Quitter son job : pourquoi c’est difficile malgré la volonté

Kevin explique comment quitter son job

Est-ce que, vous aussi, vous attendez « le bon moment »? Ou peut-être que vous culpabilisez à l’idée d’abandonner vos collègues? C’est difficile de quitter son job. Au fond, la situation pourrait être pire ailleurs, et vous n’êtes finalement pas si mal que ça ici… J’ai trop longtemps pensé de cette manière. Je me suis donc demandé ce qui m’avait posé problème, et je vous ai condensé ça dans cet article. Bonne lecture !


Article invité rédigé par Kevin Detem.


C’est pas l’envie qui manque…

Lundi matin, tout le monde à son poste. Vous venez d’arriver avec la ferme intention de parler à votre boss aujourd’hui. Cette fois c’est la bonne. Vous avez décidé d’enfin penser à vous d’abord.

Vous croisez vos collègues et échangez quelques sourires et 2-3 blagues.
Le manager passe devant votre bureau et vous demande comment s’est passé le weekend…
Elle est quand même cool, cette petite équipe…

Vous ne vous sentez pas super bien, mais ça pourrait être pire ailleurs. Puis des matins comme celui-ci vous remontent rapidement le moral. Ça vaut peut-être le coup de prendre un peu sur vous…

Et puis, les collègues seront peut-être blessés par votre décision… Elle sera peut-être perçue comme une trahison, ou comme un abandon… Rien qu’en imaginant la situation, vous vous sentez coupable.

En plus la période des fêtes approche et l’équipe a besoin de vous. Ce n’est pas le bon moment pour quitter le navire.
Vous venez à peine de vous remettre dedans, après la rentrée…

Vous préférez attendre le bon moment. Jusqu’à ce que vous arriviez au printemps et vous y êtes toujours. Et le projet en cours se termine dans quelques semaines, il ne faut pas lâcher maintenant…

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Bon, vous avez compris.
L’envie de quitter son job peut durer très longtemps sans que vous ne passiez jamais à l’action. Ça arrive plus qu’on ne le pense. Le stress provoqué par cette démotivation et cette impression d’impuissance peuvent vous faire prendre l’eau et vous amener d’autres problèmes, des douleurs au dos au burn-out.
Mais ce n’est pas une fatalité…

Pourquoi c’est difficile

Personnellement, je ne suis pas allé jusqu’au burn-out donc je ne me permettrai pas d’en parler. Par contre, j’ai retiré 4 points douloureux de mon expérience personnelle qui vous parleront sans doute aussi…

1) Peur de l’inconnu

On ne la présente plus. La peur de l’inconnu est naturelle, instinctive. Elle sert à nous protéger, car l’inconnu peut être dangereux… Aujourd’hui beaucoup moins que dans le passé, mais notre ADN ne change pas aussi vite que la société!

En plus le travail fait partie de notre identité! On s’en sert pour se présenter. (Combien de fois n’avez vous pas demandé ou entendu la question « tu fais quoi dans la vie? »…)

C’est un repère, un cadre. Et quitter son job, ça implique parfois de tout reconstruire… et le passage par une éventuelle période de chômage nuirait gravement à votre estime de vous-même.

2) Sécurité

En bons êtres humains, nous avons besoin de sécurité.

Je vous propose un petit cliché. Ce que la société vous demande, c’est d’être bon élève, faire de bonnes études, trouver un emploi stable avec une bonne épargne pension. Au fond, vous avez certaines protections en tant que salarié et des vacances garanties chaque année… Alors, pourquoi pas?

C’est rassurant, et vous ne voyez pas quoi faire d’autre de toute façon… Si vous deviez démissionner maintenant, vous perdriez tout ça, et vous ne seriez pas sûr de retrouver autant de confort ailleurs.

3) L’enfer, c’est les autres

Ce point-là a souvent été le plus douloureux pour moi.

  • Si je m’en vais, qu’en penseront les collègues, les amis, la famille?
  • Que vont-ils penser de moi si je dois passer par la case chômage?
  • Et si je quitte un emploi stable pour me lancer dans une aventure qu’ils ne comprennent pas?

Le regard des autres est souvent une projection du regard que vous posez sur vous-même… Vous vous jugez trop souvent? Alors il y a beaucoup de chances que vous pensiez que les autres le font aussi.

4) Conflits de valeurs

Ce tiraillement entre 2 motivations … Vous êtes un exemple de loyauté, et abandonner votre poste pourrait entacher ce trait de caractère…
Vous avez l’impression d’abandonner quelqu’un, ou quelque chose, et de rompre ce lien de confiance.

Cette loyauté vous définit, mais votre soif de liberté aussi!
Vous êtes aspiré vers l’intérieur et vers le grand air en même temps…

Comment surmonter ces difficultés

Voilà quelques pistes qui m’ont aidé à avancer dans mes réflexions et dans la diminution de mes croyances limitantes… Si vous avez du mal à prendre des décisions, j’ai écrit un article où je propose 6 techniques pour savoir prendre des décisions plus facilement. J’en ai récupéré 2 d’entre elles pour notre problème du jour :

1) Scénario du pire

Tim Ferriss, dans La Semaine de 4 heures, propose de s’imaginer le pire scénario qui puisse se produire si vous passez à l’action. Dans la plupart des cas, vous vous rendrez compte que le pire n’est pas aussi mauvais que vous le pensiez.

