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Pauline : Elle a quitté la finance pour devenir slasheuse en psychologie

Pauline slasheuse en psychologie

Après un début de carrière dans le secteur bancaire, Pauline Wald a décidé de retourner sur les bancs de l’école … mais à distance et de partir voyager. Dans cette interview, Pauline nous raconte ses doutes, ses voyages, sa quête de sens tout simplement et comment elle est devenue slasheuse en psychologie. Si vous êtes à la recherche d’une bonne dose d’inspiration, aucun doute vous êtes au bon endroit !


Bonjour Pauline, raconte-nous ton parcours en toute transparence ! 

Je m’appelle Pauline Wald et j’ai 32 ans. Après une école de commerce et un début de carrière dans le secteur bancaire, je reprend des études de psychologie à distance et part voyager pendant une année pour interviewer des personnes de pays différents sur le bonheur et le sens de la vie. Je reviens ensuite dans mon ancien travail et en 2017, je le quitte définitivement et me mets à marcher seule en sac à dos de Strasbourg à Saint-Jacques de Compostelle. Durant mon chemin, je demande aux pèlerins pourquoi ils marchent et réalise le film « Chemins de Vie, Marcher vers son Essentiel« .

Pourquoi et comment as-tu décidé de quitter ton emploi dans le secteur bancaire ? 

J’ai commencé à travailler début 2011 en tant qu’auditrice interne dans un groupe bancaire. Au début, j’étais pleine d’enthousiasme et de motivation bien que le rythme de travail ait été soutenu. Au bout de quelques années, je me sentais happée par l’engrenage métro-boulot-dodo et les tâches qui m’étaient assignées me paraissaient de plus en plus absurdes. Je me suis levée un matin en 2013, affaiblie par la charge de travail, en me posant la question suivante : Quel est le sens de tout ça ? Comment me suis-je retrouvée ici en tailleur à remplir des documents Excel et faire des présentations Powerpoint sur la réduction des risques d’une banque ?

Comment as-tu trouvé ta nouvelle voie ?

Assez naturellement mest venue l’idée de devenir psychologue : ce domaine m’intéressait depuis plusieurs années. J’avais le désir de faire quelque chose qui aurait plus de sens pour moi. J’ai alors pris deux décisions : reprendre des études de psychologie à distance et prendre une année sabbatique pour voyager et réaliser des projets qui me tenaient à coeur. 

Après mon voyage d’un an en 2014, je suis revenue dans mon ancien travail, dans un autre service en tant que responsable projet. Le sentiment de manque de sens est devenu encore plus présent mais la poursuite de mes études de psychologie à distance et la préparation de ce projet m’ont aidée à rester encore un peu dans ce travail. 

En 2017, j’ai parlé à ma hiérarchie de mon désir de me réorienter et j’ai demandé une rupture conventionnelle, qui a été acceptée. J’ai alors suspendu mes droit à Pôle Emploi ainsi que mes études et je suis partie marcher sur le Chemin de Compostelle depuis la maison où j’ai grandi en Alsace.

Pourquoi avoir pris la décision de partir voyager ? 

J’ai fait deux voyages au cours de ces dernières années : 

  • Lors de mon année sabbatique en 2014, je suis partie voyager car je me posais beaucoup de questions sur le sens de la vie, le bonheur et la spiritualité. J’étais en quête de sens et de sagesse et j’ai interviewé des personnes de pays différents pour leur poser les questions que je me posais. J’ai aussi réalisé plusieurs envies : faire une mission humanitaire en Inde, m’initier à la méditation, passer mes niveaux de plongée sous-marine en Indonésie et découvrir le chamanisme au Pérou. 
  • En 2017, après avoir quitté mon travail, j’ai marché pendant 4 mois de Strasbourg à Saint-Jacques de Compostelle (environ 2000 km). J’avais besoin de ralentir et de me connecter davantage à moi-même. J’ai souvent eu la sensation que l’engrenage métro-boulot-dodo créait un brouillard autour de moi dans lequel j’avais du mal à m’écouter. Cette marche seule en sac à dos m’a apporté un espace pour m’écouter et du temps. 

