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Yéza : Réussir en freelance, c’est possible grâce au personal branding !

Yéza est consultante en communication digitale dans les secteurs de l’Economie Sociale et Solidaire et du développement durable, ainsi que coach en personal branding. Mais avant d’en arriver là, elle est passée par des périodes de chômage et de salariat… avant de créer son propre métier pour allier passion et liberté. Son parcours prouve que réussir en freelance, c’est possible !

Bonjour Yéza, raconte-nous ton parcours en toute transparence !

J’ai un parcours académique littéraire : Bac L, prépa hypokhâgne et un Master en Science Politique obtenu à Lyon, avec au passage une année en Californie. Une fois mes études terminées, les choses se sont compliquées. J’ai fait un service civique en mairie durant lequel j’étais chargée de mission Agenda 21 et développement durable. C’est à ce moment-là que j’ai découvert mon intérêt pour le secteur du développement durable, ce qui me faisait une première piste.

J’y ai travaillé pendant 6 mois en 2014, puis j’ai découvert les joies du RSA et de la recherche d’emploi ! Cette période a duré plus d’un an au total : 9 mois de chômage puis un petit CDD dans le développement durable. J’étais consultante en mobilité durable et mon objectif était de sensibiliser les habitants à des modes de transport alternatifs à la voiture. C’était un travail de terrain, sans horaires de bureau et en autogestion, ce qui me correspondait parfaitement.

Puis j’ai connu une nouvelle période de chômage avant de trouver un poste de community manager pour un photographe lyonnais, ce qui a été ma première expérience en communication. C’est à cette période que j’ai commencé à développer mon réseau sur Lyon, en allant à la rencontre des acteurs de l’ESS. J’ai été “Gangster” pour Makesense : le but était d’aider des entrepreneurs sociaux à développer une partie spécifique de leur projet comme leur communication par exemple. J’ai suivi le MOOC Entrepreneurs du changement, et c’est au travers de ces découvertes que j’ai développé ma connaissance du monde de l’ESS et du social business. J’ai trouvé du travail en mai 2016 sur Paris, alors j’ai quitté Lyon pour m’installer dans la capitale. J’étais chargée de communication et événementiel dans une association de développement durable qui fédère un réseau de collectivités territoriales.

Pendant ma recherche d’emploi j’avais pour objectif de trouver un CDI et de rentrer dans les cases. Mais une fois dans un emploi classique, j’ai compris que ça ne me convenait pas ! Je voulais mon indépendance, m’organiser comme je souhaite, me lever à l’heure que je veux, gérer mon travail et ma vie en autonomie… alors qu’en tant que salarié c’est impossible ! J’ai décidé de me lancer dans l’entrepreneuriat alors que j’étais encore en poste. J’ai pris le temps de développer mon réseau, car quoique je fasse, salariée ou indépendante, il me fallait un réseau extérieur à mon entreprise. 

Puis au bout de 6 mois, j’ai quitté le poste avec une rupture d’un commun accord, ce qui m’a ouvert les droits au chômage. Il faut être très diplomate pour que ce soit accordé ! J’ai dit que je cherchais encore à trouver ma voie, que ce poste en bureau ne me convenait pas car j’aspirais à autre chose.

Je n’ai aucun regret, car ce job m’a permis de savoir ce que je ne voulais pas

Je suis allée à des meet-up, j’ai rencontré des professionnels de la communication digitale pour comprendre leur activité, entendre leurs conseils pour démarcher des clients… J’ai ainsi préparé mon lancement 6 mois à l’avance. 

Comment se sont passés tes débuts de freelance ?

J’ai suivi beaucoup de formations pour être sûre d’être compétente, notamment sur LiveMentor. Pendant un live du cours en Marketing digital, je posais des questions sur l’administratif dans l’entrepreneuriat. Charles, co-fondateur de LiveMentor, m’a dit “lance-toi et arrête de te poser des questions”. Ca a été le déclic, je me suis lancée ! Leur formation Devenir freelance m’a appris à fixer mon prix, à trouver des clients, rédiger des cold mails … Soit toutes les bases de l’entrepreneuriat et du marketing digital. Ils m’ont aussi appris que tout n’a pas besoin d’être beau et parfait au début. Il vaut mieux commencer par quelque chose de simple qui évoluera au fur et à mesure en fonction de feedbacks, que de passer des mois dans une cave et sortir quelque chose que personne ne veut.

