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Objectif lune : les premiers pas de l’entrepreneur

Alec Henry explique ici els premiers pas de l'entrepreneur

Vous avez cédé à l’appel des grands espaces et souhaitez devenir entrepreneur ? S’il ne fait plus de doutes que vous avez l’âme d’un explorateur, ainsi que le courage et la créativité d’un entrepreneur… il est temps de concrétiser vos ambitions en assurant vos appuis pour une équipée durable et résistante. Dans cet article, je vous propose d’examiner les éléments de passage à l’action qui établiront votre business et garantiront sa pérennité : voici les premiers pas de l’entrepreneur !


Article invité rédigé par Alec Henry


Premier échelon : Cernez votre cible

Dans cette première étape, vous allez travailler sur la création d’une offre qui trouvera naturellement ses acheteurs, dans la mesure où vous identifierez son caractère opportun.

Travaillez sur votre audience cible : qui sont ces futurs clients que vous appelez de vos pensées ?

1/ Définissez votre audience…

  • Quel est son profil ? Son âge, son sexe, ses intérêts ? Sa catégorie socioprofessionnelle ?
  • Quels sont ses désirs, ses craintes, ses aspirations ?

2/… puis cernez lintérêt quelle aura pour vous :

  • De quel service, de quelle prestation, de quel produit a-t-elle besoin ?
  • Quelle est votre solution pour qu’elle atteigne ses objectifs ?
  • Combien d’argent sera-t-elle prête à mettre dans votre prestation ?

Travaillez en profondeur sur cette valeur recherchée par votre audience cible, cette solution perspicace, à-propos, et bientôt indispensable, que vous lui apporterez.

En effet, l’idée à laquelle nous croyons sincèrement, est qu’il est utile et ingénieux de focaliser davantage son attention sur son offre (le qualitatif), que sur le nombre potentiel de prospects et l’étude de marché (le quantitatif)… qui viendra en complément de votre réflexion.

Deuxième échelon : Engagez-vous vers vos objectifs

Lors d’une seconde étape, portez votre attention sur les objectifs financiers et fonctionnels de votre entreprise.

  • Pour déterminer le fonctionnement financier de votre entreprise, réfléchissez aux chiffre d’affaires que vous souhaitez réaliser en fonction de la place que prend l’activité dans votre vie, et du style de vie que vous recherchez.

Dans un tableau, faites émerger le prix de votre prestation, en rapport avec la valeur que vous lui donnerez et le nombre potentiel de vos clients. Votre objectif n’est pas de créer une offre à bas prix, mais une offre qui vous permettra d’atteindre réalistiquement vos objectifs financiers.

Trouvez l’équilibre dans cette balance :

Chiffre d’affaires

Prix de la prestation -> Valeur de l’offre <- Nombre de clients

 

  •  Investissez utilement : choisissez des actifs. Comme le dit Robert T. Kiyosaki dans Rich dad, poor dad, ouvrage de référence sur l’éducation à la gestion financière, l’actif, à la différence d’un passif, « est l’ensemble des biens et créances qui mettent de l’argent dans ma poche». Dans ce sens, une formation payante est un actif car passée la première dépense, elle vous apporte des compétences qui seront très vite converties en revenus.
  • Dans le but de vous démarquer et de déterminer précisément où se trouvera la valeur de votre offre, créez un business model de type Canvas (attention, ne foncez pas tête baissée avant d’avoir consulté sa variante plus bas).

Cet outil, développé par A. Osterwalder et Y. Pigneur dans Business model Nouvelle génération, vous permet de structurer la vision de votre entreprise. Sur votre plan de travail, vous disposerez de neuf blocs caractéristiques de votre stratégie économique, qui viendront se compléter les uns les autres, aussi bien théoriquement que visuellement.

Il s’agit de remplir ces blocs avec vos idées, et de les réorganiser en fonction de l’évolution de ces idées :

1- Clients : point névralgique de votre business, qui sont-ils ? Votre clientèle sera-t-elle diverse, segmentée ?

2- Activités : quelle est, concrètement, la prestation que vous proposez ?  Quelles sont les actions qui permettent de l’exécuter ?

3- Ressources clés : que mettez-vous en oeuvre pour réaliser votre activité ? Avez-vous du matériel, des employés, investissez-vous dans des outils (comme votre site internet) pour être à même de créer votre offre ?

4- Proposition de valeur unique : quelle offre unique apporte de la valeur à votre prestation ? Un service inédit ? Haut de gamme ? Personnalisé ? …

5- Relation clients : quelle relation établissez-vous avec vos clients ? Quels moyens employez-vous pour aller au-delà d’un simple échange prestation-rémunération ? Comment prenez-vous contact avec vos prospects, facilitez-vous les échanges, les achats, ainsi que la compréhension, la satisfaction et la fidélité de votre clientèle ?

6- Canaux : quels sont vos moyens de communication et de distribution ? Lesquels sont privilégiés ?

