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Olivia : Des ressources humaines à l’artisanat, ou comment libérer sa créativité grâce à une reconversion

Olivia raconte comment elle a décidé de libérer sa créativité grâce à une reconversion professionnelle

Après une expérience en ressources humaines dans le milieu industriel, Olivia s’est reconvertie dans l’artisanat et la formation des artisans. Elle est aujourd’hui épanouie dans cette entreprise qui lui ressemble et qui lui a permis de libérer sa créativité. Dans cette interview, elle nous raconte son parcours, comment elle a tiré les leçons de sa première expérience d’entrepreneure, et retrace les étapes qui l’ont menée à changer de capBonne lecture !


Raconte-nous ton parcours en toute transparence !

Je suis à mon compte à 100% depuis juillet 2019. J’ai aujourd’hui 2 entreprises, un laboratoire de pâtisserie cake design spécialisé sans gluten et adapté aux intolérances et allergies, et j’ai créé mon organisme de formation pour les entrepreneures de l’artisanat, de l’art et du design. Auparavant, j’étais cadre RH dans le groupe EDF, ou j’ai oscillé entre des postes de manager et d’expert en paie, communication interne, relations sociales, formation et gestion des compétences. Et je n’en suis pas à ma première expérience en tant qu’entrepreneure : j’ai fait du « Side Project » pendant 10 ans…

Peux-tu nous en dire plus sur ta première expérience entrepreneuriale ?

Après mes études j’ai eu plusieurs emplois et des missions d’intérim. Ensuite, j’ai rejoint le groupe EDF en 2007. J’avais créé ma première entreprise depuis quelques mois. Mais ce n’était pas rentable. Et ce n’était pas rentable car je ne croyais pas suffisamment en moi. Je ne me pensais pas capable d’apporter de la valeur à mes clients, et je n’osais pas fixer des prix élevés, malgré le fait que j’étais dans le domaine du mariage haut de gamme. Je vendais des robes de mariée, des costumes, des accessoires et de la déco. J’avais des ventes chaque semaine. Pourtant je ne pouvais pas en vivre. Je me disais que ce n’était pas grave car j’avais un emploi salarié qui me permettait de vivre. Je me disais que le but n’était pas de gagner de l’argent mais juste de faire quelque chose que j’aime. Deux fausses croyances qui m’ont menée à prendre la décision de fermer l’entreprise au bout de 5 ans, car je n’y prenais plus de plaisir et que j’avais plus de dépenses que de ventes.

Comment as-tu fait pour libérer ta créativité ?

Je suis restée chez EDF mais l’envie d’entreprendre était toujours là, plus ardente que jamais, et je commençais à m’ennuyer dans l’entreprise. Les mutations n’y changeaient rien. Plus encore, je me suis lassée de l’hypocrisie et des peaux de banane, en particulier entre femmes. Il n’y avait pas de place pour  la spontanéité, ni la créativité et je sentais que je perdais petit à petit ma personnalité, ma joie de vivre…

Entre-temps, j’avais commencé le cake design suite à la demande de ma fille, qui avait alors 4 ans, d’un gâteau reine des neiges pour un goûter entre copines. Quand j’ai commencé à m’intéresser à la pâtisserie créative, je n’ai plus pu m’arrêter. Je faisais des gâteaux chaque semaine parfois plusieurs fois par semaine… Puis j’ai décidé de m’inscrire au CAP Pâtissier pour relever un défi et donner un peu de dynamisme à ma vie… Car le manque de sens à mon travail était bel et bien installé. Je me sentais déconnectée, effacée. Pourtant, je n’envisageais toujours pas d’en vivre. Je craignais de ne plus avoir de plaisir à pâtisser si je devais y ajouter des objectifs de vente.

Quand as-tu décidé de poser ta dem’ pour vivre enfin de ta créativité ?

Le déclic pour poser ma dem’, je l’ai eu de façon inattendue. J’étais alors en charge de la formation et du développement des compétences. Une mission que j’adorais. À chacun de mes entretiens avec un.e salarié.e, je commençais par cette question : si tout était possible, qu’est-ce que vous feriez ? 

