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Thomas : Il a décidé de se reconvertir dans la boulangerie après avoir été trader

Après avoir travaillé dans des fonds d’investissements, Thomas Pasturel a décidé de tout quitter pour se reconvertir dans la boulangerie ! Boulanger oui, mais pas n’importe comment, Thomas raconte dans cette interview qu’il souhaite avant tout se lancer dans l’entrepreneuriat à impact. Il nous explique également ce qui l’a conduit à choisir cette voie et les difficultés qu’il rencontre au quotidien depuis sa prise de décision. Bonne lecture ! 


Bonjour Thomas, raconte-nous ton parcours en toute transparence ! 

Mon parcours est assez exotique et en même temps, une grosse caricature ! Je me suis passionné pour l’informatique dès que j’ai eu accès à un ordinateur en 1997 à l’âge de 10 ans. Curieux de nature, je passais des heures le soir et la nuit pour comprendre comment fonctionnaient les logiciels, jusqu’à apprendre à en concevoir moi-même. J’ai fait un DUT informatique à l’IUT de Montreuil (dont je salue les enseignants au passage) suivi d’une Licence MIAGE à Paris-Dauphine.

Entre temps, je me suis intéressé à la bourse et j’ai commencé à investir – de manière assez aléatoire au début – à l’âge de 18 ans de petites sommes. Cet univers m’a passionné par sa complexité et son lien avec la psychologie individuelle et de masse. J’ai donc décidé de travailler dans le secteur de l’informatique appliquée aux marchés financiers. D’abord pour une banque puis pour des fonds d’investissements, jusqu’à créer le mien avec des associés en 2010.

Cette aventure entrepreneuriale a été à la fois très instructive et très difficile. En 2013, j’ai déménagé à Montréal avec ma conjointe où j’ai continué dans le secteur de la fintech (technologie appliquée aux services financiers) en tant que consultant et product manager. Fin 2017, plusieurs éléments ont convergé. J’ai connu des soucis de santé importants d’une part et des événements familiaux nous ont incités à rentrer en France. Nous nous sommes mis d’accord, avons quitté nos emplois à Montréal début 2018 et sommes partis aux Etats-Unis faire un road trip de 3 mois avant de rentrer en France à l’été 2018. Nos familles nous ont hébergés quelques mois, ce qui nous a laissé le temps de réfléchir à l’avenir.

Pourquoi as-tu choisi la voie de l’entrepreneuriat, et pourquoi une boulangerie ?

J’ai toujours su que je reviendrais un jour ou l’autre vers l’entrepreneuriat et en particulier, l’entrepreneuriat à impact. Depuis mes premiers pas dans le secteur financier, je constate à quel point ce secteur, bien que passionnant, concentre beaucoup de ressources financières et de compétences par rapport à ce qu’il apporte à la population dans son ensemble. J’ai toujours voulu trouver des moyens de faire converger mon intérêt pour le secteur avec une certaine idéologie du partage. Il y a 3 ans, j’ai acheté une machine à pain en promo à Canadian Tire (une sorte de Darty croisé avec Leroy Merlin).

En commençant à l’utiliser, j’ai trouvé ça sympa. Le choix d’ingrédients simples et transparents, la bonne odeur de pain qui envahit la cuisine et le coût, bien moindre que du pain industriel pour un produit frais et fait maison ! Un soir en 2017, nous sommes allés souper et dormir chez une amie qui a pétri du pain à la main, sans machine le soir même. Le lendemain matin, elle l’a cuit dans son four ménager toujours sans machine. J’ai vu la pâte évoluer dans la nuit et lever dans le four. C’était magique ! Depuis ce moment, j’ai lu tout ce que j’ai pu sur le pain et j’ai pratiqué chaque semaine, voire chaque jour.

En rentrant en France, il me fallait un nouveau projet. Je ne me voyais pas retourner à Paris, ni travailler dans le même secteur. Il fallait du nouveau. Après avoir pris le temps de revoir des amis un peu partout en France et d’avoir été inspiré par certains d’entre eux, je me suis décidé. Le projet serait d’acheter une maison ancienne en Normandie, proche de nos familles, et possédant un bâtiment qui pourrait servir de micro boulangerie. L’entrepreneuriat s’est imposé de lui-même car je ne me voyais rentrer dans aucune case.

J’aspirais à être libre et à mettre à profit mon expérience passée, succès et échecs compris, pour repartir à zéro sur un projet de vie.

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L’objectif était simple : avoir un toit, un métier simple que j’aime, peu de dépenses, peu de dettes.

Le raisonnement : avec peu de dépenses et de dettes, on est plus libre de ses journées et du travail qu’on fait.

T’es-tu formé au métier de boulanger ? Si oui quelle formation ?

Oui, principalement par essai-erreurs à la maison mais aussi sur internet en suivant les expériences de dizaines de personnes sur des forums et sur les réseaux sociaux. On apprend bien à bricoler sur YouTube, pourquoi pas faire du pain ? Je discute aussi au quotidien avec plusieurs boulangers ou amateurs qui partagent mes intérêts (types de farines, de pains, intérêts nutritionnels, types de fermentation, …). Je suis aussi allé faire des stages chez des boulangers et je suis une formation en ligne pour préparer l’examen du CAP en candidat libre.