7- Partenaires : ces alliés, agences, fournisseurs, sous-traitants, etc., sont à vos côtés pour faire fonctionner votre machine entrepreneuriale. Qui sont-ils, comment les avez-vous choisis, comment gérez-vous la relation avec eux, dès le premier contact ?

8- Structures de coût : prévoyez vos coûts fixes, et ceux qui vont évoluer avec votre activité. Quels sont ceux qui peuvent être réduits, et quels investissements vous semblent indispensables, tandis que d’autres peuvent être laissés à la concurrence ?

9- Flux de revenus : prévoyez non seulement vos prix (et ce sur quoi vous vous basez pour les fixer : votre temps ? La rareté du service que vous proposez ?) mais aussi la manière dont vous serez payé et le rythme de vos rentrées d’argent.

La variante du business model Canvas s’appelle le Lean Canvas et est particulièrement adaptée aux start-up. Il aide à valider ou invalider des hypothèses qui sont déterminantes au lancement du projet. Il suffit de remplacer quatre blocs du canvas initial :

7- (Les partenaires) Les problèmes à résoudre : quels sont les trois principaux problèmes de vos prospects, que vous pouvez résoudre ? Comment ces problèmes étaient-ils (insuffisamment) résolus auparavant ?

2- (Les activités) Les solutions : quelles sont vos principales solutions à ces problèmes ?

5- (Les relations clients) L’avantage compétitif : quels sont vos avantages, vos avances sur la concurrence, et vos moyens de vous en protéger ?

3- (Les ressources) Les indicateurs de performance : quelles sont les preuves qui témoignent du succès de votre offre ?

Troisième échelon : Édifiez votre stratégie

Arrivé à cette étape, vous avez déjà une idée claire de votre entreprise. Pour la porter aussi loin que possible, n’hésitez pas à adopter une stratégie anticipatrice.

Ainsi nous vous proposons de naviguer dans un blue ocean (océan bleu), méthode décrite par W. Chan Kim et R. Mauborgne dans leur ouvrage Stratégie océan bleu.

Dans cette métaphore sous-marine, vous évoluez dans des profondeurs abyssales inexplorées. Personne ne vient perturber la quiétude de vos eaux… mais pour voir arriver vos clients dans vos latitudes, il s’agira de créer une demande pour votre prestation. À l’inverse, dans un océan rouge, la demande est conquise au milieu des prédateurs, univers féroce et sanglant s’il en est.

Cette stratégie dynamique impose de se renouveler pour retourner dans des eaux limpides et inhabitées, une fois que la concurrence aura décidé de croquer un bout de votre marché.

Le principe : créer l’innovation utile

Pour mettre cette stratégie en œuvre vous aurez choisi un marché vierge, innovant… et qui répond à un besoin peut-être encore non formulé.

Puisque vous créez la demande, en produisant une valeur et la communiquant efficacement, vous n’êtes pas soumis à la nécessité de trouver un meilleur rapport qualité / prix que la concurrence : vous n’aurez pas à augmenter vos coûts ni à brader vos prix. Vous êtes libre d’inculquer à vos futurs clients une idée de la valeur de votre offre.

Quelle différence entre océan bleu et niche ?

Votre niche vous l’avez trouvée.

Qu’apporte l’océan bleu en comparaison ? Outre le fait que cette expression évoque franchement la nouveauté (tandis que la niche est davantage l’extension d’un marché existant), c’est aussi véritablement un terme stratégique. Il s’intéresse aux procédés pour être et rester dans un univers hors concurrence, où vous faites la loi.

Quelle stratégie ?

  • Rester à l’affût des pratiques, des comportements, des nouvelles technologies… et se projeter dans tout ce qui peut être à venir.
  • Suivre la grille ERAC des quatre actions :
  1. Exclure… ce qui a souvent représenté un élément de concurrence mais que vous n’estimez pas indispensable ;
  2. Renforcer… ce qui est négligé mais apporte de la valeur à moindre coût (comme du contenu émotionnel) ;
  3. Créer… ce qui apporte de la valeur à l’offre mais que personne n’a encore proposé (comme des services complémentaires) ;
  4. Atténuer… ce qui représente un coût pour l’entreprise, que l’industrie considère comme une norme, mais qui est imperceptible par le client.
  • Communiquer : un slogan percutant révèlera tout de suite la valeur de votre offre.

Un homme lit un livre : Les premiers pas de l'entrepreneur

Quatrième échelon : Posez vos fondations

Ce quatrième et dernier échelon est aussi celui des considérations les plus concrètes… Afin de planter votre drapeau sur un territoire familier, voici un petit résumé de vos possibilités pour le démarrage de votre entreprise.

1/ Choisissez un type d’entreprise en fonction de vos envies, de vos possibilités, de vos projections.

Ce choix aura notamment des conséquences sur :

  • Votre responsabilité financière et celle de vos associés,
  • Le régime fiscal de l’entreprise,
  • Le régime social de l’entreprise et de son dirigeant.