J’ai commencé à suivre des ateliers de cake design pour améliorer ma pratique. Lors d’un de ces ateliers, j’ai reconduit la formatrice à son hôtel. Nous avons discuté, je lui ai parlé de mon métier et de ma phrase fétiche en entretien. Et là, sa simple question m’a changé la vie : est-ce que tu t’es posé, à toi, cette question ? Moi de lui répondre que non… Et elle réplique en me posant alors la question : Olivia, si tout était possible, qu’est-ce que tu ferais ? 

Ma réponse était une évidence et sans appel : ouvrir mon salon de thé spécialisé en cake design. 

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À partir de là, je ne pouvais plus me mentir à moi-même. Nous étions en novembre 2018. En avril 2019, j’ai fait une demande de congé sabbatique qui a été acceptée. En mai, j’ai passé mon CAP avec succès. En juillet j’ai officialisé mon entreprise et ensuite j’ai demandé et obtenu une rupture conventionnelle.

Comment as-tu relevé ce nouveau défi ?

Cette fois, je voulais que ça marche et j’ai tiré leçon de mes premières expériences. J’ai été accompagnée par des coach et mentors à chaque étape de l’évolution de mon entreprise. D’autant que le cake design, ce n’est qu’une partie de mes activités.

Le conseil, l’accompagnement, le coaching, tout cela me manquait. J’ai donc trouvé le moyen de concilier les deux, et de donner sens à tout ça pour ne surtout pas m’éparpiller
Il me fallait donc trouver un nouvel équilibre, respectueux de mon énergie et de ma créativité, et de mon grand besoin de spontanéité, tout en étant structurée et organisée.

J’aime parler d’éclosion, plutôt que de reconversion, car cette envie d’entreprendre est en moi depuis des années.

Qu’est-ce qui a été le plus dur dans ton parcours professionnel ?

Je dirais que le plus dur a été de trouver mes marques en terme d’organisation et de prise de décision. En effet, après plus de 12 ans en tant que salariée, je peux dire que j’étais formatée à « exécuter ». Quant à l’organisation, elle était imposée par le rythme des réunions et le rythme de l’équipe. Quand j’ai commencé à travailler à mon compte, ça m’a pris quelques semaines pour trouver une organisation qui me correspond. Ce qui a été vraiment nouveau pour moi, ça a été de m’accorder des moments de rien. Oui, des moments libres où je peux juste créer, imaginer, aller vers de nouveaux concepts. Programmer de ne rien faire, ça a été une véritable libération pour moi ! Je suis très créative, et ai donc besoin de temps pour laisser place à cette créativité. Les compétences créatives ne sont pas bien valorisées en entreprise classique. Mais c’est une compétence essentielle quand on est artisane.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Je conseillerais 3 choses :

  • Faire un travail de mindset pour s’échapper des idées reçues car c’est souvent ce qui bloque le plus. Donc, prendre un rendez-vous avec soi pour vraiment regarder les choses en face et s’écouter, et se faire accompagner. Car seul, on ne voit pas tous les angles…
  • Comprendre sa créativité pour mieux en tirer profit. Une créativité trop brimée, étouffée, fait du mal . De plus, c’est priver le monde de ce don, quel dommage… La créativité est une compétences stratégique ! Libérer sa créativité est essentielle !
  • Avoir une organisation qui respecte son énergie naturelle et son besoin de spontanéité. Ca revient à être à son écoute et je pense que c’est une clé essentielle pour décider et réussir. Sortir des « yakafokon » en matière d’organisation et créer sa propre normalité.

Que retenir de l’expérience d’Olivia ?

  • Libérer sa créativité est indispensable, ne vous restreignez pas et n’oubliez pas qu’il est possible de se créer un métier sur-mesure.
  • Faites-vous accompagner : vous gagnerez du temps et de l’énergie. C’est aussi un bon moyen de prendre du recul et de ne pas se laisser dépasser dès qu’un obstacle surgit.
  • L’avantage de l’entrepreneuriat est de pouvoir s’organiser comme on le souhaite alors profitez-en ! Trouvez l’organisation qui VOUS convient et comme le dit si bien Olivia : créez votre propre normalité !

Vous pouvez retrouver Olivia sur son site Internet, sur LinkedIn, sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter.


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