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Gabriel : Fondateur d’une agence digitale mode et luxe après avoir été consultant IT

Gabriel Kaam a co-fondé Kaam & Roffler, une agence digitale dans la mode et le luxe, après avoir été consultant IT. Il donne sa vision de l’entrepreneuriat et des solutions concrètes pour se lancer.

Comment négocier son départ et se lancer dans l’entrepreneuriat ? Comment se comporter avec les clients lorsque l’on démarre en freelance ? Comment passer du freelancing à l’étape supérieure de l’agence ? Comment dépasser sa peur de l’échec ? Comment gagner de l’argent en ligne aujourd’hui ? Gabriel répond à tout !


Bonjour Gabriel, raconte-nous ton parcours en toute transparence ?

Je fais des sites internet depuis mes 9 ans, j’étais un vrai geek, le gamin bizarre toujours sur son ordinateur ! Après un Bac S, j’ai suivi un DUT en Génie Électrique et Informatique Industrielle à Lyon puis une école d’ingénieur en Informatique à Troyes. Mon premier stage chez The Kooples a été une révélation. C’était mon premier contact avec le monde de la mode et du luxe, et je me suis rendu compte que les compétences que j’avais acquises tout seul devant mon ordinateur et à travers mes études pouvaient intéresser des grandes marques. Ma passion de toujours devenait soudain un travail et pouvait me rapporter de l’argent !

A l’issue de mes six mois de stage, ils m’ont proposé un emploi que j’ai refusé car j’avais à ce moment-là d’autres aspirations. Je suis parti à Mexico en échange universitaire pour six mois mais j’ai rapidement commencé à travailler pour eux en freelance.

A la fin de mon cursus universitaire, j’ai été recruté par Octo Technology. Là encore, une expérience incroyable : j’ai été formé, j’ai appris énormément de choses tous les jours, et j’appréciais les gens avec qui je travaillais. C’est précisément cette atmosphère que j’ai voulu recréer dans mon entreprise car elle m’a beaucoup apporté. Ils m’ont fait confiance et m’ont permis de travailler avec des gros clients.

Et puis ensuite le destin : Antoine, que j’avais rencontré avant de partir au Mexique m’appelle et me demande si je veux travailler avec lui chez Shopsquare.fr, une start-up. C’était mon futur associé ! J’avais été impressionné par ses compétences en graphisme lorsque je l’avais rencontré, et lui par les miennes en informatique. Ils avaient besoin de compétences techniques chez Shopsquare et je me suis dit pourquoi pas ! Je jonglais donc entre mon activité de consultant chez Octo, mes missions en freelance pour The Kooples et Maje et mon travail chez Shopsquare. Et puis, Shopsquare a commencé à évoluer et je voulais m’impliquer davantage, alors j’ai demandé à mes responsables chez Octo s’il était possible d’avoir un jour par semaine de disponible. Ils ont dit oui. À partir de ce moment-là, je passais tous mes lundis chez Shopsquare ! De un jour de disponibilité, je suis passé à deux puis j’ai posé ma dem’ chez Octo quand Shopsquare m’a proposé de venir travailler avec eux à temps complet.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite négocier un temps partiel avec son employeur ?

D’abord, je dirais qu’il faut être honnête. J’ai expliqué que je me lançais dans un projet et que j’avais besoin de temps pour ça. Ils ont compris et ça n’a pas posé de problème particulier. Avoir été transparent a été une récompense car ils m’ont soutenu.

Après tout dépend de la boîte, car toutes ne sont pas aussi réceptives. Mais dans tous les cas, il faut tenter le coup et poser la question !

Comment as-tu vécu cette période où tu slashais entre plusieurs activités ?

Très bien ! Le secret c’est d’être complètement transparent avec ses clients : leur expliquer que le lundi leur est consacré, ou les soirées etc. Il faut également être un bon communicant. Ce qui m’a aidé, c’est de déléguer assez rapidement certaines tâches à d’autres freelances. J’amenais le client, je mettais en place le projet et il ne restait plus que la partie technique pure. J’utilisais des outils de communication comme Trello ou Asanapour que toutes les personnes impliquées dans un projet puissent communiquer. Je partais du principe qu’avec toutes mes activités, il ne fallait jamais que je sois indispensable à la réalisation d’un projet. Je devais être là au début pour mettre en place les choses, responsabiliser chacun et ensuite tout pouvait se dérouler sans accroches.