Quelles sont les principales options ?

  • EI / Entreprise Individuelle :

Cette entreprise n’a pas d’existence juridique distincte de celle de l’entrepreneur (attention, les biens de l’associé peuvent donc être saisis par les créanciers de l’entreprise).

Elle a obligation de tenir une véritable comptabilité d’entreprise.

  • Micro ou auto-entreprise :

Son statut est similaire à celui de l’EI.

Ses obligations comptables et déclaratives sont allégées. Elle bénéficie d’une franchise de la TVA. Attention, elle est soumise à un plafond de chiffre d’affaires.

  • EURL / Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée :

Le patrimoine de l’entreprise est totalement distinct du patrimoine personnel.

Les bénéfices de l’entreprise soumettent directement l’associé à l’impôt sur le revenu. Il est possible d’opter pour l’impôt sur les sociétés (irrévocable).

Socialement, une seule déclaration annuelle est nécessaire pour la rémunération du gérant associé.

Ce statut permet d’évoluer en SARL à l’arrivée d’un nouvel associé.

Pour la créer, il faut en rédiger les statuts, publier une annonce légale, et l’inscrire au registre du commerce et des sociétés.

  • EIRL / Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée :

L’entreprise n’a pas de personnalité juridique distincte de celle de l’entrepreneur. Le patrimoine de l’entrepreneur est scindé en deux ; une partie affectée au fonctionnement de l’entreprise et une partie strictement personnelle (ainsi protégée juridiquement). Certains biens peuvent être à usage mixte.

Le régime d’imposition est le même que pour l’EURL, il est également possible d’opter pour un impôt sur les sociétés.

Ce statut ne permet pas d’évoluer en SARL.

Pour la créer, il suffit de déposer une Déclaration d’Affectation de patrimoine d’EIRL.

  • SARL / Société À Responsabilité Limitée : entreprise constituée d’un ou plusieurs gérants (dont un majoritaire, pas nécessairement associés) et au minimum deux associés qui mettent en commun leurs moyens et participent aux décisions de la société.

L’activité de la société fait partie du patrimoine de celle-ci. La responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports (leur patrimoine personnel est protégé).
Soumission à l’impôt sur les sociétés. Sur demande, l’imposition sur le revenu est possible, pendant 5 ans, après reversement des bénéfices proportionnellement aux apports de chaque associé.

  • SASU / Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle : société dont la responsabilité est limitée aux apports de l’associé, et dirigée par un président associé unique.

Par défaut, l’impôt est celui sur les sociétés sauf demande d’impôt sur le revenu (valable 5 ans).
Une fiche de paie est obligatoire, et des cotisation patronales et salariales sur l’associé-salarié peuvent représenter un poids administratif et financier considérable.

  • et SA (Société Anonyme, associant au moins 7 personnes pour un capital minimum de 37 000 €. Convient aux projets de grande ampleur) ; SAS (Société par Actions Simplifiée – ne requiert que deux associés et adapte donc un peu sa règlementation).

Tous ces statuts présentent de nombreuses subtilités dont vous devrez discuter avec des experts, notamment si vous optez pour un type d’entreprise à la gestion administrative exigeante.

2/ Accomplissez les formalités :

  • Chaque type d’entreprise requiert des formalités de création différentes. Renseignez-vous sur les sites spécialisés, et laissez-vous guider par les démarches en ligne.
  • L’ouverture d’un compte bancaire professionnel est obligatoire lorsque vous créez une entreprise, même individuelle.
  • La souscription à une assurance est également indispensable. Celle-ci vous permettra de couvrir les risques liés à votre activité.

 Assurances obligatoires :

  • Véhicules (assurance responsabilité) ;
  • Vous-même (adhésion au Régime Social des Indépendants pour les entrepreneurs individuels)
  • Les tiers (assurance responsabilité civile professionnelle, pour les dommages causés dans le cadre de votre activité) ;

         Assurances recommandées :

  • Vos locaux et leur contenu (biens mobiliers et immobiliers) ;
  • Vous-même et votre activité, d’un point de vue professionnel (assurance multirisque liée à votre activité, assurance garantie de revenus en cas d’arrêt de travail, protection juridique…) et d’un point de vue personnel (garanties pour divers incidents et maladies).

Pas à pas, vous avez descendu les échelons, posé le pied sur votre astre, délimité votre territoire… et créé une entreprise adaptée à vos envies, à vos besoins, à votre créativité. Parce que vous voyez à long terme, vous savez à présent qu’une attitude visionnaire et un positionnement stratégique, en amont comme en aval, vous permettront de parcourir de très longues distances.

N’oubliez pas de continuer à élargir vos horizons, et de cultiver votre soif d’apprendre. Rendez-vous quelque part dans un blue ocean !


Pour en savoir plus sur Alec Henry, qui explique ici les premiers pas de l’entrepreneur, vous pouvez découvrir son Guide Ultime pour devenir entrepreneur et réussir.


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