qui soit épanouissant et gage d’indépendance financière. D’un quotidien professionnel qui s’adapte à nos contraintes multiples, nous permette de nous accomplir personnellement tout en veillant sur notre famille.

Trouver un boulot adapté aux contraintes, un vrai défi

Je suis convaincue de l’importance d’avoir une situation professionnelle épanouissante pour entretenir notre estime personnelle. C’est, à mon sens, un facteur crucial de l’équilibre familial.

Pourtant, j’ai pris conscience lorsque j’attendais mon deuxième enfant que plusieurs facteurs menaçaient cet équilibre :

  • les contraintes de la vie militaire, sur lesquelles nous n’avons que peu de prise,
  • mes contraintes professionnelles,
  • ce que nous souhaitons pour nos enfants : grosso modo, partager avec eux du temps de qualité au quotidien, leur épargner au maximum le poids de nos propres contraintes. Et leur montrer que le travail n’a pas à être un « mal nécessaire » pourvoyeur de contraintes, mais peut au contraire être une source d’accomplissement.

Je me suis donc mise en quête d’un moyen de rééquilibrer notre quotidien. Mais pas question de renoncer à mon épanouissement professionnel !

Des emplois mili-compatibles ?

Il existe de nombreux groupes réunissant les femmes de militaires. Une opportunité pour moi de me renseigner sur les emplois privilégiés par mes collègues de la base arrière.

J’ai pu y constater que les enseignantes sont nombreuses. Elles ont l’avantage d’avoir des horaires compatibles de ceux des enfants, et peuvent théoriquement bénéficier de mutations en même temps que le militaire. Dans les faits, selon les régions il n’est pas toujours facile de retrouver un poste.

On compte également beaucoup de professions médicales et paramédicales, parfois à temps partiel. Elles exercent soit dans la fonction publique, souvent en tant que contractuelles, soit en libéral. Ces dernières profitent de la liberté de leur statut pour adapter leur emploi du temps aux contraintes familiales.

D’autres se définissent comme de véritables couteaux suisses. Formées à de nouvelles fonctions au gré des mutations, leur adaptabilité et leur vaste champ de compétences compense leur mobilité récurrente aux yeux des employeurs.

Enfin, une partie des femmes rencontrées a opté pour l’auto entrepreneuriat, parfois en complément d’une activité salariée à temps partiel. Liberté d’organisation, flexibilité des horaires, relocalisation aisée de l’activité : des arguments solides pour épouser la vie militaire.

Entreprendre, la clé de la liberté

En ce qui me concerne, j’ai rapidement compris que c’est l’entrepreneuriat qui répondrait au mieux à mes besoins. A mon compte, je pourrais aisément épargner la garderie à mes enfants le matin. Je pourrais me libérer plus facilement, notamment pendant les absences de mon mari. Et prévoir des périodes de travail plus intenses quand il serait à quai.

Pour en avoir le coeur net, j’ai décidé, dans le cadre de mon blog, d’interroger des femmes de marin ayant opté pour le statut d’indépendante.

La révélation a été la rencontre avec Constance, la digital nomade. Elle travaille de n’importe où, tant qu’elle a une connexion. Elle peut profiter des absences de son conjoint pour aller voir sa famille ou ses amis, dont les mutations l’ont éloignée. Sans arrêter de travailler. Elle s’organise comme elle l’entend, profite de l’affluence moindre en journée pour s’acquitter de certaines tâches…

Perso, je me vois déjà profiter d’un cours de yoga matinal après avoir déposé les enfants et avant d’attaquer ma journée de travail ! J’ai même trouvé 81 métiers pour devenir digital nomad, il y en a pour tous les goûts.

L’entrepreneuriat, un parcours d’obstacles… surmontables

On ne va pas se mentir, dans ma tête, le déclic pour m’autoriser à envisager entreprendre ne s’est pas fait en un jour. C’est le fruit de longs mois de lectures, réflexions et interrogations, dont certaines ne pourront être levées que quand j’aurai sauté le pas.

« Je n’ai pas le profil »

Quand les autres le font, je suis admirative. Mais ce n’est pas pour moi. Franchement, je ne suis pas assez autonome. J’ai bien suivi un module d’entrepreneuriat quelques semaines pendant mes études, mais le seul souvenir que j’en ai c’est le prof m’interpelant parce que je venais de m’endormir ! Pas franchement encourageant…

Voilà en susbtance ce que la petite voix intérieure me susurrait pendant plusieurs mois. C’était sans compter sur Pose ta Dem. Et notamment un article sur le syndrome de l’imposteur, qui m’a poussée à identifier mes forces, que je ne voyais même pas tant elles me semblaient naturelles. Et, avec le recul, je peux même dire que les femmes de militaires développons certaines qualités particulièrement utiles quand il s’agit d’entreprendre !

Soit, j’ai quelques atouts dans ma manche. Mais je n’ai aucune expérience ! Qui va vouloir me payer pour faire quelque chose que je ferais à peine mieux qu’eux ? Soyons réaliste, je n’ai aucune légitimité pour me lancer.

Pourtant, là encore c’est Charlotte Appietto, avec la théorie de l’échelle évoquée au cours d’un live, et son approche de l’apprentissage dans l’action, qui m’a donné les leviers pour dépasser cette croyance limitante. Finalement, si je suis à deux, peut-être même trois étant passionnée, sur l’échelle de la compétence dans un domaine, je peux déjà être utile à ceux qui ne sont qu’à zéro ou un. Et c’est en commençant par proposer mes services à ces personnes que j’acquerrai de l’expertise et pourrai, au fur et à mesure, en faire profiter d’autres personnes. CQFD.

Reconsidérer le risque financier

Outre ces barrières « internes », l’incertitude financière que j’associais à l’entrepreneuriat me refroidissait. J’ai toujours connu la sécurité du salariat, et l’obtention d’un CDI était presque une consécration. Dans l’esprit commun, le quitter pour aller vendre des bracelets sur la plage ou des services sur internet relève de la folie ! Et je dois dire que, avec un prêt immobilier sur le dos et deux jeunes enfants, je n’étais pas loin de penser la même chose.

Si ce n’est que les conjoints de militaires avons l’opportunité de pouvoir démissionner pour suivre l’autre. Un cas considéré légitime et qui permet donc de percevoir l’aide au retour à l’emploi. Autrement dit, sans même avoir à négocier une rupture conventionnelle, j’ai un filet de sécurité pendant presque deux ans. Un délai plus que raisonnable pour lancer une activité et l’adapter si nécessaire.

Finalement, le plus dur maintenant sera d’attendre la mutation !


Vous pouvez retrouver Anne-Laure, qui nous parle de construire une vie professionnelle sur-mesure lorsqu’on est femme de militaire, sur son site Internet, sur Facebook ou sur Pinterest.


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