C’est pas si compliqué de déléguer. J’ai la chance d’être dans un secteur qui a le vent en poupe et dans lequel il est facile de trouver un réseau de freelances. J’ai utilisé Comet pour contacter des freelances et je suis allé à beaucoup d’évènements pour construire mon réseau.

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer comme freelance ?

Ne pas se comporter comme un salarié mais comme un entrepreneur, un chef d’entreprise. L’attitude est très importante lorsque l’on est freelance, si on ne veut pas se faire marcher sur les pieds et avoir confiance en soi. Pour moi être freelance, c’est avant tout gérer un business ! Il est tout à fait possible d’avoir des clients qui vous respectent, qui acceptent vos modalités et payent en temps et en heure. Le tout est d’avoir le bon état d’esprit et le bon comportement !

Je me souviens que lorsque j’ai commencé en freelance, ce n’était pas tout beau tout rose, il y a des ratés et c’est normal. Le plus important est de ne pas chercher à éviter les conflits ou à les ignorer, mais au contraire les affronter.

Si un client demande quelque chose et que l’on ne sait pas comment le faire, il ne faut pas rester tout seul à tenter de résoudre le problème, il faut faire part au client de la difficulté, et penser ensemble à la façon de le résoudre. Néanmoins, il ne faut pas s’arrêter à ce « je ne sais pas » mais prendre son courage à deux mains, aller voir le client et lui dire « Je ne sais pas comment faire MAIS ensemble, on peut essayer de réfléchir à une solution, voilà ce à quoi j’ai pensé : etc. ».  

Le client ne s’attend pas à ce que le freelance sache tout sur tout ! Il est parfois nécessaire de se mettre dans une posture de vulnérabilité et d’admettre que l’on ne sait pas.

Quand tu es freelance, tu ne vends pas des résultats, tu vends une expertise. Les clients veulent un accompagnement, pas des solutions toutes faites. Ils attendent que tu regardes les solutions possibles et que tu l’aides à choisir la meilleure. Ils n’attendent pas la perfection.

Beaucoup de freelances sont dans la compétence inconsciente, il est tellement naturel pour eux de faire ce qu’ils font, qu’ils ne se rendent même plus compte qu’ils créent de la valeur et sont incapables de l’évaluer. Certains freelances se dévalorisent car ils trouvent que leur compétence est “normale”, mais il faut réaliser que pour le client, cette compétence est extraordinaire, alors que pour toi elle est banale !

Comment prendre conscience de ses talents ?

En posant des questions, en faisant l’effort de cerner les besoins, les douleurs des clients potentiels. Et comme ça vous vous rendrez compte des problèmes que vous pouvez les aider à résoudre, de 3 manières possibles :

  • Les accompagner
  • Les former à le faire seuls
  • Ou le faire pour eux.

Voilà 3 manières de faire du business à partir d’un problème.

Quels sont tes objectifs ?

Avant tout, mon but est que K&R soit une agence qui rend ses employés et ses clients heureux pour générer assez de revenus afin d’être en mesure de payer tout le monde correctement, et de pouvoir investir dans des projets qui nous tiennent à cœur. J’aimerais que l’argent ne soit plus un problème. Dans l’idéal, je voudrais pouvoir allouer un budget à chacun de mes employés qui a une idée et souhaite la développer, un peu comme ce que fait Adobe qui offre une boîte avec 1000 euros à utiliser comme ils le veulent  !

Et à plus long terme, mon but est que l’agence devienne une référence sur le marché français dans le monde la mode, du luxe, des spiritueux et hôtellerie, puis en Europe et dans le monde. Je veux que lorsque l’on pense à Kaam and Roffler, ça fasse comme quand moi je pense à Fred & Farid !

Quelles ont été les grandes étapes de la création de la boîte ?

Ca a été progressif. Au moment de monter la boîte, nous étions freelances. Mais on s’est vite rendus compte que pour évoluer il faudrait créer une team, une culture, une image. C’était aussi important pour nous, que pour nos clients qui étaient rassurés par le fait que l’on devenait une vraie “structure”, pour les accompagner. Ça été une étape clé pour nous, car quand on passe de freelance à agence, on renvoie une image différente et on a accès à des marchés plus importants.