J’ai créé mon site internet et une newsletter pour mon audience. Au départ, comme beaucoup de freelances j’avais le syndrome de l’imposteur, et je me retrouvais parfois à travailler gratuitement. Il m’a fallu environ 6 mois pour avoir une vraie activité, le temps de créer ma propre visibilité. J’ai commencé à pouvoir en vivre à partir d’octobre 2017. J’ai eu une première cliente que je connaissais depuis quelques mois, mais c’est grâce à la visibilité acquise entre temps qu’elle m’a recontactée.

Justement, comment fais-tu pour avoir de nouveaux clients ?

Depuis que je me suis lancée en juillet 2017, je n’ai jamais eu besoin de démarcher grâce à ma stratégie de personal branding. Je développe ma marque personnelle, je communique sur mes valeurs, mon travail, mes partenariats… C’est comme une mise en scène de ma vie entrepreneuriale, je valorise ce que je fais. C’est ce qui me permet d’avoir des clients car aujourd’hui si l’on veut se démarquer, il faut davantage miser sur sa personnalisé que sur ses compétences. On est dans un marché en forte concurrence, on a quasiment tous les mêmes compétences (Facebook, rédaction, publicité…). Il ne faut pas se démarquer avec des prix inférieurs, donc il faut se démarquer avec ce qui fait son authenticité.

J’ai écrit un article pour témoigner de mon expérience « Comment le chômage m’a ouvert les portes de l’entrepreneuriat social« . Je l’ai envoyé à Maddyness qui accepté de le publier ! Il a été partagé plus de 300 fois, ce qui m’a beaucoup aidée à gagner en visibilité. J’ai réitéré l’expérience avec mon article « 30 leçons d’entrepreneuriat apprises en 6 mois » publié sur Frenchweb.

Enfin, le réseau est primordial pour avoir de nouveaux clients. J’utilise l’application Shapr, mais j’ai aussi trouvé des prospects via LinkedIn et Twitter, et je continue de participer à des meet-up dans mon secteur. J’ai créé une communauté de freelances dans l’ESS qui m’a aussi amenée une cliente !

En revanche j’utilise très peu les plateformes de freelances. J’ai un profil mais je n’ai jamais eu le moindre client et ce n’est pas une stratégie pour moi car je n’ai pas la possibilité de m’y exprimer à ma façon.

Comment gérer le syndrome de l’imposteur lorsque l’on démarre ?

Le syndrome de l’imposteur peut survenir quand tu n’as pas les diplômes correspondant au métier que tu exerces. Dans mon cas, je n’ai pas de master en communication ni de diplôme de coaching, et pourtant je le fais. Il y a encore des choses que je ne maîtrise pas entièrement dans mon domaine, mais je prends le temps de me former.

Pour se défaire de ce syndrome, une solution : oser faire des choses et se lancer ! Si on me propose une nouvelle mission et que je pense pouvoir y arriver même si je ne l’ai jamais fait, j’accepte. Si je ne suis pas sûre, je refuse. En tant qu’entrepreneur il faut parfois se challenger. Au pire, si ça ne marche pas, il se passe quoi ? Rien, il faut juste recommencer !

Mieux vaut tenter de nouvelles choses que de ne jamais avancer.

Comment fixer son prix quand on débute ?

Il faut regarder ce qui se fait autour de soi. Faire une veille sur Malt permet d’avoir une idée des prix, mais il faut se méfier car certains freelances proposent des tarifs très (trop) bas. Il ne faut jamais se mettre en dessous de 250€ la journée. En tant que Community Manager on peut commencer à 400€/jour, mais en réalité c’est assez haut pour quelqu’un qui démarre. A un moment j’ai douté sur ce prix car je voyais des gens plus expérimentés qui facturaient moins cher.

Il faut calculer son prix en fonction de ses charges, de son statut, de ses objectifs financiers, des aides que l’on a comme l’ACCRE pour les micro-entrepreneurs… Je conseille le statut micro-entrepreneur si l’on est seul et que l’on a une activité de prestations de service.