Je crois qu’en découvrant de nouveaux paysages, c’est aussi de nouveaux paysages en soi qu’on découvre.

Et changer de vie, c’est convoquer des parts en nous qu’on ne connait pas encore bien, c’est aller visiter son «moi» du futur, celui qu’on a envie de devenir. Voyager m’a permis de visualiser plus nettement la vie que je souhaitais me créer. 

A ton retour du Chemin de Compostelle, tu as réalisé un film, comment est venue cette idée ? 

L’idée de faire un film m’est venue en marchant. J’avais prévu d’interviewer d’autres pèlerins et de mettre mes interviews sur ma page Facebook. Les personnes que je rencontrais en marchant parlaient de leur désir de se reconnecter à eux-mêmes, dans un monde qui va trop vite et de leur quête spirituelle. J’ai eu envie de mettre en valeur leurs témoignages dans un film  (27 minutes). Mon film est projeté dans des festivals de voyage et j’organise régulièrement des soirées de projection où je parle aussi de ce que le Chemin m’a apporté.

Pauline en pleine interview

En quoi consistent tes activités aujourd’hui et quels sont tes projets et tes rêves ?

Aujourd’hui, mes activités sont les suivantes :

  • J’interviewe des personnes qui m’inspirent sur les domaines du bonheur, du sens de la vie, de la spiritualité, ou encore la sexualité et l’écologie que je publie sur ma chaîne YouTube.
  • Je suis étudiante en Master 2 de psychologie.
  • J’organise des soirées de projection-débat de mon film «Chemins de Vie, Marcher vers son Essentiel» et je donne des conférences sur le thème du voyage et du changement de vie.
  • Je partage mes réflexions sous forme de textes et d’articles de blog sur ma page Facebook et mon site internet.

Ces activités sont reliées par un fil rouge : celui de comprendre comment fonctionne l’humain et le monde et partager ces clés de compréhension pour inspirer d’autres personnes. 

Mon projet est de continuer toutes ces activités en montant en qualité (notamment dans mes vidéos) et de me lancer en tant que psychologue d’ici la fin de mes études. J’ai aussi le rêve de réaliser un nouveau documentaire visant à mieux comprendre l’humain avec une équipe de tournage cette fois-ci. Parmi mes autres rêves, il y a celui d’écrire un livre sur mon voyage intérieur et de faire une conférence TEDx.

Comment as-tu vécu ce changement de vie et quelle a été la réaction de tes proches?

Ce changement de vie s’est fait progressivement depuis ma prise de conscience en 2013 que je n’étais pas à ma place. J’ai eu des moments d’angoisse, de stress et de doutes mais je n’ai jamais regretté ma décision d’avoir quitté mon ancien travail. 

Ce qui a été difficile pour moi, c’est de m’autoriser à avoir plusieurs envies, à explorer plusieurs voies en parallèle et à remettre en question régulièrement mes choix. Depuis que j’ai repris mes études de psychologie en 2013, j’ai pu découvrir d’autres approches psychothérapeutiques et j’ai fait moi-même une thérapie avec un coach. Il m’est arrivé de douter de continuer mes études de psychologie car ce que j’apprenais à l’Université me semblait être plus orienté vers les problèmes (maladie mentale, diagnostic) que vers les solutions. Ce qui m’a aidée est de me dire que je pouvais devenir psychologue à ma façon.

Quand j’ai annoncé que je quittais mon travail à mes proches en 2017, beaucoup de personnes m’ont demandé ce que j’allais faire. Quand je leur ai dit que j’avais comme projet de partir marcher et décider de ce que j’allais faire au retour, j’ai senti que ma décision n’était pas bien comprise voire même jugée comme étant une décision inconsciente. J’avais suspendu mes études de psychologie et je voulais justement me laisser le temps d’explorer plusieurs pistes (notamment celle de la vidéo et de l’écriture).