Dans notre cas, le pire qui puisse arriver en cas de démission, c’est d’avoir des problèmes d’argent. Si vous êtes convaincu de votre choix, vous y réfléchissez probablement depuis un bon moment. Et vous avez donc pensé à une solution alternative, comme la recherche d’un autre emploi ou la réalisation d’un projet entrepreneurial.

Votre situation actuelle est douloureuse au point de pouvoir vous satisfaire provisoirement un job « alimentaire », le temps de rebondir? Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire…

2) Pour & Contre

Classique! Faire une liste de « pour » et de « contre » peut vous aider à voir de manière plus rationnelle vers quoi penche la balance. Si votre liste « pour la démission » est beaucoup plus grande que la liste « contre », il vous sera plus facile d’imaginer votre passage à l’acte.

Une idée que mon père m’a donnée un jour, c’est de pondérer les différents points. Par exemple, notez vos différentes arguments pour et contre sur une échelle de 1 à 5, 1 étant juste préférable, 5 étant le plus important. Ça vous aidera si vous avez un même nombre de « pour » et de « contre », ou si le contraste n’est pas flagrant.

3) Le bon moment

Il n’y a jamais de bon moment! Attendre le bon moment pour décider de quitter son job, c’est souvent un moyen de procrastiner car vous êtes sujet à l’un des obstacles vus plus haut dans cet article. Il y aura toujours une excuse qui vous fera dire que ça ira mieux plus tard.

Vous vous souvenez de l’adolescence, que vous deviez mettre fin à une relation amoureuse? Vous attendiez sans doute déjà le bon moment… Mais le bon moment n’existe pas. Ce qui compte, c’est de prendre la décision avant que ça ne commence à vous nuire.

4) Votre propre regard

Vous avez imaginé tout ce que les autres pourraient penser de votre décision. Mais avez-vous déjà imaginé ce que vous penseriez d’un collègue qui se trouve dans votre situation?
Vous ne le jugerez probablement pas autant que vous pensez être jugé par les autres…
Alors pourquoi les autres penseraient tellement de mal de vous?

Et puis, au lieu de supposer, si vraiment ça vous hante, demandez-leur ce qu’ils en pensent. 🙂 Cela dit, ça ne doit pas peser dans votre balance.

L’erreur à ne pas commettre

J’ai souvent voulu montrer que j’étais capable de plus, que j’étais digne de confiance et que j’avais une bonne conscience professionnelle.
Mais trop souvent, je n’ai pas su dire non car je voulais prouver et me prouver de quoi j’étais capable. Dans la pratique, ça allait, j’assumais les tâches qu’on me donnait et je recevais même des compliments. Ce qui me donnait envie de continuer.

J’étais convaincu que je serais finalement récompensé et reconnu pour le travail accompli…
Pourtant je n’aimais plus mon travail. Mais je gardais espoir. Les efforts allaient être récompensés…

J’ai commencé à avoir des douleurs au dos. Des raideurs d’abord, jusqu’à des lumbagos. Plusieurs en quelques mois.

Plus récemment, j’ai réalisé que je ne serais pas récompensé et que je ne recevais pas de reconnaissance.

Ce que j’ai pu retirer de cette expérience, c’est qu’il ne faut pas être aveuglé par le besoin de reconnaissance, bien sûr… Mais surtout, il faut savoir s’écouter.

Lâchez prise, partez quand vous commencez à en avoir marre, pas après des blessures physiques dues au stress et à la frustration.

Le soulagement

Imaginez maintenant que votre décision est prise, et que vous en avez fait part à votre boss. Il a réussi à vous faire culpabiliser? Ou au contraire, il comprend et respecte votre choix?

Comment vous sentez-vous? C’est difficile de quitter son job. Et le simple fait d’en avoir parlé peut vous libérer avant même d’être vraiment parti. Peu importe ce que votre patron vous renvoie comme émotion.

Ce qui est fait est fait, vous avez agi et vous en êtes soulagé.
Peut-être que les dernières semaines vont être étranges, car vos collègues savent que vous n’êtes plus vraiment des leurs…

Mais bizarrement, ce n’est plus un souci. Maintenant que votre décision est officielle, le jugement des autres n’est plus un poids. Car vous avez agi pour vous, pour une fois.

Après avoir quitté son job …

Si vous avez peur de ce grand vide qui vous attend après, je vous propose un article sur les routines matinales qui pourrait peut-être vous aider à reprendre le contrôle de votre vie.

Pensez à vous. Demandez-vous ce que vous voulez vraiment. Et si vous avez peur de ce que les autres en pensent, vous verrez qu’il y a plus de bienveillance que ce que vous pouvez imaginer. Une fois votre décision prise, vous verrez que les réactions négatives ne vous affecteront plus.

Si vous êtes passé à l’action, comment ça s’est passé pour vous? Qu’avez-vous eu comme problèmes? Qu’est-ce qui a plutôt bien fonctionné?
Dites-nous tout dans les commentaires sous cet article !


Vous pouvez retrouver Kevin sur son site Internet, sur Facebook et sur Instagram.


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