Comment oser dire stop quand on n’est plus en phase avec son métier

Quitter son job en CDI en plein COVID, ça peut sembler être de la folie. Rester dans un job qui ne nous permet plus d’être en phase avec nous-même, ça, c’est vraiment de la folie ! Quand la décision de partir est le fruit d’une longue réflexion, d’un accompagnement et de l’envie de se construire une nouvelle vie professionnelle, c’est une autre histoire…Comment oser dire stop quand on n’est plus en phase avec son métier ? Voici les étapes par lesquelles je suis passée.


Article invité rédigé par Stéphanie Campagne


Il y a 18 mois, j’ai décidé qu’il fallait que ça s’arrête. J’avais déjà eu quelques alertes les mois précédents, notamment lors d’une formation au management très enrichissante avec une formatrice passionnée qui avait fait s’allumer quelques voyants, mais à ce moment-là je n’avais pas le temps d’écouter, peut-être pas l’envie non plus. Et puis l’été arrive et ça devient intenable, je ne suis plus qu’une boule de nerfs et de frustration mais je me dis que c’est la fatigue de l’année, que je n’ai qu’à tenir jusqu’aux vacances et que ça ira mieux après.

Je vais bien, tout va bien…

Oh je ne suis pas en burn-out ! Non, je ne croule pas sous une tonne de boulot, je ne bosse pas 70 heures par semaine à en perdre l’appétit et toute vie sociale. Je suis plutôt dans une sorte de nébuleuse où tout ce que je fais n’a aucune utilité, où aucun projet sur lesquels j’ai bossé sur les 12 derniers mois ne verra le jour faute de budget, où il n’y a aucune perspective de challenge ou de nouveauté sur les 6 prochains mois mais comme ça ne gêne personne d’autre que moi, je fais en sorte que ça tienne et j’attends les vacances.

Force est de constater que ça va beaucoup mieux après 3 semaines de break total : pas un coup de fil pro, pas un mail ouvert, et même l’ordinateur qui reste à Paris ! La reprise se passe bien, je suis détendue, souriante, enjouée… Pendant 15 jours j’ai été capable de faire preuve de beaucoup de détachement, de ne pas être ulcérée par la nonchalance ou l’incompétence de certains de mes interlocuteurs, de ne pas réagir de façon épidermique au je-m’en-foutisme… Je suis très détachée. Trop détachée. Ça n’a duré que 15 jours, mais j’ai passé un cap, le cap de « tout ça, ce n’est plus pour moi », le cap de « je vais partir ».

Qui suis-je, où vais-je, dans quelle étagère ?

Partir mais pour faire quoi ? Pour aller où ? Pour refaire ce que j’ai déjà fait, refaire ce que je connais par cœur, m’ennuyer au bout de 6 mois comme d’habitude … ? Trop de questions, pas assez de réponses. Le hasard veut que je tombe sur un post LinkedIn d’une DRH qui propose de coacher quelques « cobayes » volontaires pour valider sa certification de coach. Je me dis que c’est le destin, je la contacte et ça matche immédiatement entre Monia et moi, on part pour quatre mois d’une aventure formidable, difficile, remuante, revigorante et surtout, libératrice.

Quatre mois pour comprendre que ce n’est pas une crise de la quarantaine (ceci dit, avec moi ça se serait plutôt soldé par l’achat d’une Porsche cabriolet…) mais que certains fonctionnements de ma boîte heurtent profondément mes valeurs et qu’il est donc normal que je ne m’y sente plus à ma place. Quatre mois pour me retrouver (qui suis-je, où vais-je, dans quelle étagère ?), pour construire la suite et se préparer au grand saut. Parce que oui démissionner c’est un grand saut dans l’inconnu. Mais c’est aussi un incroyable soulagement quand je vais voir mon manager pour lui dire « ça suffit, il faut que ça s’arrête ».

Le confinement comme opportunité

Mars 2020 et la Covid-19 passe par là, mes dernières semaines de préavis se feront en confinement et au chômage partiel. C’est une formidable opportunité : beaucoup de temps libre mais aucune distraction possible, j’en profite pour jeter les bases de mon projet. Je fais la maquette de mon appli sur PowerPoint et je fais mes premiers tests utilisateurs sur les membres de ma famille avec qui je suis confinée. Je m’essaye à la méthode agile, je modifie mon « appli-PowerPoint » entre deux tests, je recueille les suggestions et ma to do s’allonge chaque jour un peu plus.