Lancer une boîte c’est identifier des besoins grâce aux rencontres, et voir quelles réponses y apporter. Trouver des besoins c’est moins dur qu’on ne le pense. Beaucoup de gens pensent qu’il faut une étude de marché, un business plan… mais nous on a rien de tout ça ! On a des prévisions, des envies, mais pas plus. On applique la stratégie facebook : fail fast. Tu échoues ou tu réussis mais au moins tu le fais vite. Des gens nous parlent de leurs business plans sur lesquels ils travaillent depuis des mois afin de monter leur “business”, mais il n’y a rien de concret ! Imagine qu’à  la place ils se soient lancés directement, ils auraient sûrement déjà développé un projet et même trouvé leur premiers clients.

On perd trop de temps à réfléchir. Or, la motivation c’est l’essence qui permet de démarrer, donc il faut en profiter au départ tant qu’on l’a et passer à l’action. Si on se lance sur un business plan on perd cette énergie du départ.

Concrètement, pour identifier le besoin, il suffit d’aller sur des groupes facebook et poser des questions. Tu veux te lancer dans le gardiennage pour chats ? Tu vas sur un groupe qui parle de chats, tu demandes qui aimerait que tu gardes leurs chats, tu leurs envoies un message, tu crées une base de futurs utilisateurs, tu poses des questions sur leurs besoins réels, et hop t’as un business plan en 2 jours.

Avec le digital on a tout à portée de main, on est connectés à tout le monde, on a un marché en face de nous pour poser des questions et même simplement observer. S’il y a une problématique récurrente dans un groupe, il faut y réfléchir !

C’est pas compliqué de se lancer, il faut juste pas trop réfléchir ! Et faire étape par étape. Chez K&R, si on voulait démarrer en étant leaders du marché, on se casserait la gueule. Mais on y va par étapes. Tu veux ouvrir une salle de yoga ? Demande à tes potes s’ils aiment le yoga, fais un cours gratuit dans un parc, puis un cours payant, puis des sessions sur l’année, puis tu loues une salle, puis tu en achètes une, etc. Il faut commencer avec un MVP qui répond aux besoins de base, et évoluer ensuite.

Comment tu fais pour t’améliorer en continu ?

C’est compliqué de trouver le temps de se former quand on est déjà entrepreneur car on a beaucoup de choses à faire. Et on ne voit pas les gains directement. Pourtant c’est indispensable. Il faut investir en soi, pour devenir meilleur de jour en jour.

Même si on pense ne pas avoir le temps, c’est une priorité. Ca ne doit pas passer en dernier après le reste.

Comment dépasser sa peur de l’échec et se lancer ?

Aucune personne qui réussit dans ce monde n’a pas connu l’échec.

Il faut s’entourer de gens qui font de nos échecs une opportunité de rebond. Pas de ceux qui disent “tu vois je t’avais dit”. Les gens veulent te protéger mais non, il faut arrêter de vouloir protéger les gens, il faut avoir confiance dans la capacité qu’ils ont à se relever, avoir de l’estime pour eux. Au passage, il faut faire attention à ne pas casser les rêves des autres soi-même, parfois en voulant protéger quelqu’un et lui conseiller de ne pas se lancer, d’attendre, de réfléchir : on peut les décourager sans s’en rendre compte

On est la moyenne des 5 personnes qu’on fréquente le plus souvent. Si on s’entoure de personnes bienveillantes, qu’elles soient à un niveau plus haut ou plus bas que nous, peu importe, elles nous tirent vers le haut. Autour de moi j’ai les deux, et grâce à ça je suis dans un environnement qui est positif et me tire vers le haut.

Enfin, on trouve toujours des solutions quand on en cherche. Aujourd’hui il y a tellement de moyens de faire de l’argent en ligne ! Je connais des gens qui montent des sites qui rapportent 1000 ou 2000 euros par mois sans travailler beaucoup. Ce n’est pas un mythe ! Je dis pas que c’est facile. Mais c’est pas compliqué. Il n’y a pas besoin d’être un génie pour le faire. C’est simple en soi, mais c’est difficile, ça prend du temps au départ. Il y a des process à suivre : monter un blog, créer un site e-commerce… dans l’ère du digital il y a tellement de moyens !

