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Travailler en start-up à 40 ans, une bonne idée ?

Aurélie explique comment travailler en start-up à 40 ans

Travailler en start-up n’est clairement pas fait pour tout le monde. Avant, j’accompagnais des entreprises en émergence, en particulier sur ma spécialité, le marketing. Je partageais leur enthousiasme et leurs challenges. Et ça m’a donné envie de travailler en start-up. Cependant, j’avais des complexes : approchant la quarantaine, est-ce que j’allais réussir à travailler avec des gens beaucoup plus jeunes, avec de nouvelles méthodes ? Au final, ça m’a plu. Alors, travailler en start-up à 40 ans, une bonne idée ? 


Article invité rédigé par Aurélie Mandon


D’abord, ça veut dire quoi avoir 40 ans ?

Avoir 40 ans dans le monde professionnel, ça signifie avoir entre 10 et 20 ans d’expérience derrière soi. D’un point de vue personnel, avoir 40 ans peut revêtir des réalités très différentes. Certains ont eu des enfants et leur attention s’est tournée vers la famille et le confort de vie. Mais pour d’autres, rien n’a changé depuis qu’ils ont commencé à travailler. Et c’est mon cas ! J’ai mes soirées de libres, j’habite en centre-ville, je vais au cinéma plusieurs fois par mois, j’aime boire des verres en terrasse, faire souvent du sport, je suis un peu geek et j’adore voyager. Il m’arrive de rester tard au bureau car je n’ai pas d’impératif d’horaires (de crèche, de transport, etc.). Ainsi, à la machine à café, j’ai souvent plus de points communs avec le ou la stagiaire au développement full stack que le ou la responsable des ventes, père ou mère de famille de mon âge. Bien sûr, il y a toujours ce moment gênant où j’explique comment j’ai regardé les résultats de mon BAC sur Minitel…

40 ans : des réalités professionnelles et personnelles différentes

Professionnellement, tout type de parcours existe. À 40 ans, certains auront passé quinze ans dans la même entreprise alors que d’autres auront beaucoup bougé. Mon CV est comme ça, rempli de CDD entre lesquels s’intercalent des voyages au bout du monde et des side projects très impliquants (comme réaliser des documentaires). Les profils comme le mien se sentent généralement bien dans des structures flexibles comme les start-up. J’ai pris l’habitude de m’adapter rapidement à des organisations, des cultures d’entreprise et des situations professionnelles de toutes sortes (réorganisations, conflits, nouvelles embauches, départs, etc).

Avoir 40 ans et travailler en start-up c’est top

Travailler en start-up est donc plus une question d’état d’esprit que d’âge. Et en ce qui me concerne, j’adore travailler dans ce type d’environnement.

Au sortir d’une école de commerce, j’ai commencé à travailler en grands groupes. Mon chef direct avait un grand bureau tout au fond du couloir. Il mangeait avec les autres directeurs de quelque chose. J’hésitais à solliciter son avis, il demandait rarement le mien et globalement nos interactions étaient assez limitées. Dans les start-up que je connais, par manque de place et parce qu’il y a un fort turnover, les bureaux sont interchangeables, tenant peu compte des hiérarchies. Ainsi, les conversations informelles naissent plus facilement, ce qui apporte naturellement des idées nouvelles. C’est en parlant cinéma avec mon boss que j’ai imaginé la ligne éditoriale d’un ensemble de newsletters. J’ai apprécié des stand-up meeting du lundi (debout pour que ça dure peu) où chacun dit objectivement ce qu’il va faire dans la semaine. Simple et efficace. Et quand il faut résoudre un problème, la parole du stagiaire a autant de poids que le head of quelque chose.

Travailler en start-up c’est être orienté solutions

Résoudre des difficultés, c’est le mantra quotidien en start-up. Dans une entreprise traditionnelle, on vous demande d’appliquer des recettes éprouvées, éventuellement les améliorer un peu, sans révolution. En start-up, il n’y a aucun protocole, le travail est itératif, chaque action est menée, mesurée et ajustée. Une campagne de publicité Facebook ou une stratégie SEO permet de statuer à un ou trois mois sur les résultats. Trouver la bonne formule pour un mail de relance va considérablement aider les ventes. Les objectifs sont tangibles et chacun est concerné par les enjeux. S’ils sont atteints, on embauche le stagiaire. Si on est dans les choux, les salaires ne seront peut-être pas versés. Chaque client est un peu le sien, du responsable administratif au developer.

Inscription sur un mur push today in the face

Être senior et travailler en start-up c’est difficile… aussi

Il m’est arrivé de ne pas être fière de mon travail en ayant le sentiment que j’aurais pu faire mieux avec plus de temps et plus de moyens. Ma génération a été éduquée dans un esprit académique. Le général amène au spécifique. En start-up, c’est l’inverse. On fait des essais. Si ça fonctionne, on en déduit un principe. Il faut avant tout FAIRE, souvent vite et de façon imparfaite.

