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Comment gérer le risque financier d’une reconversion ?

La principale inquiétude lorsque l’on souhaite changer de vie professionnelle ? Perdre en salaire bien sûr ! Trouver un job épanouissant mais moins bien payé, créer son entreprise sans se rémunérer les premiers mois… Comment gérer le risque financier pour franchir le pas, coûte que coûte ?

Tout d’abord, il faut bien faire la nuance entre gagner moins et rencontrer de vraies difficultés financières. Diminuer son salaire et n’avoir aucune rémunération le temps de créer une entreprise sont deux choses différentes. Mais dans les deux cas, lorsque l’on a peur, on s’imagine tout de suite le pire. Alors qu’en réalité, il y a plusieurs stades avant d’en arriver à la situation catastrophe !

S’en sortir avec un salaire plus bas ?

Réduire son salaire et s’exposer à de graves soucis financiers, ce n’est pas la même chose ! Les personnes avec qui j’échange et qui sont inquiètes du risque financier causé par leur reconversion sont en réalité inquiètes de réduire leur train de vie. Et il n’y a rien de péjoratif là-dedans, car il est en effet difficile psychologiquement de renoncer à un niveau de vie auquel on s’est habitué.

Dans ce cas-là, le meilleur exercice à faire est le suivant : consultez votre compte bancaire des 3 à 6 derniers mois. Combien dépensez-vous chaque mois pour les charges récurrentes non négociables (loyer, emprunt bancaire, eau/électricité, assurances…) ? Pour les dépenses nécessaires (alimentation, santé…) ? Et enfin pour les dépenses « superflues » ou plaisir ? Vous prendrez ainsi conscience que vos dépenses superflues peuvent être réduites, et probablement les dépenses nécessaires aussi. Une formule déjeuner à 10 euros peut être remplacée par un repas fait maison à 3 euros (sur 20 jours travaillés cela fait une économie de 140 euros sur le mois !). Au quotidien, lorsque vous réalisez un achat, demandez-vous : « Est-ce vraiment utile ? Et si j’en ai vraiment besoin, n’y a-t-il pas d’alternative moins coûteuse ? ». Cet exercice pratiqué régulièrement risque de vous étonner si vous n’avez pas l’habitude de regarder vos comptes à l’euro près.

La première chose à faire est donc de prendre conscience de la structure de vos dépenses et d’analyser comment elles peuvent être réduites. Dans ce cas, vous vous rendrez compte que gagner moins est envisageable. Et si c’est vraiment impossible ? Alors fixez une rémunération plancher en-dessous de laquelle vous ne pouvez pas vivre, et n’acceptez pas de proposition inférieure à celle-ci. Ou cumulez ce job avec une autre activité.

Entreprendre sans se rémunérer ?

Si vous avez un projet entrepreneurial qui ne vous assure pas de revenu immédiat, mais que vous avez des charges mensuelles élevées, le problème est tout autre. Voici les solutions qui s’offrent à vous pour continuer à payer votre loyer :