Comment gagner de l’argent en ligne alors ?

Il y a différentes manières de gagner de l’argent sur internet. Le concept est simple : si tu trouves un truc que les gens veulent, tu crées une audience et tu leur vends.

Et ça peut prendre différentes formes.

  • D’abord, l’influence. Tu crées un compte Instagram et tu le fais faire grossir. Il y a des méthodes et des bonnes pratiques à suivre, il suffit de chercher sur internet et d’appliquer les conseils rigoureusement, jusqu’à être contacté par des marques et en vivre.
  • Ensuite, la formation en ligne. Tu as une compétence que les autres n’ont pas, tu la leurs vends. Il n’y a pas besoin d’être expert ! Quelqu’un de non expert peut être légitime. A partir du moment où tu es déjà meilleur que ton audience, tu vas leur apporter de la valeur. Si tu sais faire des GIFS, tu peux apprendre aux gens à faire des GIFS. En soi ce n’est pas utile, mais tu vas leur dire que tu leur apprends à faire des GIFS pour développer leur business sur instagram. Et là, ils auront besoin de toi.
  • Le dropshipping est également une solution. Ca consiste à monter un site e-commerce sur lequel tu vends des produits sans avoir de stock. Tu es toujours en communication entre ton fournisseur et ton client. Beaucoup de gens le font ! Shopify te permet de le faire pour 20 euros par mois.

N’importe qui, avec un peu de bon sens, peut mettre ce site en place, après avoir suivi quelques heures de formation en ligne. Après, ça prend du temps pour en vivre, car il faut construire l’audience.

En combien de temps on peut vivre de ce genre d’activité ?

Il est possible de générer 2000 ou 3000 par mois de CA dès le premier mois.

J’ai lancé des business en partant de zéro, qui faisaient de l’argent en quelques jours. Par exemple, pour s’entraîner sur le marketing, on a vendu des lunettes de soleil, et en quelques jours on a fait des ventes. On s’était formés avec Léo Guillot, il est bon.

Pour finir, quel bilan tires-tu de ces premières années d’entrepreneuriat ?

Quand je me suis lancé, je ne pensais pas que ça m’apprendrait autant sur moi, mais aussi sur les gens. C’est passionnant d’avoir un rêve et de travailler pour le réaliser. Le pire chose qu’on peut avoir dans la vie, c’est des regrets.

Je préfère échouer mille fois que de regretter mille fois

Ce qui me met mal à l’aise aujourd’hui, c’est ce que je n’ai pas osé faire, pas ce que j’ai tenté.

Donc la seule solution c’est de faire les choses !

Ca m’a ouvert des perspectives d’avenir que ce soit sur moi, le monde, le business, la famille, les amis… tout cela n’aurait pas été possible en restant dans ma zone de confort où tout était acquis. Il y a tellement de choses de ce monde qu’on ne voit pas si on reste dans sa bulle !

On grandit en se mettant en situation de vulnérabilité.


Pour en savoir plus sur Gabriel Kaam, découvrez son profil LinkedIn ou encore le site de Kaam & Roffler


Que retenir de l’expérience de Gabriel ?

  • Il y a trois manières de faire du business lorsque l’on a identifié un besoin des clients potentiels : les accompagner, les former à le faire seuls, ou le faire pour eux.
  • On a accès à tout avec le digital. Il est donc facile d’identifier le problème d’une cible, puis de se lancer avec un MVP (produit minimum viable), sans trop réfléchir, mais en testant.
  • Il vaut mieux adopter la stratégie « Fail Fast » que de monter des plans sans jamais aller sur le terrain.
  • Les clients n’attendent pas la perfection. Ils attendent d’être accompagnés dans le choix d’une solution.
  • Beaucoup de freelances n’ont pas conscience de leurs talents et sont donc incapables d’évaluer leur valeur pour les clients, ce qui les bloque dans leur business.
  • Etre toujours transparent : avec son employeur pour négocier un départ ou un mi-temps, et avec ses clients pour slasher entre différentes activités
  • Aucune personne qui réussit dans ce monde n’a pas connu l’échec. Il faut s’entourer de gens qui font de nos échecs une opportunité de rebond.

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