Être curieux et apprendre vite est vital. Les outils évoluent en permanence, en particulier dans le marketing digital. Je consacre environ ½ journée par semaine à continuer à me former (communauté Live Mentor, articles, forums, résumé de livres Koobers, podcasts Growthmakers, échanges avec ses pairs).

Mailchimp n’existe plus en version gratuite ? Qu’à cela ne tienne. On s’intéresse à Sendinblue qu’il faut appréhender en quelques heures. Besoin d’une vidéo didactique ? Allez, on trouve une app. On est employé pour faire des réseaux sociaux ? Finalement, la boîte a besoin de démarcher et toute l’équipe est réquisitionnée sur les ventes. Mieux vaut arriver avec un café noir le matin…

Pour travailler en start-up il faut être prêt à réapprendre

C’est l’urgence qui tire les décisions et rarement la stratégie marketing. Le CEO est pilote plus qu’architecte. Il m’est arrivé de changer de mission du jour au lendemain. On amorce une stratégie de newsletters, et puis non on va plutôt se faire connaître via des événements. Une autre fois, on abandonne une stratégie d’accroissement de communauté via les réseaux sociaux pour privilégier la fréquence des ventes aux client existants. Pas le temps de rôder une stratégie au-delà du court terme. Oui c’est frustrant !

Et puis parfois, ça l’est encore plus parce qu’ « on sait », simplement parce qu’on l’a déjà vécu… mais que l’expérience ne se transmet pas.

L’expérience est difficile à faire valoir mais…

Bien sûr, on n’ose pas la ramener avec son mix-marketing en 4P appris quand KEDGE s’appelait encore Ecole supérieure de commerce. Mais on voit bien quand même que bâtir tout son accès au marché sur un Instagram mal maîtrisé pour vendre des vitamines bien-être à des femmes non-geeks de plus de 50 ans…ça va être compliqué. Le CEO n’est jamais spécialiste de toutes les disciplines et n’a souvent pas l’expérience d’un sénior. Pourtant c’est lui qui décide. Et parfois il ou elle se plante.

Un recruteur à qui je montrais mon CV me disait : « enlève « expérience » dans tes compétences, ça ne veut rien dire ». Effectivement, cette notion-là est difficile à valoriser car elle ne peut pas se scorer. Pourtant, et plus particulièrement en start-up, un senior peut s’avérer précieux.

L’expérience est un atout pour travailler en start-up

Le senior connaît parfois mieux que personne le client et ses besoins parce qu’il est dans la cible de la dit start-up ! Ok, quand j’ai appris le marketing, on disait plutôt cible et pas persona, de même que le mot à la mode était une stratégie marketing pull quand on parle aujourd’hui de lead acquisition. Les mots et les outils changent mais en vérité, faire une vente obéit toujours aux mêmes clés de succès.

Si vous vous demandez encore si votre profil de quarantenaire apporterait quelque chose à une start-up, la réponse est oui ! Surtout si vous avez traîné vos guêtres sur beaucoup de missions différentes. Dans ces structures en développement, la polyvalence est appréciée. Oui, vous aurez un bon jugement sur le recrutement car vous avez déjà recruté et managé. Parce que vous avez déjà vécu des situations similaires, vous relativiserez les drames et aiderez à prioriser. Oui, un CEO appréciera probablement votre avis sur un choix stratégique (même s’il ne le suit pas toujours). Et pour lui, vous serez la personne la plus facile du monde à manager !

Travailler en start-up pour se faire plaisir

A 40 ans, on entre en start-up comme on entre en religion, parce qu’on croit à ce que l’on fait. Franchement, on n’a plus rien à prouver. L’ascension de carrière ? Déjà derrière soi. À 25 ans, j’avais l’image d’une marque automobile à gérer pour la presse. À 28, j’accompagnais la première dame de France sur une mission caritative et à 38 je participais à implémenter l’entrepreneuriat étudiant dans des universités parisiennes. À 40 ans, la carte de visite m’intéresse beaucoup moins que l’environnement de travail et le challenge collectif. D’ailleurs, la carte de visite, ça n’existe plus trop en start-up…

Alors, pose ta dem’ pour travailler en start-up ou pas ?

Si vous êtes tenté, ça vaut le coup d’essayer. C’est ce que j’ai fait, en commençant par du conseil en indépendant, sur des missions courtes, ou à temps partiel, pour tester. Pour trouver un contrat salarié, orientez vos recherches via Welcome to the Jungle, AzertyJobs, Startuponly qui recensent de nombreux postes en start-up. Encore un doute ? Travailler avec des gens vraiment plus jeunes c’est possible ? Oui, si comme moi vous êtes émerveillé par leur inventivité, leur capacité d’apprentissage, de forte concentration, et leur agilité à gérer plusieurs dossiers en même temps. Les méthodes de travail ont radicalement évolué sur les métiers du marketing, de la communication et de la vente. Se mettre en situation de réapprentissage, ça devient une nécessité. J’y vois, moi, une façon de rester éveillée.


Vous pouvez retrouver Aurélie, qui nous explique que travailler en start-up à 40 ans est une bonne idée, sur son compte LinkedIn


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