  • Démarrer votre projet en parallèle de votre emploi actuel pour maintenir un revenu le temps de poser les bases du projet, et quitter votre job une fois qu’il est sur les rails. C’est ce qu’ont fait 3 entrepreneurs qui témoignent ici.
  • Négocier un temps partiel dans votre emploi actuel pour avoir plus de temps sur votre projet.
  • Obtenir une rupture conventionnelle pour toucher le chômage. Démissionner est la pire solution pour assurer vos arrières ! Si votre rupture conventionnelle est refusée malgré vos multiples tentatives, une solution peut être de trouver un autre job salarié et de le quitter avec une rupture conventionnelle cette fois-ci, ou en rompant votre période d’essai à l’initiative de l’employeur. Il ne va pas être très content (d’ailleurs j’ai un peu honte de parler de cette solution !), mais cela ne lui coûtera rien contrairement à la rupture conventionnelle. En revanche attention, si c’est vous qui rompez la période d’essai, vous n’aurez droit à rien.
  • Réaliser des missions en freelance dans votre domaine d’expertise pour avoir des rentrées d’argent tout en ayant un agenda plus flexible qu’en étant salarié. C’est ce que fait Gabriel qui est consultant freelance en business development et entrepreneur. A noter que dans ce cas, vos revenus en tant que micro-entrepreneur peuvent se cumuler en partie à vos indemnités chômage.
  • Commencer avec un business model simplifié qui permet une rémunération le plus tôt possible. Par exemple avec des services en B2C (moins de délais de paiement).
  • Réaliser des missions en interim.
  • Prendre votre mal en patience le temps d’économiser et constituer un matelas de sécurité. Je pense notamment à un futur entrepreneur e-commerce qui prévoit de rester encore 1 an et demi dans son cabinet de conseil en économisant 500€ par mois (avec des sacrifices !), ce qui lui permet de mettre de côté les 9000€ dont il a besoin pour sa sécurité financière.
  • Vivre en coloc ! (sérieusement, je connais deux entrepreneurs qui ont quitté leur appart à plus de 900€ pour vivre en colocation à 500€. Pourquoi ne pas l’envisager ?)

Dans les deux cas, il est important de vous dire que cette situation ne sera que transitoire. Vous n’allez pas galérer pendant les 20 prochaines années parce que vous avez quitté votre job. La preuve, voici deux scénarios possibles :

  • Vous quittez votre emploi pour un autre moins bien payé. Dans ce nouveau poste, vous aurez probablement une promotion plus tard et retrouverez un meilleur salaire. Ou peut-être que cette expérience sera un tremplin vers une opportunité bien plus rémunératrice !
  • Vous quittez votre emploi pour entreprendre ou devenir freelance. Les débuts vont être difficiles, mais grâce à votre persévérance vous finirez par augmenter votre chiffre d’affaires ! Et si ce n’est pas le cas ? Vous retrouverez un job salarié… le temps de renflouer vos comptes et vous lancer à nouveau. Ou bien vous y resterez car vous vous y plairez.

Modifier son rapport psychologique à l’argent

Vous connaissez probablement des personnes autour de vous qui gagnent très bien leur vie mais qui se plaignent toujours de ne pas gagner assez ou d’avoir des soucis financiers… et d’autres qui vivent sans que personne ne sache comment, et qui sont toujours heureuses et insouciantes. Il n’y a donc pas d’équivalence mathématique entre le montant du compte bancaire et le moral de son détenteur !

Alors il a une chose que j’aimerais vous dire : quand on fait ce qu’on aime, on n’a plus besoin de compenser. En passant vos journées dans un job que vous ne supportez plus, vous perdez votre énergie, votre bonne humeur et votre capacité à prendre du recul. Du coup, vous compensez : vous sortez le soir pour oublier vos problèmes, vous sautez sur les premiers billets d’avion venus pour partir en weekend et fuir votre quotidien, vous achetez des plats préparés car vous êtes trop épuisé pour cuisiner… Bref, c’est un cercle vicieux. En faisant un travail que vous aimez, en vous organisant différemment, en ayant un projet qui vous motive, vous n’avez plus besoin de compenser ! Vous n’avez même pas l’impression de vous « sacrifier », car votre nouvelle vie vous stimule bien plus que cette planche de charcuterie à 18 euros.

Et je terminerai cet article sur une question : pourquoi opposer rémunération et passion ? Nous avons tous appris (par la société, la famille, les collègues…) qu’il est normal de travailler dur et péniblement pour « mériter » son salaire. Après tout, on dit bien « gagner sa vie » ! Nous avons intégré l’idée qu’il est impossible d’être bien payé pour faire ce que l’on aime. Ou que seuls quelques happy fews peuvent se le permettre. Mais eux, ce n’est pas pareil : ce sont des chanceux, des génies… Alors pour clore cet article, je vous propose cet exercice : débarrassez-vous de la CROYANCE selon laquelle passion et rémunération ne sont pas conciliables. Supprimez ce principe de votre esprit. Rencontrez des gens qui vivent d’une activité qui les stimule, et le champ des possibles va s’ouvrir !


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