Ensuite, le prix augmente en fonction de son expérience mais aussi et surtout de son ressenti. J’ai augmenté mon tarif plus vite que prévu parce que dans ma tête j’étais prête, sinon je ne l’aurais pas fait. Le déclic a eu lieu lorsque j’ai eu une mission à 3000€ pour 8 jours par mois. J’ai osé affirmer mon prix et ça a marché, car il est justifié : temps de travail, valeur ajoutée… Et il faut savoir écouter le discours de la personne en face de soi pour ajuster en posant les bonnes questions.

Comment vis-tu ta vie de freelance ?

Ce qui me plaît, c’est d’avoir toujours de nouveaux projets.  En parallèle de mes missions, j’ai un engagement associatif, un collectif de community managers, CmForGood, les Mémorables Storypreneurs, ma communauté d’entrepreneurs qui souhaitent écrire leur histoire, et une communauté de freelances dans l’ESS. Ce sont des projets qui nourrissent mon activité car elles sont en lien avec mon coeur de métier. Il faut apprendre à mobiliser ses side projects pour nourrir l’entrepreneuriat. A la base ce n’était pas pensé, puis j’ai compris la richesse de ce fonctionnement. Quand tu es entrepreneur tu es dans un écosystème tellement créatif et stimulant que tu as toujours de bonnes idées !

Comment t’organises-tu avec tous ces projets ?

J’ai une organisation très carrée ! J’utilise Trello aussi bien pour structurer mes journées que pour bâtir ma stratégie de développement sur un an, ou encore pour gérer mon planning général de personal branding.

A la fin de chaque semaine, le dimanche, je fais le planning de la semaine suivante et j’intègre tout. Ma journée est segmentée en différentes tâches, et toute ma vie est organisée (sport, sorties…). C’est important de savoir où tu vas quand tu es indépendant ! Et c’est aussi important de prendre le temps de s’inspirer. Par exemple, le midi je mange en écoutant des podcasts.

Je suis complètement digitalisée, je n’ai pas de notes papier. 

Quels sont tes conseils à ceux qui souhaitent se lancer ?

Préparez votre lancement ! Commencez dès maintenant à réseauter et à rencontrer des personnes de votre secteur pour leur poser des questions concrètes. Si vous avez la possibilité de suivre des formations en ligne, faites-le car c’est intéressant. Ensuite je conseille de faire de la veille événementielle, d’aller sur meet-up, Facebook, découvrir les événements auxquels se rendre pour s’imprégner du milieu. Mon second conseil est d’avoir un peu de trésorerie avant de se lancer, ou d’être sûr d’avoir droit au chômage, car on ne commence pas à gagner de l’argent en un mois !

Pour développer votre activité, montrez ce que vous faites, rendez-vous visibles. Si vous savez écrire, essayez de tenir un blog ou plus simplement d’avoir un compte Medium pour publier des articles. Ensuite, partagez des publications, l’actualité du secteur, participez aux communautés…  Votre objectif est de développer votre image d’expert. Pour être visible, vous devez produire des contenus ! A vous de trouver le domaine qui vous plaît le plus et commencez à parler de sujets qui peuvent intéresser d’autres personnes : elles formeront votre future communauté. Ce n’est pas grave si ce n’est pas parfait, ce sera mieux après… mais pour cela, il faut commencer !

(Pour en savoir plus sur Yéza : son profil LinkedIn, son site internet, sa page Facebook et son compte Instagram)


Que retenir de l’expérience de Yéza ?

  • Préparer au mieux son lancement : commencer à réseauter, suivre des formations en ligne, participer à des événements… et mettre un peu de trésorerie de côté
  • Commencer à écrire et à communiquer sur son sujet pour construire progressivement son image d’expert
  • Tout n’a pas besoin d’être beau et parfait au début, mieux vaut se lancer et s’améliorer ensuite
  • Pour se défaire du syndrome de l’imposteur, une seule solution : oser passer à l’action !
  • Pour accroître sa visibilité et gagner de nouveaux clients :
    • Adopter une stratégie de personal branding efficace
    • Se créer des opportunités
    • Développer son réseau professionnel

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