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Je passe mon été à me former aux outils no-code qui permettent aux non-développeurs de créer un site ou une application. J’ingurgite près de 200 heures de webinaires et tutos divers. Je tâtonne, je pleure, j’exulte… toute la palette des émotions y passe et miraculeusement mon ordinateur ne passera pas par la fenêtre. Dans le même temps, je m’initie au marketing digital (qui n’existait pas quand j’ai fait mes études), je m’abonne à toutes les newsletters qui me semblent pertinentes, je me familiarise avec le SEO et les algorithmes.

Se lancer même si ce n’est pas parfait

A l’aube du 2nd confinement, mon site et mon appli son lancés : Gift Party est née ! Alors oui c’est vrai mon appli n’est pas la plus jolie graphiquement, mais les nouveau-nés sont souvent un peu fripés et rougeaux non ? Comme une maman débutante, je patauge un peu dans la semoule, mais petit à petit je prends confiance, j’assume ce nouveau rôle, ce nouveau statut tellement éloigné de ce que j’avais imaginé à 20 ans. Noël passe et mon appli ne plante pas : mon crash test a fonctionné, je vais pouvoir passer la seconde.

Je devrais être en panique de me retrouver sans emploi dans une période qui s’annonce rock’n roll, mais pas du tout. Je ne suis pourtant pas particulièrement irresponsable ni inconsciente, mais j’avance selon mon plan 100 fois révisé, amendé, modifié… mais c’est mon plan, alors j’avance. Quand on quitte le monde du salariat pour se lancer dans les montagnes russes de l’entrepreneuriat, il y a des moments de grande solitude et de stress absolu car la question financière est angoissante mais c’est aussi un formidable moteur pour se dépasser et oser. Je crois que je comprends mieux le concept du « self-made man » des américains qui ne bénéficient pas du confort de nos allocations et qui ne dépendent que d’eux-mêmes pour avancer.

Être entrepreneur c’est un marathon, et un marathon ça se prépare…

Grâce au coaching je savais que j’avais plutôt le profil d’une slasheuse (= personne qui a décidé de cumuler les jobs pour créer plus de sens de façon globale). Du coup, en parallèle de Gift Party, je conçois et dispense des formations autour du digital (réseaux sociaux, plan de communication, etc…), et j’anime des sessions de team building au sein de la fabuleuse agence Marcopolette. Je ne me disperse pas, je choisis avec beaucoup de flexibilité mes activités de façon à pouvoir faire ce qui me stimule intellectuellement, ce qui me permet de vivre (et oui il faut quand même payer ses factures), ce qui m’amuse etc…

Ce n’est évidemment pas de tout repos, mais c’est une belle expérience de vie et après un an à cette sauce, je peux dire que je ne regrette rien. Mais, encore une fois, je ne suis pas partie dans cette aventure sur un coup de tête, c’est un projet murement réfléchi, pour lequel j’ai été et je reste accompagnée. D’ailleurs, si j’ai quelques conseils à donner pour s’envoler sereinement, les voici :

  • Se faire accompagner avant de poser sa dem’ : coaching, bilan de compétences, etc.
  • Accepter un temps d’errance pour laisser sa chance à la sérendipité (= Capacité, aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité). A la fin, vous remarquerez que vous n’avez pas erré au hasard, mais lentement construit votre projet.
  • Se former : que ce soit en utilisant son CPF ou en bingeant Open Classroom peu importe, mais il faut retourner à l’état d’apprenant pour appréhender son nouvel environnement humblement.
  • Ecouter et échanger : écouter les témoignages d’entrepreneurs, les TED Talks, tout ce qui peut nourrir notre réflexion même si ça semble très éloigné de notre vie (Barack Obama est super inspirant !) et échanger avec tout le monde sans aucune exception sur ce que vous faites, sur ce à quoi vous réfléchissez, même si ce n’est qu’à l’état embryonnaire. Il faut s’y préparer avec un mini pitch et des oreilles grandes ouvertes car vous aller recueillir des infos, des avis, des conseils, des contacts et peut-être même faire vos premières ventes !
  • Et enfin, travailler son réseau avant, pendant, après… inlassablement, chaque jour. Certainement pas pour faire la collection de contacts, mais pour enrichir votre entourage de personnes avec qui vous pourrez échanger aujourd’hui ou peut-être dans 10 ans sur les sujets qui vous tiennent à cœur.

En résumé, il ne faut pas hésiter à dire stop quand on n’est plus en phase avec son métier !


Vous pouvez retrouver Stéphanie, qui nous explique comment oser dire stop quand on n’est plus en phase avec son métier, sur LinkedIn et sur son application mobile.


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