Je me prépare

Nouvelle vie, nouvelles compétences : le secret pour tout apprendre

Lorsque l’on veut se reconvertir, on se heurte à un frein : « Je n’ai pas les bonnes compétences ! ». Comment développer ces nouvelles compétences pour se préparer au métier de ses rêves ?

Alors que le monde évolue très vite, il devient nécessaire de savoir se former en continu pour réinventer son travail, sans repasser par les bancs de l’école. Nos carrières ne sont plus linéaires et les reconversions fréquentes. Dans ce contexte, comment se démarquer en devenant un autodidacte 2.0 ? Comment trouver le temps d’apprendre ? Réponse avec Thomas, fondateur de la start-up Empathie et de la formation Apprendre à apprendre !

Réussir dans le monde de demain

Le monde évolue tellement vite, que nous devons nous habituer à l’incertitude. Une étude affirme que 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore. L’intelligence artificielle, la robotisation et l’évolution rapide des nouvelles technologies bouleversent le monde du travail. Que reste-t-il à l’homme ? Il devient un “travailleur du savoir”. D’après l’étude :

“La capacité à acquérir un nouveau savoir vaudra plus que le savoir déjà appris” 

L’avantage d’un humain face à un robot repose sur ses “soft skills”. Les compétences du 21ème siècle sont réparties en 3 catégories : compétences liées au quotidien (productivité, leadership, sociabilité…), compétences littéraires (information, media, technologie) et compétences cognitives liées à l’apprentissage (pensée critique, créativité, coopération, communication).

Thomas Jeanneau a fondé Empathie, start-up dont la vocation est d’apprendre à chacun à… apprendre ! Il nous explique son point de vue : « De plus en plus de métiers vont disparaître et d’autre vont apparaître. Mais c’est difficile à anticiper, car on ne sait pas comment les technologies vont évoluer et à quel rythme. Avec la dynamique des start-up, une nouvelle technologie peut renverser un marché en quelques années. Le système qui repose sur le diplôme, et la carrière faite d’un métier unique, ne fonctionne plus.

Le système scolaire actuel anticipe mal ce changement de paradigme. Progressivement, l’expérience et de la personnalité d’un candidat ont plus de valeur que ses diplômes – c’est encore loin d’être la réalité partout, mais la tendance se renforce petit à petit, face à la dévaluation des diplômes et à l’évolution rapide des compétences recherchées. Votre profil sera séduisant pour les entreprises si vous prouvez votre capacité à apprendre en permanence, à relever les challenges grâce à votre autonomie d’apprentissage ».

De plus, à l’avenir, se spécialiser dans une discipline unique ne sera pas suffisant. Les “multipotentiels” revendiquent aujourd’hui leurs forces : capacité d’adaptation, curiosité, polyvalence… Pour se démarquer dans le futur, détenir plusieurs compétences clés plutôt qu’une expertise unique sera un atout. Pour cela, il faut être capable de se former en continu, de se réinventer tout au long de sa carrière.

« Beaucoup de gens pensent qu’on obtient de la stabilité dans sa carrière en minimisant les risques. Mais ironiquement, dans un monde changeant, c’est l’une des choses les plus risquées que vous pouvez faire. » — Reid Hoffman.

D’accord, mais que faire concrètement ?

La théorie c’est bien, mais en pratique, que devons-nous faire pour acquérir de nouvelles compétences ? Thomas répond à nos questions !

Pourquoi faut-il apprendre à apprendre ? Nos to-do lists sont déjà tellement longues !

Le grand avantage d’être autodidacte, c’est de gagner en liberté : le fait d’être capable de s’auto-former et de développer de nouvelles compétences par soi-même enlève la dépendance aux diplômes. Ces compétences sont un avantage important pour être embauché dans les domaines qui nous intéressent. Donc en plus de ce gain en liberté, il y a un gain en épanouissement.

Etre autodidacte ça s’apprend vraiment ? Ce n’est pas un don ?

Apprendre par soi-même n’est pas inné, heureusement ! C’est justement l’objectif d’Empathie : montrer que l’on peut passer d’un état d’esprit fixe (“fixed mindset”) à un état d’esprit de développement (“growth mindset”).

Dans le « fixed mindset », on pense que l’on est bon dans tel domaine et mauvais dans tel domaine, que c’est un fait. On ne le remet pas en question et on construit sa vie sur ça. C’est l’état d’esprit des personnes qui n’osent pas sortir de leur zone de confort, car si elles se confrontent à l’échec, cela remet en question leur cloison : les compétences sur lesquelles elles ont construit leur identité. 

Le “growth mindset” est l’état d’esprit des personnes qui savent qu’elles peuvent apprendre de leurs erreurs. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui, elles ne savent pas faire, que ce sera le cas toute leur vie. Elles savent qu’elles peuvent développer n’importe quelle compétence avec du temps, de l’effort, de la détermination et de l’action. 

Nous sommes tous acteurs de notre vie et de notre avenir. Si nous voulons un meilleur avenir demain il faut commencer à le préparer aujourd’hui.

Comment savoir de quelles compétences nous avons besoin ?

De nouveaux métiers apparaissent en permanence, donc on peut supposer les compétences dont on aura besoin, mais sans exactitude. C’est pour cela que je trouve qu’apprendre à apprendre est très intéressant, car cela permet de se préparer à l’inconnu. Quand tu es capable d’apprendre en autonomie, indépendamment des compétences précises demandées, tu sauras te former par toi-même quoiqu’il arrive. C’est être prêt à improviser en quelque sorte !

Les hard skills vont disparaître au profit de la technologie, donc les entreprises vont s’attacher à recruter à partir des soft skills : communication, travail en équipe, empathie… ces compétences sont humaines, elles ne peuvent pas être automatisées. Les hard skills c’est important, mais il faut savoir en développer en permanence de nouvelles pour s’adapter. Alors que l’avantage des soft skills, c’est que ce sont des compétences transversale qui peuvent être ré-utilisées dans n’importe quel métier.

Selon Dale Carnegie, 80% de la réussite professionnelle est dûe à nos relations avec les autres. Il l’a remarqué il y a une centaine d’années et c’est toujours aussi vrai aujourd’hui, voire encore plus !

OK mais ça prend du temps, comment faire en parallèle d’un job à plein temps ?

Il n’y a pas de secret : c’est de la gestion du temps. Pour que ce soit efficace, il faut avoir de bonnes raisons de le faire, pour trouver la motivation sur la durée. Il faut supprimer les tâches inutiles, ne garder que l’important… pour arriver à trouver des créneaux dédiés à son apprentissage. Ca peut être 10 minutes chaque matin, comme une demi-heure deux fois par semaine. Tout dépend des disponibilités, des motivations et des objectifs.

L’idéal consiste à créer une nouvelle routine d’apprentissage pour ancrer cette habitude. J’aime beaucoup la technique des petits pas : commencer par tout petit (10 minutes une fois par semaine pendant 4 semaines par exemple) puis augmenter à 30 minutes, etc… jusqu’à arriver à développer une nouvelle habitude.

Dans ma formation Apprendre à apprendre, j’explique justement comment définir son objectif d’apprentissage et gérer ce temps d’apprentissage.

Et toi, pourquoi as-tu appris à apprendre ? Qu’est-ce que ça t’a apporté ?

Ca m’a permis de développer les compétences nécessaires pour me lancer dans l’entrepreneuriat et monter ma propre boîte. Je ne savais pas comment m’y prendre au départ, et le fait de savoir apprendre par moi-même m’a permis de développer les compétences nécessaires pour monter un projet : développement web, lean start-up, product management, sales…

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