Aujourd’hui, je me sens toujours en Chemin; j’aime bien dire que ma nouvelle vie est en cours de téléchargement. Et en même temps, je profite pleinement du Chemin, je ne crois plus au mythe de trouver sa voie pour de bon.

Quelles difficultés et quelles joies as-tu rencontrées ? 

La difficulté a été de continuer à croire en moi et en mes décisions quand mon entourage en doutait. Quand je suis rentrée du Chemin de Compostelle et que je montais mon film, des personnes de mon entourage me demandaient souvent ce que je faisais de mes journées et me disaient : « J’espère que tu vas trouver ta voie, « Je suis inquiet.e pour toi». Ce genre de phrase créait une tension en moi et il m’arrivait de me demander si j’étais sur le bon chemin. J’ai appris à voir que les remarques des personnes sont des projections de leurs propres peurs et de leur propre vision de la vie. 

Un grand moment de joie a été la première projection officielle de mon film « Chemins de Vie, Marcher vers son Essentiel » en 2018 devant 80 personnes. Ce soir-là, j’ai vu les émotions dans les yeux des gens, beaucoup de personnes m’ont remerciée : ça m’a boostée pour continuer à suivre ce qui fait sens pour moi et ce qui me met en joie. 

Pauline sur une scène avec un micro

Ton activité te permet-elle de vivre ? 

Mon activité ne me permet pas encore de vivre. Entre le fait d’avoir réduit mes dépenses, le soutien que j’ai eu de Pôle Emploi, mon épargne (j’avais un bon salaire qui m’a permis de mettre de l’argent de côté) et la construction de ma nouvelle activité qui me rapporte de petites entrées d’argent, je m’en sors financièrement.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui veut franchir le cap de quitter son job pour changer de vie mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

  • Allez à votre propre rythme, écoutez-vous. Quand j’ai su que je n’étais plus à ma place dans mon travail en 2013, j’ai d’abord pris une année sabbatique puis je suis revenue dans ce travail avant de le quitter définitivement en 2017. Il y a eu des allers et retours.
  • Entourez-vous de personnes qui vous soutiennent et vous tirent vers le haut et si possible, qui ont la vie que vous souhaitez vous créer.
  • Faites des choses que vous n’avez jamais faites, rencontrez de nouvelles personnes. Pour moi, le voyage a été une bonne façon de découvrir d’autres ressources en moi que celles que je croyais connaître. « Si vous continuez à faire ce que vous avez toujours fait, vous obtiendrez ce que vous avez toujours obtenu. » John Maxwell.
  • Faites dès maintenant un premier pas vers la nouvelle vie que vous souhaitez vous créer. Comme le dit Lao Tseu, « Un chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas ». Quand j’ai repris mes études de psychologie, les 5 années m’ont paru très longues et pour autant, en effectuant chaque jour un pas, j’ai avancé.
  • Demandez-vous ce qu’il se passerait dans le pire scénario et jugez si ce pire scénario potentiel est plus grave que de ne pas essayer de vous lancer. Pour ma part, je me suis souvent dit qu’au pire, si je n’avais plus d’argent, je pouvais toujours aller m’installer dans un monastère en Inde et méditer, ce qui n’est pas si terrible que ça comme vie.

« Je ne vous dis pas que ce sera facile – je vous dis que cela en vaudra la peine. » – Arthur William


Que retenir de l’expérience de Pauline ? 

  • Prenez le temps de réfléchir aux projets qui vous tiennent à coeur et n’y renoncez jamais : tout est encore possible !
  • Trouver sa voie est un vrai cheminement qui nécessite d’y aller pas à pas, il faut donc être patient. 
  • Ecoutez-vous et prenez le temps nécessaire pour faire le vide et prendre du recul : c’est le meilleur moyen d’avancer ensuite dans la bonne direction.
  • Vous débordez d’idées ? Chercher le fil rouge qui les relie vous aidera à trouver votre voie.

Vous pouvez retrouver Pauline, slasheuse en psychologie, sur son site Internet, sur YouTubesur Facebook et sur Instagram


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