Je fais tout à distance excepté les stages. Quand on est curieux, on n’arrête jamais d’apprendre. Quand on est passionné, c’est encore pire ! Au final, le pain est le 3ème thème de ma vie professionnelle après l’informatique et la finance. Tous ces sujets ont une profondeur d’étude infinie : on n’a jamais l’impression d’avoir fait le tour du sujet.

Thomas explique comment se reconvertir dans la boulangerie

Quelles ont été les étapes de la création de ton entreprise ?

D’abord, une vision : suite à des problèmes de santé, j’ai souhaité simplifier ma vie, retrouver plus de concret et d’épanouissement dans des réalisations plus concrètes et court terme. La passion pour le pain a pris le dessus et le projet de micro boulangerie est devenu logique. La démarche consiste à d’abord identifier ce qu’on souhaite, le monde dans lequel on aimerait évoluer avant de se confronter à la réalité et de concevoir une stratégie pour y parvenir. Bref, je me dis souvent qu’il ne faut pas hésiter à rêver plutôt que penser « métier » ou « chiffres » dès le départ.

On se met des batons dans les roues en pensant aux obstacles avant de penser aux bienfaits.

Une fois que j’avais identifié clairement ce que je voulais et ce que je ne voulais pas faire, je me suis demandé ce que ça nécessiterait. Dans mon cas, des formations, un local, des équipements. J’ai acheté un corps de ferme avec ma conjointe sur lequel il y a un très vieux fournil qui nécessite des rénovations conséquentes. Je suis allé me former chez des paysans boulangers, dans les livres, les vidéos, dans toutes les cuisines que j’ai croisées…

Enfin vient le moment du plan d’affaires et des chiffres : faire une étude de marché, établir un prévisionnel, estimer son chiffre d’affaires, les investissements nécessaires, rechercher les financements possibles… puis la mise en oeuvre.

Comment ont réagi tes proches ?

Ils étaient surpris et dubitatifs. Et ils le sont encore : à raison puisque l’activité n’a pas encore démarré ! Ils me soutiennent malgré tout. Ma conjointe, ma famille et sa famille sont à fond derrière moi. Ce soutien s’est traduit en chiffres lors de la campagne de financement participatif qui a permis de collecter 14 000 € vs un objectif initial de 10 000 € auprès de 160 généreux contributeurs.

Quelles sont les difficultés d’une reconversion selon toi, et comment les dépasser ?

Rêver et accepter de gagner moins d’argent, c’est un exercice difficile auquel on est rarement préparé. Ca m’a pris 6 mois pour accepter cette idée. Ce qui aide beaucoup : comprendre ses besoins essentiels, qui peuvent être bien plus faibles que ce qu’on imagine en regardant notre carrière dans le rétroviseur… On a l’habitude de progresser au cours d’une carrière et l’idée même de gagner moins d’argent dans le futur paraît fantaisiste. Mais quand on la met en regard du plaisir marginal qu’on pourrait y trouver, on change de dimension. Il n’est plus question d’optimiser l’argent gagné mais le bonheur et le risque de regrets ou remords futurs.

Dans mon cas, ça a été un peu plus facile que pour d’autres car je vise une activité que d’autres exercent déjà : il ne s’agit pas de créer un nouveau produit innovant dont le potentiel est totalement inconnu. 98% des français mangent du pain et le marché du pain bio est en croissance de 50% en 3 ans. Trouver ce type de données permet de se rassurer.

Comment gères-tu tes débuts dans l’entrepreneuriat d’un point de vue financier ?

C’est galère pour être honnête. Il faut jongler avec les dépenses, les investissements, les financements possibles. On est dans une situation particulière puisque nous étions au début hébergé par la famille et maintenant on nous prête un camping car le temps de faire avancer les travaux dans la maison (que nous réalisons partiellement nous-même). On a la chance de ne pas avoir de loyer à payer. D’un autre côté, je ne suis pas beaucoup aidé financièrement sur le projet donc il y a des risques à prendre. Et en tant qu’entrepreneur revenant de l’étranger, pas d’allocation chômage donc il vaut mieux ne pas être dépensier…

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer pour exercer un métier dans lequel il se sent plus aligné mais n’a pas encore osé franchir le pas ?

Un seule conseil : Rencontrer un maximum de personnes qui ont osé.


Que retenir de l’expérience de Thomas ? 

  • Comme le dit si bien Thomas, ne pensez pas uniquement aux obstacles qui se dressent devant vous, pensez avant tout aux bienfaits que votre projet pourrait apporter !
  • Prenez le temps de définir le salaire minimum dont vous avez réellement besoin. Parfois nos besoins sont plus faibles que ce que l’on pouvait imaginer (je suis moi-même arrivée à cette conclusion, je vous explique tout dans cet article :))
  • Se reconvertir n’est pas toujours simple, alors préparez-vous à vivre des moments qui peuvent être difficiles, mais rappelez-vous que c’est pour la bonne cause !
  • INSPIREZ-VOUS ! Allez à la rencontre de personnes qui ont osé accomplir leurs rêves, c’est très motivant, un vrai coup de boost !

Vous pouvez retrouver Thomas, qui a décidé de se reconvertir dans la boulangerie, sur Facebook, LinkedIn, YouTube et Instagram.


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